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Rêve ta vie en couleurs, c’est le secret du bonheur ! Les bases de l’éclairage : l’indice de rendu des couleurs

Rédigé par un humain

En matière d’éclairage scénique, la qualité de la lumière émise par un projecteur ne se résume pas seulement à sa puissance brute ou à son flux lumineux. Elle se mesure et se définit à travers un ensemble de critères d'évaluation de référence, dont l’un des plus importants est l’IRC. Prenons donc le temps d’approfondir cette notion afin de vous aider à faire les bons choix d’éclairage pour vos concerts ou vos DJ sets. C’est parti !

Les bases de l’éclairage : l’indice de rendu des couleurs : Rêve ta vie en couleurs, c’est le secret du bonheur !

Qu’est-ce que l’IRC (indice de rendu des couleurs) ?

L’IRC est l’acro­nyme d’In­dice de Rendu des Couleurs (ou CRI, pour Color Rende­ring Index, dans la langue de Shakes­peare) et sert à mesu­rer la fidé­lité des couleurs repro­duites par un projec­teur, par rapport à la lumière natu­relle. Et bien que le secteur de l’évè­ne­men­tiel n’ait pas le mono­pole de cette mesure, qui est employée dans de nombreuses indus­tries, l’IRC reste néan­moins abso­lu­ment essen­tiel pour l’en­semble des éclai­ra­gistes. Et pour cause, il consti­tue un critère de qualité primor­dial lors du choix du maté­riel utilisé sur scène.

Ainsi, l’IRC est une valeur compa­ra­tive entre la lumière natu­relle et la lumière arti­fi­cielle. Il établit  donc un lien direct entre le rendu des couleurs émises par la lumière solaire et celui des sources de lumière arti­fi­cielle, telles que les LEDs, les lampes à décharge, etc. Son unité de mesure est le Ra (traduit de l’al­le­mand Refe­renz Allge­mi­ner, ou rendu géné­ral en français), noté de 0 à 100.

Pourquoi le soleil sert de réfé­rence pour l’IRC

Cette clas­si­fi­ca­tion est deve­nue parti­cu­liè­re­ment utile avec l’ap­pa­ri­tion de nouvelles tech­no­lo­gies d’éclai­rage durant les dernières décen­nies. En effet, il n’y a encore pas si long­temps, le soleil était la seule source de lumière dispo­nible, d’ailleurs même la lumière nocturne réflé­chie par la lune n’est rien d’autre que celle émise par l’astre Roi. On comprend donc aisé­ment pourquoi le soleil possède un IRC de 100 Ra. Mais pour l’heure, rete­nons simple­ment que le spectre lumi­neux du soleil sert de réfé­rence pour déter­mi­ner l’IRC d’un projec­teur.

Comme toujours en matière d’éclai­rage, bien que l’IRC soit consi­déré comme une valeur fixe, normée et tech­nique­ment véri­fiable, il dépend d’un facteur complexe et subjec­tif : la percep­tion de l’œil humain. Ce que le système optique de nos yeux perçoit, ainsi que le trai­te­ment de l’in­for­ma­tion reçue par notre cerveau, est condi­tionné de manière déci­sive par la source lumi­neuse qui éclaire les espaces, les objets, les personnes, les vête­ments et même la peau. Autre­ment dit, nous perce­vons les couleurs de façons très diffé­rentes selon les condi­tions d’éclai­rage dans lesquelles nous nous trou­vons.

Éclairage : IRC1

L’IRC, une mesure objec­tive ou une simple esti­ma­tion ?

De même que chaque personne est unique, sa percep­tion senso­rielle l’est égale­ment. Et pour être parfai­te­ment clair, l’in­dice de rendu des couleurs est, et demeu­rera, une simple esti­ma­tion. Mais étant donné que la percep­tion visuelle varie d’un indi­vidu à l’autre, l’unité Ra a été conçue pour tenter d’in­té­grer au mieux cette part de subjec­ti­vité.

Cela signi­fie-t-il pour autant que ses fonde­ments physiques sont flous ? Pas tout à fait. En effet, les valeurs de rendu des couleurs sont mesu­rées de manière extrê­me­ment précise grâce à un proto­cole d’ana­lyse spec­trale strict. Alors, voyons voir comment ce proto­cole se déroule en labo­ra­toi­re…

Comment calcu­ler l’IRC d’un projec­teur

Pour calcu­ler l’IRC d’un projec­teur, on utilise les courbes de réflec­tance de morceaux de tissus cibles pour voir comment la lumière qu’il émet rebon­dit dessus. La CIE (Commis­sion Inter­na­tio­nale de l’Éclai­rage) a choisi huit échan­tillons de couleurs pastels issues du nuan­cier déve­loppé par le peintre améri­cain Albert Henry Munsell en 1915 : R1 (rouge grisâtre clair, ou vieux rose), R2 (jaune grisâtre foncé, ou moutarde), R3 (vert-jaune vif, ou olive clair), R4 (vert jaunâtre modéré, ou vert d’eau), R5 (vert bleuâtre clair, ou turquoise doux), R6 (bleu clair, ou bleu ciel), R7 (violet clair, ou mauve) et R8 (pourpre rougeâtre clair, ou lilas).

Chacun de ces échan­tillons possède une courbe de réflec­tance spec­trale stan­dar­di­sée à l’in­ter­na­tio­nal. En gros, tout le monde sait exac­te­ment quel pour­cen­tage de chaque longueur d’onde (bleu, vert, rouge…) ces tissus doivent renvoyer lorsqu’ils sont éclai­rés par une lumière parfaite. Ensuite, on éclaire donc les échan­tillons un à un avec le projec­teur en ques­tion, puis on utilise un spec­tro­mètre pour analy­ser la lumière qui a été réflé­chie sur le tissu. Si le morceau de tissu R1 (vieux rose) renvoie exac­te­ment la courbe de réflec­tance atten­due, le projec­teur décroche un score de 100 sur cet échan­tillon (R1 = 100). Au contraire, s’il manque de l’éner­gie dans certaines longueurs d’onde, la couleur perçue dévie de la réfé­rence et le score baisse. Facile !

Éclairage : IRC5

Les limites de l’IRC et les indices complé­men­taires (TLCI, TM-30)

Malgré tout, une vraie nuance s’im­pose. À raison, les éclai­ra­gistes remettent souvent cette métho­do­lo­gie en ques­tion, car il est malheu­reu­se­ment beau­coup trop simple pour une LED moderne de qualité moyenne de faire rebon­dir correc­te­ment la lumière sur ces huit couleurs pastels (contrai­re­ment à des couleurs forte­ment satu­rées), et donc d’af­fi­cher un IRC beau­coup trop flat­teur, et du coup, beau­coup plus vendeur. Mais c’est un autre débat, et pour aujour­d’hui, nous retien­drons que cette métho­do­lo­gie reste un consen­sus d’ana­lyse employé par toute l’in­dus­trie évène­men­tielle, malgré ces limites évidentes.

Néan­moins, désor­mais, on utilise aussi d’autres types d’éva­lua­tions encore plus fiables en complé­ment de l’IRC, tels que les indices TLCI, TM-30, ou le fameux IRC étendu qui intègre d’autres couleurs cibles, beau­coup plus impi­toyables, en supplé­ment des huit couleurs citées précé­dem­ment : R9 (rouge saturé, ou rouge vif), R10 (jaune saturé), R11 (vert saturé), R12 (bleu saturé), R13 (rose, ou rose orangé très clair), R14 (vert feuille, ou vert chlo­ro­phylle) et R15 (beige ocré très clair, ou beige abri­cot). Donc avant de vous équi­per, prenez le temps de bien prendre en compte toutes ces nota­tions afin de faire un choix éclairé (sans mauvais jeu de mots).

La suite au prochain épisode !

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    Will Zégal

    Will Zégal

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    Will Zégal
    Membre depuis 24 ans
    Commentaires sur le dossier : Les bases de l’éclairage : l’indice de rendu des couleurs
    La couleur de la lumière solaire change considérablement selon les conditions. On parle de température de couleur en référence à la couleur que prend un métal chauffé.
    Le matin, elle est généralement plutôt froide (tirant sur le bleu), de même qu'avec un ciel couvert alors que le soir, elle est généralement plutôt chaude (tirant sur le jaune, voire l'orangé). La température de référence "lumière du jour" est, de mémoire, établie à 6500 °K. C'est celle-ci qui est prise en référence pour le calcul de l'IRC ?

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