La BeatBuddy 2 de Singular Sound reprend le flambeau d’une pédale pensée pour simplifier la vie des musiciens en quête d’un batteur virtuel simple à utiliser. Reste à voir si cette nouvelle version parvient réellement à se démarquer.
Présentation de la Singular Sound BeatBuddy 2 : format, connectique, SD et alimentation

Au déballage, on découvre une pédale qui reprend le format compact de sa grande sœur, avec des dimensions de 70 × 120 × 150 mm pour 615 grammes. Le châssis en métal noir inspire immédiatement confiance. Par rapport au premier modèle, le design évolue légèrement. On y gagne un écran couleur de 2,4 pouces dont la résolution offre un confort visuel très correct, ainsi que trois encodeurs faisant également office de boutons-poussoirs, nommés DRUM SET, TEMPO et VOLUME. S’ajoutent quatre boutons de navigation, un bouton TAP pour définir le tempo et deux footswitches à la finition dorée. L’ensemble reste sobre, mais agréable à l’œil.
La connectique se répartit sur les tranches de la pédale. On retrouve deux entrées et deux sorties LEFT et RIGHT, une sortie casque pour jouer en silence, ainsi que deux ports MULTISWITCH 1 et 2 destinés à brancher des contrôleurs additionnels. Sur la tranche supérieure se trouvent le MIDI IN et OUT au format DIN cinq broches, ainsi qu’un emplacement pour carte SD, indispensable au fonctionnement de l’appareil. Singular Sound fournit d’ailleurs une carte de 4 Go (que l’on pourra remplacer par une autre d’une taille maximale de 32 Go) déjà préchargée avec les fichiers nécessaires. La prise d’alimentation est également située ici et le bloc est fourni. La pédale requiert une alimentation de 9 VDC pour un minimum de 300 mA.
Conçue aux États-Unis, à Miami, mais fabriquée en Chine, la BeatBuddy 2 présente une qualité d’assemblage sérieuse et un choix de matériaux qui inspire confiance. Le prix de vente au moment de ce test est de 555 euros, ce qui positionne clairement cette boîte à rythmes dans une catégorie premium. Il reste maintenant à déterminer si ce tarif est justifié.
Prise en main au pied : patterns, fills, transitions, “Sobriety” et contrôleurs additionnels
L’une des particularités de la BeatBuddy 2 réside dans le fait qu’il ne s’agit pas d’une boîte à rythmes programmable à la volée. La philosophie est ici clairement axée sur l’utilisation de préréglages, d’où la présence d’une carte SD servant de support de stockage. À ce sujet, je vous avoue avoir ressenti un sentiment mitigé vis-à-vis de ce format. J’ai même cherché pendant quelques secondes une éventuelle prise USB pour gérer les transferts. Pour une pédale de cette génération, vendue à ce tarif, une approche sans fil pour la gestion de la mémoire interne aurait clairement été appréciable.
Quoi qu’il en soit, le fait de naviguer essentiellement dans les bibliothèques internes de la pédale rend la prise en main assez aisée. Par défaut, on accède à quinze kits de batterie aux sonorités variées, permettant aussi bien de charger une batterie énervée de métalleux qu’un kit plus jazzy ou orienté électro. Ces kits servent ensuite à faire sonner toute une collection de patterns répartis dans une bonne vingtaine de styles, allant du rock au punk, en passant par le jazz, le R&B ou encore le funk. La navigation dans les dossiers de patterns s’effectue à l’aide des boutons dédiés, lesquels peuvent être couplés à l’encodeur TEMPO afin d’accélérer le défilement.
Par défaut, lorsqu’on sélectionne un pattern dans la bibliothèque, celui-ci est automatiquement associé à un kit de batterie adapté. Par exemple, un pattern punk sera rattaché à un kit rock. Il reste toutefois tout à fait possible de changer de kit manuellement par la suite. Une fois un genre et son kit chargés, la pédale dévoile une flexibilité de jeu plutôt intéressante. Concrètement, on dispose sous le pied de la possibilité de lancer un pattern d’introduction, qui enchaîne automatiquement sur un pattern principal. Pendant la lecture de ce pattern principal, une pression sur le footswitch de gauche permet de déclencher des fills de batterie. Ces derniers se synchronisent automatiquement à la rythmique en cours afin de retomber proprement sur le premier temps de la mesure suivante, même si l’activation se fait de manière approximative. Le batteur virtuel reste donc toujours bien en place, ce qui est plutôt appréciable. D’ailleurs, en parlant de mise en place, en fouillant dans les options, on découvre un menu intitulé « Sobriety ». Celui-ci permet de gérer le taux d’alcoolémie de notre batteur 2.0, allant d’un mode parfaitement sobre, au tempo imperturbable, à un mode « Wasted » dans lequel le tempo devient un concept littéraire. C’est original.
Un appui long sur ce même footswitch déclenche une transition vers une seconde partie, avec un pattern principal différent. On peut, par exemple, imaginer utiliser la partie 1 pour un couplet et la partie 2 pour un refrain. Enfin, un double appui active un pattern d’outro afin de conclure la performance. Le footswitch de droite permet quant à lui de mettre l’ensemble en pause. J’ai trouvé ce fonctionnement facile à comprendre et globalement efficace. Je me suis d’ailleurs amusé à jouer quelques notes tout en pilotant la BeatBuddy 2 au pied, en mode improvisation.

- 1 – Impro Rock01:03
- 2 – Impro Metal00:26
- 3 – 16ths Funk00:54
- 4 – Latin – Cha Cha00:57
Si ce mode de jeu s’avère déjà largement satisfaisant, il est en réalité possible d’aller plus loin en connectant une pédale d’expression ainsi que des footswitches supplémentaires. Dans le cadre de ce test, la marque nous a gentiment prêté son SuperSwitch Foot Controller, qui ajoute six footswitches à la pédale et ouvre ainsi davantage de possibilités. Je pense notamment à la possibilité de diviser ou de doubler le tempo d’un pattern.

- 5 – Hip Hop – Variations01:43
- 6 – Techno – variations01:26
Ces footswitches supplémentaires, dont l’assignation par défaut peut être modifiée dans les options de la pédale, permettent également de passer à la volée d’une partie à une autre ou même de basculer directement sur un autre pattern de la playlist.
En connectant une pédale d’expression à la seconde entrée dédiée, il devient possible d’agir sur différents paramètres, comme la vélocité, afin d’apporter davantage de nuances à une performance. J’ai trouvé cette fonctionnalité tout à fait pertinente, même si elle demande un peu plus d’entraînement à l’usage que la simple manipulation des footswitches.

Il convient également de mentionner la fonction Autopilot, qui permet de jouer des parties de batterie complètes pour des morceaux entiers, avec leurs changements de rythmes, fills et transitions automatiquement gérés. Singular Sound fournit d’ailleurs quelques classiques préprogrammés, comme 1979 des Smashing Pumpkins ou Creep de Radiohead.
La question de la qualité sonore se pose naturellement. J’ai trouvé l’ensemble convaincant, à condition d’utiliser la BeatBuddy 2 dans des contextes adaptés. Je ne l’envisagerais pas pour la production d’un album en studio, mais les kits sonnent parfaitement bien pour la répétition, la composition ou certaines situations de concert. Singular Sound propose également des kits dits “HD” (3 inclus d’origine), dans un format de fichier différent qui, il est vrai, sonnent bien. Il faudra enfin veiller à connecter la BeatBuddy 2 à un système de diffusion full range plutôt que dans une enceinte de guitare, et de préférence en stéréo, afin d’obtenir le rendu le plus crédible.
Écosystème et évolution : packs, BeatBuddy Manager Online (BBMO) et préparation via VST (bêta)
Si la BeatBuddy 2 est livrée avec une carte SD préchargée de kits, de patterns et de quelques morceaux au format Autopilot, la marque permet de faire évoluer cette collection de deux manières.
La première consiste à acheter des packs additionnels sur le site officiel. Il faut compter environ vingt dollars pour un pack individuel, certaines collections atteignant la centaine de dollars. Sachant que l’on aura déjà déboursé près de six cents euros pour la pédale, la facture peut rapidement devenir conséquente.
La seconde option passe par l’application BeatBuddy Manager Online, ou “BBMO”. Il s’agit d’une application web ne nécessitant aucune installation, ce qui est plutôt une bonne idée. Elle permet aussi bien d’éditer ou de créer ses propres kits, en important des samples, que de concevoir des patterns, des morceaux complets (avec jusqu’à 32 parties différentes) ou encore des playlists. Toutefois, si l’application est fonctionnelle, son ergonomie laisse à désirer. L’interface est austère, très orientée “geek”, et là encore, pour un produit à ce tarif, on aurait apprécié une approche plus ludique, donnant davantage envie de passer du temps à préparer ses rythmiques.
En fouillant sur le site de la marque, on découvre également un plugin VST, encore à l’état de bêta, téléchargeable gratuitement. Il permet, sous la forme d’un instrument virtuel, de charger les kits développés pour la pédale. Je l’ai personnellement trouvé pratique pour préparer des patterns MIDI à importer ensuite dans BBMO directement dans ma STAN.
Enfin, la BeatBuddy 2 propose une intégration MIDI très complète. Couplée à un looper MIDI, elle permet d’envisager des configurations particulièrement intéressantes sur le plan créatif.





