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Test de l'Akai MPC One G2 - Même boîtier, quatre fois plus de muscle

Rédigé par un humain
9/10

Avec son nouveau processeur huit cœurs, ses 4 Go de RAM, ses 64 Go de stockage et son nouvel environnement MPC 3, la MPC One G2 conserve le format compact de sa devancière tout en promettant beaucoup plus de puissance. Mais au-delà des chiffres, que change réellement cette nouvelle génération ?

Test de l'Akai MPC One G2 : Même boîtier, quatre fois plus de muscle

MPC One, One+ et G2 : ce qui change vrai­ment

La MPC One avait déjà trouvé sa place auprès des musi­cien·nes qui voulaient retrou­ver l’ap­proche des MPC dans un format plus compact que celui des MPC Live. La MPC One+ lui a ensuite succédé, en appor­tant le Wi-Fi, le Blue­tooth, un proces­seur plus rapide et davan­tage de mémoire et de stockage. Avec la MPC One G2, Akai conserve le même gaba­rit, mais augmente encore les ressources dispo­nibles. Alors qu’elle est présen­tée comme une nouvelle géné­ra­tion (G2), la machine paraît ne pas avoir évolué. À part la couleur, il est diffi­cile de distin­guer ce nouveau modèle de sa devan­cière, on retrouve le même format et la même philo­so­phie, avec écran tactile de 7 pouces et les commandes clas­siques d’une MPC. C’est à l’in­té­rieur qu’il faut cher­cher les prin­ci­pales diffé­rences. Le proces­seur passe à huit cœurs, la mémoire vive double par rapport à la One+ et le stockage interne est multi­plié par quatre. Plutôt qu’une nouvelle géné­ra­tion, cette nouvelle version apporte surtout davan­tage de marge de manœuvre grâce à son maté­riel. Reste à voir ce que ce surplus de puis­sance change réel­le­ment à l’usage.

Une MPC One qui ressemble à une… MPC One

Akai MPC One G2 - topOn l’a dit, à première vue, il est diffi­cile de distin­guer la One G2 de la One+. Le bleu, qui la distingue des géné­ra­tions précé­dentes, est un clin d’œil aux premières MPC-1000 et MPC-4000. Une ques­tion de goût, évidem­ment, mais je le trouve plutôt réussi, et surtout bien plus convain­cant en vrai que sur les photos. Côté gaba­rit, le boîtier conserve les mêmes dimen­sions de 272 × 272 × 53 mm pour un poids d’en­vi­ron 2,1 kg. Elle reste donc suffi­sam­ment compacte pour être trans­por­tée faci­le­ment. La façade reprend elle aussi les grandes lignes connues. L’écran tactile de 7 pouces avec en dessous les 16 pads RGB sensibles à la vélo­cité et à la pres­sion. Quatre Q-Link permettent de modi­fier les para­mètres affi­chés à l’écran, tandis que les boutons donnent accès aux fonc­tions de navi­ga­tion et d’édi­tion. Pas de boule­ver­se­ment, quoi.

Côté connec­tique, la MPC One G2 dispose de deux entrées et deux sorties audio analo­giques, ainsi que d’une sortie casque. On trouve égale­ment des prises MIDI DIN entrée et sortie, quatre mini connec­teurs TRS pouvant four­nir huit sorties CV/Gate, un port USB-A et un empla­ce­ment pour carte SD situé à l’avant. Fina­le­ment, le chan­ge­ment le plus signi­fi­ca­tif par rapport aux géné­ra­tions précé­dentes concerne l’ap­pa­ri­tion d’un port USB-C, qui peut servir à connec­ter la MPC à un ordi­na­teur ou à un autre équi­pe­ment compa­tible.

Akai MPC One G2 - backLe port USB-C permet égale­ment d’uti­li­ser la MPC One G2 comme inter­face audio. Elle peut alors échan­ger jusqu’à 24 canaux audio numé­riques avec la STAN, pour, par exemple, envoyer sépa­ré­ment plusieurs pistes de la MPC vers le logi­ciel.  Le port USB-C peut aussi être utilisé pour l’échan­tillon­nage numé­rique depuis un ordi­na­teur ou un appa­reil compa­tible. Cela évite, dans certaines situa­tions, de passer par les entrées analo­giques pour récu­pé­rer un signal prove­nant d’une source numé­rique. Le Wi-Fi et le Blue­tooth sont égale­ment de la partie.

La MPC One G2 est livrée avec son alimen­ta­tion secteur et un câble USB-C. Ne pas oublier que, contrai­re­ment à la MPC Live III, la MPC One G2 ne possède pas de batte­rie. Comme souvent aujour­d’hui, l’es­sen­tiel des ressources logi­cielles, ainsi que les modes d’em­ploi, se récu­père ensuite en ligne.

MPC One G2 Tek Tek
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  • MPC One G2 Tek Tek01:06
  • MPC One G2 Slow Op01:11
  • MPC One G2 Perfo100:39
  • MPC One G2 Perfo201:15
  • MPC One G2 Synth­pop00:44
  • MPC One G2 Drums Future 100:33
  • MPC One G2 Drums Future 200:39
  • MPC One G2 Drums Synth­pop 100:09
  • MPC One G2 Drums Synth­pop 200:32

Perfor­mances : une puis­sance quatre fois supé­rieure pour travailler en toute séré­nité

Akai MPC One G2 - frontParlons main­te­nant des perfor­mances, c’est ici que la One G2 se distingue réel­le­ment de la One+. Son proces­seur compte huit cœurs et Akai annonce une puis­sance de trai­te­ment quatre fois supé­rieure à celle de la géné­ra­tion précé­dente. La mémoire vive passe à 4 Go et le stockage interne atteint 64 Go. Par rapport à sa devan­cière, cette augmen­ta­tion des perfor­mances a des consé­quences très concrètes sur les possi­bi­li­tés de la machine. La One G2 peut gérer jusqu’à 32 programmes utili­sant des plugins, contre 8 sur la One+, et jusqu’à 16 pistes audio stéréo, contre 8 aupa­ra­vant. La poly­pho­nie maxi­male annon­cée passe de 64 à 256 voix. En utili­sa­tion réelle, ces chiffres ne signi­fient évidem­ment pas que l’on pourra systé­ma­ti­que­ment faire fonc­tion­ner 32 instru­ments complexes en même temps ou utili­ser 256 voix sans aucune contrainte. La consom­ma­tion dépend du type d’ins­tru­ment, des effets employés, du nombre de voix réel­le­ment jouées et de la complexité du projet. Mais ils donnent tout de même une idée de la marge supplé­men­taire dont dispose la machine. Le stockage interne de 64 Go est égale­ment appré­ciable dans une machine appe­lée à conte­nir des samples, des projets et des biblio­thèques de sons. S’il reste possible d’uti­li­ser une carte SD ou des péri­phé­riques USB pour étendre cet espace, ce n’est plus essen­tiel.

Akai MPC One G2 - quartLa première mise en route passe par l’en­re­gis­tre­ment de la machine, les éven­tuelles mises à jour et l’ins­tal­la­tion de conte­nus addi­tion­nels. Une petite remarque à ce sujet, la dota­tion logi­cielle est un peu moins géné­reuse que celle des MPC les plus haut de gamme. La One G2 embarque tout de même 11 instru­ments et neuf packs d’ex­pan­sion, soit plus de 20 Go de contenu, mais le MPC Pro Pack n’est pas inclus. Il faudra donc l’ache­ter sépa­ré­ment si l’on veut profi­ter des instru­ments, effets et fonc­tions supplé­men­taires qu’il apporte. Côté prise en main, pour ceux qui n’ont jamais touché à une MPC moderne, le manuel complet dispo­nible en ligne est indis­pen­sable dès que l’on commence à entrer dans les fonc­tions plus avan­cées de la machine. Il faut dire que le système est devenu suffi­sam­ment vaste pour que toutes ses fonc­tions ne puissent pas être assi­mi­lées en quelques jours. Il y a beau­coup de choses à explo­rer, mais l’er­go­no­mie est dans l’en­semble bien étudiée, ce qui aide beau­coup. Malheu­reu­se­ment, il subsiste quelques bizar­re­ries, avec par exemple, des fonc­tions qui se cachent là où on ne les attend pas. L’écran tactile de 7 pouces occupe toujours une place centrale dans l’uti­li­sa­tion. En navi­guant dans les diffé­rentes pages, il sert à éditer les séquences, régler les instru­ments et effets, gérer le sampling ou encore travailler sur le mix. Pour l’édi­tion des séquences, on retrouve un piano roll semblable à celui des STAN. La mani­pu­la­tion tactile se montre dans l’en­semble fluide et agréable, même si elle atteint forcé­ment ses limites lors­qu’il s’agit de faire des ajus­te­ments très fins. Mais c’est une limite que l’on retrouve sur tous les écrans tactiles. La machine reste donc très dépen­dante de l’écran et il faut accep­ter de passer régu­liè­re­ment de celui-ci aux commandes physiques. Quant aux pads, ils se montrent toujours aussi agréables à l’usage. Ils offrent une bonne réponse au jeu et possèdent un toucher agréable. Ils restent très plai­sants pour program­mer des rythmes comme pour jouer des instru­ments. Dommage toute­fois de ne pas retrou­ver ici les pads MPCe des MPC Live III et MPC XL. Il faut bien faire quelques conces­sions pour main­te­nir la One G2 à un tarif contenu, et c’est l’une d’entre elles. 

La MPC One G2 à l’usage : Arran­ger, Matrix et nouveaux oscil­la­teurs

Akai MPCOne G2 - in situ 1La One G2 est livrée avec l’OS MPC 3, nous en avons déjà parlé dans les tests des MPC Live III et MPC XL, par rapport à l’an­cien envi­ron­ne­ment des MPC, l’or­ga­ni­sa­tion du travail s’est consi­dé­ra­ble­ment élar­gie. On peut toujours partir d’un programme, enre­gis­trer des notes dans le séquen­ceur et construire un morceau à partir de séquences, mais la machine propose égale­ment une orga­ni­sa­tion plus proche de celle d’une STAN clas­sique. Indé­nia­ble­ment, c’est un plus, même si le mélange de diffé­rents modes de compo­si­tion pour­rait perdre certain·es utili­sa­teur·ices. L’Ar­ran­ger permet de construire un morceau dans une struc­ture linéaire, tandis que la page Matrix offre une autre manière de déclen­cher et d’or­ga­ni­ser des boucles, à la manière d’Able­ton Live. On peut donc travailler avec une logique de séquences et de scènes, mais aussi travailler direc­te­ment sur une forme plus linéaire. Après un temps d’adap­ta­tion à l’en­vi­ron­ne­ment, l’uti­li­sa­tion de la machine et son ergo­no­mie restent un plai­sir. Et les enco­deurs Q-Link, qui inter­agissent avec ce qu’af­fiche l’écran, sont d’une effi­ca­cité redou­table.

MPC 3.9 a égale­ment apporté des nouveau­tés impor­tantes du côté synthèse. Les nouveaux oscil­la­teurs peuvent être utili­sés dans les programmes Keygroup et Drum Tracks. Ils ne sont donc pas canton­nés à un instru­ment séparé, ils peuvent main­te­nant entrer direc­te­ment dans la construc­tion d’un programme. On peut construire son propre moteur sonore en combi­nant plusieurs oscil­la­teurs, clas­siques, Single Cycle, Wave­table, FM ou RM, avec un filtre, des enve­loppes et diffé­rentes sources de modu­la­tion. On se retrouve fina­le­ment avec une sorte de synthé modu­laire virtuel, à construire selon ses besoins. Et ce n’est pas tout, jusqu’à huit layers peuvent être super­po­sés dans un même programme. Chacun dispo­sant de sa propre chaîne de synthèse, on peut ainsi se construire des sons complexes en empi­lant plusieurs moteurs sonores indé­pen­dants. À partir d’une archi­tec­ture assez simple, on arrive assez vite avec un programme utili­sant diffé­rentes formes de synthèse.

L’échan­tillon­nage toujours au top

Akai MPCOne G2 - in situ 2Le sampling reste évidem­ment l’un des points fort de la machine, et la One G2 offre de nombreuses façons de travailler à partir d’un enre­gis­tre­ment. On peut captu­rer une source depuis les entrées audio, mais aussi récu­pé­rer direc­te­ment de l’au­dio depuis un ordi­na­teur ou un télé­phone par USB-C. Une fois le son enre­gis­tré, le Sample Editor permet de défi­nir préci­sé­ment les points de début et de fin, de norma­li­ser ou d’in­ver­ser le signal, de le décou­per en plusieurs slices et d’af­fec­ter les diffé­rentes tranches obte­nues sur les pads. Le time-stretch, qui permet d’adap­ter la durée d’une boucle au tempo du projet est lui aussi effi­cace. Tout cela est très clas­sique, mais l’écran tactile permet de le faire faci­le­ment et avec flui­dité. On s’amuse ainsi beau­coup à trans­for­mer des loops.

Ce n’est pas nouveau, mais cela mérite d’être mentionné, la machine dispose égale­ment d’un Auto Sampler, qui auto­ma­tise l’échan­tillon­nage d’ins­tru­ments elec­tro­niques. Reliée en MIDI à un instru­ment externe dont la sortie audio revient dans la MPC, elle peut jouer diffé­rentes notes et les enre­gis­trer en audio pour consti­tuer auto­ma­ti­que­ment un programme à partir des échan­tillons obte­nus. Il est possible de défi­nir la durée des samples, la plage de notes à couvrir et le nombre de samples à enre­gis­trer pour chaque zone, afin de les répar­tir sur plusieurs niveaux de vélo­cité. On passe alors d’un simple enre­gis­tre­ment à la créa­tion d’un instru­ment multi­sam­plé. Facile. Et ça nous fait écono­mi­ser de longues heures de mani­pu­la­tion.

Pour le reste, la One G2 reprend tout l’ar­se­nal habi­tuel d’une MPC récente : égali­seurs, compres­seurs, limi­teurs, réver­bé­ra­tions, délais, chorus, flan­ger, phaser, distor­sions et autres effets de modu­la­tion. On retrouve aussi les outils de trai­te­ment et d’édi­tion audio habi­tuels, ainsi que les fonc­tions de mixage, d’au­to­ma­tion et de routage qui permettent de conce­voir le projet direc­te­ment dans la machine. Rien de tout cela n’est vrai­ment nouveau ici (voir les tests des MPC récentes), mais l’en­semble contri­bue à faire de la MPC une station de produc­tion capable de couvrir une bonne partie du travail, du premier sample au mixage final. Et surtout, elle se prête à des styles très diffé­rents. On aurait donc tort de la canton­ner aux musiques urbaines.

Notre avis : 9/10

Avec la One G2, Akai ne change pas la formule de la MPC One. Le construc­teur conserve le même format et une inter­face quasi iden­tique, mais augmente forte­ment les ressources dispo­nibles. Les 4 Go de RAM, les 64 Go de stockage et le proces­seur huit cœurs donnent davan­tage d’es­pace aux instru­ments virtuels, aux pistes audio et aux projets complexes. Avec les nouveaux oscil­la­teurs, l’OS 3.9 apporte aussi des possi­bi­li­tés de synthèse supplé­men­taires, qui élar­gissent encore les possi­bi­li­tés sonores de la machine. L’ar­ri­vée de l’USB-C est aussi un vrai plus, puis­qu’elle faci­lite les échanges avec l’or­di­na­teur et permet d’uti­li­ser la MPC comme inter­face audio. Surtout, la One G2 réunit dans un appa­reil compact une partie de plus en plus impor­tante des outils que l’on asso­cie habi­tuel­le­ment à une STAN : séquen­ceur, sampling, instru­ments, effets, enre­gis­tre­ment audio et arran­ge­ment. Elle conserve en même temps les pads et l’ap­proche du séquen­çage qui font l’iden­tité des MPC depuis leurs débuts.

À l’aise dans de nombreux styles musi­caux, c’est une machine qui peut aussi bien servir de centre à un setup maté­riel et hybride que de station de produc­tion auto­nome. La One G2 reste une MPC dans son fonc­tion­ne­ment, mais avec des ressources qui lui permettent aujour­d’hui d’al­ler beau­coup plus loin qu’une simple groo­ve­box.

Points forts

  • Belle montée en puissance
  • Écran tactile fluide et réactif
  • Toujours aussi à l'aise avec l'échantillonnage
  • Nouveaux oscillateurs avec l'OS MPC 3.9
  • Belle présentation et finition
  • MPC OS3
  • Workflow multiple : pads, step sequencer, clips, arrangeur
  • Bibliothèque sonore évolutive
  • Intégration réussie avec le logiciel MPC 3 sur Mac et Windows
  • Machine polyvalente : studio, scène, composition, sampling et différents styles musicaux
  • Suivi logiciel sérieux de la plateforme

Points faibles

  • Courbe d'apprentissage
  • Instruments inegaux
  • Beaucoup de choses passent par l'écran
  • Certaines fonctions demandent beaucoup de manipulations
  • Complexité potentiellement excessive pour un usage simple
  • Quelques incohérences ergonomiques selon les pages du système
  • Pas de MPC Pro Pack
Pays de fabrication : Taïwan
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