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Pédago
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Less is more ! Techniques d’éclairage : éviter la surcharge lors d’une conception lumière

Rédigé par un humain

Pour les débutant·es en conception lumière, plusieurs questions essentielles se posent : qu’est-ce qui définit une composition lumineuse de qualité? Comment l’organiser et utiliser le matériel à bon escient ? Voici donc quelques conseils pour vous aider à faire vos premiers pas dans la discipline. C’est parti !

Techniques d’éclairage : éviter la surcharge lors d’une conception lumière : Less is more !

Pourquoi la surcharge lumi­neuse ruine une concep­tion scénique

L’uti­li­sa­teur·ice novice en éclai­rage imagine souvent qu’il suffit de poin­ter quelques projec­teurs vers les musi­cien·nes, puis de les allu­mer et de les éteindre. Un peu de premier plan, un peu d’ar­rière-plan, et le tour est joué. Loin de là. La concep­tion lumière profes­sion­nelle est un sujet passion­nant et complexe : il s’agit d’une véri­table mise en scène de lumières et de couleurs dans un espace tridi­men­sion­nel. Géné­ra­le­ment sans barrières, parfois même sans obstacles, mais fonda­men­ta­le­ment intan­gible, et surtout, unique­ment visible.

Compte tenu des perfor­mances tech­niques spec­ta­cu­laires des équi­pe­ments d’éclai­rage actuels, la tenta­tion est grande d’en faire un peu trop à chaque événe­ment. Résul­tat ? Ce qui, quelques instants aupa­ra­vant, avait le poten­tiel d’être excep­tion­nel, perd toute sa signi­fi­ca­tion, voire, dans le pire des cas, dissout le propos de l’évé­ne­ment lui-même. Voici donc quelques conseils pour aider les tech­ni­cien·nes lumière à modé­rer leur enthou­siasme, pour­tant bien compré­hen­sible, afin de créer des shows lumi­neux appré­ciés par tous·tes.

L’obs­cu­rité, base de toute compo­si­tion lumi­neuse

La lumière naît de l’obs­cu­rité, et la nature en est le meilleur exemple. Au risque d’en­fon­cer une porte ouverte, rappe­lons que pour que le soleil se lève, il doit d’abord se coucher (merci Sher­lock). De fait, proje­ter un effet de gobo ultra spec­ta­cu­laire dans le ciel de Marseille, à midi, est aussi effi­cace que d’écrire une lettre d’amour à l’encre noire sur un fond noir. Il est donc abso­lu­ment primor­dial de travailler sur une base fonc­tion­nelle. C’est d’une simpli­cité décon­cer­tante, certes, mais fina­le­ment très logique : on atten­dra donc la nuit pour s’ex­pri­mer plei­ne­ment et proje­ter une compo­si­tion lumi­neuse. Et, l’éclai­rage scénique en inté­rieur fonc­tionne exac­te­ment selon le même prin­cipe. Si tous les PAR, projec­teurs, blin­der, stro­bo­scopes et autres, contri­buent constam­ment au spec­tacle, ils finissent par s’an­nu­ler mutuel­le­ment dans une vaine compé­ti­tion pour atti­rer l’at­ten­tion du public.

Or, ce n’est certai­ne­ment pas ce qu’avaient en tête les concep­teur·ices lumière lors de la construc­tion du show. Bien au contraire. La première étape consis­tera donc avant tout à créer une ambiance lumi­neuse calme et très subtile. Celle-ci pourra ensuite varier selon le morceau, passant, par exemple, d’un titre heavy metal surchargé d’ef­fets à une ballade à peine éclai­rée. Mais une chose est sûre, initia­le­ment, elle devra être aussi neutre que possible. C’est pourquoi il faut toujours accor­der beau­coup d’im­por­tance à l’éclai­rage de base. Il ne s’agit pas d’un élément insi­gni­fiant, négli­geable et vite oublié. C’est, au contraire, le fonde­ment essen­tiel de tout ce qui suit. Donc, n’hé­si­tez pas à prendre conscience (ou à vous rappe­ler) de son rôle clé, et ne le consi­dé­rez jamais comme un aspect acces­soire du spec­tacle.

Struc­tu­rer la drama­tur­gie lumière autour de l’es­sen­tiel

Ensuite, il s’agit de construire progres­si­ve­ment votre compo­si­tion sur ces bases saines, et d’am­pli­fier les effets drama­tiques dési­rés de manière dyna­mique. Et ici, le terme dyna­mique est sans aucun doute le plus impor­tant de tous. Cela signi­fie qu’il faudra quasi systé­ma­tique­ment saisir l’oc­ca­sion de reve­nir au point de départ, à savoir l’obs­cu­rité. Car en matière d’éclai­rage, comme en musique, même les silences sont des notes, après tout.

Ce prin­cipe s’ap­plique donc à la concep­tion lumière. Seules les pauses et les respi­ra­tions permettent de créer l’es­pace néces­saire à ce qui mérite vrai­ment d’être vu, lais­sant ainsi le temps au public de profi­ter de chaque moment clé. La méca­nique est simple : il s’agit de partir de presque rien, puis de créer une tension pour venir rempla­cer la mono­to­nie par des contrastes saisis­sants, intenses et inat­ten­dus (encore une fois, exac­te­ment comme en musique). Or, une atmo­sphère modé­rée sera le seul terreau fertile dont vous dispo­se­rez pour offrir un spec­tacle de lumière capti­vant sur le plan visuel, et donc, riche en émotions.

Psycho­lo­gie du public : pourquoi moins d’ef­fets simul­ta­nés fonc­tionne mieux

TRAD LUMIERE 1

N’ou­blions jamais que le public est bien trop faci­le­ment submergé par des stimuli simul­ta­nés. Et qu’en plus de cela, de nos jours, il est bombardé d’images et de vidéos en perma­nence dans son quoti­dien. Or, le subcons­cient humain est régi par ce que l’on appelle la percep­tion sélec­tive, un concept que les expert·es en marke­ting ne connaissent malheu­reu­se­ment que trop bien. En résumé, face à cette surcharge cogni­tive inces­sante, un méca­nisme de protec­tion se déclenche dans notre cerveau, et seules les infor­ma­tions senso­rielles jugées les plus impor­tantes par notre subcons­cient sont perçues et analy­sées par notre esprit.

En réalité, cela signi­fie simple­ment que les spec­ta­teur·ices ne peuvent réel­le­ment trai­ter que deux ou trois images en simul­tané. Par consé­quent, pour éviter que les inten­tions créa­tives ne se perdent en cours de route, il suffit de simpli­fier la concep­tion lumière pour se concen­trer sur l’ef­fet recher­ché. Par exemple, pour créer une sensa­tion d’es­pace clai­re­ment défini sur scène, un éclai­rage de fond bien uniforme, accom­pa­gné d’un unique éclai­rage laté­ral, suffira dans la plupart des cas. Bien entendu, au besoin, les musi­cien·nes pour­ront être éclai­ré·es indi­vi­duel­le­ment par des projec­teurs dédiés, et des séquences plus mouve­men­tées pour­ront être mises en place, aux bons moments, pour renfor­cer le contraste géné­ral et venir ryth­mer les diffé­rentes étapes du spec­tacle.

Garder une vue d’en­semble pour éviter la suren­chère d’ef­fets

Malheu­reu­se­ment, il n’est pas rare de voir des scènes et des effets lumi­neux s’en­chaî­ner beau­coup trop rapi­de­ment lors d’un concert. Le système passe d’une compo­si­tion à l’autre sans préve­nir, même lorsque les morceaux joués ne le justi­fient pas. Il s’agit d’un défaut inhé­rent à la tech­no­lo­gie actuelle, et un piège à éviter à tout prix pour les éclai­ra­gistes trop enthou­siastes à l’idée de profi­ter du plein poten­tiel de leur maté­riel. Les fonc­tion­na­li­tés toujours plus inno­vantes, inté­grées aux projec­teurs et contrô­leurs d’éclai­rage récents, ne sont que des possi­bi­li­tés, rien ne vous force à toutes les utili­ser. Et, il ne faut en aucun cas se sentir obligé de toutes les exploi­ter en perma­nence. Au final, c’est exac­te­ment la même chose pour les plug-ins audio, après tout, combien d’entre nous possède pléthore de logi­ciels ? Des dizaines de compres­seurs, d’éga­li­seurs, etc. Pour, au final, n’en utili­ser qu’une infime sélec­tion lors d’un mixage In The Box.

En résumé, essayez de toujours garder le concept direc­teur de votre concep­tion lumière en ligne de mire. Car, en tant que tech­ni­cien·ne, vous incar­nez aussi un filet de sécu­rité pour les musi­cien·nes et leur public. Ce sont eux·elles, les véri­tables vedettes de l’évé­ne­ment, celles que vous soute­nez et celles avec lesquelles vous créez un lien émotion­nel atten­tif. Aucun artiste, quelle que soit sa caté­go­rie, ne dévoi­le­rait d’em­blée tous ses atouts. Or, même les concep­teur·ices lumière sont des artistes à part entière, qui doivent trou­ver le juste équi­libre entre emphase et harmo­nie.

Ce qu’il faut rete­nir pour une concep­tion lumière équi­li­brée

Le pire ennemi des esprits créa­tifs est de perdre de vue leur œuvre, et la concep­tion lumière ne fait pas excep­tion. D’ailleurs, les musi­cien·nes de studio connaissent bien ce phéno­mène. Après la quin­zième prise (et parfois même, bien avant celle-ci), les nuances deviennent inau­dibles. Le cerveau se trompe constam­ment. Il faut donc lais­ser le temps faire son œuvre et réité­rer l’exer­cice avec un peu de recul, et l’es­prit reposé, pour mieux comprendre ce qui se passe et peau­fi­ner votre propo­si­tion artis­tique afin d’en déli­vrer la meilleure version possible.

La suite au prochain épisode !

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    Coramel

    Coramel

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    Commentaires sur le dossier : Techniques d’éclairage : éviter la surcharge lors d’une conception lumière
    Génial ça ! Merci :bravo:

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    • J’adore
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    • Mix Jagger

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