M-Audio remet le couvert avec la M-Track Duo HD, une interface mini-format et maxi-promesses. Compacte, pas chère, USB-C et 24 bits au menu : sur le papier, elle coche pas mal de cases, mais reste à savoir si le résultat est à la hauteur.
Dans un marché où les interfaces audio d’entrée de gamme ne cessent de se multiplier, difficile pour un fabricant de sortir du lot. C’est la gageure de M-Audio, marque bien connue pour ses produits accessibles et orientés vers la simplicité d’utilisation. Preuve en est : aujourd’hui sur notre établi, la M-Track Duo HD, petite interface avec laquelle la firme revient sur un segment qu’elle connaît bien, celui des interfaces compactes et économiques, pensées pour les débutants, ou pour des créateurs de contenus sonores (mais pas nécessairement de musique) par exemple, ou encore pour des musiciens souhaitant travailler avec une configuration ultra simple ou nomade.

La M-Track Duo HD s’inscrit dans cette lignée tout en promettant quelques changements notables : nouveau design, conversion audio annoncée en 24 bits/96 kHz, alimentation via USB-C, cette petite interface à deux entrées et deux sorties entend bien faire mieux que ses aînées, tout en restant dans une gamme de prix très abordable.
Présentation
Comme d’habitude, on va passer en revue de la façon la plus objective possible ce que propose l’appareil, cela nous servant d’introduction avant de rentrer dans des considérations plus critiques :
Sur la face avant, on trouve de gauche à droite :
- Entrée 1 (sur combo XLR/Jack) : connexion micro, ligne ou instrument, avec son sélecteur LINE/INST qui permet de basculer entre niveau ligne et instrument, et de régler l’impédance d’entrer pour faciliter la connexion directe d’une guitare ou d’une basse électrique. La sélection de la sensibilité micro se fait automatiquement en se branchant en XLR, la sensibilité ligne en jack TRS.
- Entrée 2 (sur combo XLR/Jack) : même description que précédemment
- Un seul interrupteur 48V : active ou coupe l’alimentation fantôme pour toutes les entrées à la fois.
- Sortie casque sur prise jack 6,35 mm TRS.
- Un sélecteur qui permet de router différents signaux vers les sorties (nommé OUTPUT) : pour choisir entre le signal direct (tel qu’il arrive au préampli d’entrée) retranscrit en mono, ou en stéréo, ou le signal présent sur les retours USB.
Tandis que sur la face arrière (cette fois-ci de droite à gauche) :
- Port USB-C : alimentation et transfert audio vers l’ordinateur.
- Sorties MAIN OUT R et L : sortie au format jack TRS, pour les canaux de droite et gauche, pour connecter l’interface aux enceintes de monitoring.

C’est donc on ne peut plus simple, et à part le passage vers l’USB-C, qui est très bien (rien à redire, au contraire), les changements sont à ce stade purement cosmétique. On notera au passage l’emploi d’une signalétique écrite plutôt que par pictogramme (par exemple, sur la version précédente, le bouton de réglage du casque était accompagné d’un pictogramme « casque », et l’on retrouvait le même pictogramme à côté de la sortie casque). Tout en lettres, c’est plus élégant (car c’est plus homogène), mais c’est moins universel. On perd d’un côté, mais on gagne de l’autre…

Un détail négatif attire tout de suite notre regard : une partie des connectiques ne sont pas des embases visées sur le châssis, (…) leur seule fixation tient donc dans leurs soudures sur le circuit imprimé. C’est le cas, en particulier, des sorties, des potentiomètres et des sorties casque. Ce type de montage réserve parfois de mauvaises surprises, car, à la longue, les soudures peuvent se fendiller sous l’effet de l’utilisation, occasionnant de faux contacts.
De plus, cela rend le boîtier particulièrement ouvert aux infiltrations de poussière. (…) sous chaque bouton de potard se situe un trou révélant carrément le composant et le circuit imprimé. Ajoutons que cette sensation générale de manque de robustesse est complétée par l’absence avec l’interface d’un sac de protection pour le transport. C’est un peu regrettable pour un modèle nomade.
… que ces problèmes, disais-je, n’ont pas été résolus, ni même atténués. Autant dire que la différence va se jouer sur le son…
Le logiciel
La M-Track Duo HD n’est pas accompagnée d’un logiciel propriétaire lui servant de console virtuelle, et l’on n’en sera pas surpris, étant donné la taille et les fonctionnalités très limitées de l’appareil. En tout cas, pour ceux qui auraient pu espérer qu’un logiciel permette d’accéder à des fonctions supplémentaires, il n’en est rien. Dommage !

Jugez-en vous-même :
Pour les STAN :
Ableton Live Lite, MPC Beats, et un abonnement de six mois à Reason+
Pour les effets :
2 mois d’abonnement à Antares Auto Tune Unlimited, la version gratuite d’HeadRush Revalver 5,
un ensemble d’effets d’AIR Technologies (Creative FX Collection Essentials, Jura Chorus, Multiband Filterbank)
Et pour les instruments :
Les samples de batterie BFD Player, avec leur extension Dark Mahogany et, encore une fois, venu de chez AIR Technologies : les claviers de la collection Essential Keyboards, le rompler Xpand ! 2, ainsi que les synthés Bassline, OPx-4 et Tubesynth.
Bref, un bundle tout à fait satisfaisant de notre point de vue, qui permettra facilement au musicien débutant de se lancer dans sa première création.
Benchmark
Précisons-le d’abord, la M-Track Duo HD travaille dans une résolution max de 24 bits/96 kHz. Un petit tour du côté de RTL Utility nous apprend que la latence réelle est la suivante :
Afin de tester l’interface, nous avons fait un benchmark avec notre fidèle APx515 d’Audio Precision. Comme d’habitude, nous publions les résultats obtenus en THD, THD+N, déviation des voies et IMD (sauf pour la sortie casque), puis la réponse en amplitude de chaque canal mesuré. Pour toutes les configurations, je règle le gain pour obtenir le meilleur résultat possible.
Plage dynamique : 95,9 dB (AES-17, pondération A)
1 – les entrées ligne :
Déviation : ±2,03 dB (fréquence de référence : 1 kHz)
THD+N : –93 dB/THD : –96 dB (@ 1 kHz)
Distorsion d’intermodulation : –81 dB (type SMPTE, @ 1 kHz)
En amplitude, on mesure :
2 – les entrées micro :
Déviation : ±2,05 dB (fréquence de référence : 1 kHz)
THD+N : –92 dB/THD : –99 dB (@ 1 kHz)
Distorsion d’intermodulation : –85,3 dB (type SMPTE, @ 1 kHz)
En amplitude :
Gain max : 55,2 dB (entrée micro, @ 1 kHz)
3 – la sortie casque
Déviation : ±0,31 dB (fréquence de référence : 1 kHz)
THD+N : –89 dB/THD : –99 dB (@ 1 kHz)
En amplitude :
4 – la sortie ligne :
Déviation : ±0,31 dB (fréquence de référence : 1 kHz)
THD+N : –89 dB/THD : –99 dB (@ 1 kHz)
Distorsion d’intermodulation : –87,7 dB (type SMPTE, @ 1 kHz)
En amplitude :





























