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Test de l'amplificateur Lava Music LAVA Studio - Le futur, au bout des doigts ?

Rédigé par un humain
7/10

Dans ce test, nous vous proposons de découvrir le nouveau produit de Lava Music : le LAVA Studio. Un ampli à destination des guitaristes et bassistes au design moderne dont nous allons explorer les fonctionnalités.

Test de l'amplificateur Lava Music LAVA Studio : Le futur, au bout des doigts ?

LAVA Studio : un design très cali­for­nien

face1Il est bon d’être guita­riste ou bassiste à notre époque : les construc­teurs se donnent beau­coup de mal pour propo­ser des produits inno­vants et origi­naux. C’est proba­ble­ment dans cette optique qu’a été déve­loppé l’am­pli­fi­ca­teur LAVA Studio. Ainsi, au débal­lage, on découvre une machine au design fina­le­ment plutôt commun, mais dans une autre sphère, au point que je me suis demandé dans quelle mesure la marque de Cuper­tino pour­rait vouloir remon­ter les bretelles à Lava Music. Plus préci­sé­ment, on dirait une sorte de Mac Studio au format un peu plus géné­reux de 314 × 168 × 197 mm.

Design, construc­tion et trans­por­ta­bi­lité

Au boîtier métal­lique à la fini­tion métal­li­sée est accro­ché un écran tactile de 13,3 pouces, fullHD, que l’on peut orien­ter jusqu’à 80 degrés, mais pas déta­cher pour s’en servir comme d’une tablette (ça aurait pu avoir son inté­rêt). Sur la face avant du boîtier se trouve la grille du système 2.1 consti­tué d’un haut-parleur grave et de deux twee­ters de 2 pouces, pour une puis­sance annon­cée de 40 watts RMS (ampli­fi­ca­teur de classe D).

Toujours sur cette face avant, on découvre le bouton de mise sous tension, un poten­tio­mètre de volume, la prise jack instru­ment et une prise mini-jack stéréo pour y bran­cher son casque. À l’ar­rière, c’est très épuré, avec deux sorties jack 6,3 mm au niveau ligne gauche/droite, un port USB-C et la prise d’ali­men­ta­tion, dont le bloc est fourni.

arrière1

La machine pèse au total 4,5 kg et il est possible d’y joindre un support pour, par exemple, avoir son ampli à dispo­si­tion dans son salon.

Le LAVA Studio est fabri­qué en chine et la qualité d’as­sem­blage semble tout à fait correct, je pour­rai bien entendu émettre quelques réserves sur la longé­vité de la char­nière entre l’écran tactile et le bloc prin­ci­pal, mais je n’ai rencon­tré aucun problème à ce sujet durant le test. Enfin, la LAVA Studio est vendu presque 800 euros au moment de la rédac­tion de cet article.

Inter­face tactile, mini­DAW et compa­ti­bi­lité NAM

L’in­ter­face tactile et le système d’ex­ploi­ta­tion inté­gré

Avant de voir ce que la machine a dans le ventre sur le plan sonore, on ne peut bien entendu passer à côté d’un topo sur sa prise en main. Ainsi, au démar­rage, on découvre une inter­face plutôt esthé­tique dont certains menus m’ont forte­ment fait penser à l’in­ter­face de mon smart­phone sud-coréen. Il est donc probable qu’il s’agisse d’un système Android adapté à l’usage prévu. L’in­ter­face est soignée, tota­le­ment dans l’air du temps.

interface1Cette dernière se divise en cinq sections : Sons, LAVA+, mini­DAW, Partage et un bouton « Plus » qui donne accès à quelques appli­ca­tions du type Spotify, YouTube et, plus inté­res­sant, le lava­Cloud. En effet, et j’ai trouvé cet aspect plutôt pratique à l’usage, Lava Music attri­bue à notre compte un espace cloud de 5 Go sur lequel vont être stockés screen­shots, vidéos, fichiers audio, fichiers NAM ou encore les IR. Ainsi, ce qu’il faut noter :

  • Il est possible de prendre des screen­shots (c’est pratique pour nous, testeurs, mais ça peut aussi l’être pour garder en mémoire un réglage, par exemple).
  • Il est possible d’en­re­gis­trer au format vidéo tout ce que l’on fait dans l’in­ter­face. Ici, j’ai eu du mal à trou­ver un usage perti­nent à cette fonc­tion­na­lité au-delà de l’as­pect presse, tests et autres médias qui auraient besoin de parler du produit.
  • Le LAVA Studio, dans sa dernière mise à jour (1.7.3), sait lire les fichiers NAM A2. Mieux encore, et j’ai trouvé ça génial, on accède à la biblio­thèque TONE3000 direc­te­ment à partir de l’in­ter­face, sans avoir besoin d’ou­vrir son ordi­na­teur.
  • La partie « CAB », dédiée aux enceintes, est assez restric­tive pour ce qui est des modèles natifs. Impos­sible d’agir sur quoi que ce soit. Comme souvent, c’est à double tran­chant : cela évite de se perdre dans des place­ments de micros avec lesquels on peut ne pas être très à l’aise et, dans le même temps, certains instru­men­tistes plus perfec­tion­nistes aime­raient proba­ble­ment avoir cette possi­bi­lité. Quoi qu’il en soit, on peut char­ger ses propres IR et c’est tant mieux.
  • Dans la section « Sons », il sera possible de créer ses propres chaînes avec au maxi­mum neuf blocs en série (aucune possi­bi­lité de faire des routages en paral­lèle), dont deux sont desti­nés à l’am­pli et son enceinte. Il est possible de dépla­cer les blocs libre­ment. En revanche, il faudra faire atten­tion à la puis­sance du DSP, que j’ai trou­vée toute­fois suffi­sante : j’ai pu, par exemple, utili­ser deux ou trois réverbes sur un même préré­glage en plus d’autres effets.

Gestion des effets et édition des présets

À ce sujet, la biblio­thèque d’ef­fets et d’am­pli­fi­ca­teurs n’est pas parti­cu­liè­re­ment impres­sion­nante. J’ai, par exemple, trouvé le choix d’over­drives trop restreint. Il manque quelques clean boosts pour créer des binômes sympas avec les amplis. Ces derniers ne sont pas non plus ultra nombreux, mais on retrouve les réfé­rences habi­tuelles avec, et ce n’est pas si courant pour être souli­gné, des repro­duc­tions d’am­pli­fi­ca­teurs Victory.

Chaque préré­glage dispose de trois scènes, c’est-à-dire trois états diffé­rents, par exemple, pour passer d’un son ryth­mique à un son solo sans chan­ger de préré­glage. Lava Music four­nit par ailleurs une collec­tion assez complète de ces derniers, clas­sés par styles et pouvant servir à minima de base à person­na­li­ser.

lava+La section LAVA+ est une sorte de hub péda­go­gique dans lequel on trouve des pistes d’ac­com­pa­gne­ment pour travailler ses impros avec un looper inté­gré. De plus, un onglet « Leçons » permet d’ac­cé­der à des vidéos péda­go­giques. Le prin­cipe est plutôt sympa, mais il faudra débour­ser des « crédits », sous la forme d’une monnaie virtuelle qu’il faudra bien entendu ache­ter avec de l’ar­gent bien réel. Le prin­cipe peut s’en­tendre, après tout, il est tout à fait normal de payer pour un cours de guitare, mais c’est vrai qu’au prix de la machine, on pouvait s’at­tendre à un écosys­tème tota­le­ment libre d’usage, sans inves­tis­se­ment supplé­men­taire.

La partie la plus inté­res­sante et la plus origi­nale du LAVA Studio est à mon sens le « mini­DAW », présenté comme étant encore en phase bêta dans l’in­ter­face. Comme son nom l’in­dique, il s’agit d’un DAW assez épuré, mais que j’ai trouvé vrai­ment pratique à utili­ser. On peut y empi­ler libre­ment ses pistes, ajou­ter des pistes d’ac­com­pa­gne­ment direc­te­ment à partir de l’in­ter­face et, surtout, expor­ter le tout ! Mieux encore, on peut expor­ter en WAV/MP3 soit le master stéréo, soit les stems. Le tout met quelques secondes pour arri­ver sur l’es­pace cloud. Alors, bien entendu, ça ne vaut pas un Cubase Pro 15 sur un écran 4K, mais, dans l’ab­solu, j’au­rais pu effec­tuer l’in­té­gra­lité des prises audio de ce test en utili­sant unique­ment ce mini­DAW (je l’ai fait pour certaines pistes afin de vali­der le fait que ça fonc­tionne).

miniDAWPar ailleurs, cet outil est capable de sépa­rer les sections instru­men­tales d’un morceau grâce à « son IA ». Ce qui me chagrine ici, une fois de plus, c’est que cette fonc­tion­na­lité est payante, toujours par l’in­ter­mé­diaire de l’achat des fameux crédits LAVA (50 sont offerts). Ici encore, le côté « pay to play » aurait proba­ble­ment pu être évité.

Enfin, on dispose d’une section plus commu­nau­taire permet­tant de parta­ger ses préré­glages.

 

Qualité sonore : les sons natifs à l’épreuve

Je vous propose d’écou­ter quelques enre­gis­tre­ments effec­tués soit en passant par les sorties ligne à l’ar­rière de l’am­pli pour atta­quer ma session Cubase Pro, soit en utili­sant direc­te­ment le mini­DAW :

1 – V RK50 + Lofi Dly + Rev Hall
00:0000:36
  • 1 – V RK50 + Lofi Dly + Rev Hall00:36
  • 2 – RJC 212 + Chorus00:36
  • 3 – V40 + 808 + Dly Analo + Rev Cham­ber00:38
  • 4 – MA 800 + Tape Dly + Rev Hall01:07
  • 5 – NAM – Impe­rial MKII + Rev Hall00:31
  • 6 – ME Mark 4 – Gain 600:24
  • 7 – 5000 + 80800:20
  • 8 – EN Rage 120 + 808 + Drop00:23

Réalisme des simu­la­tions (Clean, Crunch, High Gain) : un constat mitigé

De manière géné­rale, j’ai trouvé les amplis natifs du LAVA Studio assez moyens. Sans être mauvais, il est vrai que le numé­rique, en 2026, a habi­tué nos oreilles à des rendus plus réalistes et équi­li­brés. J’ai, par exemple, très peu appré­cié le rendu des basses de ma guitare, sans que ce soit spéci­fique à un ampli en parti­cu­lier. C’est souvent mal défini et un peu trop compressé. Ce qui sauve le LAVA Studio, c’est fina­le­ment sa compa­ti­bi­lité NAM A2, qui permet­tra à chacun de trou­ver son bonheur.

De la même manière, je n’ai pas été trans­cendé par les effets : les over­drives sont correctes, là où les réverbes sont très moyennes. D’une certaine manière, la biblio­thèque est surtout fonc­tion­nelle : le maté­riel proposé permet de couvrir beau­coup de styles, d’en­clen­cher des délais, des chorus, etc. Ça manque toute­fois de magie.

Rendu à bas volume (ampli d’en­traî­ne­ment) VS volume de répé­ti­tion

Par ailleurs, je n’ai pas du tout été convaincu par le rendu du système 2.1. Il fonc­tion­nera dans un usage d’am­pli de salon pour la pratique quoti­dienne sans prise de tête, mais la repro­duc­tion sonore n’est pas vrai­ment fidèle (même en jouant sur l’EQ dans les para­mètres) et j’ai eu de drôles de surprises en réécou­tant sur mes Focal cali­brées des prises faites dans le mini­DAW. Pour donner un ordre de compa­rai­son, les amplis Spark d’un certain construc­teur améri­cain offrent un rendu, à mon sens, bien plus agréable.

Voici main­te­nant deux impro­vi­sa­tions jouées en utili­sant les outils de l’am­pli (et enre­gis­trées dans le mini­DAW) :

9 – Impro dans mini­DAW avec Twin 65 + Horsie
00:0000:58
  • 9 – Impro dans mini­DAW avec Twin 65 + Horsie00:58
  • 10 – Impro dans LAVA+ avec NAM BE5000:43

Enfin, j’ai bien entendu testé la fonc­tion de sépa­ra­tion des sections instru­men­tales d’un morceau grâce à l’IA interne et le résul­tat est plutôt bon, en tout cas bien suffi­sant pour qui veut reti­rer la ligne de guitare ou de basse pour mettre la sienne :

11 – IA – Split des STEMS
00:0001:14

Notre avis : 7/10

Que penser du LAVA Studio ? C’est une belle machine, au design il est vrai un peu plagié, mais ô combien effi­cace une fois posée sur un meuble dans le salon. L’as­pect tactile avec son grand écran est un choix ergo­no­mique convain­cant, notam­ment parce que la réso­lu­tion est bonne et que l’in­ter­face a été bien pensée. Toute­fois, on pour­rait regret­ter le fait que cet écran ne soit pas déta­chable ou qu’au­cune appli­ca­tion externe ne permette de contrô­ler l’am­pli, tout du moins pour l’heure.

L’éco­sys­tème géné­ral est complet et il est appré­ciable de trou­ver des sections orien­tées vers la péda­go­gie et l’en­traî­ne­ment quoti­dien : pistes d’ac­com­pa­gne­ment, looper, cours en vidéo ou encore possi­bi­lité de s’en­re­gis­trer. Toute­fois, l’as­pect « pay to play » de certaines fonc­tion­na­li­tés pour­rait déplaire à certains du fait d’un inves­tis­se­ment initial assez consé­quent.

Par ailleurs, les ampli­fi­ca­teurs et effets natifs du LAVA Studio ne sont pas excep­tion­nels, mais davan­tage pratiques. Heureu­se­ment, la dernière mise à jour change un peu la donne avec le support NAM A2, qui fait à lui seul remon­ter la note de ce test et débride ces limi­ta­tions, au moins pour la partie ampli­fi­ca­tion.

Ainsi, le LAVA Studio est un produit qui mérite qu’on s’y inté­resse, mais dont la cible sera proba­ble­ment bien spéci­fique. C’est un bel objet un peu « geek » dans l’es­prit, ludique de par son contenu, mais limité par ses perfor­mances sonores initiales. Ainsi, à presque 800 euros, il faut espé­rer que Lava Music assu­rera un suivi long et quali­ta­tif de son produit et saura corri­ger certaines des faiblesses mention­nées dans ce test.

  • face2
  • interface1
  • lava+
  • miniDAW
  • face1
  • nam

 

Points forts

  • Un bel amplificateur
  • Une ergonomie soignée
  • Une prise en main aisée
  • Le support NAM A2 avec l’accès à TONE3000 directement depuis l’interface
  • L’aspect ludique et pédagogique de la machine
  • Le miniDAW
  • Le cloud, bien pratique

Points faibles

  • Des sons natifs qui ne sont pas exceptionnels
  • Le système 2.1, qui n’est pas le meilleur de sa catégorie
  • Devoir acheter des crédits pour utiliser certaines fonctions
  • Dans une certaine mesure, le prix
Pays de fabrication : Chine
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