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Du Solo au Duo
7/10
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Lancées en décembre dernier, ces deux nouvelles interfaces marquent l’entrée du constructeur américain sur le terrain de l’ultra-compact, et des prix cassés. Conçues pour répondre aussi bien aux attentes des home studistes que des créateurs de contenu digital (streaming, podcasting) ou encore de la simple écoute de musique, les petites Solo et Duo arrivent cette semaine sur notre banc d’essai.

Dans ce test, nous nous penche­rons en même temps sur les deux nouvelles M-Audio, car au premier abord leurs diffé­rences sont prin­ci­pa­le­ment quan­ti­ta­tives. La ques­tion se pose : la seule diffé­rence réside-t-elle dans les options, ou dans la qualité des circuits ? Dans cette optique, nous essaie­rons de voir si le test révèle des diffé­rences soniques.

PHOTO 1Avant de commen­cer, on notera que ce construc­teur avait déjà sorti, fin 2019, la série Air, dont les inter­faces les plus petites (Air 192/4 et 192/6) ressemblent à ces nouvelles Solo et Duo. Toute­fois, et pour attaquer cet article avec un ordre d’idée finan­cier, on notera que la Solo se vend au prix modique (conseillé) de 54 € (contre 108 € pour la Air 192/4) et la Duo à 58 € (contre 128 € pour la 192/6). On a donc affaire à des « produits d’ap­pel », qui semblent plus fait pour les débu­tants souhai­tant se lancer dans le home studio. Pour­raient-ils aussi inté­res­ser les plus chevron­nés qui cherchent une solu­tion portable à bas prix ?


Avant d’al­ler plus loin dans ces consi­dé­ra­tions, procé­dons au débal­lage.

Débal­lage et prise en main

PHOTO 2La première chose qui frappe en débal­lant ces inter­faces, c’est leur poids. Je ne suis pas sûr d’avoir déjà vu des appa­reils aussi légers (300 g pour la Solo, 365 g pour la Duo) ! On découvre rapi­de­ment que cela tient aux maté­riaux : châs­sis infé­rieur en métal très fin, et face supé­rieure en plas­tique. On dit souvent qu’il ne faut pas se fier aux appa­rences, certes, mais on n’aura du mal à ne pas trou­ver le résul­tat un peu « jouet ».

Un détail néga­tif attire tout de suite notre regard : une partie des connec­tiques ne sont pas des embases visées sur le châs­sis, elles sortent pas des trous et leur seule fixa­tion tient donc dans leurs soudures sur le circuit imprimé. C’est le cas, en parti­cu­lier, des sorties, des poten­tio­mètres et des sorties casque. Ce type de montage réserve parfois de mauvaises surprises car, à la longue, les soudures peuvent se fendiller sous l’ef­fet de l’uti­li­sa­tion, occa­sion­nant des faux contacts.

PHOTO 3De plus, cela rend le boîtier parti­cu­liè­re­ment ouvert aux infil­tra­tions de pous­sière. Sur la photo suivante, on voit que sous chaque bouton de potard se situe un trou révé­lant carré­ment le compo­sant et le circuit imprimé. Ajou­tons que cette sensa­tion géné­rale de manque de robus­tesse est complé­tée par l’ab­sence avec l’in­ter­face d’un sac de protec­tion pour le trans­port. C’est un peu regret­table pour un modèle nomade.

Main­te­nant, faisons le tour en détail des inter­faces. Sur la face avant, on trouve les entrées : pour la Solo, une entrée ligne/micro sur combo XLR/jack 6,35 mm et une entrée ligne/instru­ment sur jack 6,35 mm, la diffé­rence étant l’im­pé­dance d’en­trée commu­table. Sur la Duo, les deux entrées sont iden­tiques (combo XLR/jack 6,35 mm, avec options micro, ligne ou instru­ment). Sur les deux inter­faces, on trouve aussi un inter­rup­teur pour l’ali­men­ta­tion fantôme 48V (pour les entrées micro), et une sortie casque (sur jack 3,5 mm pour la Solo, jack 6,35 mm pour la Duo). Pour finir, tout à droite sur la face avant, un inver­seur permet de sélec­tion­ner le mode de moni­to­ring : direct ou USB. Sur la Solo, le moni­to­ring direct est mono, la Duo offre l’op­tion stéréo en plus.

PHOTO 4À noter : ce sélec­teur ne coupe jamais le son parve­nant de la STAN. En posi­tion moni­to­ring direct, vous enten­dez le son de vos entrées (en mono ou en stéréo selon l’in­ter­face), routée direc­te­ment à votre sortie moni­to­ring, donc avec une absence totale de latence. Atten­tion toute­fois, comme cette posi­tion « direct » n’éli­mine pas le retour de la STAN, vous pouvez faci­le­ment vous retrou­ver avec votre signal sonore d’en­trée « doublé » (c’est-à-dire à la fois en moni­to­ring direct et en retour de votre STAN, si vos pistes sont armées par exemple) ce qui peut occa­sion­ner de la satu­ra­tion en sortie. De plus, la sélec­tion du moni­to­ring « direct stéréo » sur la M-Track Duo amène lui aussi son lot de problème (si vous avez vos pistes armées ET panées à votre goût, vous pouvez vous retrou­ver avec un mélange du pano­ra­mique direct et du pano­ra­mique en prove­nance de la STAN, ce qui crée des résul­tats parfois chao­tiques).

Sur la face arrière, on trouve logique­ment la sortie stéréo ainsi que le port USB Type B, qui permet à la fois la trans­mis­sion des données et l’ali­men­ta­tion de l’in­ter­face. Sur la Duo, les sorties se font sur jack TRS 6,35 mm, mais sur la Solo, on a affaire à des prises cinch (aka RCA). On a donc, sur la Solo, un signal non symé­trisé qui limi­tera la longueur des câbles en sortie… mais soyons réalistes, personne ne va ache­ter cette inter­face pour sono­ri­ser un stade. Disons malgré tout que, d’un point de vue puriste, cela place l’ap­pa­reil plus dans le domaine des équi­pe­ments grand public que profes­sion­nel.

PHOTO 5On résume : face avant très char­gée, face arrière presque vide. Certes, le résul­tat peut paraître un peu étrange, mais c’est surtout dû à l’ab­sence de sorties diver­si­fiées. Car fina­le­ment, pour ce qui est de la sépa­ra­tion claire avant = entrées / arrière = sorties, les M-Track ne font que s’ins­crire dans la lignée de nombreuses inter­faces portables : les UR de Stein­berg, la petite Scar­lett de Focus­ri­te… En revanche, cela nous semble être une nouveauté chez le construc­teur améri­cain, puisque ni la M-Track 2×2, ni sa version mise à jour (Air 192/4) n’avait une ergo­no­mie aussi claire. On n’aime ou pas, person­nel­le­ment je trouve cela assez évident.

Sur leur face supé­rieure, les M-Track sont assez sobres. On trouve trois ou quatre boutons rota­tifs, à équi­dis­tance les uns des autres. Respec­ti­ve­ment, de gauche à droite, le gain de l’en­trée 1, de l’en­trée 2, l’at­té­nua­teur du casque (seule­ment sur la Duo) et l’at­té­nua­teur de sortie. Le niveau de sortie ne béné­fi­cie donc pas d’un bouton plus gros (aux réglages plus précis) comme c’est souvent le cas chez de nombreux construc­teurs. Les deux gains d’en­trées sont accom­pa­gnés d’in­di­ca­teurs de satu­ra­tion (LED multi­co­lore) et un troi­sième indi­ca­teur s’al­lume lorsque l’ali­men­ta­tion 48V est active sur les entrées micro.

PHOTO 6Outre ces diffé­rences d’op­tions, le construc­teur affirme utili­ser les mêmes préam­plis « Crys­tal » dans les deux modèles. On verra au moment du bench­mark si l’on retrouve les mêmes carac­té­ris­tiques. En revanche, au niveau des sorties, l’ab­sence de signal symé­trique sur la Solo implique néces­sai­re­ment que l’étage de sortie soit assez diffé­rent.

Le bundle comprend Pro Tools First M-Audio Edition (avec vingt plug-ins d’ef­fets déve­lop­pés par Avid), le séquen­ceur MPC Beats de chez Akai, le simu­la­teur d’am­pli/baffle Eleven Lite et la works­ta­tion Xpand! 2.

Bench­mark

Afin de tester l’in­ter­face, nous avons fait un bench­mark avec notre fidèle APx515 d’Au­dio Preci­sion (lien). Comme d’ha­bi­tude, nous publions les résul­tats obte­nus en THD, rapport signal/bruit et dévia­tion des voies, pour les entrées et sorties analo­giques. Pour toutes les confi­gu­ra­tions, je règle le gain pour obte­nir le meilleur résul­tat possible.

À 32 échan­tillons, nous obte­nons une latence de 3,24 ms en entrée, et 3,22 ms en sortie pour les deux inter­faces.

Commençons donc avec les entrées lignes de la Solo :

  • TEST 1
  • TEST 2

J’en­voie un sweep de 1 Vrms dans l’en­trée 2, je règle le gain au maxi­mum avant satu­ra­tion et je mesure le signal aux sorties moni­teur 1 et 2, non atté­nuées. En sortie je mesure à peu près 3 dBu, comme l’in­dique le construc­teur. J’uti­lise le moni­to­ring USB.

Linéa­rité : le résul­tat est correct pour un appa­reil dans cette gamme de prix. Rien à dire de 50 à 5000 Hz. La baisse en dessous de 50 Hz n’est pas signi­fi­ca­tive, en revanche la pente au-dessus de 5 kHz est plus impor­tante, avec –1,5 dB à 20 kHz. Résul­tat un peu déce­vant, mais pas catas­tro­phique, à ±0,938 dB.

THD : Là en revanche, ce n’est pas très bon : jamais en dessous de 0,007 % avec deux grosses zones au-dessus de 0,05 % (et souvent carré­ment à 0,1%). C’est moins bon que l’Au­dio­Box iOne, la Scar­lett Solo ou l’Onyx Produ­cer 2–2, pour donner quelques réfé­rences.

Le rapport signal/bruit, mesuré à 1 kHz, est de ±84,672 dB.

Les résul­tats de la Duo sont un peu meilleurs sur la THD, mais rela­ti­ve­ment simi­laires dans l’en­semble (linéa­rité ±0,956 dB, rapport S/B ±82,236 dB). Je suppose (mais ai-je raison ?) que la symé­trie du signal de sortie aide :

  • TEST 3
  • TEST 4

Les sorties directes des deux inter­faces donnent des résul­tats meilleurs en linéa­rité (mais pas en THD). Ci-dessous pour exemple la Solo à ±0,275 dB :

TEST 5

Passons à l’en­trée micro de la Solo :

  • TEST 6
  • TEST 7

Ici j’en­voie un sweep de 100 mVrms et je mesure le signal aux niveau des sorties moni­teurs, en sélec­tion­nant le moni­to­ring USB.

Petit problème, on constate sur cette entrée un gain trop faible : en ne pous­sant pas le préam­pli dans sa zone de début de satu­ra­tion, nous n’ar­ri­vons pas à obte­nir plus de 400 mV RMS en sortie (contre 1 V RMS avec la même confi­gu­ra­tion entrée/sortie sur la Duo).

Linéa­rité : le résul­tat est un peu meilleur que pour l’en­trée ligne. On note une dévia­tion de 0,264 dB.

THD : Là aussi, c’est un peu meilleur, avec moins de THD dans le bas du spectre, en revanche, au-delà de 4 kHz, on flirte parfois avec les 0,2%.

Le rapport signal/bruit, mesuré à 1 kHz est de ±84,560 dB

L’en­trée micro de la Duo a donné des résul­tats simi­laires, sauf en gain, où nous obte­nions sans problème 1 V RMS en sortie sans avoir à entrer en satu­ra­tion.

Pour conti­nuer le test, j’ai voulu véri­fier la réponse de la sortie casque :

TEST 8

Sur la Solo, en utili­sant l’en­trée ligne nous obte­nons des résul­tats très corrects (avec une THD simi­laire à la sortie enceintes).

TEST 9

Sur la Duo, nous avons été surpris par des résul­tats légè­re­ment moins bons (tout est rela­tif, on reste dans des diffé­rences minimes). La mesure en THD est à l’ave­nant, avec une bosse impor­tante dans le grave :

TEST 10

Pour finir, voyons les entrées instru­ment, sur sorties moni­to­ring USB (signal de 200 mVrms en entrée).

Pour la Solo, on reste sur la même dévia­tion légère (±0,264 dB) entiè­re­ment située au-dessus de 5 kHz. Pour la THD, voici la courbe obte­nue, cohé­rente avec le reste des mesures :

TEST 11

Quant à la Duo, nous obte­nons presque exac­te­ment les mêmes résul­tats avec cette entrée qu’avec l’en­trée ligne (voir ci-dessus).

Conclu­sion

Ces deux nouvelles inter­faces M-Audio pose au testeur/chro­niqueur le problème typique des appa­reils d’en­trée de gamme : doit-on les juger en fonc­tion de leur prix, ou de leurs quali­tés intrin­sèques ? Si l’on consi­dère le prix parti­cu­liè­re­ment bas des inter­faces, on doit bien recon­naître que leurs résul­tats (sonores et en latence) sont tout à fait corrects, plutôt typiques de ce que l’on peut obte­nir pour une entrée de gamme. On ajou­tera que la Duo, pour un prix à peine plus élevé que la Sono, offre une sélec­tion d’en­trées plutôt inté­res­sante. En revanche, on n’est bien obligé de leur repro­cher une construc­tion qui ne respire pas la soli­dité, au point de vue des maté­riaux comme des fini­tions. De plus les résul­tats en mesure de THD sont assez médiocres : moins bien que ce à quoi M-Audio nous avait habi­tués, et ce que d’autres construc­teurs proposent (certes à des prix plus élevés). De façon géné­rale, nous dirons que si vous cher­chez à décou­vrir la MAO, enre­gis­trer des démos, vous lancer dans des produc­tions DIY, où à déve­lop­per des projets audio­vi­suels débu­tants, ces deux M-Track offrent une porte d’en­trée vrai­ment peu onéreuse. Toute­fois, des utili­sa­teurs un peu plus chevron­nés passe­ront proba­ble­ment leur chemin.

7/10
Points forts
  • Prise en main rapide
  • Class Compliant
  • Facilement transportables
  • Auto-alimentées
  • Linéarité correcte
  • Beau choix d’entrées (Duo)
  • Contrôle de volume casque (Duo)
Points faibles
  • Construction trop fragile
  • Sorties RCA (Solo)
  • Contrôle de volume petit
  • THD élevée
  • Eric Music Strasbourg 3219 posts au compteur
    Eric Music Strasbourg
    Squatteur d'AF
    Posté le 23/04/2021 à 04:19:51
    Je n'ai pas.vu la résolution audio. On est en 16 bit.on ne peut pas passer en 24 bit.
    Par contre sur cubase l'armement de l'enregistrement et le monitoring sont décorélés il n'y a donc pas dans ce séquenceur le doublage du son par le.signal provenant de la prise et le.signal provenant du.daw sauf si on souhaite le faire mais ça n'a pas de sens. Sur cubase en effet c'est le petit icône haut parleur qui gère la présence ou l'absence de monitoring de la piste et ce choix est disponible piste par piste.
    Pour le reste c'est très bien pour commencer même si en effet il faudra prendre soin des connecteurs jacks xlr qui ne sont pas reliés et vissés au boîtier.
    Perso si je n'en n'ai pas l'utilité je trouve ça top pour ce qui commencent et qui n'ont que très peu de moyens...
    Merci pour le test.
  • blouxif 128 posts au compteur
    blouxif
    Posteur AFfiné
    Posté le 26/04/2021 à 13:50:21
    faite le test de la revolution 2x2 bong sang
  • organic10p 22 posts au compteur
    organic10p
    Nouvel AFfilié
    Posté le 27/04/2021 à 23:21:40
    8/10 a la x4 d'UAD et 7/10 a cette Maudio toute moisie? Même 50€ c'est trop cher. 16bit quoi....
    Lol...
    Redled tu nous manques.

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