Dans la série de contrôleurs Console 1, en cours chez Softube depuis quelques années, voici Compact : une petite surface qui pilote les plugins de la marque suédoise (entre autres), à glisser dans votre sac pour mixer sur la route. Un format pratique ?
Console 1, l’histoire
Softube continue de creuser le filon Console 1, déjà bien exploité ces dernières années. La marque suédoise décline son contrôleur de plugins en différents formats, puisqu’après le Console 1 Channel mk3 découvert il y a deux ans et le Flow Studio sorti cet été, voici avec Compact la taille intermédiaire. Si vous avez raté les épisodes précédents, voici un rappel. Il y a plus de dix ans, Softube a lancé son premier modèle de cette série, un contrôleur physique pour une chaîne de plugins type Channel Strip. L’objectif était de retrouver un geste analogique en utilisant des traitements numériques. Une deuxième, puis une troisième version de ce Console 1 Channel ont ensuite été commercialisées, ainsi que son complément Console 1 Fader MK3 pour mixer les différentes pistes. Une vraie petite console numérique, si on cumule les deux ! Il y a trois mois, on a découvert Flow Studio, une version bien plus compacte du contrôleur dirigée vers une prise en main et des actions rapides.
Console 1 Compact : dimensions, encodeurs et accessoires

Au-delà de l’unité physique qu’est le contrôleur, il y a une suite de plugins qui est par défaut celle que l’on contrôle, nommée Core Mixing Suite. Comme on le verra par la suite, le contrôleur peut aussi agir sur d’autres plugins Softube, mais aussi de marques différentes. Mais ces alternatives, encore faut-il les avoir, ou les acheter. On va donc aussi se pencher sur les caractéristiques sonores de la suite qui accompagne Console 1.
Branchement et installation
Après avoir téléchargé et installé les logiciels qui vont avec le contrôleur, on le branche à notre ordinateur en USB-C avec le câble fourni. C’est par ce câble et donc depuis l’ordinateur que notre Compact reçoit son alimentation. La mise en route est un peu longue, parce qu’en plus de ce qu’on avait installé (Console 1 System et Core Mixing Suite), il faut un élément incontournable appelé On Screen Display qui n’a pas été inclus et installé par défaut dans le paquet, et qu’on va devoir aller chercher sur le site de la marque. Ce troisième logiciel permet le fonctionnement du contrôleur, qui va en premier lieu procéder à la mise à jour de son firmware, et il sera aussi décisif dans l’utilisation de Compact, comme on le verra un peu plus loin. On peut donc se lancer dans le test et l’utilisation, en ouvrant notre DAW Pro Tools, puis en insérant sur une piste le plugin Console 1.
Prise en main : pages, sous-pages et On Screen Display
On va ici comparer avec Console 1 Channel, donc on vous conseille de vous référer au test sur ce modèle particulier, si vous ne le connaissez pas. La réduction en taille et en nombre d’encodeurs à pour conséquence une logique de multifonctionnalité de ceux-ci, en particulier des rotatifs qui nous apportent ce fameux geste analogique. Concrètement, là où Channel proposait différentes sections et différents encodeurs pour l’égalisation et la compression, par exemple, avec Compact il faudra utiliser les mêmes rotatifs, et donc naviguer dans des pages pour passer de l’un à l’autre. On ajoute à cela que la Suite propose par défaut deux égaliseurs, deux compresseurs, et ainsi de suite, et donc qu’au sein de ces pages il y a des sous-pages dans lesquelles on doit naviguer, et encore que dans un même plugin, certains paramètres deviennent accessibles avec le bouton Shift sur le même rotatif qu’un autre. Vous l’aurez compris, chaque encodeur a de nombreuses fonctions, et toutes ces indications écrites sur la surface rendent la prise en main du contrôleur un peu fastidieuse. 


Core Mixing Suite et autres outils
Par défaut, ce sont donc les traitements de la Core Mixing Suite qui sont proposés, mais, en allant dans le plugin Console 1 inséré sur une tranche, on peut les changer, et des options de plus en plus nombreuses s’offrent à nous. Déjà, on peut charger n’importe quel plugin Softube si on en possède d’autres, et, franchement, il y en a beaucoup qui sont très intéressants. Depuis quelques années, la marque avait ouvert Console 1 aux UAD, puis FabFilter, et maintenant s’ajoutent à la liste les modèles Plugin Alliance et Brainworx, ce qui constitue un panel assez large.
On mixe avec Console 1 Compact
Pour entrer dans le vif du sujet, on décide de travailler dans Pro Tools sur trois pistes groupes d’un projet en cours et de tenter des traitements avec le contrôleur. On a donc une piste batterie, une piste basse et une piste guitare, et on commence naturellement par la batterie. Le premier module sur lequel on intervient est le module Shape, qui permet de modifier les taux de transitoires et de résonances. On y va franchement et on augmente conséquemment le quota de transitoires pour gagner de l’attaque. S’ajoute à cela un rapide travail d’égalisation et de compression, dont on profite pour tester l’utilisation du Fabfilter ProQ 3, et c’est l’occasion de constater qu’il nous est impossible d’accéder à la fonction égalisation dynamique via le contrôleur… Dommage ! On arrive au module Drive, qui malgré sa simplicité, nous convainc très rapidement. On trouve un beau réglage de saturation, puis on affine la couleur dans le négatif pour limiter le niveau de distorsion harmonique des hautes fréquences.
La suite, c’est une piste de basse DI et on a tout intérêt à vouloir la colorer dès l’entrée, sans pour autant la faire saturer, et on rajoute donc 10 dB de niveau d’entrée tout en rajoutant 6 dB de marge (Headroom) afin de frôler la distorsion. Après avoir rajouté un peu d’attaque avec le module Shape, on s’attarde un peu sur l’égalisation et on insère le Tube-Tech Eqs mk2, un plugin Softube mais extérieur à la Mixing Suite. L’émulation réagit très bien (on la connaît déjà), et on sculpte les fréquences afin d’obtenir un bas profond et granuleux, de gommer le bas médium boueux, et de faire ressortir le son diabolique des cordes de la Jazz Bass. Seul petit bémol, la fonction d’atténuation des graves se retrouve placée sur le commutateur Low Type, qui bascule donc d’un shelf normal à un shelf avec atténuation totale des bandes de fréquences situées au-dessus de la fréquence de travail. L’atténuation progressive ne sera accessible que dans le plugin console 1, mais pas via le contrôleur.
Au tour de la guitare, qui est plutôt claire, manque d’agressivité, et qu’on voudrait faire reculer un peu. Ça tombe plutôt bien parce que le module Shape nous propose une spatialisation dans la profondeur, et plus d’un panoramique classique. On met le curseur complètement sur lointain et on apprécie le rendu, avec l’impression que cela agit tant au niveau fréquentiel que sur les dynamiques des transitoires, et avec peut-être une légère application de réverbération courte et transparente ? Une fois l’égalisation réglée avec le Chandler Limited Curve Bender, qui nous débarrasse de ce surplus de fréquences médium et fait ressortir les attaques et les harmoniques de la guitare, on règle le compresseur Core Fet, mais on se rend compte que le spectre fréquentiel est trop creux. On décide donc de modifier l’ordre des modules via le bouton Change Order (à gauche, accessible avec le Shift), afin de modifier l’égalisation sans impacter le réglage de compresseur, et plaçant le compresseur avant l’égaliseur. Le petit ajout de saturation en fin de chaîne peaufine le tout, avec cette fois le caractère à 10 et un maximum de distorsion dans les aigus.
Parlons du master maintenant. Après avoir affiné le niveau d’entrée, puis l’égalisation de correction et la compression, on a envie de colorer le tout et de rajouter un peu de niveau. On utilise donc pour la première fois le deuxième étage d’égaliseur et de traitement dynamique, et on choisit un Tube-Tech PE1C (réplique du Pultec EQP1–), pour gommer le médium et ouvrir les aigus autant que les graves, puis un limiteur en fin de chaîne avec un FabFilter Pro-L2. Le choix de l’ordre dans la chaine est à ce moment-là particulièrement précieux, on déplorera juste le fait de ne pas pouvoir finir par le limiteur, car, après avoir rajouté un peu de saturation en fin de chaine, on dépasse le seuil de crête de zéro dB. Le premier des extraits suivants est un export sans aucun traitement ni sur les pistes ni sur le master, le second comprend les traitements sur les pistes, et le troisième ajoute le traitement sur le master.


