Avec l'Auron One20, le fabricant LCPRO a pour ambition de proposer un nouveau projecteur asservi hybride compact, conçu pour séduire les éclairagistes en quête d’une machine à la fois performante et abordable. Alors, mission réussie ou échec cuisant. On passe au test !
Présentation et caractéristiques techniques du LCPRO Auron One20
Avec un prix d’entrée de 675 € et un poids plume de seulement 8,3 kg, ce nouveau projecteur asservi hybride (beam, wash, effets) dispose de plusieurs arguments en sa faveur. Mais au premier coup d’œil, il est impossible de ne pas remarquer que LCPRO semble s’être très largement inspiré du fabricant Martin et de son célèbre modèle Mac One, et pas seulement pour le nom… Ce modèle est donc alimenté par une LED COB RGBL centrale de 120 watts, accompagnée par 24 LED RGB secondaires disposées en anneau (des références propriétaires Auron FX de 0,2 watt). En plus d’une lentille Fresnel, il offre une plage de zoom qui s’étend de 4° à 45°, presque idéale pour créer des effets de faisceau précis et concentrés, comme pour réaliser des applications d’éclairage plus diffus. Le refroidissement est assuré par des ventilateurs à température contrôlée, garantissant un rapport optimal entre performance et niveau sonore.
Le contrôle est possible via les protocoles DMX-512 et RDM. À ce titre, l’appareil prend en charge plusieurs modes DMX (21, 26, 37 ou 109 canaux) et offre des entrées/sorties sur embases XLR à trois et cinq broches. Enfin, l’alimentation est fournie par des connecteurs Power Twist TR1 et la consommation électrique maximale est annoncée à 310 watts. Avec des dimensions de 297 × 438 × 183 mm, ce modèle reste relativement compact et facile à transporter. Cependant, son indice de protection IP20 indique qu’il est uniquement destiné à un usage en intérieur.
Déballage et premières impressions
À l’ouverture du carton, outre le projecteur en lui-même, on retrouve un câble d’alimentation Schuko-TR1 et un support Omega. Ce dernier, associé à une pince optionnelle, est conçu pour une utilisation suspendue et se fixe facilement sous la machine. La firme LCPRO a choisi, pour des questions d’économie, de proposer un châssis en plastique et en métal rigide, mais bien que le résultat reste léger et facile à transporter, cela présente l’inconvénient majeur de ne pas offrir la robustesse d’un boîtier entièrement métallique. À part ça, le One20 se présente comme une lyre classique : avec une tête inclinable, dont l’objectif est maintenu par deux bras latéraux pivotants sur la base. Comme toujours, cette dernière sert également de boîtier de commande.
La face avant de la tête est recouverte d’un cache en plastique protecteur qui dissimule la lentille Fresnel et les LED situées derrière. Des fentes d’aération latérales assurent une circulation d’air optimale vers les ventilateurs internes. Vue de profil, la structure présente des bras de fixation arborant fièrement le logo du fabricant. La base, quant à elle, est équipée de deux poignées de transport robustes qui facilitent grandement le transport et l’installation. Toutes les commandes sont situées sur le panneau avant : on y trouve un grand écran couleur, cinq boutons de contrôle disposés en cercle et deux petites LED d’état. Sur le panneau arrière se trouvent toutes les connexions : des prises mâles et femelles sont disponibles pour l’ensemble des embases DMX, ainsi que pour l’alimentation via un câble TR1. Enfin, un fusible, facilement remplaçable, complète le panneau arrière.
Pour terminer, la face inférieure est équipée de points de fixation pour le support Omega, dont un système de verrouillage rapide. Elle comporte également un œillet de sécurité robuste pour le câble et quatre pieds en caoutchouc antidérapants, qui assurent une stabilité optimale.
Mise en pratique, démarrage et adressage
Comme souvent, il suffit de brancher la bête pour que l’aventure commence (l’Auron One20 ne possède pas d’interrupteur marche/arrêt dédié). Le câble TR1 fourni s’insère sans difficulté et le mécanisme de verrouillage fonctionne comme à l‘accoutumée. Le ventilateur se met également en marche immédiatement, et, bien que le refroidissement reste audible, quel que soit le niveau d’intensité, il n’est jamais gênant et pourra sans aucun doute convenir aux applications sensibles (théâtre, sessions acoustiques, etc.). Enfin, après un court temps de démarrage, l’écran indique l’adresse DMX actuellement configurée ainsi que le mode DMX sélectionné.
Nous commençons donc à utiliser les flèches gauche et droite pour naviguer dans les sous-menus, et les flèches haut et bas pour faire défiler les différentes options. Appuyer sur « OK » confirme notre sélection, jusqu’ici, rien de sorcier. Dans les sous-menus, nous découvrons plusieurs réglages, qui permettent d’aller au-delà des commandes d’éclairage et de mouvement visibles au premier abord. Il s’agit notamment des courbes de gradation ajustables, de la sensibilité du microphone, des données d’adressage DMX et, enfin, du mode de fonctionnement de la source lumineuse.
Les modes de contrôle de l’Auron One20 : manuel, DMX et sound-to-light
Le projecteur propose trois modes de contrôle : directement sur l’appareil, par synchronisation son-lumière, ou à distance, via DMX/RDM. Nous débutons par le mode manuel. Il est parfaitement identique au mode DMX 26 canaux : on peut notamment régler les mouvements de panoramique et d’inclinaison, les valeurs RGBL et différentes nuances de blanc. Nous avons également trouvé une large sélection de macros de couleur et de séquences prédéfinies. Ces dernières sont des effets classiques du quotidien, comme des pulsations et des transitions simples, qui exploitent la grande LED COB et offrent un rendu du plus bel effet. Les LED secondaires peuvent être configurées avec des valeurs RVB fixes ou des préréglages d’effets personnalisés, et leur vitesse est réglable de manière indépendante.
La plage de zoom permet donc de choisir entre un faisceau diffus ou un faisceau plus concentré. Malheureusement, des franges colorées sont légèrement visibles avec le faisceau diffus, mais restent discrètes. En revanche, ne vous attendez pas à des contours parfaitement nets non plus, surtout si vous êtes habituées à des machines de haut vol. À part ça, l’Auron One20 est doté d’un filtre, conçu pour atténuer et prévenir ces franges colorées, notamment en zoom maximal. Cette fonction produit un contour plus doux, mais le rendu manque quand même encore de précision. Outre les réglages de luminosité et de vitesse du moteur, le menu comprend également une option pour réinitialiser la source lumineuse, si besoin. Enfin, en mode « sound-to-light », le projecteur modifie sa position et sa couleur de manière fiable en fonction des impulsions sonores provenant du microphone intégré. Ce mode fonctionne bien, ni plus ni moins.
Les modes DMX de l’Auron One20 : 21, 26, 37 et 109 canaux
Le premier mode DMX, baptisé « Mode Washlight » par LCPRO, occupe vingt-et-un canaux. Il offre les mêmes fonctions que le mode manuel, à l’exception des réglages dédiés aux LED RGBL secondaires qui ont été supprimés. Il permet cependant de calibrer la modulation de largeur d’impulsion (PWM), c’est-à-dire l’intensité du clignotement invisible des LED, ce qui devrait particulièrement intéresser les photographes et vidéastes pour résoudre d’éventuels problèmes de scintillement.
Le mode de vingt-six canaux reprend l’ensemble des caractéristiques du mode manuel. En revanche, le mode de trente-sept canaux étend ces fonctionnalités en ajoutant des réglages précis pour tous les gradateurs et toutes valeurs de couleur, ainsi que deux canaux d’intensité. Enfin, pour les plus pointilleux·euses d’entre vous, un mode de cent-neuf canaux est également disponible. Outre les options mentionnées précédemment, il permet de paramétrer les valeurs RVB individuelles de toutes les LED secondaires. Ce degré de précision vous permettra de profiter d’une liberté créative presque sans limites en matière de pixel mapping, même si les séquences d’effets prédéfinies proposaient déjà un très large éventail de possibilités.



















