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Test de Embodme Erae 2 - À l’ère de l’Erae

9/10
Award Innovation 2025
2025
Innovation
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L’Erae 2 poursuit l’exploration d’Embodme autour des surfaces tactiles expressives. Cette nouvelle version offre un contrôle adapté autant aux instruments virtuels qu’aux systèmes modulaires.

Test de Embodme Erae 2 : À l’ère de l’Erae

Embodme est une jeune entre­prise française dont l’am­bi­tion est de permettre aux musi­ciens d’in­ter­agir avec des outils musi­caux de manière expres­sive, en explo­rant de nouvelles façons de contrô­ler le son. Dès sa créa­tion, l’équipe a cher­ché à conce­voir une surface capable de traduire des gestes conti­nus et multi­di­men­sion­nels, dans l’es­prit d’ins­tru­ments pion­niers comme le Conti­nuum de Haken Audio, mais à un prix beau­coup plus abor­dable (le Conti­nuum se vend à partir de 6700 € dans ses versions stan­dard).

Le premier produit commer­cia­lisé par Embodme a été l’Erae Touch. Ce contrô­leur, financé en partie via une campagne Kicks­tar­ter, intro­dui­sait une surface consti­tuée d’un maillage dense de capteurs, capable de détec­ter pres­sion, glissé, accé­lé­ra­tion et mouve­ments simul­ta­nés. L’idée était d’of­frir une plate-forme confi­gu­rable où diffé­rentes manières de jouer et de contrô­ler pouvaient coexis­ter.

Avec l’Erae 2, Embodme propose une évolu­tion de sa première approche. Ce nouveau modèle reprend les prin­cipes établis par l’Erae Touch, tout en béné­fi­ciant d’une surface tactile opti­mi­sée et d’une fabri­ca­tion amélio­rée, visant à accroître la fiabi­lité de l’ins­tru­ment. Cette version intègre égale­ment de nouvelles fonc­tions internes et une connec­tique renfor­cée, permet­tant une utili­sa­tion plus flexible dans diffé­rents contextes, que ce soit en compa­gnie d’ins­tru­ments numé­riques ou de synthé­ti­seurs modu­laires.

Tour d’ho­ri­zon de l’Em­bodme Erae 2 : surface, commandes, écran et connec­tique

Erae 2 - 4L’Erae 2 se présente sous la forme d’un large pavé rectan­gu­laire dont presque toute la surface est occu­pée par une surface tactile. La peau de l’ins­tru­ment a été conçue pour être légè­re­ment plus adhé­rente que sur la version précé­dente, ce qui améliore la préci­sion lors du jeu avec les doigts ou en mode percus­sif.

La partie supé­rieure de l’in­ter­face est occu­pée par les commandes géné­rales. On y trouve d’abord huit boutons, donnant un accès direct à des layouts sauve­gar­dés, puis les boutons de trans­port du looper. Viennent ensuite six autres commandes dédiées au chan­ge­ment d’oc­tave, au choix d’une gamme, aux réglages MIDI, au tempo et au contrôle de l’ar­pé­gia­teur. Un bouton permet d’ac­cé­der à la confi­gu­ra­tion géné­rale et un autre est dédié à la fonc­tion d’an­nu­la­tion. Tout à droite, un écran LCD couleur haute réso­lu­tion est accom­pa­gné d’un large enco­deur cliquable.

Au dos de l’ap­pa­reil, on découvre une connec­tique pour le moins complète. Tout d’abord, 3 ports USB-C. L’un d’eux est destiné à l’ali­men­ta­tion, un autre à la connexion directe à un ordi­na­teur ou à tout autre hôte compa­tible. À ses côtés, un troi­sième USB-C (USB Host) sert à connec­ter des appa­reils USB-MIDI compa­tibles, auto­ri­sant par exemple le bran­che­ment d’un autre contrô­leur ou d’un péri­phé­rique USB class-compliant.

Erae2 -5 backPlus loin, trois petites prises pour mini-jack TRS assurent la commu­ni­ca­tion MIDI. Une entrée et deux sorties sont présentes. Ces prises faci­litent l’usage avec des instru­ments plus anciens ou non compa­tibles USB. Vient ensuite une fente micro-SD, servant au stockage des projets (jusqu’à huit), des layouts et des enre­gis­tre­ments du looper.

Enfin, un bloc de 12 mini-jacks accueille les sorties CV, permet­tant de commu­niquer direc­te­ment avec des modules analo­giques. Chacune de ces 12 sorties est capable d’en­voyer deux signaux, utili­sés avec un split­ter double, on tota­lise vingt-quatre sorties, c’est impres­sion­nant, et ce sera suffi­sant dans la majo­rité des cas. 

Le packa­ging, soigneu­se­ment présenté, accueille le contrô­leur Erae 2 et sa surface en tissu, ainsi que divers acces­soires. On y trouve un bloc d’ali­men­ta­tion 65 W compa­tible US/UE/CN/UK/JP avec port USB‑C, une carte SD de 8 Go, deux câbles USB‑C de 2 m et deux adap­ta­teurs mini-jack vers MIDI DIN 5 broches. La docu­men­ta­tion complète, dispo­nible sur le site d’Em­bodme, peut être consul­tée en français si souhaité.

Surface tactile et expres­si­vité : 16 000 capteurs, multi-touch, MIDI/MPE/CV

Erae 17En décou­vrant l’Erae 2, nous sommes d’abord surpris par cette surface de contrôle, très sensible et agréable au toucher. Le revê­te­ment de cette surface, légè­re­ment souple, repose sur une matrice de 16 000 capteurs de force, capables de détec­ter la pres­sion, la posi­tion et le mouve­ment des doigts. Cette densité permet de traduire avec préci­sion des gestes complexes, que ce soit un glissé, un tapo­te­ment ou une modu­la­tion progres­sive, et de capter avec préci­sion les varia­tions de pres­sion tant sur de petites zones que sur de larges mouve­ments. La surface recon­naît plusieurs doigts simul­ta­né­ment, ce qui auto­rise des accords, des glis­sés multiples ou des gestes de modu­la­tion super­po­sés.

Le fonc­tion­ne­ment interne repose sur un micro­con­trô­leur capable de trai­ter rapi­de­ment les données tactiles et de les conver­tir en messages MIDI, MPE ou CV selon les besoins. Les confi­gu­ra­tions sont stockées sous forme de layouts, c’est-à-dire des décou­pages visuels de la surface en zones ou en « instru­ments » virtuels : clavier, pads de batte­rie, zones XY, faders…, ou combi­nai­sons de ces diffé­rents éléments. Ces layouts sont prépa­rés via le logi­ciel Erae Lab, qui permet d’or­ga­ni­ser les zones, d’af­fec­ter leurs para­mètres et d’en­re­gis­trer l’en­semble sur la mémoire interne ou sur une carte micro-SD. D’ailleurs, on se rend assez vite compte que le logi­ciel Erae Lab est indis­pen­sable pour profi­ter plei­ne­ment de l’Erae 2, du moins pour créer ou confi­gu­rer ses propres confi­gu­ra­tions. Et comme il permet énor­mé­ment de choses, cela peut vite deve­nir chro­no­phage.

L’Erae 2 intègre égale­ment un looper interne. Celui-ci enre­gistre les gestes et peut les rejouer de manière indé­pen­dante, piste par piste. Il permet de super­po­ser des séquences de pres­sion, de glissé ou de modu­la­tion sur plusieurs couches. Atten­tion, il s’agit d’un enre­gis­treur de données de contrôle pas d’un enre­gis­treur audio. Asso­cié à l’ar­pé­gia­teur, on arrive très vite à des résul­tats très créa­tifs. L’Erae 2 se présente fina­le­ment autant comme un contrô­leur qu’un instru­ment, se situant à la fron­tière des deux, même si aucun son ne sort direc­te­ment de lui.

L’en­semble consti­tue un système tactile qui ne se limite pas à l’en­voi de notes MIDI clas­siques. Il peut contrô­ler des synthé­ti­seurs logi­ciels comme des confi­gu­ra­tions modu­laires, analo­giques ou des DAW. Cette flexi­bi­lité est l’un des points forts de l’Erae 2, mais elle demande un temps d’ap­pren­tis­sage et de confi­gu­ra­tion pour être plei­ne­ment exploi­tée. Il faut recon­naître qu’au début, un certain temps d’adap­ta­tion est néces­saire pour appri­voi­ser l’ins­tru­ment et le logi­ciel Erae Lab.

Ergo­no­mie et prise en main : layouts, réglages de sensi­bi­lité, MPE vs MIDI « clas­sique »

Erae 6Lorsque l’ap­pa­reil est allumé, la surface s’illu­mine en fonc­tion du layout sélec­tionné. Le retour visuel est impor­tant pour situer les zones et comprendre comment elles réagissent à la pres­sion, car l’Erae 2 ne possède aucun contrôle physique clas­sique, tels que des faders ou des poten­tio­mètres.
La surface tactile est douce et réac­tive, et l’on perçoit rapi­de­ment qu’une légère pres­sion ou un simple glissé produit une varia­tion très sensible. Le revê­te­ment en tissu, agréable au toucher, soulève toute­fois quelques inter­ro­ga­tions : il attire rapi­de­ment pous­sière et poils, et sa dura­bi­lité reste incer­taine. Embodme y a pensé et propose égale­ment une option « Black Skin », en sili­cone plus ferme et mieux adap­tée aux joueurs utili­sant des baguettes.
L’Erae 2 permet de jouer comme un véri­table instru­ment, on peut appuyer pour déclen­cher des notes, glis­ser pour produire des porta­men­tos ou des glis­san­dos, modu­ler via la pres­sion, et plus encore. L’ar­pé­gia­teur offre des varia­tions inté­res­santes, selon la pres­sion et la trajec­toire du doigt, le motif peut chan­ger de tempo, de direc­tion ou de densité.

Erae2 10 LabLa sensi­bi­lité de la surface peut être ajus­tée selon les préfé­rences de l’uti­li­sa­teur. Certains appré­cie­ront une réponse immé­diate au moindre contact, tandis que d’autres préfè­re­ront atté­nuer la courbe de sensi­bi­lité pour limi­ter les mouve­ments invo­lon­taires. Le logi­ciel Erae Lab joue ici un rôle essen­tiel, puisqu’il permet de déter­mi­ner préci­sé­ment la manière dont la surface réagit aux gestes.
En mode MPE, le compor­te­ment de la surface se rapproche de celui d’un « instru­ment continu » : il est possible de glis­ser entre les notes, de modu­ler la hauteur ou l’ou­ver­ture de filtres en un seul mouve­ment, ou d’exer­cer une pres­sion progres­sive pour modi­fier un para­mètre. Dans un contexte MIDI tradi­tion­nel, les zones se comportent de manière plus clas­sique, envoyant des notes fixes et des valeurs de contrôle stan­dard.

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Notre avis : 9/10

Award Innovation 2025
2025
Innovation
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L’Erae 2 repré­sente une évolu­tion logique du premier modèle d’Em­bodme. L’ap­pa­reil propose une surface tactile très expres­sive, une large connec­tique capable de s’in­té­grer aussi bien à un système numé­rique qu’à un envi­ron­ne­ment modu­laire (compa­tible MIDI, MPE, CV), et un looper de gestes offrant de belles possi­bi­li­tés créa­tives. Son inté­rêt prin­ci­pal réside dans la variété de gestes qu’il peut trans­mettre et dans la manière dont ceux-ci peuvent être confi­gu­rés.

L’ex­pé­rience propo­sée reste toute­fois parti­cu­lière : elle demande un appren­tis­sage et une adap­ta­tion, tant sur la surface elle-même que dans le logi­ciel Erae Lab, qui reste un élément central de son utili­sa­tion. L’Erae 2 n’est pas pensé comme un contrô­leur « immé­diat », mais plutôt comme un instru­ment à confi­gu­rer selon ses besoins. Dans ce cadre, il offre un large éven­tail de possi­bi­li­tés, mais ce poten­tiel ne s’ex­prime plei­ne­ment qu’avec un inves­tis­se­ment initial en temps. On peut égale­ment s’in­ter­ro­ger sur la dura­bi­lité de la surface en tissu. Pour le live, il est sans doute préfé­rable de choi­sir la Black Skin, en sili­cone et conçue pour la scène.

C’est à chacun de juger si le jeu en vaut la chan­delle (prix et inves­tis­se­ment). Pour celles et ceux qui souhaitent ajou­ter plus de nuances à leur jeu et contrô­ler du bout des doigts une confi­gu­ra­tion hybride, que ce soit en studio, en live ou à la maison, l’Erae 2 offre de belles pers­pec­tives. Atteindre un tel niveau d’ex­pres­si­vité et de préci­sion mérite un Award Inno­va­tion, bien sûr.

  • Surface tactile précise et réactive
  • Looper interne basé sur les gestes
  • Connectique très complète
  • Layouts entièrement configurables via un logiciel dédié

  • Courbe d’apprentissage et temps d’adaptation
  • Dépendance importante à Erae Lab pour exploiter pleinement les fonctionnalités
  • Durabilité de la surface en tissu ?
Pays de fabrication : Chine
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