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PolyKobolPolyKobol

Un mythe, un rêve inaccessible…

RSF PolyKobolPublié le 22/08/06 à 01:02
Il faut remonter à mon enfance lorsque je découvre le synthétiseur…
J’avais 3 ans et déjà passionné par l’irréel, le surréalisme.

En effet, lors d’une émission de Michel Drucker en 1973, je découvre un groupe de musique nommé Kraftwerk.
Problème, je suis très jeune et je ne comprends pas un seul mot du nom donné par le présentateur. J’avais noté sur un petit carnet noir ‘Cratverque’, que j’ai retrouvé dans mes affaires l’an dernier :mrg:
C’est donc la première et dernière fois que j’entendrais cette musique si envoûtante et si… bizarre !

Il me faudra attendre l’année 1977 pour réentendre à nouveau cette musique si particulière à mes oreilles et c’est avec l’album Oxygène que je redécouvre à...…
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Il faut remonter à mon enfance lorsque je découvre le synthétiseur…
J’avais 3 ans et déjà passionné par l’irréel, le surréalisme.

En effet, lors d’une émission de Michel Drucker en 1973, je découvre un groupe de musique nommé Kraftwerk.
Problème, je suis très jeune et je ne comprends pas un seul mot du nom donné par le présentateur. J’avais noté sur un petit carnet noir ‘Cratverque’, que j’ai retrouvé dans mes affaires l’an dernier :mrg:
C’est donc la première et dernière fois que j’entendrais cette musique si envoûtante et si… bizarre !

Il me faudra attendre l’année 1977 pour réentendre à nouveau cette musique si particulière à mes oreilles et c’est avec l’album Oxygène que je redécouvre à nouveau ces machines aux sonorités si incroyables et si… bizarres !
À cette époque, j’appelais cela : de la musique sans parole !
Dès lors, je voue un culte et une passion incommensurable à ces machines venues de l’espace.
Du moins, c’est ce que je pense à cet instant !
La jeunesse et ses délires…

C’est aussi la même année où mes parents commencent à m’acheter des albums de musique, mais par n’importe lesquels.
Je retourne les pochettes, les noms d’artistes je m’en fous royal, c’est la petite ligne en bas de la pochette qui m’intéresse. Celle où est noté : Synthétiseurs utilisés.
Je comprends enfin que les instruments sont des synthétiseurs.

Des noms reviennent très souvent comme : ARP, MOOG, OBERHEIM
Je commence à écouter tout ces albums avec assiduité et tente de localiser chaque son produit par ces instruments.
Comme ils reviennent très souvent, je n’ai aucun mal à dissocier qui fait quoi !
C’est surtout avec un album que je découvre pour la première fois le nom de RSF.
Cet album ? C’est celui de Saint Preux !
Quésako ? RSF, me dis-je !

C’est en 1982, que je découvre cette société, fabriquant de synthétiseurs. Chance inouï, ils sont ici, dans ma ville !

Grâce à mon père, je découvre un article dans la Dépêche du Midi. Il me dit : "Regarde ça"…
L’article était intitulé : "il fabrique des synthétiseurs pour Jean-Michel Jarre"…
"Encore lui ? C’est pas vrai bordel !"
Je lis cet article avec une très grande attention. Chaque mot, chaque ligne me fascine !

C’est donc à Saint-Sulpice-Sur-Lèze que se trouve l’atelier des frères Fernandez, du moins celui de Rubenz. Serge n’est plus associé à son frère et c’est Rubenz qui continue la fabrication des synthétiseurs. C’est grâce à un synthétiseur Moog que les deux frères ont commencé à concevoir des petits modules sur mesure pour des copains et amis.
Les deux frères sont des génies de l’électronique ayant étudié le langage Cobol dans les années 70’.
Je n’ai jamais rencontré Serge, mais c’est Rubenz que j’ai pu entrevoir au travail lorsqu’il était à l’atelier.
Il y avait une dizaine de personnes, tous passionnés par ce fascinant travail de conception de lutherie électronique !
C’est bien ça, de la lutherie artisanale !

J’ai pu voir à cette époque le premier prototype du Polykobol I (voir Photo de D.F.). Il n’y avait pas de séquenceur, d’interface K7 et il n’a existé qu’un seul exemplaire.
Je ne sais vraiment pas où est passé ce petit bijou aujourd’hui.

Rubenz était un fou de travail et il a travaillé sur le Polykobol II comme un malade durant plusieurs mois sans jamais dormir. À cette époque il se prépare pour un salon afin de présenter pour la première fois le Polykobol II. 10 heures par jours, 7 jours par semaine…
La dernière semaine il finira par faire 4 jours complets, 24 heures sur 24…
Le dernier jour un médecin est venu lui faire une piqûre et l’a envoyé à l’hôpital pour une cure de sommeil !

Le projet du Polykobol II date de trois ans en arrière, mais n’a vu le jour que bien plus tard suite à de multiples déconvenues avec les banques.
Seul un prototype à cette époque sera conçu, mais ne verra jamais le jour. La technologie n’était pas encore à la pointe et Rubenz voulait ce qu’il y a de meilleur pour son bébé.

Le Polykobol II, une fois à son terme, fut le seul synthétiseur qui était en avance sur son époque. Il n’y avait à ce moment aucun autre synthétiseur à la pointe de ce que RSF voulait créer. Même pas le SCI Prophet 5… nada !

Le Polykobol II possède un clavier toucher lourd pianistique réalisé spécialement en Italie pour RSF. Il détecte la pression de vélocité qui peut être affecté à plusieurs paramètres. Cette détection de pression peut être attribué à la modulation et à différents types d’effets et de sons.

Le Polyséquenceur a été conçu par un docteur en robotique, il enregistre tout ce que l’on joue.
16.000 notes qui nous donne en tout 20mn de jeu. La dynamique de pression et de vélocité, le pitch, les modulations et les changements dans le son.
Le microprocesseur a été adapté pour les besoins du séquenceur, c'est un 6809 avec 64K de mémoires. Le plus puissant microprocesseur de cette époque. Pour comparaison, celui utilisé par un Apple le plus sophistiqué était un 48K.

L’interface micro-cassette permet de stocker les sons pour un total de 700. Pour rappeler un son il faut environ 12 secondes !

Pour le cadre, RSF a fait appel à une société en Italie. C’est du noyer massif, le plus beau bois, bien plus que le Kobol.

Il devait y avoir une interface informatique, elle se trouve à l’arrière de la machine. La broche existe, mais elle aurait dû être en connexion avec un ordinateur et un logiciel pour un pilotage informatique. Cela n’a jamais vu le jour et ça, c’est bien dommage !

Je vais faire une petite parenthèse concernant toutes les conneries que l’on peut lire sur le web, à savoir que le DX7 n’est vraiment pas à l’origine du déclin d’RSF. Ce sont les banques qui en sont l’origine. Faute de moyen.
RSF n’a jamais conçu de synthétiseur FM, la clientèle n’est pas non plus la même. Donc dire aujourd’hui et sans le savoir que ce DX7 soit à l’origine de la chute du Polykobol II et d'RSF, je me marre vraiment !

Le Polykobol II est un instrument incommensurablement stupéfiant. Il n’a rien à envier aux autres machines. Le son est absolument majestueux, unique !
Il fait vraiment partie de ces synthétiseurs que l’on voit en photo et on se dit : "Putain ! Je ne l’aurais jamais…"
Je considère aujourd’hui qu’il existe peu de machines qui puissent arriver à un tel degré de technologie, de beauté…
Il serait sorti aujourd’hui, il aurait eu toutes ses chances !
Je considère le Polykobol II comme un mythe qui se serait évanoui, l’intouchable !


Il en existe quand même deux que je considère assez proches de l’histoire d’RSF:

1- ARP Centaur VI (voir photos).
Un prototype conçu en 2 exemplaires, mais qui n’a jamais fonctionné. D’après les ingénieurs il pouvait fonctionner 2 heures pas plus.
Il était composé de 115 cartes pour gérer la polyphonie, mais la technologie de l’époque n’était pas encore assez performante pour le finir et pour réaliser la carte de conversion de pitch.

2- E-mu Audity (voir photos).
Synthétiseur analogique avec commande numérique conçu en 1978 et commissionné par Peter Baumann (Tangerine Dream).
Il n’existe qu’un seul exemplaire et n’a jamais fonctionné. Aujourd’hui il se trouve au National Music Centre du Studio Bell à Calgary au Canada.


Concernant le Polykobol II, beaucoup d’artistes de renommées ont gravité autour de ce projet pharaonique.
Il y a entre autre Benoît Widemann (Magma) qui se trouve au tout début de ce projet. C’est d’ailleurs grâce à lui que le Polykobol II fût créé, à sa demande. Grand utilisateur de synthétiseur analogique polyphonique comme l’Oberheim FVS-1, Prophet 10, mais aussi le modulaire E-MU.
Widemann commissionne RSF de lui concevoir un synthétiseur polyphonique ultime... Il est en quelque sorte le papa du Polykobol II !

Mais il y a aussi Klaus Blasquiz et le guitariste Verto. Ce dernier suit RSF depuis les débuts. Il se fera construire un modulaire unique composé de module de séries 11, dont certains ne sont conçus qu’en exemplaire unique comme la matrice typé EMS.
Aujourd’hui ce modulaire est chez le collectionneur de synthétiseur Olivier Grall. Grand passionné d’RSF et de son histoire !

C’est ainsi que ce projet verra le jour, aidé de musiciens passionnés, d’amis et qui fait suite au premier prototype que beaucoup ont trouvé fabuleux, mais il manqué encore certaines choses pour que le Polykobol II soit le synthétiseur ultime aux yeux de tous !
Rubens fera alors un travail incommensurable pour mettre en œuvre la nouvelle machine et gérer les problèmes lié à ça conception.

Vous l’aurez très certainement compris, je suis plus qu’un simple admirateur de cette marque et à son ou ces produits. RSF a marqué une époque et continu via ce qu’il en existe aujourd’hui à passionner des musiciens. On ne choisi pas RSF parce que ce sont des produits rares, mais plus par passion et très certainement pour les sonorités que produisent ces instruments fantastiques !
Comme je l’ai dit, c’est de la lutherie très haut de gamme !

Le Polykobol II possède une aura que peu de synthétiseur ont et même jusqu’à ce jour !
Je ne dit pas qu’il n’existe pas d’instrument bien meilleur ou moins bien, mais l’histoire fait aussi partit d’une notoriété, c’est un tout !

J’avais dit à un moment que le MemoryMoog faisait partie de mes favoris avec le Polykobol II et que ces deux instruments étaient les meilleurs. Aujourd’hui je dois revoir ma copie !
Depuis l’arrivée du Polykobol II dans mon studio, j’ai bien essayé de composer avec le Memy… Je ne sais pas, il y a un truc que je ne pige pas, il est injouable, pas fin, manque de finesse.
Je ne dirais jamais qu’il est naze, bien au contraire, mais ce n’est visiblement pas un instrument pour moi. Ce fut un achat compulsif, mais aussi parce que j’aime les polyphoniques analogiques. Donc, je l’ai vendu, sans regret.

Depuis mon enfance je rêvais d’instruments extraterrestres, j’ai finalement rencontré des passionnés, assidus, amoureux de cette technologie.

Depuis l’âge de 15 ans je fais de la musique par passion. Mes instruments favoris sont bien entendu ceux de RSF, mais aussi Oberheim, Korg, Roland

Pour ce qui est du Polykobol II, depuis les débuts, j’ai suivi avec une très grande attention le parcours de chacun.
Je me suis constitué une liste de tout les utilisateurs propriétaires de la machine et j’essaie aujourd’hui de retracer chaque instrument, mais aussi le changement de propriétaire.

Il en existe 14 en tout. Je ne compte pas les prototypes qui ne sont jamais sorti de l’atelier RSF.

Je vous laisse avec quelques démos enregistrés il y a longtemps... mais je reviendrais bientôt :clin:









Pour cette vidéo j'ai utilisé le séquenceur. Alors oui, le séquenceur existe bel et bien. Dans tout les cas, sur le mien il y est. Par contre, c'est vraiment laborieux car, je ne le connais pas bien. Pas de manuel. Je pense en créer un dès que possible. Les fonctions ne sont pas encore bien encrés dans mon cerveau :mrg:

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Fiche technique

  • Fabricant : RSF
  • Modèle : PolyKobol
  • Catégorie : Claviers synthétiseurs analogiques
  • Fiche créée le : 27/08/2008

Voici les caractéristiques complètes de la machine :

 

- Synthèse : Soustractive Analogique

- Polyphonie : 8 voies

- Mémoires : 48 programmes

- Interface : mini cassette (K7)

 

* Clavier 61 touches (5 octaves) dynamiques avec 8 voies de polyphonie comportant les modes suivant :

- total, Split ou duo.

- Transposition

- Mode unisson

- Auto-tune (accordage auto)

 

* Mémoire Presets : 48 programmes (32 sons simples / 16 doubles)

 

* Lecteur enregistreur de minicassettes pour la sauvegarde des sons (16 x 48 sons par cassette.

Soit 768 sons)

 

* Séquenceur polyphonique numérique (10.000 notes / 8 séquences)

 

* 2x VCO's avec formes d'ondes standard en continue : rectangle, triangle en passant par dent de scie.

 

* Possibilité d'utiliser le VCO2 comme un LFO (haute ou basse fréquence sélectionnable par switch).

 

* 2 LFO's (uniquement avec le mode Lower & Upper) : avec Carré, triangle, dent de scie ascendante et descendante.

 

- Au total, 3 LFO's dans la machine.

 

* 2 générateurs de bruit (Noise) (uniquement avec le mode Lower& Upper)

 

* 2 Modulateur en anneau (S&H) (uniquement avec le mode Lower& Upper)

 

* 2 générateurs d'enveloppe (ADSR) 

* 1 filtre Passe Bas (24 dB/Oct.)

* 1 VCA (sortie stéréo ou mono)

* 1 Arpégiateur

* 1 Portamento ou glissando polyphonique

* 2 Molettes : pitch & modulation

 

... et diverses foncions...

 

Poids & Dimensions : 22 kg, 100 x 50 x 13,5 cm

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Manuels et autres fichiers

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Autres dénominations : polykobol, poly kobol

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