Dans ce test, nous vous proposons de découvrir le nouveau produit de Lava Music : le LAVA Studio. Un ampli à destination des guitaristes et bassistes au design moderne dont nous allons explorer les fonctionnalités.
LAVA Studio : un design très californien

Design, construction et transportabilité
Au boîtier métallique à la finition métallisée est accroché un écran tactile de 13,3 pouces, fullHD, que l’on peut orienter jusqu’à 80 degrés, mais pas détacher pour s’en servir comme d’une tablette (ça aurait pu avoir son intérêt). Sur la face avant du boîtier se trouve la grille du système 2.1 constitué d’un haut-parleur grave et de deux tweeters de 2 pouces, pour une puissance annoncée de 40 watts RMS (amplificateur de classe D).
Toujours sur cette face avant, on découvre le bouton de mise sous tension, un potentiomètre de volume, la prise jack instrument et une prise mini-jack stéréo pour y brancher son casque. À l’arrière, c’est très épuré, avec deux sorties jack 6,3 mm au niveau ligne gauche/droite, un port USB-C et la prise d’alimentation, dont le bloc est fourni.
La machine pèse au total 4,5 kg et il est possible d’y joindre un support pour, par exemple, avoir son ampli à disposition dans son salon.
Le LAVA Studio est fabriqué en chine et la qualité d’assemblage semble tout à fait correct, je pourrai bien entendu émettre quelques réserves sur la longévité de la charnière entre l’écran tactile et le bloc principal, mais je n’ai rencontré aucun problème à ce sujet durant le test. Enfin, la LAVA Studio est vendu presque 800 euros au moment de la rédaction de cet article.
Interface tactile, miniDAW et compatibilité NAM
L’interface tactile et le système d’exploitation intégré
Avant de voir ce que la machine a dans le ventre sur le plan sonore, on ne peut bien entendu passer à côté d’un topo sur sa prise en main. Ainsi, au démarrage, on découvre une interface plutôt esthétique dont certains menus m’ont fortement fait penser à l’interface de mon smartphone sud-coréen. Il est donc probable qu’il s’agisse d’un système Android adapté à l’usage prévu. L’interface est soignée, totalement dans l’air du temps.

- Il est possible de prendre des screenshots (c’est pratique pour nous, testeurs, mais ça peut aussi l’être pour garder en mémoire un réglage, par exemple).
- Il est possible d’enregistrer au format vidéo tout ce que l’on fait dans l’interface. Ici, j’ai eu du mal à trouver un usage pertinent à cette fonctionnalité au-delà de l’aspect presse, tests et autres médias qui auraient besoin de parler du produit.
- Le LAVA Studio, dans sa dernière mise à jour (1.7.3), sait lire les fichiers NAM A2. Mieux encore, et j’ai trouvé ça génial, on accède à la bibliothèque TONE3000 directement à partir de l’interface, sans avoir besoin d’ouvrir son ordinateur.
- La partie « CAB », dédiée aux enceintes, est assez restrictive pour ce qui est des modèles natifs. Impossible d’agir sur quoi que ce soit. Comme souvent, c’est à double tranchant : cela évite de se perdre dans des placements de micros avec lesquels on peut ne pas être très à l’aise et, dans le même temps, certains instrumentistes plus perfectionnistes aimeraient probablement avoir cette possibilité. Quoi qu’il en soit, on peut charger ses propres IR et c’est tant mieux.
- Dans la section « Sons », il sera possible de créer ses propres chaînes avec au maximum neuf blocs en série (aucune possibilité de faire des routages en parallèle), dont deux sont destinés à l’ampli et son enceinte. Il est possible de déplacer les blocs librement. En revanche, il faudra faire attention à la puissance du DSP, que j’ai trouvée toutefois suffisante : j’ai pu, par exemple, utiliser deux ou trois réverbes sur un même préréglage en plus d’autres effets.
Gestion des effets et édition des présets
À ce sujet, la bibliothèque d’effets et d’amplificateurs n’est pas particulièrement impressionnante. J’ai, par exemple, trouvé le choix d’overdrives trop restreint. Il manque quelques clean boosts pour créer des binômes sympas avec les amplis. Ces derniers ne sont pas non plus ultra nombreux, mais on retrouve les références habituelles avec, et ce n’est pas si courant pour être souligné, des reproductions d’amplificateurs Victory.
Chaque préréglage dispose de trois scènes, c’est-à-dire trois états différents, par exemple, pour passer d’un son rythmique à un son solo sans changer de préréglage. Lava Music fournit par ailleurs une collection assez complète de ces derniers, classés par styles et pouvant servir à minima de base à personnaliser.

La partie la plus intéressante et la plus originale du LAVA Studio est à mon sens le « miniDAW », présenté comme étant encore en phase bêta dans l’interface. Comme son nom l’indique, il s’agit d’un DAW assez épuré, mais que j’ai trouvé vraiment pratique à utiliser. On peut y empiler librement ses pistes, ajouter des pistes d’accompagnement directement à partir de l’interface et, surtout, exporter le tout ! Mieux encore, on peut exporter en WAV/MP3 soit le master stéréo, soit les stems. Le tout met quelques secondes pour arriver sur l’espace cloud. Alors, bien entendu, ça ne vaut pas un Cubase Pro 15 sur un écran 4K, mais, dans l’absolu, j’aurais pu effectuer l’intégralité des prises audio de ce test en utilisant uniquement ce miniDAW (je l’ai fait pour certaines pistes afin de valider le fait que ça fonctionne).

Enfin, on dispose d’une section plus communautaire permettant de partager ses préréglages.
Qualité sonore : les sons natifs à l’épreuve
Je vous propose d’écouter quelques enregistrements effectués soit en passant par les sorties ligne à l’arrière de l’ampli pour attaquer ma session Cubase Pro, soit en utilisant directement le miniDAW :

- 1 – V RK50 + Lofi Dly + Rev Hall00:36
- 2 – RJC 212 + Chorus00:36
- 3 – V40 + 808 + Dly Analo + Rev Chamber00:38
- 4 – MA 800 + Tape Dly + Rev Hall01:07
- 5 – NAM – Imperial MKII + Rev Hall00:31
- 6 – ME Mark 4 – Gain 600:24
- 7 – 5000 + 80800:20
- 8 – EN Rage 120 + 808 + Drop00:23
Réalisme des simulations (Clean, Crunch, High Gain) : un constat mitigé
De manière générale, j’ai trouvé les amplis natifs du LAVA Studio assez moyens. Sans être mauvais, il est vrai que le numérique, en 2026, a habitué nos oreilles à des rendus plus réalistes et équilibrés. J’ai, par exemple, très peu apprécié le rendu des basses de ma guitare, sans que ce soit spécifique à un ampli en particulier. C’est souvent mal défini et un peu trop compressé. Ce qui sauve le LAVA Studio, c’est finalement sa compatibilité NAM A2, qui permettra à chacun de trouver son bonheur.
De la même manière, je n’ai pas été transcendé par les effets : les overdrives sont correctes, là où les réverbes sont très moyennes. D’une certaine manière, la bibliothèque est surtout fonctionnelle : le matériel proposé permet de couvrir beaucoup de styles, d’enclencher des délais, des chorus, etc. Ça manque toutefois de magie.
Rendu à bas volume (ampli d’entraînement) VS volume de répétition
Par ailleurs, je n’ai pas du tout été convaincu par le rendu du système 2.1. Il fonctionnera dans un usage d’ampli de salon pour la pratique quotidienne sans prise de tête, mais la reproduction sonore n’est pas vraiment fidèle (même en jouant sur l’EQ dans les paramètres) et j’ai eu de drôles de surprises en réécoutant sur mes Focal calibrées des prises faites dans le miniDAW. Pour donner un ordre de comparaison, les amplis Spark d’un certain constructeur américain offrent un rendu, à mon sens, bien plus agréable.
Voici maintenant deux improvisations jouées en utilisant les outils de l’ampli (et enregistrées dans le miniDAW) :

- 9 – Impro dans miniDAW avec Twin 65 + Horsie00:58
- 10 – Impro dans LAVA+ avec NAM BE5000:43
Enfin, j’ai bien entendu testé la fonction de séparation des sections instrumentales d’un morceau grâce à l’IA interne et le résultat est plutôt bon, en tout cas bien suffisant pour qui veut retirer la ligne de guitare ou de basse pour mettre la sienne :







