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Pédago
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L'agence tous disques ! Numériser ses disques vinyle : le guide complet

Rédigé par un humain

Contrairement aux idées reçues, numériser ses disques vinyle est une opération très simple. Il suffit de respecter quelques principes de base pour obtenir un résultat optimal. Voici donc nos meilleurs conseils pour sauvegarder vos disques favoris. C’est parti !

Numériser ses disques vinyle : le guide complet : L'agence tous disques !

Prépa­rer sa chaîne de numé­ri­sa­tion

Le maté­riel néces­saire

Avant de commen­cer, préci­sons que le maté­riel néces­saire pour numé­ri­ser un disque n’est pas négli­geable. Il comprend une platine vinyle de qualité, équi­pée d’une cellule perfor­mante, un préam­pli­fi­ca­teur phono adapté, un PC ou un Mac, une inter­face audio et quelques bons vieux câbles. Sans oublier, bien sûr, des disques vinyle en bon état. Même s’il arrive souvent que les disques soient voilés, pous­sié­reux ou char­gés d’élec­tri­cité statique.

Que faire face à un disque impar­fait ?

Comme vous le savez tous·tes, l’uti­li­sa­tion des disques vinyle présente quelques incon­vé­nients. Ils accu­mulent l’élec­tri­cité statique, attirent la pous­sière et peuvent se dété­rio­rer s’ils ne sont pas conser­vés correc­te­ment. Il arrive même qu’ils quittent l’usine de pres­sage avec un aspect déformé. Pour les disques voilés, les palets pres­seurs sont une bonne solu­tion. Leur poids plaque ferme­ment le vinyle contre la platine et améliore la régu­la­rité de la lecture, tout en remet­tant le disque en forme de façon déli­cate. À part, ça, prenez le temps de nettoyer vos disques en consul­tant notre petit guide dédié.

Choi­sir une cellule perfor­mante

La combi­nai­son d’une cellule perfor­mante et d’un diamant propre est une des condi­tions abso­lues à la réali­sa­tion d’une numé­ri­sa­tion de qualité. Si votre cellule n’est pas au niveau, ou bien que le diamant est encrassé, n’hé­si­tez pas à vous en procu­rer des neufs. Et pour cause, en raison du frot­te­ment méca­nique constant avec le vinyle, le diamant est l’élé­ment le plus fragile de la chaîne du signal. Il s’en­crasse géné­ra­le­ment très rapi­de­ment avec d’in­fimes parti­cules de pous­sière. C’est souvent le premier problème à résoudre, mais cela n’en­traîne pas forcé­ment une perte de qualité sonore immé­diate, à condi­tion de nettoyer le diamant après chaque chan­ge­ment de disque (ou du moins, après chaque session d’écoute).

Choi­sir le câblage

Concer­nant les câbles, nous vous recom­man­dons d’in­ves­tir dans des réfé­rences de qualité, dès le départ. En effet, il est souvent préfé­rable d’ache­ter un câble phono premium plutôt qu’un modèle trop bon marché qui pour­rait vous déce­voir rapi­de­ment. Cela étant dit, celles et ceux qui maîtrisent la soudure et sont prêt·es à y consa­crer une à deux heures de leur précieux temps pour­ront réali­ser de substan­tielles écono­mies. Heureu­se­ment, aujour­d’hui, on trouve des câbles de qualité très correcte à partir de 6,50 € le mètre, et des connec­teurs RCA effi­caces ne coûtent pas plus de 2 € / pièce envi­ron. En tous cas, l’équipe d’AF vous recom­mande le câble SC-Albedo MKII de Sommer, parfai­te­ment blindé et très facile à utili­ser.

Signal phono vs signal ligne

Sur les forums hi-fi spécia­li­sés, de nombreux·ses utili­sa­teur·ices suggèrent d’en­re­gis­trer direc­te­ment le signal phono, sans préam­pli­fi­ca­teur, puis d’ef­fec­tuer l’éga­li­sa­tion RIAA ulté­rieu­re­ment avec un plug-in dédié. Bien qu’en­vi­sa­geable, cette solu­tion ne nous semble pas offrir un résul­tat opti­mal. La raison est simple, dans le cadre d’une numé­ri­sa­tion de vinyle, ce n’est pas seule­ment l’éga­li­sa­tion qui fait la diffé­rence au niveau du son. Un bon préam­pli offrira un rendu sonore beau­coup plus riche, même dans les basses fréquences, sans pour autant sonner de manière trop chirur­gi­cale (un résul­tat que les plug-ins ne parviennent pas toujours à égaler, malheu­reu­se­ment). De plus, l’uti­li­sa­tion d’un câble phono stan­dard présente un risque de capta­tion d’in­ter­fé­rences audibles, en raison de son très faible rapport signal/bruit. Par ailleurs, le niveau de bruit sera ampli­fié lors de l’étape ulté­rieure de norma­li­sa­tion, ce qui ne débou­chera que rare­ment, voire jamais, sur un rendu final satis­fai­sant.

Le choix du logi­ciel et du format d’ac­qui­si­tion

NUMÉRISATION1

Concer­nant les logi­ciels d’en­re­gis­tre­ment, force est de consta­ter qu’il existe aujour­d’hui un choix consi­dé­rable. Auda­city, dispo­nible sur PC et Mac, propose une version d’es­sai gratuite. Sound Forge et Wave­Lab Pro sont, eux aussi, d’ex­cel­lents choix, car ils offrent une multi­tude de plug-ins pour effec­tuer ce type de numé­ri­sa­tion. Ensuite, en termes de format d’ac­qui­si­tion, disons simple­ment que les données PCM non compres­sées et sans perte, telles que les formats AIFF, WAV ou BWF, conviennent bien à ce type d’en­re­gis­tre­ment.

Avec une réso­lu­tion de 16-bit et une fréquence d’échan­tillon­nage de 44,1 kHz, le résul­tat pourra être suffi­sant si vous ne prévoyez pas de modi­fier les fichiers après coup. En revanche, si vous envi­sa­gez de les restau­rer plus tard, vous aurez plutôt besoin d’un enre­gis­tre­ment en 24/32-bit avec une fréquence d’échan­tillon­nage de 88,2, 96 ou 192 kHz. Nous vous recom­man­dons aussi de régler le niveau du signal entrant en gardant une certaine marge dyna­mique (de 4 à 6 dB envi­ron).

Une fois le morceau terminé ou le disque vinyle fini, l’en­re­gis­tre­ment peut être arrêté. Il ne vous restera plus qu’à éditer les silences entre chaque titre. Par expé­rience, nous vous conseillons d’être précis·e lors de l’en­re­gis­tre­ment des fichiers, c’est-à-dire d’in­clure les méta­don­nées utiles avec au moins le nom de l’ar­tiste et le titre, mais aussi l’étape à laquelle vous vous trou­vez (enre­gis­tre­ment, norma­li­sa­tion, etc.), afin de pouvoir navi­guer faci­le­ment dans votre biblio­thèque par la suite.

Suppri­mer le déca­lage continu (DC Offset Remo­val)

NUMÉRISATION2 : DC Offset

La suppres­sion du déca­lage continu est une étape de prépa­ra­tion indis­pen­sable qui doit impé­ra­ti­ve­ment être effec­tuée avant la norma­li­sa­tion. Pour résu­mer, le déca­lage continu est un défaut élec­trique d’ori­gine maté­rielle (carte son, préam­pli phono, câble ou masse) qui décale l’en­semble du signal audio vers le haut ou vers le bas par rapport au niveau zéro de la forme d’onde (l’axe central).

Or, si vous appliquez une norma­li­sa­tion sur une piste qui a du déca­lage continu, deux problèmes majeurs surviennent : d’une part, le calcul de norma­li­sa­tion sera faussé (car les crêtes posi­tives et néga­tives ne seront plus symé­triques), ce qui empê­chera la musique d’at­teindre son volume maxi­mal réel, d’autre part, lorsque vous décou­pe­rez le fichier audio numé­risé en morceaux indi­vi­duels, chaque point de coupe créera un « pop » très désa­gréable à l’oreille, à cause du saut brusque de tension.

NUMÉRISATION3 : DC Offset

Dans la plupart des logi­ciels d’édi­tion audio, cette fonc­tion se trouve géné­ra­le­ment dans les menus Effets, Édition ou Trai­te­ment. Pour déter­mi­ner la compo­sante conti­nue, l’ap­pli­ca­tion doit analy­ser le fichier en une seule fois. Cepen­dant, les premières secondes peuvent suffire pour le calcul, car le même déca­lage continu est géné­ra­le­ment présent dans tout le fichier. Ainsi, vous n’au­rez qu’à effec­tuer une nouvelle analyse, puis à suppri­mer le déca­lage en cliquant sur la commande dédiée. Pratique ! Une fois la compo­sante conti­nue suppri­mée, on passe à la suppres­sion des clics et bruits rési­duels.

Suppri­mer les clics, les craque­ments et le bruit rési­duel

DJing : NUMÉRISATION7 : Declick

L’étape suivante nous plonge dans le domaine de la restau­ra­tion, qui est une disci­pline à part entière. En effet, jusqu’à présent, nous sommes restés dans une phase d’édi­tion rudi­men­taire, mais nous pouvons main­te­nant nous attaquer aux détails les plus fins. Dans un premier temps, si vous souhai­tez suppri­mer les craque­ments du disque et les clics intem­pes­tifs qui se produisent pendant l’in­tro­duc­tion, vous pour­rez utili­ser les fonc­tions « Suppres­sion des clics / DeCli­cker » ou « Suppres­sion des craque­ments / DeCra­ck­ler », que l’on trouve dans la plupart des logi­ciels préci­tés. Certains outils vous permet­tront même d’édi­ter la forme d’onde en direct pour répa­rer ce genre d’in­ci­dents (on pense à Pro Tools ou Sound Forge, par exemple).

Dans la fenêtre qui s’af­fi­chera ensuite, vous verrez immé­dia­te­ment deux sections : le Decli­cker à gauche et le Decra­ck­ler à droite. Chaque fonc­tion possède deux commandes. La commande de sensi­bi­lité défi­nit un seuil, tandis que le curseur virtuel vous permet­tra de déter­mi­ner le niveau d’at­té­nua­tion. Il est recom­mandé de commen­cer en réglant les deux commandes au maxi­mum, puis de les ajus­ter en surveillant l’aperçu audio en temps réel.

DJing : NUMÉRISATION8 : Suppression du bruit

Ensuite, il est temps de réduire le bruit de notre fichier audio en sélec­tion­nant la fonc­tion « Suppres­sion du bruit » (ou « DeHis­ser »). Dans la nouvelle fenêtre qui s’af­fiche, choi­sis­sez le genre musi­cal du jour, puis testez diffé­rents réglages de réduc­tion (6, 9 ou 12 dB), selon le niveau de bruit. Nous vous décon­seillons forte­ment d’uti­li­ser une valeur supé­rieure, sous peine de perdre une trop grande partie du signal utile. D’ailleurs, vous pour­rez contrô­ler la partie du signal supprimé en appuyant sur le bouton « Inver­ser » pendant l’écoute de l’aperçu. Ces étapes impliquent souvent des compro­mis, alors appliquez ces para­mètres en faisant confiance à vos oreilles, puis appuyez sur OK et enre­gis­trez votre fichier.

Remas­te­ring, norma­li­sa­tion et dernière édition avant l’ex­port

Le maste­ring musi­cal est un proces­sus très complexe, qui implique souvent de devoir utili­ser une pièce parfai­te­ment trai­tée sur le plan acous­tique, ainsi qu’une chaîne de péri­phé­riques et de plug-ins de très haut vol pour éviter d’abî­mer le signal. Dans le cadre de la numé­ri­sa­tion d’un vinyle, cela reste donc facul­ta­tif. Néan­moins, si le cœur vous en dit, vous pour­rez appliquer quelques trai­te­ments supplé­men­taires pour peau­fi­ner encore un peu plus votre projet de numé­ri­sa­tion.

La première étape consis­tera d’abord à utili­ser un égali­seur, ou un filtre, pour atté­nuer les fréquences infé­rieures à 30 Hz afin de suppri­mer le ronfle­ment éven­tuel. Certain·nes pour­ront même s’aven­tu­rer à utili­ser un un compres­seur multi­bande et un ou plusieurs proces­seurs de maste­ring de type « Maxi­mi­zer », en série. Encore une fois, lais­sez vos oreilles juger de la perti­nence de ce genre de trai­te­ments, et n’hé­si­tez pas à expé­ri­men­ter avec des réglages subtils pour voir si le résul­tat vous convient.

NUMÉRISATION4 : Normalisation

Ensuite passons à la norma­li­sa­tion. La norma­li­sa­tion audio est une opéra­tion mathé­ma­tique qui consiste à appliquer un gain fixe (posi­tif ou néga­tif) à l’en­semble d’un fichier audio afin de modi­fier son ampli­tude pour qu’elle atteigne une valeur cible défi­nie à l’avance. Il existe deux méthodes de norma­li­sa­tion : la norma­li­sa­tion par niveau crête (Peak) et la norma­li­sa­tion par niveau moyen (RMS).

Nous retien­drons simple­ment que, pour numé­ri­ser un vinyle, nous devrons toujours utili­ser la norma­li­sa­tion par niveau crête, car, contrai­re­ment à la norma­li­sa­tion par niveau moyen,   ce procédé ne modi­fie pas la dyna­mique interne de la musique. Par exemple, si le passage le plus intense est deux fois plus fort que le passage le plus calme avant norma­li­sa­tion, il sera toujours deux fois plus fort après. Ainsi, dans votre logi­ciel, sélec­tion­nez d’abord la méthode de norma­li­sa­tion par niveau crête, puis lancez l’ana­lyse.

  • NUMÉRISATION5 : Normalisation avant
  • NUMÉRISATION6 : Normalisation après

Une fois l’ana­lyse effec­tuée, vous n’au­rez plus qu’à choi­sir la valeur de norma­li­sa­tion souhai­tée. Ici, plusieurs écoles s’af­frontent, certains diffu­seurs sont parti­cu­liè­re­ment prudents et utilisent –6 dB, d’autres audio­philes préfèrent –3 dB, mais, selon nous, la valeur idéale pour une écoute récréa­tive de qualité opti­male se situe à –1 dB. Donc : réglez la valeur sur –1 dB, puis cliquez sur OK. Et surtout, une fois les calculs termi­nés, n’ou­bliez pas de sauve­gar­der votre fichier.

Il est temps main­te­nant de suppri­mer tout ce qui est inutile, c’est-à-dire les silences entre chaque titre, puis d’ap­pliquer de courts fondus d’en­trée et de sortie avant et après chaque morceau (de 500 à 800 ms envi­ron). Pour termi­ner, vous n’au­rez plus qu’à expor­ter votre travail au format de votre choix.

NUMÉRISATION9 : Fade

La suite au prochain épisode !

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    Coramel

    Coramel

    8175
    8175 posts au compteur
    Administrateur·trice du site
    Membre depuis 23 ans
    Commentaires sur le dossier : Numériser ses disques vinyle : le guide complet
    Merci beaucoup, je prendrai le temps de le lire ce week-end. Ça me sera très utile.

    Présentez vous sur AudioFanzine

    • J’adore
    1 réaction
    • Mix Jagger
    FabN

    FabN

    2218
    2218 posts au compteur
    AFicionado·a
    Membre depuis 23 ans
    Ah?
    J'aurai normalisé les fichiers en toute fin de traitement, pas au début!
    DocK'S

    DocK'S

    3347
    3347 posts au compteur
    Professionnel·le de l’audio
    Membre depuis 3 ans
    Idem, d'autant plus si on fait des traitements par la suite.
    saturix

    saturix

    427
    427 posts au compteur
    Posteur·euse AFfamé·e
    Membre depuis 9 ans
    Comme on numérise souvent un grand nombre de vinyles ou cassettes, je recommande de privilégier les éditeurs qui travaillent par lot (batch process), par exemple numériser 100 fichiers en une seule manip.
    J'ai un vieux Adobe Audition CS6 qui le fait mais Audacity 3.xx peut le faire aussi en créant une macro qu'on peut ensuite appliquer à tout un dossier. Audacity 4 n'a pas encore les macros.
    Reaper a aussi un menu Batch file
    • J’adore
    1 réaction
    • Mix Jagger

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