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Test du casque HD 480 PRO Plus de Sennheiser - Casque fermé Full HD

Rédigé par un humain
8/10

Nouveau venu chez Sennheiser, le HD 480 PRO promet précision, confort et robustesse pour le studio comme pour la maison. Nous l’avons passé au crible entre mesures, écoutes et tentative de le mettre en pièces détachées. Verdict ? On vous dit tout…

Test du casque HD 480 PRO Plus de Sennheiser : Casque fermé Full HD

Voici donc le nouveau casque de Senn­hei­ser, dont Red Led nous parlait encore récem­ment dans sa mati­nale. La marque alle­mande le présente comme ayant été pensé pour répondre aux exigences du travail en studio comme aux attentes des passion­nés de son. Un casque qui se veut donc poly­va­lent, le HD 480 PRO Plus serait un outil à la fois précis, confor­table et fiable, capable d’ac­com­pa­gner aussi bien les ingé­nieurs du son que les musi­ciens durant de longues sessions d’écou­te… si l’on en croit les argu­ments de Senn­hei­ser.

Sennheiser HD480PRO ecouteurAlors juste­ment, on va se pencher là-dessus avec ce nouveau test. L’objec­tif : déter­mi­ner si ce nouveau venu tient ses promesses et nous a paru être à la hauteur d’autres réfé­rences de la marque.

Carac­té­ris­tiques et concep­tion du Senn­hei­ser HD 480 PRO Plus

Le HD 480 PRO est un casque de type circum-auri­cu­laire, fermé, avec un trans­­duc­­teur dyna­­mique. La taille du trans­­duc­­teur est de 38 mm.

Les spéci­­fi­­ca­­tions annon­­cées par le construc­­teur sont les suivantes :

impé­­dance : 130 ohms

réponse en fréquence :  3 Hz – 28,7 kHz

L’im­pé­dance est assez élevée, et le casque requiert un ampli­fi­ca­teur qui peut four­nir une puis­sance conve­nable.

Sennheiser HD480PRO bandeau-metalLe casque est plutôt bien construit, avec un mélange appré­ciable de plas­tique et de métal, qui nous a paru plutôt robuste. De plus, lors du démon­tage, on a décou­vert une arma­ture interne aux écou­teurs, assez complexe, et qui redouble la soli­dité et la rigi­dité dans cette partie du casque (nous y revien­drons).

Le câble est semi-droit, semi-torsadé, avec des connec­tiques serties (je préfère vrai­ment les connec­tiques démon­tables et désou­dables) : côté ampli casque, une prise jack TRS 3,5 mm avec un adap­ta­teur 6,35 mm à visser, côté casque une connexion par mini-XLR trois broches. Le raccor­de­ment peut se faire indif­fé­rem­ment sur l’oreillette droite ou gauche, ce qui est toujours pratique.

Sennheiser HD480PRO cable

Ajou­tons, en ce qui concerne l’iden­ti­fi­ca­tion des écou­teurs que Senn­hei­ser fait les choses très bien en propo­sant la connexion du câble à gauche par défaut (la connec­tique droite étant obtu­rée quand vous rece­vez le casque), en indiquant l’orien­ta­tion en lettres majus­cules dans les écou­teurs et en ajou­tant une signa­lé­tique visuelle / tactile sur la fourche.

  • Sennheiser HD480PRO gauche-droite
  • Sennheiser HD480PRO marquage g-d

Démon­tage, répa­ra­bi­lité et archi­tec­ture interne du casque

Le casque est tout à fait démon­table et, comme d’ha­bi­tude, on commence en reti­rant les cous­si­nets. Il suffit de tirer dessus ferme­ment, puisqu’ils se clippent sur l’écou­teur : 

Sennheiser HD480PRO demont-1

On découvre le cache avec l’ins­crip­tion L / R, que l’on peut reti­rer :

Sennheiser HD480PRO demont-2

On découvre aussi cinq vis, avec des têtes Torx, qu’il convient ensuite de reti­rer avec un très petit tour­ne­vis. Et là, ATTEN­TION, il faut reti­rer la plaque supé­rieure très déli­ca­te­ment, car les câbles qui relient le HP au connec­teur XLR sont assez courts, et très fins !

Sennheiser HD480PRO demont-3

Entre la plaque supé­rieure et le récep­tacle, on remarque deux découpes de mousse, placées de façon concen­trique, la plus centrale pouvant être enle­vée telle quelle, tandis que celle à la péri­phé­rie néces­site le dessou­dage des câbles pour être reti­rée.

Sennheiser HD480PRO demont-4

En les soule­vant, on découvre ce sque­lette interne dont je parlais plus tôt, et sur lequel la plaque qui soutient le HP vient en fait se visser (et non sur le récep­tacle en dessous). La connec­tique, elle aussi, est atta­chée à cette struc­ture interne. En défi­ni­tive, la partie externe de l’écou­teur n’est en fait qu’une simple coquille, partiel­le­ment isolée de la struc­ture interne : une construc­tion, somme toute, assez complexe, ingé­nieuse, et que l’on a rare­ment vue dans les casques que nous testons. Rien que pour cela, l’équipe de R et D de Senn­hei­ser mérite d’être applaudi.

Confort de port lors des longues sessions d’écoute

Sennheiser HD480PRO bandeauTout à fait adéquat, le cous­sin de l’ar­ceau est bien amor­tis­sant, les écou­teurs ne serrent pas à l’ex­cès et le casque n’est pas parti­cu­liè­re­ment lourd (272 gr).

Isola­­tion

Là aussi, c’est tout à fait conve­nable, rien à redire.

Trans­­port

Sennheiser HD480PRO MalletteBien faci­lité, puisque Senn­hei­ser four­nit une petite mallette rigide avec le casque, et que pour un simple trans­port dans un sac à dos ou une valise, le casque présente l’avan­tage d’avoir des écou­teurs qui peuvent se rabattre, ce qui permet de le trans­por­ter « aplati ».

Mesures objec­tives : réponse en fréquence et distor­sion

Voici donc le nouveau proto­­­­cole de mesures objec­­­­tives, mené par nos soins afin de complé­­­­ter l’écoute subjec­­­­tive. Avec l’aide précieuse de notre testeur EARS de MiniDSP, nous avons le plai­­­­sir de pouvoir vous four­­­­nir des courbes de réponse en fréquence et distor­­­­sion, réali­­­­sées dans notre atelier.

Réponse en fréquence : 

SennHeiser HD 480 PRO RFOn remarque :

  • Dans l’ex­trême grave, une légère bosse qui met en avant la zone 30–50 Hz.
  • Puis, dans le grave, un premier creux, très modéré, centré autour de la zone entre 70 et 80 Hz, puis un second creux, plus marqué, autour de 200 Hz.
  • Ensuite, du bas médium jusqu’au début du haut médium, on note un plateau globa­le­ment linéaire, très homo­gène.
  • Dans la zone haut-médium, on remarque une légère bosse, juste au-dessus de 2 kHz.
  • Entre 4 et 6 kHz, un creux notable, le seul de tout le graphique, qui atteint son maxi­mum vers 5 kHz.
  • Dans les aigus, un pic prononcé, là aussi le seul de toute la réponse en fréquence, autour de 8 kHz.
  • Au-dessus de 10 kHz, on trouve l’ha­bi­tuelle alter­nance de petits creux et bosses, avec une tendance à l’ir­ré­gu­la­rité entre les deux voies. Le signal est plutôt bien suivi jusqu’à 20 kHz.

On remarque que les trans­­duc­­teurs sont très bien appa­­riés, à l’ex­­cep­­tion d’une dévia­­tion gauche-droite légè­­re­­ment plus forte (2 dB) à 100 Hz, et les quelques irré­gu­la­ri­tés que nous notions dans les aigus.

Distor­­sion :

SennHeiser HD 480 PRO THDLa distor­­sion mesu­­rée est très basse. La promesse d’une THD basse dans le grave est, globa­le­ment, bien respec­tée, avec un pic de 1 % a 20 Hz qui descend rapi­de­ment sous 0,5 % (avant 30 Hz) puis sous 0,1 % a 100 Hz, sans jamais remon­ter par la suite.

Notre appré­cia­tion dans l’en­semble est que le profil de la réponse en fréquence, même avec quelques bosses par-ci par-là, bien entendu, reste quand même très « droit ». On s’at­tend aussi à trou­ver des graves biens présents, vu leur accen­tua­tion assez marquée. Trop ? Seule l’écoute nous le dira. Mais quoi qu’il en soit, la distor­sion sur cette partie du spectre sonore reste plutôt conte­nue, donc on peut espé­rer des graves assez précis. Pour en avoir le cœur net, il va falloir procé­der à une écoute.

Écoute critique et analyse sonore du HD 480 PRO Plus

Richard Hawley – Don’t Get Hung Up In Your Soul (sur True­lo­ve’s Gutter)
Une ballade acous­­tique, avec beau­­coup de réverbe et une diffé­­rence de dyna­­mique impor­­tante entre la voix et la guitare. Notre première impres­sion est que le grave apporte du corps à l’en­semble des éléments, et en parti­cu­lier à la guitare, sans trop d’ex­cès, mais qu’il alour­dit un peu le rendu de la basse. Le creux dans le bas médium allège malgré cela le rendu des notes graves, et évite un effet d’em­pâ­te­ment trop impor­tant, lais­sant la voix bien ressor­tir. Il nous a semblé que le retrait vers 5–6 kHz adou­cis­sait peut-être un peu les sifflantes. On verra si le reste de l’écoute confirme cette impres­sion. Ce qui est sûr, c’est que le pic vers 8–9 kHz donne pas mal de détails dans l’aigu. Dans l’en­semble, ce que l’on ressent surtout, c’est une impres­sion d’équi­libre géné­ral des plages de fréquences entre elles, et donc d’une bonne lisi­bi­lité d’en­semble. Passons à la suite…

Sun Kil Moon – Butch Lullaby (sur Common As Light And Love…)
Sur l’in­­tro, on doit entendre à la fois les notes graves, les harmo­­niques médiums ajou­­tées par la distor­­sion, l’at­­taque légè­­re­­ment piquée des notes, tout en sépa­­rant bien la grosse caisse qui sonne assez sèche et médium. Des graves, il y en a ! Dans l’en­semble, on trouve qu’ils restent propres et lisibles, même si parfois, ils ont une légère tendance à prendre le devant de la scène. En tout cas, le casque n’a aucun problème pour descendre jusqu’à la note la plus grave. Comme pour le morceau précé­dent, on a l’im­pres­sion que le creux du bas médium améliore la sépa­ra­tion avec la grosse caisse. En tout cas, on appré­cie que le pic dans l’aigu compense ce grave très accen­tué, en appor­tant du détail et un peu de mordant.

Sennheiser HD480PRO logoMassive Attack – Tear­drop (sur Mezza­nine)
Un titre avec beau­­coup d’ex­­trême grave, mais qui ne doit jamais masquer les nombreux détails dans le haut médium et l’aigu. Le sub-bass est présent, c’est déjà plus que ce que l’on peut dire à propos d’autres casques, et de façon géné­rale, le grave n’em­piète pas trop sur le reste du spectre. On est plutôt surpris, car l’on s’at­ten­dait à un extrême grave un peu bour­sou­flé, mais fina­le­ment le HD 480 PRO Plus se tire très bien de ce genre d’es­thé­tique. Par ailleurs, le pic dans l’aigu resti­tue très bien les nombreux détails du morceau, et donne une belle arti­cu­la­tion à la voix, sans la rendre trop « sibi­lante », ce qui arrive parfois avec certains casques très analy­tiques. À ce point de notre séance d’écoute, on ne ressent pas encore de fatigue audi­tive trop évidente, et aucune fatigue physique.

Char­lie Mingus – Solo Dancer (sur The Black Saint And The Sinner Lady)
Voilà un morceau avec beau­­coup de souf­­flants faisant partis des mêmes familles d’ins­tru­ments : c’est très touffu et le but est d’es­­sayer de discer­­ner les timbres. On n’est pas déçu, et l’on s’en doutait un peu à l’avance : le médium très linéaire favo­rise la diffé­ren­cia­tion des instru­ments selon leur tessi­ture, leur timbre, etc. Et le creux léger dans le bas médium limite l’ef­fet « massi­fié », un peu pâteux, que l’on peut parfois ressen­tir avec ce morceau sur certains casques. On a donc une bonne lisi­bi­lité du médium et de l’aigu, mais avec peut-être une basse un peu forte toute­fois (elle doit rester très en retrait pour être facile à suivre, à mon sens, dans ce morceau), et des cymbales un peu trop présentes, ce qui est égale­ment un risque avec ce morceau. Mais rien de rédhi­bi­toire à mon sens.

Edgar Varèse – Ioni­sa­tion (New York Phil­har­mo­nic, dir. Pierre Boulez)
Ici on cherche à juger de l’image stéréo et du suivi de la réver­­bé­­ra­­tion natu­­relle de la salle, qui joue sur l’im­­pres­­sion d’es­­pace. L’écoute se fait entre 0:30 et 1:15 min. L’image stéréo est précise, avec une bonne loca­li­sa­tion des sources permise par un rendu clair des longueurs et des timbres des réver­bé­ra­tions. Par ailleurs, le profil géné­ra­le­ment linéaire de la réponse en fréquence offre une place à peu près égale à toutes les percus­sions, ce qui permet à la fois à l’au­di­teur de se concen­trer sur les diffé­rentes voix, dans une écoute analy­tique, ou de saisir l’ef­fet d’en­semble, la masse instru­men­tale, dans sa tota­lité.

En concluant l’écoute, je ressens une fatigue audi­tive très faible, et aucune fatigue physique qui serait due au poids ou à l’er­go­no­mie du casque.

Notre avis : 8/10

Au terme de ce test, le HD 480 PRO Plus nous a lais­sés avec une impres­sion vrai­ment posi­tive. Senn­hei­ser propose, une fois n’est pas coutume, un casque sérieux, bien construit, confor­table et sonique­ment maîtrisé. Sa réponse en fréquence globa­le­ment linéaire (j’avoue avoir une préfé­rence claire, et subjec­tive, pour ce genre de profil) asso­ciée à une distor­sion basse, lui permet d’of­frir une écoute précise, détaillée et assez peu fati­gante, avec une très bonne lisi­bi­lité des mixages. Certes, le grave est parfois un peu géné­reux et alors que la zone à la limite des hauts médiums et des aigus présente une atté­nua­tion parfois un peu audible (en parti­cu­lier sur les voix), mais rien qui ne compro­mette réel­le­ment son usage en studio ou en écoute analy­tique, car ces accen­tua­tions et atté­nua­tions restent assez conte­nues. Et d’ailleurs, elles sont assez conte­nues pour être faci­le­ment rattra­pables à léga­li­ser, si besoin.

Si l’on ajoute à cela une concep­tion intel­li­gente, une bonne isola­tion, un trans­port pratique et un confort convain­cant, on se retrouve avec un casque dont nous peinons fina­le­ment à dire du mal, comme les listes « points forts » / « points faibles » le démontrent bien. Le HD 480 PRO coche donc beau­coup de cases et, sans forcé­ment détrô­ner les réfé­rences histo­riques de la marque, il s’im­pose néan­moins comme un modèle cohé­rent, poly­va­lent et parti­cu­liè­re­ment réussi dans sa gamme de prix.

  • Excellent confort, faible fatigue physique
  • Construction sérieuse et robuste
  • Architecture interne ingénieuse et inventive
  • Casque facilement démontable et réparable
  • Connectique réversible gauche/droite pratique
  • Bonne isolation passive
  • Transport facilité grâce aux écouteurs rabattables et à la mallette fournie
  • Très bon appairage des transducteurs
  • Réponse en fréquence globalement très linéaire et homogène
  • Distorsion extrêmement basse, y compris dans le grave
  • Un médium clair et précis
  • Écoute peu fatigante malgré un profil détaillé

  • Légère tendance du bas du spectre à prendre le devant de la scène
  • Creux vers 5 kHz pouvant adoucir un peu trop certaines voix
  • Connectiques du câble serties et non facilement réparables
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