Bientôt dix ans d'Audiofuse ! L'anniversaire approchant, Arturia a peaufiné son interface audio à l'histoire déjà riche en développements : quatre préamplis, une connectique généreuse et des possibilités de monitoring très complètes. Pas besoin de vous dire qu'on était impatient de la tester...
D’autant plus que l’interface qui avait tout inauguré, j’ai nommé l’AudioFuse « mouture 1 » (puis sa remplaçante, l’AudioFuse Rev2.), et qui avait reçu une bonne note à l’époque (mais n’avait pourtant pas séduit tous les utilisateurs, je vous laisse lire les commentaires) s’est développée avec le temps : d’abord à travers son augmentation sous la forme de la première Studio, puis à travers la gamme spécifique MiniFuse et enfin, sous la forme très aboutie de son plus grand modèle, l’excellente 16Rig, sans parler des éléments qui vinrent compléter l’installation, comme l’AudioFuse 8Pre (huit préamplis) et les convertisseurs de la série X8.

Présentation de l’AudioFuse Studio Rev. 2 : commandes et connectique
Comme toujours, attardons-nous d’abord sur les faces supérieure, avant et arrière pour présenter succinctement, mais de façon aussi complète que possible, les fonctions, entrées et sorties de la machine (toujours de gauche à droite). En gras, nous signalons les améliorations apportées par la Rev.2.
On commence donc par la face supérieure, où se situent les contrôles :
- Commandes des entrées 1 à 4 : quatre groupes identiques comprenant des voyants indiquant la sélection de source (Mic, Line, Inst), un potentiomètre de gain, un indicateur de niveau à LED et des boutons permettant de déclencher l’alimentation fantôme, la sélection de l’impédance pour instrument, l’atténuation et l’inversion de phase. C’est l’élément primordial sur lequel la Rev.2 devrait apporter une amélioration par rapport à la 1 : les préamplis DiscretePRO sont censés avoir été améliorés pour un meilleur recul du bruit de fond. Même si l’on ne pourra pas les comparer à la version précédente, on verra leur qualité au moment du benchmark.
- En bas de chaque tranche, on trouve un bouton « Listen » qui permet d’écouter individuellement chaque entrée en signal direct.
Sur la partie droite, en bas, on trouve les commandes des deux sorties casque : deux potentiomètres de volume indépendants, deux boutons « Mono » et des boutons permettant de sélectionner la source (mélange « Main », « Cue 1 » ou « Cue 2 »).
- Le bouton « Talkback », tout à droite, active le microphone intégré pour communiquer avec les musiciens au moyen de leur circuit d’écoute.
- Sur la partie supérieure, on trouve toutes les commandes de monitoring pour les sorties ligne : l’encodeur de volume principal, cranté et très progressif, avec ses indicateurs de niveau à LED, et les boutons Dim, Mute et Mono, plus un sélecteur pour choisir l’écoute sur les paires d’enceintes A ou B. On remarque aussi trois boutons permettant d’écouter, sur la sortie principale, soit le mix « Main », soit les mix secondaires « Cue 1 » et « Cue 2 ». Très bonne idée, qui a rarement sa commande physique dédiée (on peut généralement faire cela à travers le logiciel). Bravo Arturia pour cette bonne idée.
- Tout en haut de la face supérieure, on trouve le bouton « Bluetooth » qui active ou désactive la réception audio sans fil et, à côté, les différents voyants de synchronisation Wordclock et de connexion USB. Du côté du Bluetooth aussi, la Rev.2 apporte son lot de changements, avec un nouveau module qui prend en charge les codecs AAC, aptX, aptX HD et aptX Low Latency., ce qui devrait permettre de réduire le délai de transmission avec les appareils compatibles aptX Low Latency.

- Pour finir, en haut à gauche, le classique bouton AudioFuse Studio qui permet d’ouvrir ou de masquer le logiciel AudioFuse Control Center en un clic.
Sur la face avant, quatre entrées, quatre sorties, c’est très simple :
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Entrées analogiques 1 à 4 : quatre prises combo XLR/jack 6,35 mm pour connecter des microphones, des instruments ou des sources de niveau ligne.
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Sorties casque 1 et 2 : deux groupes de prises comprenant chacun un jack 6,35 mm et un mini-jack 3,5 mm, pour connecter deux casques indépendamment.
Puis la face arrière : c’est là que se trouve tout le reste de la connectique.
- Alimentation : prise pour l’adaptateur secteur continu fourni. Cette fois-ci, il est accompagné d’un bouton marche/arrêt et il n’est pas placé trop près de la connectique USB-C. De plus, il a un écrou de sécurité. Bref, Arturia a appris des erreurs commises sur sa première interface.
- L’habituel hub USB qui fait la spécificité de la marque : trois ports USB-A pour connecter des périphériques, dont deux ports fournissant jusqu’à 1 A.
- Les sorties enceintes A et B : deux paires de sorties jack 6,35 mm TRS.
- Les sorties auxiliaires ou de réamp au format jack 6,35 mm TRS.
- Les inserts 1 à 4 pour intégrer des processeurs externes au trajet analogique des entrées correspondantes.
- Et les entrées ligne 5 à 8 sur jack 6,35 mm TRS, associées à deux prises RCA puisque les entrées 5 et 6 peuvent également recevoir un signal phono (avec correction RIAA intégrée) avec la borne de masse adéquate.
- Sur la zone supérieure, on trouve, toujours de gauche à droite, les entrées et sorties MIDI, puis les entrées et sorties coaxiales pour le signal de synchronisation Word Clock et la connexion S/PDIF, suivies des entrées optiques au format TOSLINK pour les signaux numériques ADAT et S/PDIF.
Ouf ! On a fait le tour… Autant dire que c’est très complet et plutôt bien construit, même si les connecteurs sont dans l’ensemble moins bien fixés (au châssis, s’entend) que sur la 16Rig. Ils bénéficient cependant d’un espacement conséquent et d’une disposition globalement ergonomique. Seul petit reproche : les connecteurs pour les entrées et sorties numériques, situés au-dessus des connecteurs analogiques, risquent de rendre les changements de ces derniers un peu plus compliqués pour ceux qui utilisent des installations hybrides. Il est vrai, toutefois, que le format desktop permet potentiellement d’avoir un meilleur accès à la face arrière.
Par ailleurs, vous remarquerez que peu de phrases apparaissent en gras dans la description ci-dessus. En effet, la Rev.2 n’est pas un changement majeur par rapport à la 1, seulement (comme son nom l’indique) une révision d’un modèle déjà établi. Soyons clair : cela ne constitue pas un point négatif, mais il nous semble important de le noter, de manière objective.
AudioFuse Control Center : le logiciel de mixage et de monitoring
Le logiciel de mixage et de monitoring classique d’Arturia a connu une révision (on en est à la version 2.5) pour toutes les interfaces de la gamme, et s’adapte de façon intéressante à cette Studio Rev.2. On y reconnaît une esthétique globale que l’on avait trouvée lors du test de la 16Rig, mais revisitée selon une forme plus adaptée à des utilisateurs « amateurs » qui seront potentiellement moins habitués à la sobriété fonctionnelle d’un logiciel pro souvent plus « spartiate ». Ici, on trouve donc des pictogrammes, illustrant le type d’entrée utilisé (ligne, micro, instrument…). La sélection, comme dit précédemment, se fait automatiquement selon le branchement en XLR ou jack.
L’interface utilisateur se divise ainsi en trois grandes zones : en haut, les entrées analogiques, le mixage de monitoring au centre et, dans les zones inférieures, les sorties analogiques et numériques. Chaque section permet de visualiser les signaux et d’adapter la configuration aux besoins de la session.
Pour commencer, la partie supérieure regroupe les entrées analogiques et numériques. Elle sert surtout à contrôler visuellement les niveaux. Il est également possible d’accéder à différents réglages, notamment l’activation de l’atténuateur (Pad), de l’alimentation fantôme (48V), de l’impédance élevée pour instruments à cordes (Inst) et la rotation de phase à 180°. Les quatre premières entrées accueillent donc des signaux micro, ligne ou instrument, tandis que les entrées 5 à 8 sont destinées seulement aux sources à niveau ligne. Les entrées 5 et 6 peuvent également être employée comme entrée vers un préampli à correction RIAA. C’est pour l’instant très simple, mais la zone inférieure, repliable (voir carrousel d’image ci-dessous), permet d’aller plus loin en contrôlant le mélange des différentes entrées.
Ainsi, la zone « Monitoring Mix » permet de créer et de régler trois mixages distincts : le Main Mix, destiné à l’écoute principale, et deux Cue Mix indépendants, utiles pour préparer des retours casque adaptés aux musiciens. Chaque canal dispose de son propre réglage de niveau et de panoramique, ainsi que des fonctions « Solo » et « Mute » classique. Il est également possible de renommer les canaux, de les organiser et de les grouper pour faciliter la lecture d’une session. Le niveau général de chaque mixage se règle séparément (sur la droite) ce qui permet de proposer aux interprètes un équilibre différent de celui utilisé en régie, sans modifier le mixage principal.
Pour finir, la partie inférieure sert à configurer les destinations des signaux. Dans la partie dédiée à l’analogique, on peut choisir le mix envoyé aux sorties principales et aux sorties auxiliaires, ces dernières pouvant servir à alimenter une chaîne du son parallèle, à multiplier les écoutes de monitoring (dans ce cas, l’option de liaison stéréo permet d’utiliser les sorties par paires), ou à réamplifier le signal dans un amplificateur guitare/basse (option réamp sélectionnable). Quant aux sorties numériques, elles offrent une modularité comparable : les paires ADAT et la sortie S/PDIF peuvent recevoir différentes sources, comme le Main Mix, l’un des Cue Mix ou des signaux provenant de l’ordinateur et des entrées numériques. Enfin, la fonction Loopback permet de réinjecter un signal audio dans l’ordinateur, pratique pour enregistrer ou diffuser le son d’applications. Bref, le logiciel est assez complet.
Remarquons au passage qu’Arturia a fait le choix assez justifié (pour un appareil qui se veut facile à prendre en main) de ne pas multiplier les sous-menus ou les onglets. Globalement, tout est accessible depuis la fenêtre principale, et le menu « Paramètres » permet de compléter – et de spécifier – les éléments secondaires. Le logiciel est donc assez touffu, mais avec des pictogrammes et une architecture lisible : les zones ont des titres, par exemple, et le logiciel se structure selon une logique claire (avec une division haut-bas dans laquelle s’opère des sous-divisions droite-gauche). Dit comme ça, cela peut paraître confus, mais le résultat réel est tout à fait clair et permet un contrôle visuel rapide de toutes les voies. Un bon point !
Direction les mesures…
Benchmark de l’AudioFuse Studio Rev. 2 : mesures à l’APx515
Précisons-le d’abord, l’AudioFuse Studio Rev.2 travaille dans une résolution max de 24 bits/192 kHz. Un petit tour du côté de RTL Utility nous apprend que la latence totale est la suivante :

1 – Entrées ligne : déviation, THD+N et intermodulation
Déviation : ±0,03 dB (fréquence de référence : 1 kHz)
THD+N : –99 dB / THD : –100 dB (@ 1 kHz)
Distorsion d’intermodulation : –93,5 dB (type SMPTE, @ 1 kHz)
En amplitude, on mesure :
2 – Entrées micro : mesures et gain maximal
Déviation : ±0,09 dB (fréquence de référence : 1 kHz)
THD+N : –102 dB / THD : –109 dB (@ 1 kHz)
Distorsion d’intermodulation : –99,6 dB (type SMPTE, @ 1 kHz)
En amplitude :
Gain max : 67.5 dB (entrée micro, @ 1kHz)
3 – Sortie casque : mesures et limites
Déviation : ±0,32 dB (fréquence de référence : 1 kHz)
THD+N : –69 dB / THD : –71 dB (@ 1 kHz)
Une petite note pour éclairer le résultat obtenu sur les courbes de THD(+N) : nous avons superposé les résultats avec le gain à 10h et à 14h. On remarque que la distorsion augmente sur tout le spectre sonore (cf. courbe de THD) lorsque le niveau d’amplification augmente, en plus de présenter un profil « en pente », avec une THD plus élevée dans l’aigu que dans le grave. On remarque aussi que le bruit plancher est bien visible (-72 dB) lorsque l’on baisse le gain. On sera donc avisé d’employer le casque à des volumes raisonnables lors d’écoutes critiques (et ce sera mieux pour nos oreilles).
En amplitude :
On remarque encore un comportement particulier lorsque l’on augmente l’amplitude du signal en entrée : avec un gain réglé à 10h, la THD baisse progressivement avec l’augmentation du signal, jusqu’à atteindre –75 dB pour un signal de – 15 dBFS, mais elle remonte ensuite jusqu’à un bien moins acceptable –50 dB au fond d’échelle. Attention donc, pour les écoutes au casque, de ne pas mixer trop prêt de 0 dBFS.
4 – Sortie ligne : plage dynamique et distorsion
Plage dynamique : 110,6 dB (AES-17, pondération A)
Déviation : ±0,07 dB (fréquence de référence : 1 kHz)
THD+N : –96 dB / THD : –110 dB (@ 1 kHz)
Distorsion d’intermodulation : –99,2 dB (type SMPTE, @ 1 kHz)
En amplitude :

































