Mesa Boogie Dual Rectifier 2 Channels
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flo3912017/12/2017

L'avis de flo39120"mesa powa"

Mesa Boogie Dual Rectifier 2 Channels
usage privé chez moi

depuis quelques semaines

j'avais un krank krankenstein

un monstre de puissance 2 canaux malléable excellent pour les grosses saturation et les modes ont un réel intérêt et influence beaucoup le son finale ont retrouve la fiabilité du made in USA ( ca pèse le poids d'un américain en surpoids mort) le réglage est très simple pas de chichi ont trouve très vite (trop) ce que l'ont veut

actuellement en EL 34 je compte dans l'année testé en 6l6
Steelcore20/07/2014

L'avis de Steelcore"Le meilleur du son high-gain "

Mesa Boogie Dual Rectifier 2 Channels
Modèle : « Dual Rectifier Solo Head » 2 canaux
Type : tête d'ampli guitare 100W à lampes


FICHE TECHNIQUE
- 2 canaux avec switch pour deux combinaisons possibles : lead et crunch ou lead et clean
- switch de mode vintage ou modern pour obtenir une combinaison crunch et clean
- switch relais canal 1 / canal 2 avec connexion en façade pour une commande au pied, ou à l’arrière pour connexion à un switcher externe de type Rocktron Patchmate ou RJM Rack Gizmo
- potentiomètres de master, gain, présence et égalisation à trois bandes pour chaque canal
- un master volume commun aux deux canaux
- quatre lampes de puissance 6L6, EL34 possible grâce à un switch de bias à l’arrière
- cinq lampes de préamplification 12AX7
- deux lampes redresseuses 5U4GB ou les 5U4G qui les ont remplacées
- switch du mode de rectification : vacuum tube ou silicon diode
- switch pour l’étage de puissance : spongy ou bolt (high power)
- sortie slave pour ampli de puissance avec potard de niveau
- sorties HP, avant 1995 : 8-16 ohm x2 et 4 ohm x2, de 1995 à 2000 : 8 ohm + 16 ohm + 4 ohm x2
- boucle d'effets parallèle sur la Revision G avec potards de send et de mix (wet/dry) ou boucle d’effets série sur les Revisions C, D, E et F avec seulement le potard de send
- 1 sélecteur sur le panneau arrière du châssis pour désactiver la boucle d'effets ou pour l'engager manuellement ou avec un switch externe, ou pour l’assigner à un seul canal
- prise alimentation 120v ou 220v
- fusible 5x20 mm 4A slow blow pour les modèles en 120v, 5x20 mm 2A slow blow pour les modèles en 220v
- pas de midi, pas de réverbe, pas de direct out



VERSIONS ET TARIFS

12500 francs à sa sortie en 1992-1993, pour arriver à 15900 francs à la fin des années 90. La tête Dual Rectifier 2 canaux se négocie selon l'état cosmétique, la version, la présence de transformateurs Schumacher ou non. A l’heure où j’écris cette mise à jour de ma première review (nous sommes en novembre 2018), la Rev G va de 900 à 1300 euros pour un ampli en état de marche. 1500/1600 euros si vous tombez sur une Rev G dans la série des R-0012000 (donc fin de de la série) en finition standard et "mint condition". On parle donc d’une tête sans la moindre rayure, trace ou point de rouille (regardez la poignée et tous les clous des cornières en cuir), et surtout équipée de transformateurs où est gravé EIA-606 sur leur capot. C’est la référence du fabriquant Schumacher. Il y a trois éléments à vérifier : deux gros transfos peints en noir (entrée et sortie) sur le châssis et un petit boitier non peint à l'intérieur qui ressemble à un transfo mais qui en fait contient le choke (filtre à courant). Si les transfos ont été changés, l'ampli n'a plus de valeur. Ne l'achetez pas. Ou alors considérez que vous allez devoir le porter à un technicien agréé Mesa Boogie qui posera d’autres tranfos pour un résultat incertain et un coût de main d'œuvre élevé. Et votre ampli n'intéressera pas les collectionneurs. En clair, le type de transfo fait le prix de base.
Si vous achetez directement aux USA où cet ampli est plus facile à dénicher qu’en Europe, comptez entre 1000 et 1500 dollars la tête, 2500 dollars pour une version rare. Ajoutez-y 250 euros minimum de transport par USPS puis La Poste : donc pas sur palette mais dans un carton malmené avec tous les risques que ça comporte… Et ajoutez environ 350 à 400 euros de TVA et frais de douanes que le transporteur vous fait payer à la livraison. Il faut aussi compter 100 euros pour le "step down transformer" de chez Tube Amp Doctor qui permet de brancher les modèles en 120V sur notre 240V.
Il existe des modèles custom shop avec des coques en érable flammé massif par exemple. En état correct (traces d’utilisation) c'est 3000 euros. Et c’est un bon prix ! Car en 2018, une tête 3 canaux neuve du custom shop Mesa en bois massif dite « reserve » coûte dans les 6000 euros. Si l’ampli est entièrement recouvert de cuir, idem, c’est le double du prix de l’ampli en finition standard. On parle ici de collection où prime la valeur rareté. Sachant que les amplis ne sont actuellement considérés de collection que lorsqu'ils ont été fabriqués avant 1980. Seulement voilà, le Rectifier est une légende vivante et la rareté de certaines Revisions fait aussi leur prix. Oui là ça se complique car il existe différentes versions de la Dual Rectifier Solo Head 2 canaux.

Mesa Boogie a produit environ 16000 de ces têtes, depuis les prototypes A et B de 1989 à la dernière Rev G en 2000. Le type de révision est imprimé sur le circuit PCB et se voit donc après avoir extrait le châssis de la coque en le dévissant. Le jour, le mois et l’année de la sortie d’usine sont parfois écrits au-dessus, derrière les lampes de puissance. Sinon c’est dedans, à côté du circuit avec parfois le nom du technicien qui a soudé la bête.
En 1992, première année de commercialisation, ont été produites les Rev C, D, E et F. La toute première tête commercialisée, une Rev C, serait chez un collectionneur en Allemagne. Si vous tombez sur une C, une D ou une E, c’est certain, elle a été fabriquée en 1992. Si c’est une Rev F, la production a commencé en septembre/octobre 92 et s’est poursuivie début 1993.
La boucle d'effets de ces Rev C, D, E et F est en série. La tonalité est variable. Certaines, notamment les Rev C et D, sont plus agressives que la Rev G qui deviendra le standard dès 1993. Certains utilisateurs ne jurent que par la Rev D pre500 en 120V par exemple. D'autres disent que la Rev C est ratée, qu’elle a essuyé les plâtres... Question de goût. Certaines têtes Rev C et D ont même été rappelées chez Mesa Boogie à Petaluma, au nord de la Bay Area, pour changer le circuit et le passer en Rev F. Cette révision, très proche de la Rev G, a un son clair bien plus exploitable. Bref, les débuts sont chaotiques d’autant que des versions customisées et d’autres moddées sont sur le marché. Certaines versions américaines sont passées par les mains expertes de Manulonc en Belgique qui a changé les alims pour passer ces têtes en 240V. Les collectionneurs apprécient peu, les musiciens trouvent ça pratique. Même si ça change le son…
Les Rev C (la R0202 par exemple) et D sont ce qu’on appelle les « pre500 ». Comprenez les 500 premiers numéros qui, en fait, courent jusque vers R0600. Elles sont recherchées par les collectionneurs. Richard Z Kruspe, guitariste de Rammstein, vient par exemple de vendre sa Rev D (R0392) à 3000 euros avec certificat et signature. La quasi-totalité de la production était destinée au marché américain (120V) et la plupart de ces Rev sont dans des états pitoyables parce que jouées par des pros qui les ont usées jusqu'à la corde. Comme la R0241 full blackface (châssis + plaque tout noir donc rare) qui aurait appartenu à Sébastien Chouard et dont un des transfos a été changé après 2009. A l’heure où j’écris ces lignes, Richard Z Kruspe vend une autre de ses Rev D, la R0523, full blackface, à 2800 euros, et dont la coque témoigne des trop nombreux coups qu’a pris cet ampli en tournée. Le genre qui me fait fuir, mais qui fera certainement le bonheur d’un fan de Rammstein. Tout est relatif…

Les Rev E (dans les R0700 / R0800) se trouvent juste après, et les Rev F sont dans les R-001000 / R-003000 (la R-001229 a été fabriquée en janvier 1993). En finition standard ces dernières se négocient autour des 1300/1500 euros selon l'état. Si on est sur du custom ou de la série limitée avec châssis chromé et diamond black plate, c’est plutôt 2000 euros. Voire 2500 euros si c’est un modèle importé des USA à cause des frais de douanes. C’est le prix pour un modèle produit en 1992/93 qui ne court pas les rues. Une "Rev F Blackface chrome chassis" de 1992 en parfait état avec la led de power bleue et avec la tonalité modifiée par le custom shop (donc modèle unique) s'est vendue 5200 dollars aux USA en août 2015. C’est le prix le plus élevé que j’ai pu constater à ce jour, et sans la TVA, les frais de douanes et de transport, voire d’assurance… gloups. Seulement voilà, cette tête était vraiment comme neuve. Une pépite.

Vous comprenez maintenant que d’innombrables facteurs font varier le prix de la tête Rectifier 2 canaux. Et bien vous n’avez pas encore tout vu, ça se complique encore. Mesa Boogie ne tenant pas d'archives à l'époque, ils ne peuvent fournir le numéro de série de la toute première Rev G. Je leur ai demandé quand ils répondaient encore aux mails venant d’Europe. Aujourd’hui c’est silence radio. Les premières têtes Rev G que j'ai pu essayer sont dans les numéros R-003000 R-003500. Il s'agit des Rev G dites de "transition" car leur châssis est bien celui d'une Rev G avec la boucle d'effets parallèle. Mais la "diamond plate" de la face avant est encore affublée du petit logo des révisions antérieures. Ce logo n'a pas la même hauteur que les ouïes qui le bordent. Et les potards sont identiques à ceux des Rev F ou E : c’est-à-dire qu’ils sont de type « metal dome » comme ceux des Rectifier actuellement en production. Pour en rajouter une couche, Mesa a produit quelques très rares têtes "transition" montées avec les tout derniers circuit Rev F de leur stock et équipées de la boucle parallèle des Rev G (le serial est dans les R-003000).
La Rev G que l’on trouve communément en Europe est équipée de potentiomètres peints couleur chrome avec une forme à mi-chemin entre le « metal dome » et le type « chicken head ». Ces premières Rev G sont l’objet de joutes verbales sur le net. Chacun y va de son expertise, y compris en racontant des âneries… Sachez simplement que si la boucle est parallèle c’est une Rev G. Ne vous attardez pas sur l’aspect cosmétique qui induit en erreur.

Je résume. La Rev G a été produite entre 1993 et 2000. Pour la reconnaître, il suffit de constater la présence des 2 canaux, du logo « Dual Rectifier » et non « Single Rectifier » qui est un modèle économique 50W à éviter ; et surtout de la boucle d'effets parallèle. Donc sur le panneau arrière la boucle est affublée de deux potards, send et mix, au lieu du seul potard de send. C’est LE Rectifier, le vrai, le classique qui a forgé la légende.
Il existe deux variables cosmétiques très répandues : le cordon d’alimentation et le dispositif de protection des lampes. Beaucoup de Rev G ont un cordon d'alimentation fixe, parfois gris clair, parfois noir. Les R-007500 par exemple. Durant la fin des années 90, Mesa a produit ce qu'on appelle le "late Rectifier" (comprendre les dernières Rev G) avec un cordon d'alimentation amovible et noir. J'ai pu vérifier que les R-001100 et R-0012000 sont ainsi fabriquées. Le cordon fixe est censé apporter un meilleur son... J'ai les deux types de têtes, je n'entends aucune différence. Le cordon amovible est plus pratique pour ceux qui branchent leur ampli dans des régulateurs de tension Furman qui nécessitent de changer le câble. Ce qui est évidemment impossible quand il est fixe. Et un cordon fixe qui se détériore, c’est une réparation avec de la soudure alors qu’un cordon amovible est très facilement remplacé. Demandez donc à voir le câble en photo avant un achat.
Beaucoup de Rev G ont aussi une barre de protection en aluminium censée protéger les lampes. Mesa est passé à la grille en nids d'abeille sur le "late Rectifier". C’est moins joli, mais plus sûr pour les lampes. Pour encore plus de confusion, cette grille est restée en vigueur sur la tête 3 canaux Dual Rectifier Solo Head des années 2000, et a disparu avec la 100W Head multi-watts en 2010 pour laisser place à une sorte de cage fixée au châssis et non plus à la coque en bois. Mais la barre en alu est revenu à plusieurs reprises.

La Dual Rectifier Solo Head 2 canaux a aussi été produite en version rack 4U. On parle alors du « Rackto ». Des Rev E, F et G sont disponibles de temps à autre sur le marché de l’occasion quand des pros s’en séparent. Privilégiez les modèles des studios à ceux utilisés en live, la raison principale de ce format en rack. Rammstein ou Devin Townsend, entre autres, ont utilisé ce format en tournée. Le prix est sensiblement le même que la version tête dans sa coque en bois. Le son est le même. Le châssis tient dans une unité, les trois unités restantes servant d’espace pour les transfos et les lampes. Une tête rackable Rev F de 1992, chassis chromé avec plaque noire et les transfos Shumacher, c’est 3000 euros minimum.

La production de la tête Dual Rectifier Solo Head 2 canaux dont on parle ici prend fin en l'an 2000. Au XXIe siècle, Mesa Boogie passe à la Dual Rectifier Solo Head 3 canaux, toujours avec une boucle d'effets parallèle. Les transfos Schumacher disparaissent puisque Schumacher Electrics a recentré son activité sur les batteries pour voitures américaines. Comme c’est le modèle le plus produit, le Dual Rectifier Solo Head 3 canaux ne coûte pas plus cher que les 2 canaux plus anciens. Comptez 1100 euros pour une tête en état comme neuf. On en trouve partout sur les sites d'occasion, l'offre est plus importante que la demande. Les modèles custom shop n'ont aucun intérêt. Vous allez les payer plus cher alors que ce modèle est trop répandu pour affoler les collectionneurs. A la revente vous perdrez de l'argent.

Enfin en 2010, Mesa a abandonné cette tête Dual Rectifier Solo Head 3 canaux pour la Dual Rectifier 100W Head 3 canaux multi-watt. Selon Mesa (je leur ai demandé directement), le marché poussait à l'abandon de la boucle parallèle au profit de la boucle en série et un retour au son des Rev C et D. La dénomination « Solo Head » a alors disparu pour devenir « 100W Head » sur le logo couleur crème en façade sur le châssis à gauche. Et on est revenu à un voicing tentant un rapprochement avec celui d'origine. D'où le surnom de "Reborn Rectifier" qui n'est pas l’appellation officielle de Mesa. Les gars de chez Mesa l'appellent "The Multiwatt". Car on peut passer chaque canal de 100W à 50W indépendamment. Perso, je n'entends pas une grande différence. Et 50w en audio, c’est plutôt 70w. Le multi-watt, c’est du decorum, un gadget pour toucher un nouveau public réduit à jouer en appartement... alors que la boucle d'effets de la Solo Head 2 canaux permet de jouer à bas volume avec le gros son. Sauf qu'il fallait le savoir alors que maintenant c’est écrit dessus, que c’est donc plus facile à vendre. Argumentaire du marketing, effet de mode, etc.


UTILISATION

Ultra simple à utiliser une fois qu’on a testé les différents modes et fait son choix. Pas besoin du manuel sur un ampli aussi intuitif. Idéal pour le blues, le rock, la fusion et surtout le metal sous toutes ses formes. Même pour du stoner, une Rectifier 2 canaux est meilleure qu'une tête Orange qu'il faut coupler à des pédales. Bien entendu, la tête Rectifier n'est pas du tout une plateforme à pédales de distorsion ou de fuzz. Sa distorsion d'origine est la raison pour laquelle on la joue. Et elle est bien meilleure que tous les ersatz. C’est tout simplement le top of the top. Y ajouter une pédale de disto est ridiculement inutile. Certains boostent le son lead avec une Tube Screamer 808. J’ai essayé, c’est un non-sens. Jeff Loomis a enregistré des classiques de Nevermore en utilisant la Rectifier 2 canaux avec une Maxon OD820. Aujourd’hui, autant jouer un autre ampli plus précis.
Le choix de la Revision se fait sur la boucle d'effets. Qui, même sans effets engagés, est un énorme avantage pour le Rectifier. Il faut vous imaginer au début des années 90. Les atténuateurs de puissance faisaient leurs premiers pas et la plupart des têtes 100w étaient inutilisables à domicile. Aujourd'hui les amplis sont multiwatts donc le problème est censé être réglé dès l'achat. Mais en 1992, quand est arrivée la Recto on se disait tous : "Mouais mais en 100w ça va faire comme ma Marshall, je ne vais pas pouvoir pousser les lampes sans exploser les oreilles de tout le voisinage". Et ben non!!! Miracle car le volume de la boucle d'effet peut servir de volume général. Mike Soldano a introduit ce schéma avec le SLO 100 pour avoir un gros son à bas volume. Le Friedman BE100 fonctionne un peu comme ça. Donc, on monte le master et le gain pour obtenir le son souhaité (le sweet spot), puis on ajuste avec le volume de la boucle, même sans effets connectés. C’est magique. On perd un peu en dynamique si on joue à très faible volume mais rien de bien méchant. Du coup cet ampli convient en appartement, en home studio, en studio, dans un bar ou dans un stade.


BOUCLE D'EFFETS AU CHOIX

Deux type de boucles sont présents ici, en fonction des versions. Ceux qui n’utilisent pas de delays peuvent zapper ce long passage :
En parallèle, donc sur la Solo Head 2 canaux Rev G ou la Solo Head 3 canaux, c’est une des meilleures boucles du marché. Elle est presqu'au même niveau que la boucle de la fabuleuse tête Bogner Ecstasy (que je joue aussi donc je sais de quoi je parle), la référence puisqu’on peut la switcher parallèle ou série. La boucle des amplis Friedman (je joue aussi le BE100 donc je ne vous raconte pas de bêtises…) étant seulement en série, on ne peut la comparer qu'avec celle des Dual Rectifier 100 W Head et des Dual Rectifier Solo Head Rev C, D, E et F. La boucle du Diezel VH4 (idem je la joue, bla bla bla…) est au même niveau, mais avec des connections parallèle et série. Pas de switch comme chez Bogner, et le master volume ne fonctionne pas de la même manière. Le Rectifier a ici un avantage sur le Diezel si vous utilisez la boucle comme atténuateur de puissance.
Concrètement, la version dont vous avez besoin dépend du delay que vous utilisez. Si le delay intègre un line mixer mais pas de kill dry, il faut impérativement une boucle en série dans l’ampli. Si le delay peut passer en mode kill dry, alors la boucle parallèle fonctionnera. Si le delay n’a pas de fonction de mix, il faut alors une boucle parallèle pour éviter de noyer le son de l’ampli et conserver de la dynamique.
Exemple. Un Electro Harmonix Deluxe Memory Man, ça ne va pas du tout dans une boucle parallèle car le potard de volume de ce delay ne jouera que sur le son répété (wet), et non sur le son non traité par l’effet (dry). Ce dernier sera alors faible quand le son répété sera excessivement fort. C’est injouable, j’ai essayé.

Je suis un accro du delay analogique de type bucket brigade. Je teste tout, absolument tout ce qui sort. Voici les delays que j’ai gardé et qui fonctionnent à merveille avec les têtes Rectifier montées en boucle parallèle, donc Solo Head 2 canaux Rev G et Solo Head 3 canaux :
- Boss DM2 Waza Craft : en mode custom c’est le top pour les solos et le shredding, son Steve Vai garanti. Je ne peux plus m’en passer pour le lead, quel que soit l’ampli. Ça passe aussi dans une boucle en série mais il noiera un peu trop le son dry. C’est un must have.
- Way Huge Echo Puss : un MXR Carbon Copy en mieux grâce à son potard de tonalité. Le son est énorme, très dark et fat. Tout le contraire d’un Strymon Brigadier, propre mais glacial. En delay court pour gonfler le son sur une rythmique high gain, il est devenu une partie intégrante de mon son, c’est le meilleur ami du Rectifier. Passe aussi très bien dans une boucle en série. Donc va avec tous les amplis. Ce qui en fait à mon humble avis le meilleur delay de tous les temps.
- Way Huge Supa Puss : plus mordant que l’Echo Puss, moins adapté au son du Rectifier pour du metal, plutôt pour du rock, plus polyvalent et avec le tap tempo donc pour du solo live jusqu’à 900ms. Là aussi, le potard de tonalité est un très gros avantage.
- Seymour Duncan Vapor Trail : pour le delay long (900ms) à coupler avec une réverbe Electro Harmonix Holy Grail Neo en mode plate si vous voulez jouer l’intro de « Sorrow » (Pink Floyd) en version bodybuildée. Avec le Rectifier Rev G, on ne peut pas faire plus gros que ça en son lead. Excellent pour le violoning. La boucle parallèle permet de le dompter. Dans une boucle en série c’est too much. Il a aussi un insert pour traiter le son répété avec un autre effet, mais pour ça, je préfère la version 1.5 du JHS PantherCub dont je parle plus loin.
- JHS PantherCub v2, la version compacte donc. Ce delay très haut de gamme et surdoué en son clair passe avec tous les modes du Rectifier, y compris sur du high-gain. La v2 a été dotée d’un potard qui permet de compenser le volume du son dry par rapport au son wet. Du coup, l’utilisation avec une boucle parralèle ne pose pas de problème, ce qui n’est pas le cas du PantherCub v1.5.

Maintenant les delays que j’ai gardés et qui fonctionnent à merveille avec les têtes Rectifier montées en boucle série, donc Solo Head 2 canaux Rev C, D, E, F et 100W Head 3 canaux multi-watt:
- Electro Harmonix Deluxe Memory Man : le top en son clair, un classique pour du U2, Steve Morse, Andy Timmons et j’en passe. Il a un son inimitable avec son chorus intégré. Même les autres versions, notamment la TT1100, n’ont pas ce son. Il se défend en son saturé sur du lead mais ce n’est pas son territoire. Si vous jouez live, il y a une alternative : Chase Bliss Audio Tonal Recall. Il prend moins de place, sonne presque (malheureusement) comme le Memory Man, mais avec un delay plus long (1100ms), un tap tempo et une mémoire pour avoir un preset. Là aussi, ça ne fonctionne que dans la boucle en série, surtout pas en parallèle. Le Jam Llama Supreme avec son chorus intégré est une alternative au Memory Man à prendre en compte, c’est du haut de gamme.
- Jam Llama et Llama+ : très fat, pour les sons crunch ou clean et un côté organique à la Pink Floyd. Je le joue en canal lead en baissant le volume de la guitare (c’est comme ça qu’on fait cruncher un Rectifier) parce que ce delay supporte mal le high gain Mesa. Ici c’est rock psyché et blues d’abord. Pédale d’expression conseillée.
- JHS PantherCub v1.5 : le meilleur delay pour boucle en série. 1100ms, donc delay long possible, tap tempo, superbe sur le clean, encaisse le high gain du Rectifier sans souci et dispose d’une boucle d’insert pour traiter le son répété avec une autre pédale (câble de patch en Y nécessaire). J’y mets un MXR Mini phase 95 en mode phase 90. Avec le Rectifier Rev F, c’est juste énorme sur les rythmiques. Ici aussi, pédale d’expression très utile.
- DOD Rubberneck Analog Delay : chorus intégré, potards de tonalité et de gain, tap tempo et insert comme dans le JHS. Il est très complet et, contrairement au Memory Man, il supporte une boucle parallèle même si c’est dans une boucle en série qu’il donne son maximum pour un son épais. Mais comme le Jam Llama, il supporte mal le high gain poussé.

Conclusion : pour les solos avec delay mono analogique, la boucle parallèle est meilleure. Donc la Dual Rectifier Solo Head Rev G reste le top. Pour les ambiances, les delays avec boucle en série sont meilleurs. Donc les grosses rythmiques doublées sont pour la Rev F par exemple. Les sons clairs plutôt avec la Dual Rectifier Multiwatts. Si vous avez besoin d’un noise gate, sachez que ça ne peut s’utiliser que dans des boucles en série puisque 100% du son doit être traité. Noise gate et boucle parralèle ne font pas bon ménage. En ce qui me concerne, vu que je n’utilise pas de pédale de disto avec mes têtes Rectifier, pas besoin de noise gate.


MULTI AMPS SANS MIDI

Pour des effets en stéréo (digital donc) en high gain, plutôt que de jouer deux têtes Rectifier, vous pouvez vous tourner vers la tête Diezel VH4-S. S pour stéréo bien entendu et avec boucle parallèle et série, donc c’est fromage et dessert. Mais… cet ampli en 2x50W se joue très très fort car le sweet spot n'est pas du tout au même niveau que sur un Rectifier. Il est donc impossible à utiliser en appartement alors que les Recto peuvent produire le gros son à faible volume grâce à leur boucle d’effet.

La meilleure combinaison reste le mode wet/dry/wet qui peut se jouer wet/dry/dry ou dry/dry/wet avec trois Rectifier, dont deux avec des delays mono. Le premier à droite avec une boucle parallèle et les delays pour les solos. Entre la sortie des delays et le retour vers l’ampli, placez une pédale de volume Ernie Ball qui fera office de fader au pied comme pour mixer deux pistes. C’est la méthode Steve Morse. Le deuxième Rectifier au centre, est destiné au son dry quoi qu’il arrive avec la boucle engagée, mais sans effets connectés pour garder un son dynamique et de l’attaque, tout en bénéficiant du master volume. Et le troisième Rectifier avec boucle en série pour les ambiances. Ici 100% du son est traité par les delays analogiques. Du coup, pas de pédale de volume qui couperait la totalité du signal mais des pédales d’expression pilotant les delays. Et ça, c’est un plan jouissif de puriste qui touche le Graal. Impossible à faire avec un Kemper ou un Fractal qui ne font qu’émuler. Oh, les pauvres petits…

Et là vous vous dites : oui mais comment passer du clean au lead sur trois amplis en même temps alors qu’ils ne sont pas midi ? Et bien il faut un switcher externe. Les Rocktron Patchmate et Loop 8 font très bien le job avec un jack pour chaque ampli qui part du send d’une boucle. Donc 3 boucles du switcher-looper sont ici condamnées à seulement switcher. Avec les Rectifier 3 canaux, le câble est spécial. Il faut un système RJM et des câbles spéciaux pas donnés (90 euros). Le RJM Rack Gizmo peut piloter deux Rectifier 3 canaux (wet/dry), mais pas trois (wet/dry/wet). Il faut donc 2 Rack Gizmo dans ce cas. Ces switchers sont midi et donc pilotés par votre pédalier midi. Comme ce sont aussi des loopers, ils permettent de bypasser les delays ou pas, là encore en midi. Ils sont indispensables pour un signal audio traité avec des effets analogiques. Si cette configuration vous fait peur, le Rectifier fonctionnera très bien avec un Eventide Time Factor. Un excellent delay digital et midi pour une solution live avec une seule ou deux têtes.


MAINTENANCE

Outre les règles de base à respecter du genre pas de boc de bière posé sur la tête et prêt à basculer sur les lampes, il faut savoir ceci :
Concernant le retubage des lampes de puissance, deux règles sont à respecter. Comme tous les amplis Mesa Boogie, le Rectifier a un atout considérable. Vous n’avez pas besoin de régler le bias de l’ampli au moment de changer les lampes. Car son bias est fixé à une valeur moyenne. Et donc les lampes Mesa sont sélectionnées pour fonctionner avec cette valeur moyenne. Le retubage se fait donc sans faire appel à un technicien. C’est très facile. Il suffit de savoir que les deux lampes de puissance du milieu fonctionnent ensemble, les deux de l'extérieur forment la deuxième paire.
Règle numéro 1 : Chaque paire doit comporter des lampes de même grade, chez Mesa on parle de couleurs. Red et Yellow (courant sur le Rectifier 3 canaux) correspondent au grade 4 chez Groove Tubes, Green (courant sur le Solo Head 2 canaux) et Grey sont équivalents au grade 5, Blue et White au grade 6.
Règle numéro 2 : Avec ce bias moyen, il n’y a donc pas de grades faibles parmi les lampes sélectionnées par Mesa Boogie. Si vous utilisez des lampes d’une autre marque avec grade faible, l’ampli sera sous biasé mais ne risquera rien. Vous perdrez la chaleur du son Boogie. C’est donc uniquement pour obtenir un certain son clair… Comme le Rectifier est une usine à saturax, ce serait une absurdité que d’utiliser des lampes de grade faible ici ! En revanche, des lampes de grade fort, donc au-dessus de cette valeur moyenne du bias, vont certainement endommager votre Rectifier adoré. Voilà pourquoi je déconseille aux novices d’utiliser d’autres marques que Mesa Boogie pour le choix des lampes de remplacement.

SONORITÉS
Je suis bien placé pour vous parler du son de cet ampli, car c’est un vieux compagnon de route. Je possède quatre têtes Solo Head Rev G de différentes époques, 3 européennes dont une que je joue depuis 1994, deux de 1998 et une custom shop « see trans blue reserve » en 120V de 1995 que j'ai récupérée dans le New-Jersey. J'ai aussi un Racko Rev F 120v d’octobre 1992 acheté à New-York avec châssis chromé et black diammond plate, une Solo Head 3 canaux de 2008 et deux 100W Head multi-watt de 2013 dont je corrige l’égalisation au moyen de différents baffles 4x12. Et ce que je vous dis ici, vous ne l’entendrez pas en regardant YouTube. Sur une vidéo du web, vous pourrez au mieux distinguer des grains différents. Non, il faut se tenir devant un mur de 4x12 nourris au moyen de têtes Rectifier pour comprendre. Il faut sentir cet ampli diabolique faire bouger vos tripes avec l’air qu’il déplace pour mesurer sa valeur. Et ce n’est pas assis devant un ordinateur que vous réaliserez comment il répond à votre jeu. Il faut le violenter, il faut le jouer avec d’autres amplis à côté et passer d’un ampli à l’autre (avec un switcher Ampete par exemple) pour comparer et réaliser l’implacable vérité. En high gain cet ampli est un tueur. Il achève sans pitié ses congénères, même les plus couteux, et éclipse tout ce qui ose se brancher à côté de lui. Y compris des pointures. Il a néanmoins d’excellents concurrents. Ils ne le dépassent jamais, mais sont très utiles pour l’épauler, car le Rectifier 2 canaux est hyper spécialisé. Sa faiblesse est dans son manque de versatilité.

Le son du Rectifier 2 canaux est à la fois plus gras, mais aussi comme plus acidulé que celui du Mark V, vaisseau amiral de Mesa, ou du préampli Triaxis qui tous deux utilisent le mode saturé du Mark IV. Ce dernier reste le vrai son high gain de référence chez Boogie. Je trouve le Royal Atlantic presque plus proche du Rectifier qui a une signature sonore finalement bien à lui. Le Rectifier est donc une sorte d’anomalie chez Mesa. Carlos Santana et son Mark I sont bien loin. Le seul Mesa qui lui tient tête, vous avez deviné, c’est le Mark IIC+ réédité avec l’ampli signature de John Petrucci. Je joue aussi cette tête qui atteint le même niveau de saturation, plus tight mais surtout moins naturel parce qu'il faut engager un de ses 2 EQs pour arriver à un son gras comme celui du Recto. Et là où le Mark IIC+ bat le Rectifier, comme tous les autres amplis au monde d’ailleurs, c’est qu’il combine le son Boogie avec les fonctionalités d’un Diezel VH4 (ils sont midi tous les deux). Et même plus puisqu’il a un CabClone intégré. Mais est-il judicieux de comparer un 2 canaux des années 90 avec une usine à gaz polyvalente du XXIe siècle ? On va éviter et rester entre Rectifier. Sachez simplement que même en mode 60w le Mark IIC+ JP-2C se joue beaucoup plus fort qu'une tête Dual Rectifier 100w... Il est fait pour les pros, point barre.

Les grains sont différents entre les Rectifier 2 canaux et les 3 canaux. Ce ne sont pas du tout les mêmes amplis. Le son de la Dual Rectifier Solo Head 3 canaux est plus précis, moins épais, plus terne, mais la boucle d'effets parallèle est toujours aussi bonne. Les solistes y trouvent leur compte. La Solo Head Rev G 2 canaux est vraiment typée high gain. C’est la championne du monde depuis 1993. Alors que les 3 canaux sont polyvalentes avec de meilleurs sons clairs. La tête 100W Head multi-watts actuellement en production est davantage destinée aux rythmiques plutôt qu'aux solos. Elle produit un son très articulé, comme si on jouait un son clair derrière le son saturé, avec des basses contenues, donc pour des gros riffs précis et faciles à enregistrer. Du coup, elle a un son lead qui n'est pas du tout onctueux mais "rappeux"... Elle cible davantage les musiciens qui jouent du djent avec des guitares à 8 cordes. Pas les hard métalleux des années 80.

Maintenant à ceux qui se disent que 3 canaux c’est mieux que 2, je précise que le canal 2 des têtes 3 canaux ne sert pratiquement à rien sur un Rectifier. Mieux vaut baisser le volume de la guitare sur le canal high-gain. Ce canal crunch, c’est du marketing pour vendre un 3 canaux polyvalent donc pour ratisser plus large et être concurrentiel sur le marché actuel. La mode c’est 3 canaux et multi-watts, sinon une tête 100W se vend plus difficilement. Si vous voulez un véritable 3 canaux, il vous faut le Mesa de John Petrucci ou le Diezel VH4. Ces deux amplis ont un clean magnifique (son de piano si l’ampli est monté en 6L6), un vrai son crunch (modern/vintage pour le Diezel dont le canal 2 reproduit le son d’ACDC) et un high gain rythmique exceptionnel. Le son de James Hettfield est d’ailleurs une combinaison du Mesa Mark II et du Diezel VH4. Mais le canal 4 du Diezel pour les solos, très précis, n’est qu’une déclinaison de son canal 3 en plus compressé. Je joue cet ampli. Je peux vous assurer qu’il ne tient pas la route face au lead du Rectifier 2 canaux qui en impose davantage. Le Diezel VH4 et le Mark II sont excellents, c’est juste qu’en lead je me sens propulsé par le Rectifier. Le top, c’est évidemment d’avoir deux amplis qui sont complémentaires. Le VH4 pour les canaux 1, 2 et 3, le Rectifier Rev G pour le canal 4. Et en les jouant en même temps, vous aurez le son de Metallica ou de Tool. Le Diezel apportant l’attaque, le Meza fournissant le gras.
Oui le gras. Parce que le Rectifier n’est pas un ampli pour faire son régime. Il fournit un son qui plait à ceux qui aiment ajouter du piment sur leur chili, du poivre sur leur côte de bœuf saignante. Et donc à ceux qui jouent des guitares au tempérament prononcé.

J'utilise des Gibson, ESP et Jackson-Charvel en acajou. Uniquement équipées en micros passifs Seymour Duncan (SH1, JB, TB12, TB14, etc.). Mais l’EMG et le Rectifier vont très bien ensemble. D'une manière générale, cet ampli est fait pour le gros saturax et sera donc le compagnon parfait pour une guitare équipée de humbuckers. Bien entendu, toutes les guitares sonnent mieux sur un tel ampli devenu un classique de l’industrie audio. Et un single coil en son clair fonctionne ici très bien. Je me souviendrai toujours de cet ami venu avec sa Strat american standard et son rack Marshall... Après avoir entendu un seul Rectifier Rev G couplé à une ESP MII Custom (de 1997) en acajou avec micro Seymour Duncan Jeff Beck, il a décidé de revendre son Marshall, et aussi sa Strat. Oui parce que l’ESP enfonce la Fender et ses micros simples sur un tel ampli. Un massacre.

Côté égalisation, la réserve de basses est énorme sur la Rev G. Lorsque je place le potard de graves à fond sur une 100W Head multiwatts, j'ai le son de la Solo Head 2 canaux avec le potard de graves à 12h seulement. Le calcul est simple : la tête 2 canaux délivre deux fois plus de basses que la tête 3 canaux. Les deux amplis n'ont pas du tout la même égalisation même si la tonalité sombre est assez proche. Du coup, on ne les branche pas dans les mêmes baffles.

L'alimentation en 120V des modèles importés des USA donne une bosse dans l’égalisation au niveau du bas médium qui est plus épais. En gros, les modèles USA percent le mix, les modèles destinés à l'Europe (220V) sonnent un peu plus gras et dark, typiquement années 90. Mais la différence de son est minime et peut se corriger avec l'égaliseur 3 bandes ou selon le choix du baffle. Beaucoup n'entendront même pas la différence. Il faut les jouer l'une à côté de l'autre pour s'en rendre compte.

Les baffles ici sont primordiaux. Les têtes 2 canaux vont avec le cab Mesa Boogie Rectifier Traditionnal qui ne va pas du tout avec les 3 canaux. Ces dernières iront davantage avec le Mesa Boogie Rectifier Standard qui est plus gros. Ces cabs Mesa montés en Celestion Vintage 30 sonnent moderne et très droit. Un peu trop raide pour le Rectifier 3 canaux. Je leur préfère mon vieux Engl Richie Blackmore signature de 1996, lui aussi en Vintage 30. Ce baffle a des HP monté par l’avant ce qui donne plus de basses. Il est aussi est très riche dans toutes les fréquences tout en encaissant le côté un peu brouillon qui est reproché au Rectifier. Si vous cherchez quelque chose de chaud, les baffles Bogner 412ST montés en V30 sont parfaits. Pour des rythmiques classic rock, il faudra un Friedman et ses Celestion Greenback.
Pour le metal des abysses, le Marshall 1960 en Celestion G12T75 convient aux accordages dans le super grave. Pour ceux qui utilisent les Rectifier 3 canaux, essayez le baffle Diezel avec ses Vintage 30 en front loaded : ça casse le côté rappeux. Les deux font la paire. Etonnamment, je n’ai pas encore pu tester le couple tête Rectifier / baffle Orange, mais visiblement la recette fonctionne d’après ce que j’entends un peu partout.
En rythmique rock, si vous trouvez que le son manque de nervosité, vous pouvez coupler un Rectifier 2 canaux avec un Marshall JCM800. J’ai une tête JCM800 de 1982 équipée en EL34 JJ / ECC83 Groove Tubes et branchée dans le 4x12 Marshall en G12T75. J'ai découvert la combinaison JCM800 + Dual Recto avec Tool. Vraiment, ces deux amplis font la paire. Le Recto apporte le gras, la crème. Le JCM apporte le muscle, le nerf. Ils sont complémentaires à la perfection.

Si vous considérez le son clair comme primordial, vous devez utiliser un autre ampli à côté du Rectifier. Préférez un Soldano si vous jouez aux doigts sans médiator. Le Soldano ne bave pas. Idéal si vous êtes fans de Dire Straits. Mais le son clair c’est surtout l’affaire de Fender. Essayez aussi les combos Matchless. C’est à tomber. Le Rectifier 3 canaux est à considérer ici car il dispose d’un son clair précis. Mais il ne tiendra pas la comparaison.

Maintenant en enregistrement, si vous jouer une tête Dual Rectifier Solo Head Rev G, l’ingé son va vous détester. C’est qu’il en faut du temps pour trouver le bon placement de micros pour dompter ce tsunami de basses. En statiques, AKG C414, Audio Technica 4047 ou Mojave 301 font amplement l’affaire. Le premier est le plus précis, les deux autres plus chauds. En dynamiques, le Shure SM57 est très bien mais ne suffira pas seul pour capturer le low end du Rectifier. Il faut lui adjoindre un micro à ruban. La combinaison classique, c’est avec le Royer R121. Un Shure KSM313 fonctionne aussi très bien. Pour le placement de micros, privilégiez les HP en haut du 4x12 pour être le plus loin possible du sol.
Côté préamplis, privilégiez la neutralité avec le Summit Audio TPA200B (hybride) ou l’Avalon AD2022 (sans lampes) qui respectent le son du Rectifier. Un preamp tout lampes comme l’excellent TL-Audio PA1 (son anglais à la Thin Lizzy / Whitesnake) me parait plus adapté à des amplis plus raides comme les Marshall.
Ici pas de line out. Donc si vous n’utilisez pas de micros, pour du direct, sans cab, je vous conseille le Rivera RockCrusher Recording. C’est 100% analogique, et il faut bien ça pour cet ampli d’une autre époque. Je n’ai pas testé le Mesa CabClone avec le Rectifier, mais ce que j’en ai entendu ne m’attire pas du tout. C’est trop raide et ça ne rend pas justice au son gras du Rectifier.



AVIS GLOBAL

Je l'utilise depuis 1994 après avoir flashé sur un des tous premiers modèles que possédait l'autre gratteux du groupe dans lequel je jouais à l'époque. J'avais déjà pu tester une version de 1992 qui m'avait soufflé. J'en ai rêvé, ça dépassait toutes mes espérances. En 1993, j'ai fait le test sur une Rev G avec une Charvel San Dimas en acajou pour coller au style de guitare que j'utilise. Un choc!!! Je l'ai même trouvé meilleure que la Rev F. Ce jour-là le vendeur, ne croyant pas pouvoir me refourguer cette tête à 12500 francs (j'étais lycéen et fauché), a voulu absolument me faire essayer une Sovtek à 3500 francs. Et de me dire : "Tu vas voir c'est exactement la même chose". Ben voyons!!! J'ai vu, j'ai entendu, j'ai bossé l'été et j'ai surtout compris qu'il essayait de conclure une vente plutôt que de répondre à mes besoins. Résultat? Je n'ai rien acheté chez lui et j'ai commandé la tête Recto chez son concurrent. Je me souviens encore du son pourri de la tête Sovtek et je ne regrette absolument pas d'avoir acheté la Mesa. Tellement pas que j’en ai maintenant 8. Plus les années passent, plus je les combine et plus je les aime.
Dans les années 90, Mesa avait la réputation de fabriquer des amplis trop complexes et irréparables. En tous cas c’est ce que me disaient les revendeurs plutôt frileux avec cette marque. Seulement voilà, contrairement à la Peavey 5150 que j’ai vu souvent faillir en live, ma tête Rectifier de 1994 n'est jamais tombée en panne. Ni celles que j'ai ensuite achetées en occaz pour faire du multi amps. C’est du costaud. Les seuls petits soucis viennent des fusibles. Cette tête tirant beaucoup de jus à l’allumage, un fusible non temporisé ne tiendra pas le choc. Il faut du slow blow. Et concernant les lampes Mesa, j’ai déjà eu de mauvaises surprises. Certaines claquent à la première utilisation, notamment les lampes redresseuses. Quant aux 12AX7 de préamplification, j’en ai déjà vu une jouer les stroboscopes alors qu’elle était neuve, à peine installée. Bref, sélectionnées, mais pas trop hein… Chères ? Toujours. Il faut donc avoir du spare, par exemple garder de vieilles lampes fatiguées au cas où…


La tête Rectifier mérite son prix, même si Mesa Boogie profite de sa notoriété pour assommer le client. J'ai vu passer les augmentations du tarif au fil des années... ça fait mal. Disons que c'est cher, très cher, moins cher qu'un ampli boutique genre Bogner, mais cher quand même. Mais que malheureusement pour notre compte en banque de guitariste, le plaisir procuré dépasse de très loin la douleur du sacrifice financier.

J'ai tout essayé sauf Revv qui a priori se défend bien en high-gain. J'ai trouvé des têtes équivalentes chez Diezel qui, à mon avis est le seul concurrent de Mesa sur ce segment des amplis high gain 100 watts haut de gamme avec le fabuleux VH4. Bogner, Friedman et Fryette (anciennement VHT), c'est plutôt du super Marshall. Soldano et Rivera restent à part, faut les essayer pour comprendre. Même si certains disent que le Dual Rectifier est un clone du Soldano SLO100, pour moi ce n'est pas le même son. Soldano reste très "hard rock". Dans les amplis bon rapport qualité prix, si vous ne trouvez pas votre bonheur en occaz chez Mesa, allez donc essayer les Engl Powerball et Savage. Enfin si vous êtes patient et que vous savez exactement décrire le son que vous cherchez, alors vous pouvez faire appel à des moddeurs comme Fortin.
Je n'aime pas Blackstar trop terne à mon goût, ni Randall même si c'est bien construit, ni Krank, ni Laney (trop basique), ni Peavey (made in China donc pas cher mais pas fait pour durer), ni Orange (sauf l'OR100 pour du stoner), ni Framus, encore moins H&K (beuark). Marshall... les vieux modèles OK mais depuis la JCM900 j'ai laissé de côté.
Il existe des modèles costauds comme le Rivera KR7, le Bogner Ubershall ou le Diezel Herbert. Mais il s’agit de 120 ou 150 watts en concurrence avec le Triple Rectifier. Et ça, c’est une histoire que je ne connais pas.
Enfin ne me parlez pas d'amplis à modélisation. Depuis l'arrivée du Sansamp, j'en ai vu de toutes les couleurs. Kemper, Fractal etc... Pourquoi pas pour le live, la sono, en raison du faible encombrement et de la fragilité des lampes. Mais non, mille fois non pour l’enregistrement ou pour se faire plaisir à la maison. Je citerai ici le grand maitre Patrick Rondat lorsqu'il est questionné sur la modélisation. " C'est le Kangoo de l'amplification, c'est pratique", a-t-il l'habitude de dire. Mon cher Patrick, que tes master class me manquent, tu ne me contrarieras pas j'imagine, si j'ajoute que la tête Dual Rectifier des années 90 est à l'amplification guitare ce que la Pontiac Firebird est à l'automobile. Y a pas de place pour la poussette du petit dernier, mais l'échappement ronronne comme une tigresse. Et une muscle car, tout simplement, ça a de la gueule.

Voilà, je vous ai tout dis. J’espère que mon expérience vous aidera à faire votre choix. Et je vois que vous êtes déjà en train de consulter votre compte en banque pour voir si ça va le faire... ou si vous ne partirez pas en vacances cette année :)


UN PEU D'HISTOIRE

Au début du XXIe siècle, c’est-à-dire à la fin de l’ère des Dual Rectifier 2 canaux, la Solo Head représentait 70% des ventes de Mesa Boogie si l’on en croit Doug West, directeur R&D chez Mesa. Cet ampli est tout bonnement devenu le cheval de bataille d’une compagnie qui n’était pourtant pas prédestinée à envoyer du lourd. Le Dual Rectifier des années 90 a fait passer Mesa dans le club des géants de l’industrie audio comme Fender et Marshall. C’est dire si cet ampli compte dans l’histoire.

A la fin des années 60, quand Randall Smith répare des amplis, il se fait surtout la main sur des Fender. Aux USA, Marshall n’est encore qu’un outsider que Pete Townsend et Jimi Hendrix font décoller. Comme tout bon réparateur, Randall Smith devient moddeur. La légende commence véritablement avec un Fender Princeton hot roddé qui fait succomber Carlos Santana en 1977. Le Mark I est né, le patrimoine génétique de Mesa aussi. L’entreprise transforme l’essai avec le Mark II, tout premier ampli à changement de canal et à boucle d’effet, dont la version C+ du milieu des années 80 a été revisitée et remise en production à la demande de John Petrucci. Les Mark III et IV enfoncent le clou à la fin de la décennie et Mesa devient le champion du high gain. Preuve que la marque est à l’écoute de la scène locale. Car dans les années 80, la Bay Area, c’est d’abord le thrash metal, à commencer par Metallica.

De Santana à Metallica, voilà le chemin parcouru par Randall Smith qui a trouvé sa signature : le high gain. Car le Mark I, c’est un préampli de son invention avec cascade d’étages de gain sans que ça souffle, le tout placé dans un Fender. C’est ça l’ADN Mesa : un Fender qui va plus loin dans la distorsion. La 6L6 est donc, comme pour Fender, une composante essentielle du son Mesa. Mais designer des circuits pour produire de la disto, à l’époque ça ne s’apprenait pas à l’école. La formation académique préparait les ingénieurs à fabriquer des appareils transparents. C’est donc l’ère des pionniers, des inventeurs comme Randall Smith pour qui les amplis doivent avoir « the magic inside » et être construits comme une Mercedes sans que la qualité du produit ne varie d’un exemplaire à l’autre. Alors quand Santana dit que le Mark I «gives the boogie », le nom de la marque est tout trouvé. Risquons-nous à une traduction en français : la « Merco bouillante » ou la « Benz qui file la gaule », comme vous préférez.

Dans les 70’s, Mesa a été le barbare qui s’attaquait à l’empire Fender. Mais au bout de 20 ans (1969-1989), il est un roi bousculé sur son territoire. Marshall est devenu un titan. Surtout, Randall Smith doit rugir plus fort que le fauve que Mike Soldano a lâché dans la nature en 1987 : le Super Lead Overdrive 100 à la robe mauve et blanc, ou serpent pour coller avec la tendance « moule burnes » de l’époque. Le SLO 100 c’est le pavé dans la marre avec son design high gain deux canaux avec preamplis indépendants, égalisation trois bandes et présence. D’Eric Clapton à George Lynch, de Garry Moore à Mark Knopfler en passant par Lou Reed ou Eddie Van Halen, c’est l’ampli que les stars s’arrachent alors. Ma review est ici : https://fr.audiofanzine.com/tete-d-ampli-guitare-tout-lampe/soldano/SLO-100-Super-Lead-Overdrive/avis/r.169555.html
Mesa doit répliquer avec un deux canaux au look tanky dépouillé façon SLO 100, mais classe comme une Mercedes. Il sera donc chrome et noir, la diamond plate donnant ce côté 38 tonnes qui écrase tout sur son passage. L’ampli de la contre-attaque, à l’épreuve des balles. Le Rectifier prend forme sur la base d’un Mark IV en 1989. Mais ce n’est pas un Mark V, ampli qui viendra plus tard. Non, le Rectifier est conçu pour repousser les frontières là où personne ne pourra l’atteindre, une autre voie explorée avec les lampes redresseuses et les diodes au silicone pour un high gain encore plus heavy. C’est la toute première incursion en territoire abyssal. Le Rectifier est finalement à la tonalité ce que Black Sabbath est à la musique. Un cran plus bas, un cran plus gras. Merci Mike Soldano, doublement merci. La concurrence a vraiment du bon au pays de l’oncle Sam.

Depuis, Mesa Boogie, copié mais jamais égalé, n’a plus vraiment révolutionné le paysage audio, se contentant d’améliorer ses produits, de diversifier sa gamme pour résister aux amplis à modélisation. Signe que le Rectifier 2 canaux est une pierre d’achoppement dans l’histoire du rock. Grunge, thrash ou nu metal… il a été l’outil de la génération des 90’s et il peut sans surprise représenter le Graal pour beaucoup de guitaristes, mêmes les non metalleux. Allan Holdsworth a bien dit de cet ampli qu’il produisait la meilleure distorsion au monde. Rien que ça !
La Mesa Boogie Dual Rectifier Solo Head 2 canaux est désormais une pièce incontournable de l’histoire du rock. Elle a marqué les années 90 avec Korn. La jouer, c’est ouvrir les portes du Paradis. Beaucoup ne l’aiment pas, mais personne ne pourra contester qu’elle est désormais, au même titre que les Fender Bassman , Vox AC30 ou Marshall Plexi Super Lead … un artefact légendaire.
psychofonic11/07/2014

L'avis de psychofonic"Un son énorme, et pas fuzzy"

Mesa Boogie Dual Rectifier 2 Channels
Ma tête est une Rev G, produite en masse avant la sortie des dual trois canaux. C'est LE SON des 90's.
La rev G est la version 'stabilisée' des dual rectifier 2 canaux, la plus produite, elle est plus sombre, a plus de graves et de gain et a moins de mediums ou plutôt des mediums différents par rapport aux révisions antérieures. Les 1ères version étaient plus proches de Marshall boostés ou de Soldano SLO 100.

Tête d'ampli 100 Watts (la mienne a été amputée de quelques lampes pour une version 50W boostée) :
- 2 canaux
- 5 lampes de préampli 12AX7
- 2 lampes rectifieuses 5U4G
- 4 lampes de puissance 6L6
- boucle d'effet en série jusqu'à la révision F, en parallèle ensuite.
- 1 master, 1 présence, 1 bass, 1 mid, 1 treble et 1 gain par canal
- fonction de 'copie' d'un canal sur l'autre : en mode normal les deux canaux ont un voicing différent, en mode 'clone' ils ont le même voicing et leurs réglages de présence s'additionnent; les deux voicing sont 'Modern' et 'Vintage', on peut donc, au choix, avoir un modern et un vintage ou deux vintage ou encore deux modern. Les sons ne seront jamais identiques mais peuvent être assez proches.
- 1er canal clair / crunch, commutateur à l'arrière
- 2 sorties 4 ohm, 1 sortie 16 ohm, 1 sortie 8ohm
- sélecteur rotatif pour la boucle d'effet (bypass, avec canal orange uniquement, red, les deux)
- 1 relay pour commutation boucle d'effet
- 1 relay pour sélection canal
- 1 sortie slave out pour alimenter un autre ampli de puissance
- 1 sélecteur de bias, selon qu'on utilise des 6L6 ou des EL34
- 1 sélecteur de rectification à lampe (vacuum tubes) ou à diode (silicon diodes)
- 1 sélecteur atténuateur de puissance 'spongy' / 'bold', permettant de faire travailler un peu plus les lampes, son un peu plus vintage en mode 'spongy', pleine puissance en mode 'bold'
- 1 volume de boucle d'effet, servant de master général lorsque celle-ci est activée.


UTILISATION

la config n'est pas simple. Les réglages ne sont pas commun aux autres amplis que j'ai pu avoir (hughes & kettner, engl). Les potentiomètres intéragissent suivant leur course...

Très important pour comprendre comment fonctionne cet ampli : les deux boutons de présence sont liés et fonctionnent de concert, peu importe le canal choisi (et le mode de voicing) !! la présence du canal orange gère les aigus, le côté 'incisif', tandis que la présence du canal red gère le côté 'brillant' et agit sur des fréquences moins hautes. Donc attention à bien essayer la course des DEUX présences lorsqu'on cherche un son sur l'un ou l'autre des canaux.

La boucle d'effet en parallèle est... merdique. Enfin non, mais si on utilise des processeurs d'effet récents, ceux-ci n'apprécient que les boucles en série. Et là, miracle, cette dual rectifier peut-être modifiée TRES SIMPLEMENT, et on peut ainsi récupérer une boucle série parfaite, et c'est ce que je me suis empressé de faire. Le son est maintenant identique lorsque j'utilise la boucle ou non, qu'elle soit désactivée ou bypassée (hard bypass). Le réglage du volume général via le potard de la boucle d'effet est un vrai plus, d'autant que les niveaux des deux canaux sont très sensibles et qu'on peut vite péter des tympans.
Il faut tout essayer pour trouver ce que l'on va préférer et ça prend du temps :
- 'Bold' ou 'Spongy' ?
- Modern et Vintage ? Modern et Modern ? vintage et vintage ?
- Clair ? clair boosté ? crunch léger ? 2eme satu ?
- vacuum tubes ou silicon diodes ?

pour ma part c'est Red modern, Orange vintage (mode normal), crunch sur le orange, Bold et rectification à lampe.

SONORITÉS

Canal Orange :
- en clair comme en saturé il est assez sombre. J'ai trouvé le clair utilisable mais globalement je n'aime pas ce canal, la seule utilisation qui pourrait m'intéresser serait en canal saturé alternatif, car on peut le faire saturer autant que le canal Red. Le son est épais, pas très dynamique et la saturation est constante, qu'on attaque franchement ou peu. Donc si vous aimez les crunch vox ou hughes & kettner, très clair puissant et qui ne saturent que sur les attaques franches et sur les fréquences extremes, passez votre chemin.

Canal Red :
Là ça s'corse, le son est là, puissant, râpeux, épais, des graves dignes d'un sub avec un bon gros 412 de qualité, des aïgus qui transpercent les tympans. Attention au réglage de la présence, si on ne veut pas de son fuzzy il faut en mettre peu, moi je suis à 3/4 environ.
Le gain commence à baver à 7, on se rapproche d'un son comme Entombed sur uprising lorsqu'on pousse plus loin. Moi je lui préfère un gain à 6/7 et l'ajout d'une tube factor en amont (utilisée en tubescreamer à lampe) et là, c'est énorme.

Je joue une sorte de rock avec un son metal, je suis le seul gratteux. J'ai joué pendant des années avec un triamp 2, pour sa versatilité, j'ai voulu changer pour trouver un canal saturé qui dépôte plus, et là je suis comblé.

Le son est très typé, mais c'est pour ça qu'on se tourne vers ce genre d'ampli. Bien réglé, on a une saturation riche en harmonique qui couvre bien toutes les fréquences, et qui ne se perd pas avec la basse dans le mix. Pour moi, le son n'a jamais été aussi propre en répète.

Je branche dessus une PRS custom 22 et une Les paul Burny RLC-70.


AVIS GLOBAL

Je l'ai depuis quelques mois seulement, mais il met la claque à tout ce que j'ai eu auparavant en canal saturé. Je n'ai jamais aimé le son des dual rectifier sorties plus tard et pourtant je ne pourrai plus me séparer de celle-ci. Pour le son crunch je lui ai préféré un tubeman 2 de Hughes & Kettner, branché sur l'ampli de puissance via un g-system qui zappe les préamps à la demande.
J'ai été impressionné par la qualité que dégage la tête, à chaque niveau, jusqu'au switch d'allumage et le branchement de chaque cable, il faut manipuler tout ça pour s'en rendre compte.