L'incontournable Line 6 a dévoilé il y a peu la refonte de son écosystème Helix, connu pour offrir aux guitaristes et bassistes une simulation complète de la chaîne du son. Dans ce test, c'est le fleuron de la gamme, le Helix Stadium XL Floor, qui passe entre nos mains. Bonne lecture !
Line 6 Helix Stadium XL Floor : présentation et caractéristiques techniques

L’arrivée de cette série Helix « nouvelle génération » est donc une excellente nouvelle, car on peut raisonnablement penser que l’on repart pour plusieurs années d’évolutions. Mais vous allez voir qu’à l’état actuel, l’expertise de Line 6 permet déjà au Stadium XL Floor de s’imposer comme un très bon compagnon de route.
Commençons par le déballage de ce qui est de toute évidence le vaisseau mère des Helix. Le Stadium XL Floor porte plutôt bien son nom avec des dimensions de 110 × 492 × 262 mm pour un poids contenu de 5,25 kg. Le châssis est intégralement en acier, arborant une finition noire brossée du plus bel effet. Moi qui aime habituellement les multieffets compacts, je me suis surpris à trouver l’encombrement finalement plutôt raisonnable pour un appareil qui a la prétention de remplacer tous les autres.
Bien entendu, le premier élément qui saute immédiatement aux yeux est cet écran couleur haute résolution de huit pouces, évidemment tactile. Il est accompagné de 12 footswitches capacitifs, chacun étant associé à un petit écran OLED individuel. Cette technologie offre un contraste prononcé et un rendu bien plus actuel que les écrans de mon ancien, mais fonctionnel HX Effects. On trouve 8 encodeurs cliquables placés sous l’écran principal, complétés par 3 autres encodeurs sur les côtés et 13 boutons-poussoirs dédiés aux fonctions globales. Le modèle XL se distingue également par la présence d’une pédale d’expression intégrée.

Le reste de la connectique nous offre : MIDI complet, entrée/sortie S/PDIF pour le numérique, ports USB-C et USB-A, ainsi qu’un stockage via carte microSD. On peut également connecter jusqu’à quatre pédales d’expression supplémentaires, contrôler les canaux d’un amplificateur, ou encore intégrer des éléments plus spécifiques, comme des triggers.
Enfin, on découvre la présence d’un port Nexus qui permet de connecter des extensions, comme l’unité Expand D10 et potentiellement d’autres appareils à l’avenir. Pour l’instant, son intérêt reste encore un peu théorique, mais l’idée d’un écosystème évolutif est bien là.
Pour ce qui est de la qualité d’assemblage, c’est clairement très bon. Le châssis paraît solide et l’alimentation est interne, au format IEC, ce qui est un excellent point. La pédale d’expression semble elle aussi de qualité, bien qu’il faille voir sur une durée d’utilisation plus longue pour valider sa fiabilité, sa taille est tout à fait standard. Bien entendu, je me suis abstenu d’effectuer un crash test du Helix Stadium XL pour tester la résistance de l’écran tactile. Les plus précautionneux iront probablement, à juste titre, lui coller un verre de protection, surtout que pour environ 2300 euros au moment de la rédaction de ce test, il serait dommage d’abîmer un tel pédalier.
Version du firmware utilisé durant le test : 1.3.2
Une prise en main bien pensée
La prise en main du Helix Stadium XL Floor est en réalité plus simple qu’il n’y paraît. Déjà, on peut noter que, si l’on a utilisé des pédaliers Line 6 HX/Helix par le passé, on retrouve très rapidement ses repères. L’interface a bien entendu subi une légère refonte graphique pour proposer quelque chose de plus actuel, mais la logique de fonctionnement reste assez familière. L’écran tactile est réactif, la définition est suffisamment élevée pour donner un aspect « retina », et les dimensions permettent d’y voir clair. De manière générale, la navigation dans les menus est bien pensée, on peut alterner entre le tactile et les contrôles physiques.
Concrètement, on dispose de deux DSP qui gèrent chacun une ligne d’effets. Sur chaque ligne, il est possible de charger jusqu’à deux amplificateurs avec leurs enceintes, en plus des autres effets. Étant donné que l’on dispose de plusieurs entrées, on peut créer deux chaînes indépendantes. Autrement, il sera judicieux de relier les deux lignes afin de répartir au mieux les effets sur les deux DSP. L’avantage d’avoir autant de puissance processeur ne réside pas uniquement dans la possibilité de charger des dizaines d’effets simultanément, mais surtout dans celle de profiter pleinement des huit snapshots pour activer ou désactiver des groupes d’effets sans devoir changer de préréglage.
Pour ce qui est du catalogue d’effets, il était déjà généreux sur les générations précédentes, et il l’est encore davantage ici, notamment avec l’ajout des amplificateurs « Agoura ». Difficile de ne pas trouver son bonheur parmi les différentes catégories proposées. D’expérience, les clients Line 6 savent aussi que chaque mise à jour apporte, en général, son lot de nouvelles simulations. Sur ce point donc, aucune inquiétude pour l’avenir.
Parmi les nouveautés intéressantes, on peut noter le mode « Focus View », qui affiche une représentation visuelle de l’ampli ou de la pédale sélectionnée. En glissant le doigt à la manière d’un pad X/Y, on peut naviguer entre cinq préréglages, avec toutes les nuances possibles entre deux positions. C’est un mode assez ludique, qui peut faire gagner du temps lors de la création de ses sons, notamment si on est un peu perdu dans les nombreux paramètres disponibles, surtout pour les amplis.
Une autre nouveauté que j’ai trouvée pertinente concerne le paramètre « Hype ». Celui-ci permet d’orienter le rendu soit vers un son d’amplificateur plus réaliste et brut, soit vers quelque chose de plus « produit ». Il n’y a pas vraiment de bonne réponse, et ce paramètre prend tout son sens en conditions réelles, notamment en groupe ou à fort volume. Plus précisément, un son très flatteur joué seul à la maison peut se révéler beaucoup moins efficace dans un mix avec batterie et basse.

J’émets toutefois quelques réserves concernant l’interface de ce mode. La prise en main n’est pas totalement fluide et je me suis parfois perdu parmi les différents repères que j’avais placés. En revanche, la fonction « trim », qui permet d’ajuster le volume de chaque piste, est vraiment pratique pour la scène. Par ailleurs, comme évoqué plus tôt, les différentes sorties du Helix sont indépendantes et peuvent être gérées facilement via la mixette virtuelle. Cela permet de dispatcher les signaux de manière assez souple. À mon sens, cela simplifie énormément la vie dans les projets joués par-dessus des séquences, où la gestion des pistes peut vite devenir un casse-tête.

Si le Wi-Fi est bien pratique et permet en théorie de se passer totalement d’une connexion filaire, il semble y avoir encore quelques bugs. Lors de mon test, les mises à jour n’ont jamais voulu aller au bout par ce biais, le téléchargement se bloquant régulièrement avant la fin. Il reste donc quelques points d’amélioration à envisager du côté de Line 6.
Enfin, le « Command Center » est toujours aussi excellent et puissant. Concrètement, on peut programmer tout type d’action sur les footswitches et les pédales d’expression. Line 6 sont même allés jusqu’à ajouter la possibilité de simuler un clavier USB pour, par exemple, contrôler son DAW.
Qualité sonore et sensations de jeu du Helix Stadium XL Floor
Je vous propose dans un premier temps d’écouter quelques sons clairs :

- 1 – Super Reverb + Comp + Room00:25
- 2 – Princeton + Compulsive Drive00:51
- 3 – Princeton + Tube Comp + Vint Dly + Hall + Glitz01:06
- 4 – Princeton + Klon + Liquifier Chorus + Ganymede01:19
J’ai été plutôt convaincu, ayant notamment réussi à obtenir des résultats assez réalistes plus rapidement qu’avec mon HX Stomp, dont les sonorités restent celles du Helix original. Les réverbes et les délais sont suffisamment qualitatifs pour ne pas ressentir le besoin d’ajouter une pédale externe, souvent coûteuse, pour cette partie.
Au-delà du rendu, qui peut être, comme vous le savez, personnalisé à l’infini sur ce type de machine, ce sont surtout les sensations de jeu que j’ai trouvées agréables. La dynamique est bien respectée et la chaîne d’effets réagit de manière crédible. Plus précisément, j’ai réussi à retrouver des sensations proches de celles que j’ai lorsque je pousse un ampli à lampes avec un clean boost ou une overdrive.
Voici maintenant quelques pistes saturées :

- 5 – AC30 + Plate – Hype 200:37
- 6 – SLO-100 + Plate00:28
- 7 – JCM800 + Double 4×12 + RE-201 + Room00:53
- 8 – 5150 Red Ch + Double 4×12 57_R160 + 808 + Adriactic Dly00:44
- 9 – Rockverb 100 MKIII + EP Booster + Dynamic Ambience00:19
- 10 – Peavey Invective Lead + 80800:19
Ici encore, les nouveaux amplis « Agoura » m’ont semblé plus convaincants que les modélisations originales, que j’ai toujours trouvées un peu trop criardes. Le rendu est plus épais, plus organique. On retrouve toutefois par moments un certain excès de brillance, un côté un peu « harsh ». Il faut alors prendre le temps d’ajuster l’égalisation, de choisir les bonnes enceintes virtuelles, ainsi que les micros et leur positionnement. Cela reste malgré tout plus immédiat que par le passé, avec une base de travail nettement plus exploitable dès le départ. Est-ce pour autant supérieur à la concurrence ? Fondamentalement, non.
Voici le fameux paramètre « Hype » en action sur ces deux exemples :

- 11 – Cali 2C+ 57_121– Hype 0 puis 1000:25
- 12 – Plexi – Hype 0 puis 1000:41
Enfin, pour finaliser ce test, nous avons attendu la mise à jour permettant de cloner son matériel. C’est désormais une fonctionnalité largement répandue, mais l’intérêt ici réside dans la possibilité de combiner modélisation et clonage au sein d’une même machine.
J’ai donc utilisé mon ampli Victory V30 MKII pour réaliser un test avant/après. À noter que la version clonée est laissée volontairement brute pour conserver la pertinence de la comparaison, même s’il est bien sûr possible d’affiner le résultat.

- 13 – Victory V30 – Le vrai00:13
- 14 – Victory V30 – Le faux00:13
Sur ce point, Line 6 ne fait pas moins bien que la concurrence, et le procédé semble bien maîtrisé. La version clonée présente un peu plus de brillance, mais cela reste facilement corrigeable. À noter également que le processus est simple à mettre en œuvre : les branchements sont clairement indiqués à l’écran, et le clonage ne prend que quelques minutes.








