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Les bases de l’éclairage : œil, lumière et couleurs - Les goûts et les couleurs !

Cet article s'adresse à tous·tes celles et ceux qui s'intéressent à la lumière et aux techniques d’éclairage, et qui souhaitent approfondir leurs connaissances théoriques sur ce que nous voyons et la manière dont nous le voyons. C’est parti !

Les bases de l’éclairage : œil, lumière et couleurs : Les goûts et les couleurs !

Le fonc­tion­ne­ment de l’œil humain : de la lumière à l’image perçue

Indé­nia­ble­ment, l’œil est un de nos organes senso­riels les plus impor­tants, et il fonc­tionne en perma­nence à plein régime, même lorsque nous dormons. Pour résumé, on pour­rait dire que notre œil travaille à peu près comme un sténopé, à savoir un appa­reil photo­gra­phique rudi­men­taire sans lentille, consti­tué d’une chambre noire percée d’un minus­cule trou (le sténopé) qui laisse passer la lumière pour proje­ter une image inver­sée sur une surface sensible.

Néan­moins, l’œil humain, après des millions d’an­nées d’évo­lu­tion, s’avère bien supé­rieur à toute tech­no­lo­gie, ancienne ou actuelle. Pour l’anec­dote, nous enre­gis­trons plus de dix millions d’in­for­ma­tions visuelles à chaque seconde qui passe, et nous distin­guons pas moins de six-cent-mille nuances de couleurs diffé­rentes. En gros, notre œil voit tout, nous perce­vons les diffé­rences d’in­ten­sité lumi­neuse, de couleur, les mouve­ments, les formes, et, bien sûr, les distances.

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Pour voir quelque chose, l’œil a besoin d’un stimu­lus : la lumière. Que cela provienne du soleil ou d’une lampe, la lumière inci­dente (c’est-à-dire l’en­semble du rayon­ne­ment lumi­neux, natu­rel ou arti­fi­ciel, qui frappe un sujet ou une surface avant d’être réflé­chi) atteint notre cornée, qui la concentre, puis la laisse ensuite atteindre l’iris, derrière la chambre anté­rieure de l’œil. Fina­le­ment, l’iris fonc­tionne à peu près comme le diaphragme d’un appa­reil photo : dans des condi­tions de faible lumi­no­sité ou dans l’obs­cu­rité, la pupille se dilate pour capter davan­tage de lumière. Et à l’in­verse, si la lumière est trop forte, l’iris se rétré­cit.

Le cris­tal­lin, que nous pour­rions compa­rer à une lentille optique biolo­gique située derrière l’iris,   concentre à nouveau la lumière inci­dente et effec­tue une mise au point pour accom­mo­der la vision, de près ou de loin. La lumière atteint ensuite notre rétine, où elle est trans­for­mée en impul­sions nerveuses par les cellules visuelles. Envi­ron cent millions de cellules visuelles sont dispo­nibles pour effec­tuer cette conver­sion. Or, on distingue deux types de cellules visuelles : les cônes, qui sont respon­sables de la vision des couleurs primaires, et les bâton­nets, qui nous permettent de perce­voir les diffé­rences de lumi­no­sité. Ensuite, le nerf optique trans­met les impul­sions nerveuses récol­tées au cerveau, où se forme l’image finale que nous voyons. Inté­res­sant, n’est-ce pas ?

Spectre lumi­neux et percep­tion des couleurs par l’œil humain

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La lumière est un rayon­ne­ment éner­gé­tique, trans­mis sous forme d’ondes qui se propagent unifor­mé­ment dans toutes les direc­tions. Ces ondes se distinguent par leur longueur et leur fréquence. Le spectre de la lumière visible s’étend d’en­vi­ron 380 nm dans le bleu, à envi­ron 720 nm dans le rouge. Mais à ces extré­mi­tés, la sensi­bi­lité de nos yeux est si faible que nous nous situons plutôt sur une échelle réelle qui s’étend d’en­vi­ron 400 nm à 700 nm. Pour l’anec­dote,   on pour­rait compa­rer ces nano­mètres manquants aux ultra­sons, et aux infra­sons, qui régissent les extré­mi­tés du spectre audio, mais que nos oreilles peinent à entendre. Ainsi, nos yeux perçoivent les diffé­rentes longueurs d’onde de la lumière comme des couleurs diffé­rentes. Dans le spectre visible, il s’agit des couleurs domi­nantes : le violet (440 nm), le bleu (480 nm), le vert (520 nm), le jaune (570 nm) et le rouge (650 nm).

Comme mentionné un peu plus haut, les cônes de notre œil sont respon­sables de la percep­tion des couleurs primaires. Il existe au total trois types de cônes, qui couvrent chacun un spectre spéci­fique : rouge, vert et bleu. D’où le succès du fameux mode RGB (ou RVB) dédié à la gestion des couleurs sur les projec­teurs de scène. Cepen­dant, il faut noter que les domaines de percep­tion liés à chaque type de cône se chevauchent en perma­nence. Ainsi, à partir de ces trois forces de percep­tion, notre organe visuel déduit un total de huit couleurs fonda­men­tales : blanc, jaune, magenta, cyan, violet, vert, rouge orangé et noir. Donc, l’idée reçue que le noir et le blanc ne sont pas des couleurs est un abus de langage. En réalité, le noir, le blanc et toutes les nuances de gris sont appe­lés couleurs achro­ma­tiques. Et pour termi­ner, lorsque des sous-ensembles de couleurs fonda­men­tales sont combi­nés, on parle de couleurs mélan­gées, dans lesquelles chaque nuance est compo­sée d’une valeur chro­ma­tique et d’une valeur achro­ma­tique.

Teinte, satu­ra­tion, lumi­no­sité et tempé­ra­ture de couleur en éclai­rage scénique

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Au final, quatre carac­té­ris­tiques distinc­tives sont attri­buées à toutes les couleurs : la teinte (type de couleur), la chro­ma­ti­cité (inten­sité/pureté), la satu­ra­tion (viva­cité) et la lumi­no­sité (clarté). Et en déter­mi­nant au moins trois de ces carac­té­ris­tiques distinc­tives, nous pouvons défi­nir une nuance de couleur avec un maxi­mum de préci­sion. Facile !

Pour termi­ner, il faut rappe­ler qu’en réalité, il existe un rapport entre un corps incan­des­cent et la lumière qu’il émet : la tempé­ra­ture de couleur. Elle se divise en trois groupes : blanc chaud, blanc neutre et blanc froid. On retrouve d’ailleurs cette préci­sion sur la quasi-tota­lité des carac­té­ris­tiques tech­niques des projec­teurs. Afin de déter­mi­ner la tempé­ra­ture de couleur, qui est mesu­rée en kelvins, on utilise la méthode suivante : on chauffe un corps de réfé­rence (en théo­rie : un corps noir, ou « radia­teur de Planck », qui absorbe tout le rayon­ne­ment élec­tro­ma­gné­tique inci­dent, sans rien réflé­chir) jusqu’à ce qu’il présente la même couleur que la source lumi­neuse. Bien sûr, les mesures effec­tuées ne sont que des approxi­ma­tions, mais qui restent bien assez précises pour nous permettre de travailler en toute séré­nité. Et pour cause, les tempé­ra­tures de couleur sont extrê­me­ment impor­tantes dans le domaine de l’éclai­rage scénique : elles servent à sculp­ter l’am­biance géné­rale, à orien­ter l’émo­tion du public et à amélio­rer la visi­bi­lité des artistes. Des tons chauds créent une sensa­tion d’in­ti­mité, tandis que des tons froids apportent de l’éner­gie, du réalisme ou une touche de mystère, et, enfin, un mélange des deux permet de créer diffé­rents plans au sein d’un seul et même espace. En résumé, des éléments cruciaux pour la scéno­gra­phie de vos concerts, que vous devrez comprendre et maîtri­ser pour perfec­tion­ner encore un peu plus vos pres­ta­tions.

La suite au prochain épisode !

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  • Coramel 7688 posts au compteur
    Coramel
    Administrateur·trice du site
    Posté le 03/03/2026 à 11:54:01
    Très sympa, cet article. Merci !

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