Le Jupiter-08 est la toute nouvelle modélisation au format compact Boutique du célèbre Jupiter-8. Avec sa façade revue, sa puissance accrue et sa station d’accueil clavier fournie, fera-t-il oublier le JP-08 ?
Les premiers modèles de la série Boutique remontent à dix ans déjà. Il s’agit de modules ultra- compacts intégrant un petit HP, capables de se loger dans une station d’accueil clavier ou desktop, afin d’offrir une autonomie totale, grâce à un fonctionnement sur piles. Le JP-08 a été l’un des premiers, modélisant avec réussite le cultissime Jupiter-8 sorti en 1981. Il souffrait néanmoins de deux limitations : d’abord, 
Un mini-module livré avec une station d’accueil pour une autonomie totale



Une modélisation réussie du timbre et du comportement du Jupiter-8


Un synthé bitimbral, polyphonique de 8 à 32 voix suivant la qualité attendue
Comme nous l’avons dit, le Jupiter-08 est un synthé dont la polyphonie varie de 8 (mode originel) à 32 voix (mode avancé). Le synthé est capable de produire deux programmes simultanés (parties Upper et Lower) en modes simple, séparé (Split) ou empilé (Dual). Deux touches en façade permettent de basculer immédiatement d’une partie à l’autre pour l’édition (mais pas les deux en même temps). Pour chaque partie, on peut régler le volume, le panoramique, le mode polyphonique (8 ou 32 voix), le type de filtre (on en reparle plus tard), le portamento, le mode des voix (poly, mono, unisson, unisson mono), l’accordage, la plage de certains paramètres (originelle ou étendue – on en reparle aussi plus tard), la dérive modélisée des oscillateurs et l’état modélisé du synthé (« l’âge »).

Une organisation des modules de synthèse conforme au Jupiter-8
Descendons maintenant au cœur du réacteur. Chaque voix comporte deux oscillateurs (accordage sur 32–16–8–4–2 pieds pour le premier, par demi-ton de 16 à 2 pieds + désaccordage fin pour le second). Ils peuvent produire les ondes sinus, triangle, dent de scie, impulsion variable, carré et bruit blanc (pas de bruit rose en mettant l’oscillateur 2 en position Low). La fréquence de chaque oscillateur peut être modulée indépendamment par le LFO ou la première enveloppe. La largeur d’impulsion des deux oscillateurs simultanés peut être définie à la main ou modulée par le LFO ou la première enveloppe. Les oscillateurs peuvent s’intermoduler, sous forme de synchro dure et de Cross Modulation dosable. Le second oscillateur peut fonctionner en mode basse fréquence fixe, bien utile lorsqu’on le fait moduler le premier.

Des modulations classiques préassignées, héritage limitant du passé
Via le menu, on peut régler la plage et l’action du pitchbend sur le filtre, ainsi que l’action de la pression (externe) sur le LFO, la coupure du filtre et le volume. C’est d’ailleurs curieux de pouvoir mettre en jeu la pression alors que le clavier fourni ne la transmet pas, tandis que la vélocité qu’il transmet ne peut pas être assignée au moteur interne. Le LFO, global, est assez basique, se limitant aux réglages de vitesse (possibilité de monter dans l’audio si on active le mode étendu), délai et forme d’onde (sinus, triangle, dent de scie, carré, aléatoire, chaos). Son cycle est toujours libre.

Un multi-FX stéréo par partie suivi d’un délai et d’une réverbe globaux
Chacune des parties Upper / Lower peut être traitée dans un multieffets stéréo distinct offrant 17 algorithmes : 3 chorus (Juno-106, pédale CE-1 Boss et SDD-320), 4 délais (synchro, stéréo, pingpong, inversé), une overdrive, un fuzz, un épaississeur, un réducteur de bits, un compresseur lo-fi, 2 phasers, un filtre multimode et 2 pitch-shifters. Les paramètres éditables sont nombreux (4 à 16) et varient suivant le type d’effet : citons le niveau de bruit du chorus, la synchro des délais, les égalisations dans les délais, l’ajout d’harmoniques paires/impaires dans l’épaississeur, la quantité de dégradation du signal dans les effets lo-fi, le nombre d’étages dans le phaser, les types et les pentes du filtre… Ce multieffets est loin d’être un gadget, la quantité de réglages et la qualité sonore sont au rendez-vous. La sauvegarde se fait dans les programmes individuels.

Un arpégiateur et séquenceur polyphonique à mouvements pour chaque partie
Le Jupiter-08 intègre le même arpégiateur / séquenceur bitimbral que les JX-08 / JD-08, où chaque partie possède ses réglages spécifiques. Les motifs d’arpèges disponibles sont classiques : haut, bas, alterné, aléatoire, comme joué. On peut régler la division temporelle (1/4, 1/8, 1/8T, 1/16, 1/16T, 1/32), ajouter du Shuffle (avance/retard), arpéger sur –3 à +3 octaves, décaler les arpèges de –36 à +36 demi-tons, changer la durée des notes, conserver/fixer la vélocité jouée et maintenir le motif après relâchement. Les notes arpégées sont transmises en Midi avec leur vélocité, ce qui est utile pour piloter un module externe qui répond à la vélocité, contrairement au moteur du Jupiter-08, nous l’avons assez dit.

L’enregistrement se fait en mode grille (notes et liaisons directement entrées avec les 16 boutons de pas suivant la division temporelle choisie), en mode Step incrémental (avec les 13 boutons de pas formant un clavier ou le clavier intégré) ou en mode temps réel (idem). Dans ce dernier, on peut entrer les mouvements de commandes à la volée. Il n’est pas possible de les éditer après coup, il faut les supprimer et recommencer en cas d’erreur. On peut ultérieurement entrer la durée et la vélocité de chaque pas en mode grille, la vélocité étant utile pour piloter un module externe, comme pour l’arpégiateur. Tout comme les notes, les CC des mouvements enregistrés peuvent être transmis en Midi, bien vu ! Pour les moins inspirés, un générateur aléatoire de motifs est intégré. Roland n’a pas oublié les fonctions duplication, copier-coller, effacement (notes, CC, tout) et annulation, sympa…


























