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Guide d'achat des claviers MIDI - Comment choisir son clavier maître ?

Rédigé par un humain

Que ce soit sur scène ou en home studio, le clavier MIDI est devenu indispensable pour beaucoup d’entre nous. Mais avec des dizaines de modèles, faire le bon choix n'a rien d'évident. Nombre de touches, contrôleurs, connectique, toucher, taille, etc. Audiofanzine vous aide à y voir plus clair.

Guide d'achat des claviers MIDI : Comment choisir son clavier maître ?

Le clavier MIDI s’est progres­si­ve­ment imposé comme l’in­ter­face de contrôle de nombreux setups. Que vous utili­siez prin­ci­pa­le­ment des instru­ments virtuels, des synthé­ti­seurs maté­riels ou un peu des deux, il vous permet de jouer, d’en­re­gis­trer et de pilo­ter votre confi­gu­ra­tion depuis un seul clavier. Aujour­d’hui, l’offre est très vaste. Il existe des claviers compacts qui tiennent dans un sac à dos, d’autres desti­nés aux pianistes avec un toucher lesté, et des modèles riche­ment équi­pés en pads, faders, enco­deurs et écrans. Certains sont avant tout conçus pour la MAO, tandis que d’autres s’in­tègrent à une confi­gu­ra­tion hybride logi­ciels/maté­riels. À cela s’ajoute une offre logi­cielle, parfois très complète. Cette diver­sité est plutôt une bonne nouvelle, mais elle complique aussi le choix. Faut-il privi­lé­gier un clavier de 49 ou de 61 touches ? Un toucher lesté est-il vrai­ment indis­pen­sable ? Les commandes supplé­men­taires sont-elles utiles ? Les logi­ciels four­nis doivent-ils influen­cer votre déci­sion ? Dans ce guide, nous allons répondre à ces ques­tions en passant en revue les prin­ci­paux critères à prendre en compte afin de vous aider à trou­ver le clavier MIDI adapté à vos besoins, à votre envi­ron­ne­ment de travail et à votre budget.

Qu’est-ce qu’un clavier MIDI ?

Arturia KeyLab 61 MK3À première vue, un clavier MIDI ressemble à un synthé­ti­seur ou à un piano numé­rique. Pour­tant, dans la plupart des cas, il ne produit aucun son. Il sert à pilo­ter des instru­ments virtuels, des synthé­ti­seurs, des expan­deurs ou tout autre appa­reil compa­tible MIDI. Concrè­te­ment, lorsque vous jouez une note, le clavier envoie des infor­ma­tions, comme la note jouée, la vélo­cité ou l’uti­li­sa­tion de certaines commandes, à un logi­ciel ou à un instru­ment qui se charge de produire le son. Aujour­d’hui, la plupart des claviers MIDI se connectent à un ordi­na­teur via USB, mais beau­coup disposent égale­ment de prises MIDI DIN à cinq broches pour commu­ni­quer avec des équi­pe­ments maté­riels. Certains vont encore plus loin en propo­sant des sorties CV/Gate afin de contrô­ler des synthé­ti­seurs analo­giques ou modu­laires. Aujour­d’hui, les claviers MIDI modernes ne se limitent plus au simple jeu à partir d’un clavier musi­cal. Selon les modèles, ils peuvent inté­grer des pads, des faders, des enco­deurs, des écrans ou des commandes de trans­port desti­nés à pilo­ter votre STAN, vos instru­ments virtuels ou votre maté­riel externe. Certains offrent même une inté­gra­tion pous­sée avec des logi­ciels comme Able­ton Live, Cubase, Logic Pro, Bitwig Studio ou FL Studio. Il existe enfin une grande variété de formats, du petit clavier de 25 touches facile à trans­por­ter au modèle 88 touches à méca­nique à marteaux à desti­na­tion des pianistes. Mais contrai­re­ment à ce que l’on pour­rait croire, un grand clavier n’est pas toujours le meilleur choix. Tout dépend de votre pratique, comme nous allons le voir dans les chapitres suivants.

Pour­quoi utili­ser un clavier MIDI ?

Clavier maitre - SalonSi, pour les musi­cien·nes habi­tué·es au jeu au clavier, la ques­tion ne se pose évidem­ment pas, elle est moins évidente pour d’autres. À une époque où il est facile de compo­ser direc­te­ment à la souris, dans un piano roll, ou à l’aide d’un écran tactile, un clavier MIDI est-il encore indis­pen­sable ? Dans certains cas, la réponse est non. Mais dès qu’il s’agit d’es­sayer une mélo­die, de construire une progres­sion d’ac­cords ou simple­ment de faire naître une idée, le clavier reste diffi­cile à rempla­cer. Le clavier permet avant tout de jouer. Même sans être pianiste, il est souvent plus natu­rel de trou­ver une ligne de basse ou de construire une mélo­die en jouant direc­te­ment plutôt qu’en dépla­çant des notes à la souris. Beau­coup de musi­cien·nes s’en servent d’ailleurs autant pour compo­ser que pour enre­gis­trer. Au-delà du jeu, un clavier MIDI permet égale­ment de centra­li­ser le pilo­tage de plusieurs instru­ments.

Un même clavier peut contrô­ler des instru­ments virtuels dans une STAN, un ou plusieurs synthé­ti­seurs maté­riels, voire un système modu­laire selon sa connec­tique. Certains modèles vont encore plus loin en inté­grant des commandes de trans­port, des pads ou des enco­deurs qui évitent de passer en perma­nence du clavier à la souris. Bien entendu, tout le monde n’a pas les mêmes besoins. Un·e pianiste ne recher­chera pas le même toucher qu’un·e beat­ma­ker, tandis qu’une personne qui produit exclu­si­ve­ment dans une STAN n’ac­cor­dera pas la même impor­tance aux connexions MIDI ou CV/Gate qu’un·e musi­cien·ne équi­pé·e de plusieurs synthé­ti­seurs. Fina­le­ment, le plus diffi­cile reste de déter­mi­ner quels critères comptent vrai­ment pour votre usage.

Quelle taille et quel type de clavier choi­sir ?

Le nombre de touches ne déter­mine pas seule­ment l’en­com­bre­ment du clavier, il condi­tionne évidem­ment la façon dont vous pour­rez jouer. Un clavier plus grand offre davan­tage de confort de jeu, mais il prend aussi plus de place, coûte plus cher et se trans­porte moins faci­le­ment. À l’in­verse, un modèle compact s’in­tègre partout, mais impose davan­tage de chan­ge­ments d’oc­tave. Les modèles de 25 et 37 touches s’adressent avant tout aux confi­gu­ra­tions nomades ou aux bureaux où chaque centi­mètre compte. Ils conviennent parfai­te­ment pour enre­gis­trer une ligne de basse, une mélo­die ou pilo­ter quelques instru­ments virtuels. En revanche, jouer des accords complexes ou des parties à deux mains devient vite plus contrai­gnant. Les claviers de 49 et 61 touches repré­sentent le meilleur compro­mis pour beau­coup de musi­cien·nes. Ils offrent une plage de jeu confor­table sans deve­nir encom­brants et permettent de travailler dans de bonnes condi­tions, que ce soit en compo­si­tion, en produc­tion ou pour pilo­ter un synthé­ti­seur maté­riel.

Quant aux modèles de 73 ou 88 touches, ils s’adressent davan­tage aux pianistes ou à celles et ceux qui souhaitent retrou­ver une éten­due de jeu proche de celle d’un piano. Ils sont égale­ment inté­res­sants si vous inter­pré­tez régu­liè­re­ment des morceaux néces­si­tant de larges écarts entre les deux mains ou si vous souhai­tez éviter autant que possible les chan­ge­ments d’oc­tave. Une plus grande éten­due devient égale­ment inté­res­sante si vous utili­sez les fonc­tions de split ou de zones MIDI pour répar­tir plusieurs sons sur le clavier. Il n’existe pas de nombre de touches idéal, le meilleur choix dépend avant tout de votre façon de faire de la musique, de la place dont vous dispo­sez et du maté­riel que vous utili­sez au quoti­dien.

Mini-touches ou touches stan­dard ?

Akai Professional MPK Mini IVLes mini-touches permettent de réduire consi­dé­ra­ble­ment la taille du clavier, mais demandent un temps d’adap­ta­tion. Leur largeur et leur course plus courtes peuvent gêner les musi­cien·nes habi­tué·es aux claviers tradi­tion­nels, en parti­cu­lier pour les accords ou les parties qui exigent davan­tage de préci­sion.Long­temps, ce type de clavier a été syno­nyme de maté­riel cheap et de toucher médiocre. Aujour­d’hui, de nombreux modèles offrent des sensa­tions de jeu très convain­cantes, comme chez Artu­ria avec les Mini­Lab 3, Micro­Lab mk3 ou KeyS­tep mk2. Aujour­d’hui, beau­coup de produc­teurs se contentent de ce type de clavier pour essayer quelques idées ou jouer un petit motif. Les touches stan­dard offrent des repères plus fami­liers et un meilleur confort de jeu. Atten­tion toute­fois, la mention « touches stan­dard » renseigne unique­ment sur leurs dimen­sions, pas sur la qualité de la méca­nique.

Toucher léger, semi-lesté ou méca­nique à marteaux ?

Fatar : Studiologic SL88 mk2Le toucher léger, parfois quali­fié de toucher synthé, offre peu de résis­tance. Il se prête bien aux jeux rapides, aux sons de synthé­ti­seur et aux orgues. Le toucher semi-lesté est un peu plus ferme, sans cher­cher à repro­duire exac­te­ment le compor­te­ment d’un piano. La méca­nique à marteaux imite davan­tage la résis­tance et le mouve­ment des touches d’un piano acous­tique. Elle convient mieux au jeu pianis­tique, mais alour­dit consi­dé­ra­ble­ment l’ins­tru­ment et ne sera pas néces­sai­re­ment agréable pour toutes les tech­niques de jeu. Ces appel­la­tions restent assez vagues. Deux modèles présen­tés comme semi-lestés peuvent offrir des sensa­tions très diffé­rentes. La longueur du pivot, le retour des touches ou leur régu­la­rité ont aussi leur impor­tance. Un essai reste donc préfé­rable lorsque le toucher consti­tue un critère impor­tant.

La vélo­cité : à quoi sert-elle sur un clavier MIDI ?

La vélo­cité corres­pond à la vitesse avec laquelle une touche est enfon­cée. Elle permet de faire varier le volume et même le timbre ou l’at­taque du son en fonc­tion de la force de frappe. Aujour­d’hui, presque tous les claviers MIDI sont sensibles à la vélo­cité, mais leur réponse n’est pas toujours iden­tique. Certains atteignent faci­le­ment les valeurs les plus élevées, tandis que d’autres demandent de frap­per les touches beau­coup plus fort. Certains claviers proposent plusieurs courbes de vélo­cité et permettent ainsi d’adap­ter la réponse à votre jeu.

After­touch de canal ou poly­pho­nique ?

L’af­ter­touch mesure la pres­sion exer­cée sur une touche une fois celle-ci enfon­cée. Une pres­sion supplé­men­taire permet alors de faire varier progres­si­ve­ment un para­mètre. Il ne s’agit donc pas d’une commande marche/arrêt, mais d’un contrôle continu, souvent utilisé pour ajou­ter du vibrato, ouvrir un filtre, ajou­ter un effet ou modi­fier le volume sans quit­ter le clavier des mains.

Avec l’after­touch mono­pho­nique, parfois appelé after­touch de canal, le clavier trans­met une seule valeur de pres­sion pour l’en­semble du canal MIDI. Appuyer davan­tage sur une touche agit donc globa­le­ment sur toutes les notes main­te­nues.

L’after­touch poly­pho­nique trans­met une valeur diffé­rente pour chaque touche. Vous pouvez ainsi ouvrir le filtre d’une seule note au sein d’un accord ou ajou­ter du vibrato unique­ment à la mélo­die jouée avec la main droite. Cette fonc­tion offre beau­coup plus de possi­bi­li­tés, mais exige un instru­ment ou un logi­ciel capable d’in­ter­pré­ter ces données.

Expressive E Osmose CELe MPE, qui ne doit pas être confondu avec l’af­ter­touch poly­pho­nique, permet de contrô­ler indé­pen­dam­ment plusieurs dimen­sions d’ex­pres­sion pour chaque note, comme la pres­sion, la hauteur et le timbre. Un clavier doté d’un after­touch poly­pho­nique n’est donc pas auto­ma­ti­que­ment un contrô­leur MPE.

Dans les faits, peu de claviers MIDI proposent encore aujour­d’hui l’af­ter­touch poly­pho­nique ou le MPE. On peut citer les Native Instru­ments Kontrol S MK3, ainsi que le récent Expres­sive E Osmose CE, dispo­nible en versions 49 et 61 touches.

Au final, la taille, le toucher et les possi­bi­li­tés d’ex­pres­sion doivent être consi­dé­rés ensemble. Un clavier de 88 touches à méca­nique à marteaux convien­dra parfai­te­ment à un·e pianiste, mais pourra se révé­ler encom­brant et peu adapté à une personne qui joue surtout des synthé­ti­seurs. À l’in­verse, un modèle compact à toucher léger peut suffire dans de nombreux cas, à condi­tion d’ac­cep­ter une éten­due plus réduite. 

De quelles commandes avez-vous besoin ?

Claviers contôlesPads, faders, enco­deurs, molettes, boutons de trans­port, écrans… certains claviers MIDI semblent tout droit sortis de la salle de contrôle d’un vais­seau spatial. Toutes ces commandes peuvent être utiles, mais encore faut-il qu’elles corres­pondent à votre manière de travailler. Les molettes de pitch bend et de modu­la­tion restent les plus courantes. La première permet de faire varier la hauteur d’une note (le pitch), la seconde est souvent utili­sée pour ajou­ter du vibrato, mais elle peut aussi contrô­ler le trémolo, l’ou­ver­ture d’un filtre ou tout autre para­mètre prévu par l’ins­tru­ment. Sur certains modèles, elles sont rempla­cées par des bandes tactiles ou un joys­tick. Le choix relève surtout des habi­tudes de jeu. Les pads sont prin­ci­pa­le­ment desti­nés au déclen­che­ment de sons, de samples ou de clips. Ils peuvent être pratiques pour program­mer des rythmes, mais leur présence n’est pas indis­pen­sable si vous utili­sez déjà une boîte à rythmes, un contrô­leur dédié ou simple­ment les touches du clavier. Les enco­deurs et les faders servent à contrô­ler les para­mètres d’un instru­ment virtuel, d’un effet ou du mélan­geur de votre STAN. Leur inté­rêt dépend toute­fois beau­coup de l’in­té­gra­tion propo­sée. Des commandes correc­te­ment recon­nues et auto­ma­ti­que­ment assi­gnées peuvent s’avé­rer très utiles et éviter de confi­gu­rer manuel­le­ment une série de poten­tio­mètres.

Les boutons de trans­port permettent en colla­bo­ra­tion avec un logi­ciel, souvent une STAN, de lancer ou d’ar­rê­ter la lecture, d’en­re­gis­trer ou de navi­guer dans le projet sans reve­nir constam­ment à la souris. Enfin, les écrans faci­litent la navi­ga­tion en affi­chant le nom des para­mètres, des présets ou des pistes. Ils sont très inté­res­sants sur les modèles propo­sant une inté­gra­tion pous­sée avec une STAN. Sur un clavier plus simple, quelques indi­ca­tions lisibles peuvent suffire. Mieux vaut donc privi­lé­gier un nombre limité de commandes réel­le­ment adap­tées à votre usage plutôt qu’un panneau très complet dont une grande partie restera inuti­li­sée.

Quelle inté­gra­tion avec votre STAN et vos logi­ciels ?

Claviers & STANLa présence de faders, d’en­co­deurs ou de boutons de trans­port ne garan­tit pas qu’ils fonc­tion­ne­ront immé­dia­te­ment avec votre envi­ron­ne­ment de travail. Sur les modèles les plus simples, ces commandes envoient des messages MIDI qu’il faut parfois assi­gner manuel­le­ment. D’autres claviers proposent des scripts ou des profils dédiés capables de recon­naître auto­ma­ti­que­ment les prin­ci­pales fonc­tions de la STAN. Cette inté­gra­tion peut aller du simple contrôle de la lecture et de l’en­re­gis­tre­ment jusqu’à la sélec­tion des pistes, au réglage du volume, au pilo­tage des pano­ra­miques ou à la navi­ga­tion dans les banques de sons. Certains modèles permettent aussi d’af­fi­cher direc­te­ment sur leurs écrans le nom des pistes, des para­mètres ou des préré­glages. C’est la même chose pour les instru­ments virtuels. Lors­qu’un clavier est conçu pour fonc­tion­ner avec un logi­ciel précis, ses commandes peuvent être auto­ma­ti­que­ment asso­ciées aux para­mètres les plus impor­tants. Vous évitez ainsi de refaire les assi­gna­tions à chaque chan­ge­ment de son.

En contre­par­tie, cette inté­gra­tion perd parfois une partie de son inté­rêt dès que vous utili­sez des logi­ciels prove­nant d’autres éditeurs. Avant l’achat, véri­fiez donc la compa­ti­bi­lité réelle avec votre STAN et vos instru­ments favo­ris. La mention « compa­tible » ne garan­tit pas une prise en charge complète de la navi­ga­tion, des commandes de trans­port, des présets ou des fonc­tion­na­li­tés géné­rales. Une inté­gra­tion pous­sée peut rendre le travail plus fluide, mais elle n’est pas indis­pen­sable à tout le monde. Si vous utili­sez surtout le clavier pour jouer et enre­gis­trer des notes, quelques commandes suffi­ront souvent.

Quelle connec­tique choi­sir ?

Novation SL mk3Aujour­d’hui, la plupart des claviers MIDI se connectent à un ordi­na­teur en USB. Cette liai­son trans­met les données MIDI et assure souvent l’ali­men­ta­tion du clavier. Pensez à véri­fier tout de même le type de port utilisé, en parti­cu­lier si votre ordi­na­teur ne dispose que de prises USB-C. Une sortie MIDI DIN permet de pilo­ter direc­te­ment un synthé­ti­seur, un expan­deur ou une boîte à rythmes sans passer par un ordi­na­teur. Sur les modèles compacts, elle peut prendre la forme d’une prise mini-jack néces­si­tant un adap­ta­teur. Celui-ci n’est pas toujours fourni.

La plupart des claviers MIDI disposent d’une entrée pour pédale de sustain. Celle-ci main­tient les notes après le relâ­che­ment des touches, comme la pédale forte d’un piano. Pour les pianistes, certains modèles acceptent aussi une triple pédale. En plus du sustain, elle permet de main­te­nir unique­ment certaines notes déjà jouées grâce à la pédale soste­nuto, ou d’adou­cir le jeu avec la pédale douce. Quant à la pédale d’ex­pres­sion, elle permet de faire varier progres­si­ve­ment un para­mètre au pied, par exemple le volume, l’ou­ver­ture d’un filtre ou l’in­ten­sité d’un effet.

Les sorties CV et Gate concernent surtout les confi­gu­ra­tions avec des synthé­ti­seurs analo­giques ou un système modu­laire. Elles permettent de trans­mettre la hauteur des notes et leur déclen­che­ment sans utili­ser le MIDI. De nombreux claviers restent fidèles aux prises MIDI DIN. Ils ne proposent parfois qu’une sortie MIDI, mais certains y ajoutent une ou plusieurs entrées, par exemple, lorsque le clavier MIDI intègre un arpé­gia­teur ou un séquen­ceur. D’autres disposent d’un port USB hôte destiné à accueillir un second contrô­leur. Ces fonc­tions prennent surtout leur sens dans une confi­gu­ra­tion maté­rielle complexe. Pour un usage centré sur un ordi­na­teur, une connexion USB fiable et une entrée pour pédale seront souvent suffi­santes.

Quelles fonc­tions avan­cées peuvent être utiles ?

Novation Launchkey 37 MK3 - controlesCertains claviers MIDI intègrent aussi des diffé­rents outils desti­nés à faci­li­ter le jeu, la compo­si­tion ou le pilo­tage de plusieurs instru­ments. Les fonc­tions de split et de zones permettent de divi­ser le clavier en plusieurs parties. Chaque zone peut alors pilo­ter un son, un canal MIDI ou un appa­reil diffé­rent. C’est surtout pratique et utile si vous faites de la scène ou aimez jouer des perfor­mances. Un arpé­gia­teur trans­forme les notes main­te­nues en une suite répé­tée selon un ordre et un rythme défi­nis. Il propose plusieurs modes de lecture (vers l’avant, vers l’ar­rière, dans les deux sens ou de manière aléa­toire) ainsi que des réglages sur le nombre d’oc­taves couvertes, la divi­sion tempo­relle et la synchro­ni­sa­tion au tempo.

Certains modèles vont plus loin en inté­grant des motifs, des varia­tions ryth­miques, un réglage de la durée des notes ou d’autres options qui rapprochent l’ar­pé­gia­teur d’un véri­table géné­ra­teur de séquences. Les modes chords permettent de déclen­cher un accord à partir d’une seule touche. Les fonc­tions de gamme (Scales) peuvent, quant à elles, limi­ter le clavier aux notes d’une tona­lité donnée. Ces outils peuvent être pratiques pour compo­ser, mais ils ne remplacent pas l’ap­pren­tis­sage du clavier et de l’har­mo­nie. Certains modèles embarquent égale­ment un séquen­ceur, plus ou moins avancé. Enfin, les mémoires internes servent à enre­gis­trer plusieurs confi­gu­ra­tions d’as­si­gna­tion, de zones ou de canaux MIDI. Elles deviennent utiles lorsque le même clavier pilote diffé­rents logi­ciels ou plusieurs appa­reils, en studio comme sur scène. Notez bien que toutes ces fonc­tions ne sont pas indis­pen­sables. Leur inté­rêt dépend surtout de la place que le clavier MIDI doit occu­per dans votre confi­gu­ra­tion. Pour simple­ment jouer des instru­ments virtuels, elles peuvent rester secon­daires. Dans un setup maté­riel ou en concert, elles peuvent au contraire éviter de multi­plier les appa­reils. Réflé­chis­sez bien à vos besoins et deman­dez-vous si toutes ces options vous seront véri­ta­ble­ment utiles.

Faut-il tenir compte des logi­ciels four­nis ?

La plupart des claviers MIDI sont livrés avec plusieurs logi­ciels. Selon les marques et les modèles, on peut trou­ver une version allé­gée d’une STAN, des instru­ments virtuels, des effets ou encore des banques de sons. Cette offre peut être inté­res­sante pour se lancer dans la MAO. Elle permet de commen­cer à jouer, compo­ser et enre­gis­trer sans devoir ache­ter immé­dia­te­ment d’autres logi­ciels. Certains ensembles sont suffi­sam­ment complets pour consti­tuer une bonne base de départ. L’in­té­rêt devient plus rela­tif si vous possé­dez déjà une STAN et plusieurs instru­ments virtuels. Dans ce cas, mieux vaut ne pas choi­sir un clavier unique­ment pour la valeur annon­cée de son offre logi­cielle. Les versions four­nies peuvent être limi­tées, faire doublon avec des logi­ciels déjà instal­lés. Il faut aussi véri­fier les condi­tions d’ob­ten­tion des licences. Certaines offres doivent être acti­vées dans un délai précis après l’en­re­gis­tre­ment du clavier et ne sont pas toujours trans­fé­rables lors d’un achat d’oc­ca­sion. Les logi­ciels four­nis peuvent donc faire pencher la balance entre deux modèles proches, mais ils ne doivent pas passer avant la qualité du clavier, sa connec­tique ou son inté­gra­tion à votre envi­ron­ne­ment de travail.

Petit rappel sur les erreurs à éviter avant d’ache­ter

Native Instruments Kontrol S61 MK3 - detailLa première erreur consiste à choi­sir un clavier unique­ment en fonc­tion du nombre de touches. Un modèle de 88 touches peut sembler plus poly­va­lent, mais il sera inuti­le­ment encom­brant si vous jouez surtout des lignes mono­pho­niques, des accords simples ou des instru­ments virtuels depuis un petit bureau. À l’in­verse, un clavier trop compact peut rapi­de­ment deve­nir frus­trant si vous jouez régu­liè­re­ment à deux mains. Il ne faut pas non plus négli­ger le toucher. Une fiche tech­nique permet de connaître le type de méca­nique, mais elle ne renseigne pas toujours sur la résis­tance des touches, leur retour ou la régu­la­rité de la vélo­cité. Deux modèles présen­tés comme semi-lestés peuvent offrir des sensa­tions très diffé­rentes.

Lorsque le clavier consti­tue votre prin­ci­pal instru­ment, le meilleur conseil à donner, c’est d’es­sayer avant l’achat. Les commandes supplé­men­taires peuvent donner l’im­pres­sion qu’un modèle est mieux équipé qu’un autre. Pour­tant, des pads, des faders ou des enco­deurs mal placés, peu précis, risquent de rester inuti­li­sés. Si vous jouez souvent de l’orgue, par exemple, véri­fiez que le clavier possède bien neuf faders pouvant être assi­gnés aux neuf tirettes harmo­niques d’un instru­ment virtuel. La compa­ti­bi­lité mérite égale­ment d’être véri­fiée avec préci­sion. Une mention comme « inté­gra­tion avec votre STAN » peut dési­gner aussi bien quelques commandes de trans­port qu’un contrôle beau­coup plus complet. Il en va de même pour les instru­ments virtuels, les écrans ou la navi­ga­tion dans les présets, qui ne fonc­tionnent pas toujours de la même manière selon les logi­ciels employés. Atten­tion aussi à la connec­tique. Une prise MIDI au format mini-jack peut néces­si­ter un adap­ta­teur spéci­fique, tandis qu’un clavier alimenté unique­ment par USB ne pourra pas toujours fonc­tion­ner seul avec un synthé­ti­seur maté­riel.

Véri­fiez égale­ment la présence des entrées pour pédales dont vous avez besoin et leur compa­ti­bi­lité avec les modèles que vous possé­dez déjà. Enfin, comme nous l’avons vu précé­dem­ment, l’offre logi­cielle ne doit pas prendre le pas sur le clavier lui-même. Un ensemble de logi­ciels sédui­sant peut faire pencher la balance entre deux modèles proches, mais il ne compen­sera jamais un toucher qui ne vous convient pas, une connec­tique insuf­fi­sante ou une inté­gra­tion mal adap­tée à votre envi­ron­ne­ment.

Une sélec­tion de claviers MIDI pour chaque usage

Il serait impos­sible de dres­ser ici une liste exhaus­tive des claviers MIDI dispo­nibles. Voici plutôt quelques modèles repré­sen­ta­tifs des diffé­rentes caté­go­ries abor­dées dans ce guide.

Artu­ria Micro­Lab mk3 : pour aller à l’es­sen­tiel

Avec ses 25 mini-touches, son alimen­ta­tion USB-C et ses deux bandes tactiles dédiées au pitch bend et à la modu­la­tion, le Micro­Lab mk3 s’adresse à celles et ceux qui recherchent avant tout un clavier compact. Il intègre tout de même un mode d’ac­cords, une entrée pour pédale et des commandes permet­tant de parcou­rir les sons d’Ana­log Lab Intro. 

Akai Profes­sio­nal MPK Mini IV : compact et bien équipé

Le MPK Mini IV réunit 25 mini-touches, huit pads sensibles à la vélo­cité et à la pres­sion, huit enco­deurs, des molettes de pitch bend et de modu­la­tion ainsi que des commandes de trans­port. Il propose aussi des modes d’ac­cords et de gammes, un arpé­gia­teur, un écran OLED, une sortie MIDI DIN et une entrée pour pédale de sustain. Son format, son offre logi­cielle et son inté­gra­tion avec les prin­ci­pales STAN en font une option complète et abor­dable pour un premier clavier MIDI.

Artu­ria KeyLab Essen­tial mk3 : un modèle poly­va­lent

Dispo­nible en plusieurs tailles, le KeyLab Essen­tial mk3 réunit un clavier, des pads, des enco­deurs, des faders et des commandes desti­nées au pilo­tage d’une STAN. Son inté­gra­tion avec Analog Lab et son offre logi­cielle en font une option inté­res­sante pour consti­tuer un premier home studio.

Nova­tion Laun­ch­key 49 ou 61 MK4 : pour la produc­tion en STAN

Avec pas moins de sept modèles, les Laun­ch­key MK4 consti­tuent l’une des gammes de claviers MIDI les plus complètes. Elle comprend deux modèles à mini-touches de 25 et 37 notes, deux versions de 25 et 37 touches stan­dard, puis des claviers semi-lestés de 49, 61 et 88 touches. Tous disposent de seize pads et de huit enco­deurs, mais les neuf faders sont réser­vés aux trois plus grands modèles. La gamme intègre égale­ment un arpé­gia­teur, des modes d’ac­cords et de gammes, ainsi que des fonc­tions adap­tées au pilo­tage des prin­ci­pales STAN.

Native Instru­ments Kontrol S MK3 : pour l’in­té­gra­tion logi­cielle

Les Kontrol S49, S61 et S88 MK3 misent sur leur inté­gra­tion avec Kontakt, Komplete Kontrol et les instru­ments compa­tibles NKS. Ils disposent d’un grand écran, de claviers Fatar et d’un after­touch poly­pho­nique sur les trois formats. Le S88 se distingue par sa méca­nique à marteaux, tandis que les modèles de 49 et 61 touches utilisent un clavier semi-lesté.

Artu­ria KeyS­tep 37 mk2 et KeyS­tep Pro : pour les confi­gu­ra­tions hybrides

Le KeyS­tep 37 mk2 est destiné aux musi­cien·nes qui souhaitent réunir logi­ciels, synthé­ti­seurs MIDI et instru­ments analo­giques autour d’un même clavier. Il dispose d’un séquen­ceur poly­pho­nique, d’un arpé­gia­teur, de prises MIDI DIN, d’en­trées et sorties de synchro­ni­sa­tion ainsi que de quatre sorties CV/Gate assi­gnables. Ses 37 mini-touches avec vélo­cité et after­touch permettent de conser­ver un format rela­ti­ve­ment compact.

Le KeyS­tep Pro propose un séquen­ceur à quatre pistes, deux sorties MIDI et quatre ensembles de sorties CV, Gate et modu­la­tion, auxquels s’ajoutent huit sorties Gate desti­nées aux percus­sions. Chaque piste peut conte­nir plusieurs motifs de 64 pas, qui peuvent ensuite être enchaî­nés. Plus complexe et un peu plus encom­brant, il est parfait pour les confi­gu­ra­tions compre­nant plusieurs synthé­ti­seurs, boîtes à rythmes ou modules Euro­rack.

Nova­tion SL MkIII : plus de confort pour les confi­gu­ra­tions hybrides

Dispo­nible en 49 ou 61 touches semi-lestées avec after­touch, le Nova­tion SL MkIII reprend une logique proche des KeyS­tep dans un format plus grand. Son séquen­ceur à huit pistes, ses huit zones, ses prises MIDI DIN et ses deux ensembles de sorties CV, Gate et modu­la­tion lui permettent de pilo­ter plusieurs instru­ments maté­riels tout en conser­vant une inté­gra­tion pous­sée avec les STAN. Il possède huit faders, huit enco­deurs, seize pads, plusieurs écrans et de nombreuses commandes program­mables. Plus encom­brant et plus coûteux qu’un KeyS­tep, il pourra en revanche deve­nir le centre d’une confi­gu­ra­tion mêlant instru­ments virtuels, synthé­ti­seurs MIDI et maté­riel analo­gique ou modu­laire.

Studio­lo­gic SL88 GT : pour les pianistes

Le SL88 GT privi­lé­gie la qualité du jeu pianis­tique avec un clavier de 88 touches à méca­nique à marteaux et touches en bois. Il propose aussi plusieurs zones program­mables, des connexions MIDI et plusieurs entrées pour pédales. Il convien­dra donc davan­tage aux clavié­ristes qu’aux personnes voulant contrô­ler une STAN.

Expres­sive E Osmose CE : pour explo­rer le MPE

Dispo­nible en 49 ou 61 touches, l’Os­mose CE propose un contrôle indé­pen­dant de chaque note par la pres­sion, le mouve­ment laté­ral et diffé­rents gestes effec­tués sur les touches. Il peut fonc­tion­ner en MPE, en MIDI tradi­tion­nel ou trans­mettre un after­touch poly­pho­nique. Son prix et son approche très parti­cu­lière le réservent à celles et ceux qui souhaitent placer l’ex­pres­si­vité au centre du jeu.

Évidem­ment, cette sélec­tion ne désigne pas un meilleur clavier MIDI dans l’ab­solu. Le bon choix reste celui qui corres­pond à vos besoins, votre manière de jouer, à votre équi­pe­ment et à la place dont vous dispo­sez. Et puis n’ou­bliez pas de regar­der les offres d’oc­ca­sion, comme par exemple en consul­tant les petites annonces d’Au­dio­fan­zine, c’est un moyen de faire de très bonnes affaires.

Conclu­sion

Choi­sir un clavier MIDI revient surtout à déter­mi­ner la place qu’il occu­pera dans votre confi­gu­ra­tion. Pour certains, il servira avant tout à jouer quelques instru­ments virtuels. Pour d’autres, il devra pilo­ter une STAN, plusieurs synthé­ti­seurs, des effets ou même un système modu­laire. Le nombre de touches, le toucher, les commandes, la connec­tique ou l’in­té­gra­tion logi­cielle n’ont donc pas la même impor­tance selon les usages. Un modèle compact et simple peut parfai­te­ment conve­nir dans un petit home studio, tandis qu’un·e pianiste ou un·e musi­cien·ne équi­pé·e de plusieurs instru­ments maté­riels aura besoin d’un clavier plus complet.

Dans tous les cas, mieux vaut privi­lé­gier les fonc­tions que vous utili­se­rez réel­le­ment. Un clavier MIDI bien adapté à votre manière de jouer et de travailler restera toujours plus utile qu’un modèle plus ambi­tieux, mais dont une grande partie des possi­bi­li­tés ne vous servira jamais.

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    Mix Jagger

    Mix Jagger

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    Administrateur·trice du site
    Membre depuis 1 an
    Commentaires sur le dossier : Guide d'achat des claviers MIDI
    Excellent, merci Coramel :bravo:
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    • Coramel
    Beatless

    Beatless

    15033
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    Drogué·e à l’AFéine
    Membre depuis 22 ans
    J'ai un clavier non listé ici. C'est un Korg Keystage 61 qui est très bien pour mon usage: ATP, MPE, entrées pédales, etc. avec interface audio intégrée. C'est un clavier Polytouch® Medeli.

    S'il n'y a pas de solution, c'est qu'il n'y a pas de problème.

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    1 réaction
    • Coramel
    Coramel

    Coramel

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    Administrateur·trice du site
    Membre depuis 23 ans
    Ah oui, très bon clavier.

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    • Clin d’œil
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    • Beatless
    KMROCK1964

    KMROCK1964

    284
    284 posts au compteur
    Posteur·euse AFfamé·e
    Membre depuis 10 ans
    Très bonnes explications et approche pour ces claviers maîtres de plus en plus utiles! ( place et ergonomie )
    Toutefois, je souhaiterais que certaines marques optent pour des modules et non des synthés ( entre autres ) avec mini-claviers totalement ridicules ( Jupiter-Xm ) voir même des WK ou autres synthés de 61 touches ( MODX-Mx ) par exemple.
    J'ai un SL73 qui est excellent et un SWISSKEY-Pro au top également.
    Je vais finir par "craquer" pour un Osmose CE61 début d'année prochaine, CE73 aurait été parfait !!
    A vous lire.

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