Du chorus subtil qui élargit une guitare au flanger psychédélique qui transforme un synthé en vortex sonique, les effets de modulation occupent une place essentielle dans la palette du producteur moderne. Classés par type, voici notre sélection de 10 effets de modulation incontournables.
Il existe de nombreux types d’effets de modulation, des délais modulés, comme le chorus ou le flanger aux effets de filtre, tels que les phasers, en passant par les modulations d’amplitude comme le trémolo. Il serait impossible d’en dresser un panorama exhaustif. Nous avons donc choisi de nous concentrer sur les familles principales de modulation et de vous proposer, pour chacune d’elles, deux plug-ins éprouvés, afin de couvrir l’essentiel tout en restant concrets.
Avant cela, revoyons un peu les bases. Tout d’abord, le chorus, à l’origine, est conçu pour simuler le doublage d’un instrument à l’unisson, en introduisant de légères variations de hauteur et de timing. En situation de mixage, on peut bien sûr se limiter à cet usage « classique », destiné à épaissir et élargir une source. Mais il est possible d’aller bien plus loin dans son utilisation. Le fonctionnement interne d’un chorus repose essentiellement sur une ou deux lignes de délai, selon qu’il est configuré en mono ou en stéréo, dont le temps de retard est modulé par un LFO. On en ajuste la profondeur (Depth) et la vitesse (Rate) afin de contrôler l’intensité et la rapidité de la modulation.
D’abord souvent associé à la guitare, le flanger a fini par trouver sa place sur de nombreux types de signaux. Par exemple, les claviers de tout type s’en régalent également. C’est un effet immédiatement reconnaissable et rarement discret, on l’associe volontiers à des textures très marquées. Pourtant, bien dosé, il peut aussi devenir un outil intéressant en mixage. Son principe est relativement simple : on prend le signal d’origine, on le duplique, puis on retarde très légèrement cette copie, avec un temps de délai extrêmement court. Ce temps de retard varie en permanence grâce à une modulation. Lorsque le signal original et le signal retardé sont mélangés, ils interagissent entre eux et créent un filtrage en peigne : certaines fréquences s’additionnent et d’autres s’annulent. Comme le temps de retard est constamment modulé, ce filtrage se déplace en continu dans le spectre, produisant ce fameux effet de balayage caractéristique du flanger.
Côté paramètres, on retrouve généralement : le temps de délai, le feedback (qui réinjecte une partie du signal traité dans l’effet pour en accentuer le caractère), la profondeur de modulation (Depth), la vitesse de modulation (Rate) et le mélange entre signal direct et signal traité (Dry/Wet).
Le phaser, quant à lui, est assez différent dans son principe. Il ne repose pas sur des lignes de retard. Il utilise une série de filtres all-pass qui modifient la phase du signal à certaines fréquences. Lorsque le signal filtré est mélangé au signal d’origine, des annulations partielles apparaissent également, formant des creux dans le spectre. Cependant – et c’est une différence essentielle – la répartition de ces creux ne suit pas une série harmonique régulière. C’est ce principe qui donne au phaser une texture différente, souvent perçue comme plus diffuse ou moins structurée que celle du flanger. Les paramètres d’un phaser varient sensiblement selon les modèles, mais on retrouve généralement la vitesse du LFO (Rate), la profondeur (Depth), parfois la résonance et le nombre de stages.
Moins typé que le flanger ou le phaser, le trémolo est pourtant l’un des effets de modulation les plus anciens et les plus simples dans son principe. Contrairement à ce que l’on croit parfois, il ne modifie ni la hauteur ni la phase du signal, il agit uniquement sur son amplitude, autrement dit sur le volume. Concrètement, le trémolo applique une modulation de niveau au signal audio. Cette modulation est pilotée par un LFO (Low Frequency Oscillator) qui fait monter et descendre le volume de manière régulière. Le résultat peut aller d’une légère pulsation à un effet haché très marqué. Les principaux paramètres sont la vitesse de modulation (Rate), sa profondeur (Depth) et la forme d’onde du LFO (Shape ou Waveform).
Souvent confondu avec le trémolo, le vibrato est un peu différent. Là où le trémolo agit sur le volume, le vibrato modifie la hauteur du signal (le pitch). Concrètement, un vibrato fait légèrement monter et descendre la fréquence du signal autour de sa valeur d’origine grâce à un LFO (Low Frequency Oscillator). À faible dose, l’effet apporte une sensation de mouvement proche de ce que produisent naturellement la voix ou les instruments à cordes. À des réglages plus extrêmes, il devient nettement perceptible et peut produire un effet très marqué, voire psychédélique. Malgré ce principe légèrement différent, les principaux paramètres que l’on retrouve sur un vibrato sont souvent les mêmes que sur un trémolo.
Il existe encore d’autres types d’effets de modulation, mais ceux-ci sont les principaux.