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Test de la pédale Singular Sound BeatBuddy 2 - Les baguettes au pied !

8/10

La BeatBuddy 2 de Singular Sound reprend le flambeau d’une pédale pensée pour simplifier la vie des musiciens en quête d’un batteur virtuel simple à utiliser. Reste à voir si cette nouvelle version parvient réellement à se démarquer.

Test de la pédale Singular Sound BeatBuddy 2 : Les baguettes au pied !

Présen­ta­tion de la Singu­lar Sound Beat­Buddy 2 : format, connec­tique, SD et alimen­ta­tion

faceLa Beat­Buddy 2 est donc la nouvelle version de la boîte à rythmes au format pédale signée Singu­lar Sound. L’idée est d’of­frir aux musi­ciens un batteur virtuel suffi­sam­ment perfor­mant, tant sur l’as­pect sonore que pratique, pour accom­pa­gner les sessions de compo­si­tion, les répé­ti­tions ou encore certaines situa­tions de live, le tout sans devoir trim­bal­ler un ordi­na­teur et sa STAN.

Au débal­lage, on découvre une pédale qui reprend le format compact de sa grande sœur, avec des dimen­sions de 70 × 120 × 150 mm pour 615 grammes. Le châs­sis en métal noir inspire immé­dia­te­ment confiance. Par rapport au premier modèle, le design évolue légè­re­ment. On y gagne un écran couleur de 2,4 pouces dont la réso­lu­tion offre un confort visuel très correct, ainsi que trois enco­deurs faisant égale­ment office de boutons-pous­soirs, nommés DRUM SET, TEMPO et VOLUME. S’ajoutent quatre boutons de navi­ga­tion, un bouton TAP pour défi­nir le tempo et deux foots­witches à la fini­tion dorée. L’en­semble reste sobre, mais agréable à l’œil.

La connec­tique se répar­tit sur les tranches de la pédale. On retrouve deux entrées et deux sorties LEFT et RIGHT, une sortie casque pour jouer en silence, ainsi que deux ports MULTIS­WITCH 1 et 2 desti­nés à bran­cher des contrô­leurs addi­tion­nels. Sur la tranche supé­rieure se trouvent le MIDI IN et OUT au format DIN cinq broches, ainsi qu’un empla­ce­ment pour carte SD, indis­pen­sable au fonc­tion­ne­ment de l’ap­pa­reil. Singu­lar Sound four­nit d’ailleurs une carte de 4 Go (que l’on pourra rempla­cer par une autre d’une taille maxi­male de 32 Go) déjà préchar­gée avec les fichiers néces­saires. La prise d’ali­men­ta­tion est égale­ment située ici et le bloc est fourni. La pédale requiert une alimen­ta­tion de 9 VDC pour un mini­mum de 300 mA.

  • connectique 1
  • connectique 2
  • connectique 3

Conçue aux États-Unis, à Miami, mais fabriquée en Chine, la Beat­Buddy 2 présente une qualité d’as­sem­blage sérieuse et un choix de maté­riaux qui inspire confiance. Le prix de vente au moment de ce test est de 555 euros, ce qui posi­tionne clai­re­ment cette boîte à rythmes dans une caté­go­rie premium. Il reste main­te­nant à déter­mi­ner si ce tarif est justi­fié.

Prise en main au pied : patterns, fills, tran­si­tions, “Sobriety” et contrô­leurs addi­tion­nels

L’une des parti­cu­la­ri­tés de la Beat­Buddy 2 réside dans le fait qu’il ne s’agit pas d’une boîte à rythmes program­mable à la volée. La philo­so­phie est ici clai­re­ment axée sur l’uti­li­sa­tion de préré­glages, d’où la présence d’une carte SD servant de support de stockage. À ce sujet, je vous avoue avoir ressenti un senti­ment mitigé vis-à-vis de ce format. J’ai même cher­ché pendant quelques secondes une éven­tuelle prise USB pour gérer les trans­ferts. Pour une pédale de cette géné­ra­tion, vendue à ce tarif, une approche sans fil pour la gestion de la mémoire interne aurait clai­re­ment été appré­ciable.

Quoi qu’il en soit, le fait de navi­guer essen­tiel­le­ment dans les biblio­thèques internes de la pédale rend la prise en main assez aisée. Par défaut, on accède à quinze kits de batte­rie aux sono­ri­tés variées, permet­tant aussi bien de char­ger une batte­rie éner­vée de métal­leux qu’un kit plus jazzy ou orienté élec­tro. Ces kits servent ensuite à faire sonner toute une collec­tion de patterns répar­tis dans une bonne ving­taine de styles, allant du rock au punk, en passant par le jazz, le R&B ou encore le funk. La navi­ga­tion dans les dossiers de patterns s’ef­fec­tue à l’aide des boutons dédiés, lesquels peuvent être couplés à l’en­co­deur TEMPO afin d’ac­cé­lé­rer le défi­le­ment.

Par défaut, lorsqu’on sélec­tionne un pattern dans la biblio­thèque, celui-ci est auto­ma­tique­ment asso­cié à un kit de batte­rie adapté. Par exemple, un pattern punk sera ratta­ché à un kit rock. Il reste toute­fois tout à fait possible de chan­ger de kit manuel­le­ment par la suite. Une fois un genre et son kit char­gés, la pédale dévoile une flexi­bi­lité de jeu plutôt inté­res­sante. Concrè­te­ment, on dispose sous le pied de la possi­bi­lité de lancer un pattern d’in­tro­duc­tion, qui enchaîne auto­ma­tique­ment sur un pattern prin­ci­pal. Pendant la lecture de ce pattern prin­ci­pal, une pres­sion sur le foots­witch de gauche permet de déclen­cher des fills de batte­rie. Ces derniers se synchro­nisent auto­ma­tique­ment à la ryth­mique en cours afin de retom­ber propre­ment sur le premier temps de la mesure suivante, même si l’ac­ti­va­tion se fait de manière approxi­ma­tive. Le batteur virtuel reste donc toujours bien en place, ce qui est plutôt appré­ciable. D’ailleurs, en parlant de mise en place, en fouillant dans les options, on découvre un menu inti­tulé « Sobriety ». Celui-ci permet de gérer le taux d’al­coo­lé­mie de notre batteur 2.0, allant d’un mode parfai­te­ment sobre, au tempo imper­tur­bable, à un mode « Wasted » dans lequel le tempo devient un concept litté­raire. C’est origi­nal.

Un appui long sur ce même foots­witch déclenche une tran­si­tion vers une seconde partie, avec un pattern prin­ci­pal diffé­rent. On peut, par exemple, imagi­ner utili­ser la partie 1 pour un couplet et la partie 2 pour un refrain. Enfin, un double appui active un pattern d’ou­tro afin de conclure la perfor­mance. Le foots­witch de droite permet quant à lui de mettre l’en­semble en pause. J’ai trouvé ce fonc­tion­ne­ment facile à comprendre et globa­le­ment effi­cace. Je me suis d’ailleurs amusé à jouer quelques notes tout en pilo­tant la Beat­Buddy 2 au pied, en mode impro­vi­sa­tion.

1 – Impro Rock
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  • 1 – Impro Rock01:03
  • 2 – Impro Metal00:26
  • 3 – 16ths Funk00:54
  • 4 – Latin – Cha Cha00:57

Si ce mode de jeu s’avère déjà large­ment satis­fai­sant, il est en réalité possible d’al­ler plus loin en connec­tant une pédale d’ex­pres­sion ainsi que des foots­witches supplé­men­taires. Dans le cadre de ce test, la marque nous a genti­ment prêté son Super­Switch Foot Control­ler, qui ajoute six foots­witches à la pédale et ouvre ainsi davan­tage de possi­bi­li­tés. Je pense notam­ment à la possi­bi­lité de divi­ser ou de doubler le tempo d’un pattern.

5 – Hip Hop – Varia­tions
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  • 5 – Hip Hop – Varia­tions01:43
  • 6 – Techno – varia­tions01:26

Ces foots­witches supplé­men­taires, dont l’as­si­gna­tion par défaut peut être modi­fiée dans les options de la pédale, permettent égale­ment de passer à la volée d’une partie à une autre ou même de bascu­ler direc­te­ment sur un autre pattern de la play­list.

En connec­tant une pédale d’ex­pres­sion à la seconde entrée dédiée, il devient possible d’agir sur diffé­rents para­mètres, comme la vélo­cité, afin d’ap­por­ter davan­tage de nuances à une perfor­mance. J’ai trouvé cette fonc­tion­na­lité tout à fait perti­nente, même si elle demande un peu plus d’en­traî­ne­ment à l’usage que la simple mani­pu­la­tion des foots­witches.

7 – Drum and Bass – Var dyn
00:0000:53

Il convient égale­ment de mention­ner la fonc­tion Auto­pi­lot, qui permet de jouer des parties de batte­rie complètes pour des morceaux entiers, avec leurs chan­ge­ments de rythmes, fills et tran­si­tions auto­ma­tique­ment gérés. Singu­lar Sound four­nit d’ailleurs quelques clas­siques prépro­gram­més, comme 1979 des Smashing Pump­kins ou Creep de Radio­head.

La ques­tion de la qualité sonore se pose natu­rel­le­ment. J’ai trouvé l’en­semble convain­cant, à condi­tion d’uti­li­ser la Beat­Buddy 2 dans des contextes adap­tés. Je ne l’en­vi­sa­ge­rais pas pour la produc­tion d’un album en studio, mais les kits sonnent parfai­te­ment bien pour la répé­ti­tion, la compo­si­tion ou certaines situa­tions de concert. Singu­lar Sound propose égale­ment des kits dits “HD” (3 inclus d’ori­gine), dans un format de fichier diffé­rent qui, il est vrai, sonnent bien. Il faudra enfin veiller à connec­ter la Beat­Buddy 2 à un système de diffu­sion full range plutôt que dans une enceinte de guitare, et de préfé­rence en stéréo, afin d’ob­te­nir le rendu le plus crédible.

Écosys­tème et évolu­tion : packs, Beat­Buddy Mana­ger Online (BBMO) et prépa­ra­tion via VST (bêta)

Si la Beat­Buddy 2 est livrée avec une carte SD préchar­gée de kits, de patterns et de quelques morceaux au format Auto­pi­lot, la marque permet de faire évoluer cette collec­tion de deux manières.

La première consiste à ache­ter des packs addi­tion­nels sur le site offi­ciel. Il faut comp­ter envi­ron vingt dollars pour un pack indi­vi­duel, certaines collec­tions attei­gnant la centaine de dollars. Sachant que l’on aura déjà déboursé près de six cents euros pour la pédale, la facture peut rapi­de­ment deve­nir consé­quente.

La seconde option passe par l’ap­pli­ca­tion Beat­Buddy Mana­ger Online, ou “BBMO”. Il s’agit d’une appli­ca­tion web ne néces­si­tant aucune instal­la­tion, ce qui est plutôt une bonne idée. Elle permet aussi bien d’édi­ter ou de créer ses propres kits, en impor­tant des samples, que de conce­voir des patterns, des morceaux complets (avec jusqu’à 32 parties diffé­rentes) ou encore des play­lists. Toute­fois, si l’ap­pli­ca­tion est fonc­tion­nelle, son ergo­no­mie laisse à dési­rer. L’in­ter­face est austère, très orien­tée “geek”, et là encore, pour un produit à ce tarif, on aurait appré­cié une approche plus ludique, donnant davan­tage envie de passer du temps à prépa­rer ses ryth­miques.

  • BBMO1
  • BBMO2

En fouillant sur le site de la marque, on découvre égale­ment un plugin VST, encore à l’état de bêta, télé­char­geable gratui­te­ment. Il permet, sous la forme d’un instru­ment virtuel, de char­ger les kits déve­lop­pés pour la pédale. Je l’ai person­nel­le­ment trouvé pratique pour prépa­rer des patterns MIDI à impor­ter ensuite dans BBMO direc­te­ment dans ma STAN.

vst

Enfin, la Beat­Buddy 2 propose une inté­gra­tion MIDI très complète. Couplée à un looper MIDI, elle permet d’en­vi­sa­ger des confi­gu­ra­tions parti­cu­liè­re­ment inté­res­santes sur le plan créa­tif.

Notre avis : 8/10

Avec la Beat­Buddy 2, Singu­lar Sound propose une boîte à rythmes solide, esthé­tique­ment réus­sie et dont la prise en main se révèle aisée, voire assez ludique, grâce à des fonc­tion­na­li­tés bien pensées comme le déclen­che­ment de fills, de tran­si­tions ou encore la possi­bi­lité de jouer sur la vitesse et les nuances du batteur virtuel. On appré­cie égale­ment la compa­ti­bi­lité avec des foots­witches supplé­men­taires, une pédale d’ex­pres­sion et même un contrô­leur MIDI, qui permettent de se retrou­ver avec un batteur virtuel parti­cu­liè­re­ment flexible.

Au cours de ce test, nous avons en revanche été nette­ment moins convain­cus par ce que l’on pour­rait appe­ler la partie “connec­tée” de la pédale. Le choix du format de stockage pourra paraître un peu dépassé et peu pratique au regard des stan­dards actuels. De plus, l’ap­pli­ca­tion web dédiée à l’édi­tion des biblio­thèques de la Beat­Buddy 2 ne séduira pas tout le monde, notam­ment en raison d’une inter­face peu convi­viale.

C’est préci­sé­ment sur ces aspects que le produit de Singu­lar Sound perd quelques points, d’au­tant plus que le posi­tion­ne­ment tari­faire de cette nouvelle édition auto­rise un certain niveau d’exi­gence.

  • La qualité de fabrication
  • Une interface facile à utiliser
  • Les kits sonnent suffisament bien pour une utilisation en live
  • Une bonne polyvalence en termes de genres musicaux
  • Les différentes options déclenchables à la volée (fills, transitions, changements de tempo, etc.)
  • Le mode Autopilot pour jouer des morceaux complets
  • L’intégration MIDI

  • Une pédale qui aurait gagné à être plus connectée pour plus de confort au quotidien
  • L’interface de l’application de gestion, peu engageante
  • Le prix qui pique un peu
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