Le Polyend Step est une boîte à rythmes compacte présentée au format pédale : quatre pistes programmables, un séquenceur pas-à-pas, des kits et présets nombreux, une banque d’effets dédiée et une volonté claire d’être autant un instrument de scène qu’un outil de création en studio.
Polyend n’a jamais caché son goût pour les interfaces singulières. Après le Tracker, sorte de groovebox néo-rétro, et le Play, taillé pour la performance électronique, voici venir le Step. Une boîte à rythmes logée… dans une pédale. Une idée aussi étrange (mais loin d’être nouvelle) qu’évidente : pourquoi ne pas offrir aux guitaristes, bassistes et performers une drumbox complète, jouable au pied, avec la même immédiateté qu’une pédale d’effet ?
Présentation du Polyend Step : format pédale, interface et ergonomie générale

Avec le Step, Polyend propose une interface immédiatement jouable : gros encodeurs rotatifs, pads/leds (16 pads RGB), et commandes accessibles directement sans sous-menus profonds. La philosophie derrière le Step semble être : tout doit être accessible rapidement et facilement, ce qui est bien sûr essentiel pour un instrument en live.

À l’arrière, la connectique est complète : entrées et sorties stéréo sur jacks 6,3 mm, port USB-C pour la mise à jour et la communication MIDI, MIDI In et Out au format mini-jack TRS, prise pour pédale d’expression et logement microSD pour stocker les projets et les échantillons. Seule ombre au tableau : aucune prise casque n’a été prévue. Un choix sans doute dicté par le format pédale, mais regrettable pour les musicien·ne·s souhaitant jouer et programmer en silence. Autre détail un peu frustrant : l’absence d’un interrupteur On/Off ; le Step s’allume dès qu’on le branche sur son alimentation (9 à 18 V, centre négatif).
Moteur sonore et qualité audio du Polyend Step

Sur le plan du son, le Step se défend brillamment. Les échantillons sont percutants, précis et bien équilibrés. Les kicks claquent et offrent une belle pêche, les snares et les hats trouvent facilement leur place dans un mix. La dynamique, étonnamment large, permet d’utiliser le Step directement branché sur une table de mixage. Sur ce terrain, il tient parfaitement la route et ne fait pas pâle figure. À noter que Polyend propose assez régulièrement de nouveaux kits et patterns en téléchargement.

- 01 – Step Beat 100:29
- 02 – Step Beat 200:16
- 03 – Step Beat 300:29
- 04 – Step Beat 400:21
- 05 – Step Beat 500:35
- 06 – Step Beat 600:32
- 07 – Step Beat 700:19
- 08 – Step Beat 800:24
Utilisation du Polyend Step en live et en situation scénique

L’utilisation en direct est l’un de ses points forts, normal, il est conçu pour ça. Grâce à ses stomp-switchs, il est possible de passer d’un pattern à un autre sans les mains, de relancer un kit, ou d’activer un effet ponctuel. Les transitions se font sans accroc, et l’écran affiche en permanence les informations importantes. La prise pour pédale de modulation se révèle très utile pour contrôler un paramètre MIDI, le volume ou la fréquence d’un filtre, par exemple. Le tout donne une impression d’instrument cohérent, totalement en adéquation avec sa philosophie.
Certains jugeront que quatre pistes, c’est trop peu pour certains usages, mais c’est probablement totalement assumé par Polyend, afin de ne pas trahir la philosophie de simplicité et d’immédiateté de l’instrument.
Non, les vrais problèmes viennent plutôt d’une ergonomie perfectible dans la gestion des fichiers ou des chansons et du fait qu’il n’y ait ni bouton marche/arrêt, ni prise casque.
Mais surtout, si quelques bugs viennent ternir l’expérience, le principal écueil reste la dépendance du Step, comme d’autres produits Polyend, à la carte SD. Sans elle, le Step refuse tout simplement de fonctionner, et le plus agaçant, c’est que dans l’exemplaire mis à disposition pour ce test, elle n’est pas toujours reconnue, tant s’en faut. C’est usant.
Ce problème n’avait pas été constaté sur le Polyend Synth.