Apogee décline sa gamme Symphony avec la Studio 8x16, une interface pensée pour le studio et le mixage en surround. Plus accessible, mais toujours ambitieuse, cette version allégée peut-elle rivaliser avec ses grandes sœurs ? On va voir si elle mérite sa place dans la cour des grands...
Chez Audiofanzine, nous avons déjà eu l’occasion de passer au crible plusieurs interfaces de la gamme Symphony, dont la Symphony I/O MkII, saluée pour sa flexibilité modulaire, ou encore la Symphony Desktop, plus compacte mais tout aussi ambitieuse. Ces tests ont permis de cerner les grandes forces de la série : un design soigné, une ergonomie bien pensée et, surtout, une qualité audio qui ne déçoit jamais.

Reste à voir si ce nouveau modèle perpétue l’héritage d’excellence d’Apogee.
Présentation détaillée de l’Apogee Symphony Studio 8×16 : façade, connectique et conception
Comme d’habitude, commençons par une description détaillée des contrôles et connecteurs présents sur la façade, en allant de gauche à droite :
- Un ensemble de quatre boutons : « IN » pour la sélection de la source d’entrée, « CH » pour la sélection du canal à contrôler, « 48V » pour activer l’alimentation fantôme pour les entrées micro et « SL » pour la sélection du limiteur Soft Limit, qui commence à atténuer les transitoires à –4dBFS
- L’écran OLED central qui permet l’affichage des niveaux, bien entendu, mais aussi la navigation à travers tous les menus, ainsi que la sélection ou la vérification des réglages en cours. Bref, malgré une façade assez sobre, l’on peut contrôler pratiquement toutes les options depuis l’appareil.
- L’habituel gros encodeur rotatif cliquable, qui permet à la fois le réglage du gain des entrées, le volume des sorties ligne, du casque, et la navigation dans les menus.
- Un autre ensemble de quatre boutons : cette fois-ci, un bouton de volume principal (icône de haut-parleur) qui permet de basculer vers le réglage du niveau de sortie de monitoring principal, un bouton « HP1 », qui permet la même chose pour la sortie casque 1 et « HP2 », pour la sortie casque 2, et un bouton avec le logo Apogee qui permet le retour à la page d’accueil au sein du navigateur.
- Une sortie casque 1 (HP1) et 2 (HP2), la première sur jack 6,35 mm, la seconde sur jack 3,5 mm.
- Et le bouton de mise sous tension de l’appareil.
- Sur la face arrière, d’abord un ensemble de huit entrées analogiques sur connecteur XLR
- Puis deux connecteurs D-Sub à 25 broches, aussi appelés connecteurs DB25, qui prennent respectivement en charge les sorties ligne analogiques 1 à 8 et 9 à 18.
- La prise USB-C pour la connexion à l’ordinateur
- La prise secteur
Voilà pour la description objective.

Premièrement, l’interface est plutôt élégante (même si le violet… Mais bon, sans violet, ça ne serait pas Apogee) et bien dessinée, avec une façade très sobre, mais qui permet malgré tout de contrôler tout ou presque grâce à la navigation à travers les pages et les menus, et qui est bien servie par un écran OLED certes pas immense, mais avec une très bonne définition, et qui rend la navigation agréable et plutôt instinctive.
Deuxièmement, on apprécie combien l’interface, dès le premier coup d’œil, montre son engagement sur un terrain : la captation et la diffusion du signal analogique. Pas d’ADAT, de S/PDIF, et donc pas de WordClock. Pas de MIDI non plus. La Studio 8X16 ne se lance pas sur tous les domaines, ce qui sera confirmé par ailleurs dans la section logicielle… Mais nous y reviendrons. Alors, parfois, la polyvalence est ses avantages (quand elle est maîtrisée), mais nous avons aussi une espèce de respect instinctif pour les constructeurs qui proposent des appareils qui ne prétendent pas tout faire, mais qui savent plutôt se concentrer sur certaines tâches, et tentent de les réaliser avec brio. Mais, ici, je m’avance un peu trop… On en reparlera dans le benchmark.

Logiciel Apogee Control : console interne, DSP et workflows de monitoring surround
Comme souvent chez Apogee, si l’appareil est sobre, c’est dans le doublet qu’il forme avec le logiciel que repose tout son intérêt. On n’est pas déçu encore une fois : le logiciel proposé est complet et très bien pensé, et il étend réellement les possibilités d’usages de la machine.
La fenêtre principale présente une console qui se divise en trois grandes parties : entrées, retours USB et Master/Monitoring.
La partie supérieure permet à chaque fois d’observer le signal en entrée, la partie inférieure permet quant à elle de régler le mixage des tranches respectives. En plus des habituels « mute » et « solo » sur toutes les tranches (d’entrées et de retours), on peut également sélectionner la sensibilité d’entrée (+ 4 dBu ou –10 dBV pour les entrées lignes, et gain réglable lorsque l’entrée est sélectionnée comme recevant le signal d’un micro), ajouter des effets gérés en DSP, donc sans latence et dès la prise (l’habituelle tranche d’EQ et de compression d’Apogee), et déclencher la rotation de phase à 180°. Pour ce qui est de la gestion du monitoring, la partie la plus à droite permet de sélectionner le « mute », la sourdine (« dim ») et la sommation mono indépendamment pour les sorties monitoring et casque, en plus de gérer leur niveau, et de sélectionner la source du signal routé vers les sorties casque. Il est également possible de régler la sensibilité de sortie (encore une fois +4 dBu ou –10 dBV) et de régler à 0,1 dB près le niveau de sortie individuel de chaque enceinte, pour corriger de potentielles disparités.
Tout cela est très bien, très complet et précis, mais la partie la plus intéressante du logiciel se trouve sûrement dans la section « Monitor Workflows », accessible par un bouton dans la barre des tâches située à gauche du panneau principal.
On y trouve la possibilité d’établir un système de travail en surround, permettant de passer avec un même système de la stéréo, à la diffusion 5.1 ou 7.1.4 et jusqu’à 9.1.6. L’onglet « Bass Management » permet de régler la fréquence de coupure et la pente pour chaque haut-parleur, et l’onglet « Room Correction » permet, bien entendu, d’appliquer une égalisation et une ligne de retard à chaque haut-parleur. Si un modèle de correction a déjà été calculé pour votre pièce, vous pouvez simplement le téléverser dans le logiciel. Si vous n’en avez pas, Apogee propose une simulation de correction, qui estime de façon approximative (ou spéculative, disons) la correction à appliquer à votre système selon un ensemble de données à fournir (dimensions de votre pièce d’écoute et matériaux qui composent les surfaces). Vous pouvez ensuite appliquer le profil calculé par le logiciel et, grâce à la fonction de mise hors circuit, au moins vérifier subjectivement les résultats obtenus. Il est également envisageable d’employer cette correction estimée comme première étape, servant à « mâcher le travail » avant d’effectuer une mesure acoustique objective.
Que cette dernière proposition puisse paraître être un gadget, nous pouvons le comprendre, étant donné la difficulté à vérifier objectivement la rigueur du résultat. Reste que, considérée dans l’ensemble des options que nous venons de lister (et qui ne sont qu’une sélection des aspects qui nous ont paru les plus marquants dans le logiciel), force est de remarquer qu’Apogee propose ici un outil non seulement ultra-complet mais également novateur, signalant l’idée centrale derrière la Studio 8X16 : offrir certes un bon outil pour réaliser des prises de son, mais surtout, à notre sens, une station de mixage et de monitoring précise, exigeante et, surtout, aussi complète que possible.
Mesures et benchmark de la Symphony Studio 8×16 : latence, dynamique, distorsion et linéarité
Précisons-le d’abord, la Studio 8×16 travaille dans une résolution max de 24 bits/192 kHz. Un petit tour du côté de RTL Utility nous apprend que la latence réelle est la suivante :
Afin de tester l’interface, nous avons fait un benchmark avec notre fidèle APx515 d’Audio Precision. Comme d’habitude, nous publions les résultats obtenus en THD, THD+N, déviation des voies et IMD (sauf pour la sortie casque), puis la réponse en amplitude de chaque canal mesuré. Pour toutes les configurations, je règle le gain pour obtenir le meilleur résultat possible.
Plage dynamique : 120,6 dB (AES-17, pondération A)
1 – Commençons par les entrées ligne :
Déviation : ±0,03 dB (fréquence de référence : 1 kHz)
THD+N : – 102 dB / THD : – 111 dB (@ 1 kHz)
Distorsion d’intermodulation : – 103 dB (type SMPTE, @ 1 kHz)
En amplitude, on mesure :
2 – Passons aux entrées micro :
Déviation : ±0,03 dB (fréquence de référence : 1 kHz)
THD+N : – 104 dB / THD : – 112 dB (@ 1 kHz)
Distorsion d’intermodulation : – 103 dB (type SMPTE, @ 1 kHz)
En amplitude :
Gain max : 74,8 dB (entrée micro, @ 1kHz)
3 – Qu’en est-il de la sortie casque ?
Déviation : ±0,01 dB (fréquence de référence : 1 kHz)
THD+N : – 94 dB / THD : – 112 dB (@ 1 kHz)
En amplitude :
4 – Et pour finir, la sortie ligne :
Déviation : ±0,06 dB (fréquence de référence : 1 kHz)
THD+N : – 99 dB / THD : – 113 dB (@ 1 kHz)
Distorsion d’intermodulation : – 105 dB (type SMPTE, @ 1 kHz)
En amplitude :




































