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Test du casque NTH-50 de RØDE - On the RØDE again!

7/10

RØDE élargit sa gamme avec le NTH-50, un casque de studio fermé qui promet confort et précision. Audiofanzine l’a mis à l’épreuve pour vérifier si la marque australienne maîtrise aussi bien l’écoute que la capture.

Test du casque NTH-50 de RØDE : On the RØDE again!

Depuis quelques années, RØDE multi­plie les incur­sions dans des terri­toires au-delà de ses célèbres micros, élar­gis­sant son cata­logue à l’au­dio de terrain, aux inter­faces et désor­mais aux casques. Un mouve­ment stra­té­gique pour cette marque austra­lienne bien connue des profes­sion­nels de la prise de son, qui vise clai­re­ment à propo­ser une chaîne audio complète, de l’en­re­gis­tre­ment à l’écoute.

DSC2708Chez Audio­fan­zine, nous avons déjà eu l’oc­ca­sion de tester plusieurs produits RØDE, du NT1 à la Rode­cas­ter Pro II, en passant par les inter­faces AI ou les micro­phones de terrain. À chaque fois, la marque nous a surpris par son rapport qualité/prix et son sens du détail. Mais qu’en est-il lorsqu’elle s’at­taque au domaine très concur­ren­tiel des casques de studio ?

C’est préci­sé­ment ce que nous allons décou­vrir avec le NTH-50, un casque fermé annoncé comme confor­table, précis et conçu pour les longues sessions d’écoute. Avec ses promesses ambi­tieuses et son design, comment dire, qui vous rappel­lera quelque chose… ce modèle entend bien se faire une place sur les oreilles des créa­teurs exigeants.

Spéci­fi­ca­tions tech­niques du casque RØDE NTH-50

Le NTH-50 est un casque de type supra-auri­cu­laire, fermé, avec un trans­­duc­­teur dyna­­mique dont la taille est de 40 mm.

Les spéci­­fi­­ca­­tions annon­­cées par le construc­­teur sont les suivantes :

Impé­­dance : 32 ohms

réponse en fréquence : 5 Hz – 32 kHz

Il est accom­pa­gné d’un câble de 1,7 mètre, partiel­le­ment spiralé, de bonne facture (isolant épais, mais souple) et terminé par deux connec­tiques de type jack : pour la connexion à la source, un jack 3,5 mm TRS avec son adap­ta­teur à vis vers 6,35 mm, la connexion au casque se faisant par un jack 3,5 mm à baïon­nette.

On notera au passage que RØDE a eu la bonne initia­tive de choi­sir un système de connexion qui permet de bran­cher indif­fé­rem­ment le câble à l’oreillette de droite ou de gauche. La fameuse ques­tion « droite, gauche ou termi­nai­son en Y ? », dont on sait qu’elle dépend de l’ins­tal­la­tion de chacun, est ici réso­lue de la façon la plus libé­rale : chacun fera comme il veut, et comme il peut. Person­nel­le­ment, on a trouvé que la solu­tion est plutôt bonne, et évidente.

Alors, ça ne vous aura pas échappé, le casque ressemble forte­ment au HD-25 II de Senn­hei­ser. Sur le coup, impos­sible de penser que c’est invo­lon­taire. La ques­tion qui nous vient alors est double : RØDE apporte-t-il des modi­fi­ca­tions substan­tielles ? Et qu’est-ce qui distingue un casque de l’autre ?

DSC2710Au point où nous en sommes de ce test, on peut déjà lister quelques diffé­rences esthé­tiques et méca­niques. On a déjà parlé de ce câble déta­chable, qui n’est pas présent sur le casque Senn­hei­ser, on pourra aussi faire remarquer pour la connexion du câble inter­oreillette, RØDE opte pour une connec­tique surpre­nante : l’USB-C ! Est-ce que ce sera mieux à la longue ? Diffi­cile à dire à l’heure actuelle, mais l’on est inté­ressé de voir une propo­si­tion origi­nale comme celle-ci, étant donné que ce point de connexion dans le HD-25 est connu comme étant propice aux faux contacts. L’USB-C a égale­ment l’avan­tage de n’être pas sensible au sens de connexion.

Le NTH-50 est légè­re­ment plus gros, plus lourd, son impé­dance nomi­nale est plus basse, et la matière dont sont couverts les cous­si­nets est diffé­rente, moins « fripée », plus proche du faux cuir que du nylon. L’iso­la­tion offerte est sensi­ble­ment la même, le serrage est équi­valent (c’est-à-dire qu’il est puis­sant).

DSC2707On regrette en revanche que RØDE ait aban­donné le système de rota­tion longi­tu­di­nale qui permet de faci­le­ment libé­rer une oreille (fonc­tion prisée des DJ), mais aussi de replier le casque lors de ses trans­ports.

Explo­rons les diffé­rences plus en détail…

Démon­tage et concep­tion interne du RØDE NTH-50

Oui, bien sûr, et faci­le­ment.

Pour bien travailler sur ce casque, comme sur le HD-25 II, le mieux est de commen­cer par déta­cher une oreillette. On débranche le câble qui la raccorde à l’ar­ceau, et l’on fait glis­ser l’oreillette jusqu’à ce qu’elle soit libre. Il suffit ensuite de tirer sur le cous­si­net pour qu’il se déso­li­da­rise :

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On découvre trois petites vis, format Torx, dont les têtes servent aussi de support au cous­si­net. On dévisse : 

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Le cerclage et le fond sont main­te­nant déta­chés, et nous donnent accès au système de main­tien du haut-parleur.

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Celui-ci vient simple­ment se déclip­ser et donne accès au circuit imprimé sur lequel se trouvent soudés les connec­teurs, ainsi que le HP. Le petit système de raccord du HP au circuit par deux petits câbles, assez solides, « en l’air », est un vrai petit cadeau pour les répa­ra­teurs. C’est tout simple à reti­rer si l’on sait se servir d’un fer à souder.

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Mais il suffit aussi de simple­ment tirer sur l’agré­gat circuit-HP pour le reti­rer, et pouvoir travailler dessus hors de son support en plas­tique.

Bref, c’est simple et bien construit, et le démon­tage est non seule­ment facile, il est aussi pensé pour faci­li­ter le travail du tech­ni­cien qui inter­vient sur le casque. On appré­cie.

Et les pièces déta­chées ? Elles existent, mais ne sont pas dispo­nibles direc­te­ment en ligne. RØDE renvoie ses clients vers son service après-vente pour toute demande, là où Senn­hei­ser distri­bue tout simple­ment les pièces déta­chées (qui sont même dispo­nibles sur des sites de vente d’ins­tru­ment en ligne). Ici, on donnera l’avan­tage à Senn­hei­ser, pour la faci­lité et la dispo­ni­bi­lité.

Confort de port et ergo­no­mie du casque supra-aural RØDE NTH-50

DSC2709Correct : c’est exac­te­ment le genre de confort que l’on peut attendre d’un casque de ce genre. Pour bien isoler, il serre fort, et, comme c’est un casque « supra », c’est-à-dire qui vient se poser sur le pavillon, on ressent un petit effet d’écra­se­ment au niveau des carti­lages. C’est la raison pour laquelle les casques « circum », autour de l’oreille, ont souvent plus la côte pour les longues heures de travail en studio. 

Isola­tion acous­tique et usage en prise de son

C’est le pendant du para­graphe précé­dent : l’iso­la­tion est très bonne, et l’on comprend bien pourquoi cette forme de casque est si souvent employée par des profes­sion­nels de la prise de son en exté­rieur, ou sur plateau, ou de DJ.

Trans­port, robus­tesse et usage nomade

Rien d’ex­cep­tion­nel : le casque est livré avec une simple pochette en tissu et ne se plie pas. La ques­tion est donc de savoir si le plas­tique employé pour le fabriquer est aussi solide que celui du HD-25 II, qui plie et ne rompt pas. Diffi­cile à dire sans pouvoir faire une compa­rai­son une à une, mais l’on a eu le senti­ment qu’un effort très clair avait été fait vers la robus­tesse juste­ment, puisqu’on a allé­gre­ment tordu le casque qui, à chaque fois, reve­nait dans sa posi­tion initiale sans problème. Il nous a tout de même paru moins souple (car plus épais) que son homo­logue chez Senn­hei­ser.

Mesures objec­tives : réponse en fréquence et distor­sion

Voici donc le nouveau proto­­­­cole de mesures objec­­­­tives, mené par nos soins afin de complé­­­­ter l’écoute subjec­­­­tive. Avec l’aide précieuse de notre testeur EARS de MiniDSP, nous avons le plai­­­­sir de pouvoir vous four­­­­nir des courbes de réponse en fréquence et distor­­­­sion, réali­­­­sées dans notre atelier.

Réponse en fréquence : 

RODE NTH-50 RF

On remarque :

  • de 20 à 250 Hz, une montée conti­nue, sans de creux notable, qui crée une diffé­rence verti­gi­neuse de 35 dB.
  • De 250 Hz à 350 Hz, on finit la montée par une grosse crête (+6 dB par rapport à 1 kHz). C’est le point culmi­nant de la courbe.
  • Une descente stable et moins rapide de 350 à 3 kHz, avec un plateau plutôt stable entre 1 et 2,5 kHz.
  • Deux creux notables vers 4 et 5,5 kHz.
  • Dans les aigus, une série (habi­tuelle) de creux et de remon­tée, avec deux crêtes bien marquées à 10 et 16 kHz.

L’ap­pa­riage des haut-parleurs n’est pas parfait, et l’on remarque un déca­lage presque constant, même s’il reste prin­ci­pa­le­ment autour de 1 dB.

Pour compa­rai­son, voici la réponse en fréquence du HD-25 : 

HD25 FR

Distor­­sion :

RODE NTH-50 THD

On reste sous 0,1 % sur presque toute la ligne, jusqu’à ce que l’on descende sous 120 Hz où, comme c’est souvent le cas, la distor­sion harmo­nique commence à être plus présente, avec une crête à 5 % vers 20 Hz.

Là aussi, voyons la compa­rai­son avec le HD-25 :

HD25 DIST

On dira donc, pour résu­mer, que l’HD-25 a une courbe de réponse en fréquence plus clas­sique, plus équi­li­brée, mais qu’il s’en sort légè­re­ment moins bien dans la mesure de distor­sion harmo­nique.

Écoute critique : compor­te­ment du RØDE NTH-50 sur diffé­rents styles musi­caux

Richard Hawley – Don’t Get Hung Up In Your Soul (sur True­lo­ve’s Gutter)
Une ballade acous­tique, avec beau­coup de réverbe et une diffé­rence de dyna­mique impor­tante entre la voix et la guitare. Le bas du spectre est très discret : le grave est quasi­ment absent et la guitare manque parfois d’as­sise physique. La voix, placée sur le plateau 1–2,5 kHz, reste claire et bien centrée, mais les creux consta­tés dans l’aigu réduisent légè­re­ment l’ar­ti­cu­la­tion et « l’air » dans la voix. Les crêtes à dans l’aigu apportent un bel éclat aux réverbes, et donnent une impres­sion de préci­sion. L’im­pres­sion géné­rale est donc plutôt maigre dans le bas, mais avec une scène sonore géné­ra­le­ment précise, et avec des timbres plutôt bien rendus.

Sun Kil Moon – Butch Lulla­bye (sur Common As Light And Love…)
Sur l’in­tro, on doit entendre à la fois les notes graves, les harmo­niques médiums ajou­tées par la distor­sion, l’at­taque légè­re­ment piquée des notes, tout en sépa­rant bien la grosse caisse qui sonne assez sèche et médium. Là encore, dû au manque de basses, la grosse caisse claque, mais manque un peu d’as­sise et les notes graves du clavier-basse sont assez peu présentes et manque parfois (c’est-à-dire lorsque le clavier descend vrai­ment vers le grave, dans le « pré-refrain ») de corps. Les timbres dans le médium sont rendus propre­ment, et l’at­taque des cordes des guitares portu­gaises (dans la seconde partie de la chan­son) se révèle très précise. Encore une fois, on résu­mera donc en disant : un rendu précis, mais qui manque de corps dans le bas.

Massive Attack – Tear­drop (sur Mezza­nine)
Un titre avec beau­coup d’ex­trême grave, mais qui ne doit jamais masquer les nombreux détails dans le haut médium et l’aigu. Les effets d’ex­trême grave carac­té­ris­tiques du morceau sont dilués : le casque ne resti­tue pas la réso­nance « abys­sale » atten­due sur la grosse caisse. En compen­sa­tion, les détails du haut médium et de l’aigu sont très convainquant — mais les creux autour de 4 et 5,5 kHz réduisent légè­re­ment la clarté de la perfor­mance vocale et à tendance à lui donner une petite colo­ra­tion nasale.

Char­lie Mingus – Solo Dancer (sur The Black Saint And The Sinner Lady)
Voilà un morceau avec beau­coup de souf­flants jouant dans des tessi­tures simi­laires : c’est très touffu et le but est d’es­sayer de discer­ner les timbres. La resti­tu­tion favo­rise la clarté timbrale dans le bas-médium et le médium plutôt que l’im­pact des registres très graves : et pour une fois, c’est plutôt une bonne nouvelle ! Ici, les cuivres conservent leur corps, mais sans lour­deur, et les instru­ments les plus graves (le morceau contient un trom­bone-basse et un saxo­phone bary­ton) sont percep­tibles, mais pas enva­his­sant. : on évite l’en­che­vê­tre­ment, ce qui, quelque part, améliore la sépa­ra­tion instru­men­tale. En bref : bonne lisi­bi­lité et propreté, mais moins de rondeur et de présence dans le bas.

Edgar Varèse – Ioni­sa­tion (New York Phil­har­mo­nic, dir. Pierre Boulez)
Ici on cherche à juger de l’image stéréo et du suivi de la réver­bé­ra­tion natu­relle de la salle, qui joue sur l’im­pres­sion d’es­pace. L’écoute se fait entre 0:30 et 1:15 min. L’image stéréo reste bien défi­nie et la quasi-absence d’ex­trême grave évite une sensa­tion de brouillage de la scène. La réver­bé­ra­tion et la profon­deur de la salle sont resti­tuées de façon nette, mais manquent parfois d’am­pleur, car le bas du spectre n’ap­porte pas la « masse » sonore qui contri­bue à la resti­tu­tion de certaines percus­sions très graves, et aux réso­nances longues. Les crêtes aiguës aident les percus­sions les plus « claquantes » à ressor­tir, tandis que le casque semble resti­tuer les diffé­rences de timbres avec une préci­sion suffi­sante. Résul­tat : une scène précise et bien arti­cu­lée, mais plus analy­tique que chaleu­reuse.

Notre avis : 7/10

Il nous intri­guait, et avait pas mal de points sédui­sants, mais malgré une construc­tion solide, une concep­tion soignée et des choix tech­niques plutôt intel­li­gents – câble déta­chable, démon­tage faci­le… –, le RØDE NTH-50 peine quand même à nous convaincre lors de l’écoute. Ses perfor­mances en mesure bien que remarquable sur certains points (distor­sion très basse, médium linéaire) nous avaient fait craindre une l’écoute trop déséqui­li­brée. Et on avait raison : la réponse en fréquence, domi­née par un grave extrê­me­ment en retrait (−40 dB à 20 Hz) et un haut-médium un peu creusé, dessine une signa­ture sonore qui manque d’as­sise et d’im­pact, tout en émous­sant une partie de l’ar­ti­cu­la­tion vocale et percus­sive.

Dans les faits, le NTH-50 offre quand même quelque chose de très parti­cu­lier, et qui peut lui donner son inté­rêt : une resti­tu­tion claire, aérée, parfois même très détaillée dans l’aigu, avec une bonne sépa­ra­tion instru­men­tale sur les mix complexes. Un casque à tendance plutôt « loupe » donc, c’est-à-dire qui pourra servir d’ou­til pour certaines écoutes où la préci­sion et l’ac­cen­tua­tion des défauts est une néces­sité tech­nique. En revanche, il reste trop déséqui­li­bré pour une écoute réel­le­ment poly­va­lente, en tout cas du côté de l’ingé son : les morceaux riches en sous-grave perdent en ampleur, les voix manquent parfois de présence et l’en­semble appa­raît plus analy­tique que musi­cal. Un casque inté­res­sant à employer comme outil spécia­lisé, certes, mais diffi­cile à recom­man­der pour qui cherche une expé­rience d’écoute complète et équi­li­brée.

  • Construction solide, plastique épais et résistant.
  • Démontage facile et pensé pour la maintenance (vis accessibles, transducteur facile à retirer).
  • Câble détachable et de qualité appréciable
  • Possibilité de brancher le câble sur l'oreillette droite ou gauche.
  • Isolation très bonne pour un supra-aural
  • Réponse en fréquence plutôt équilibrée dans le médium
  • THD basse sur la quasi-totalité du spectre (< 0,1 %).
  • À l'écoute, une bonne clarté dans le médium
  • Un aigu claquant et bien défini grâce à l'accentuation au dessus de 10 kHz

  • Pas de rotation longitudinale des oreillettes (contrairement au HD-25)
  • Casque non pliable et fourni seulement avec une pochette tissu
  • Pièces détachées non disponibles directement (nécessite le contact du SAV).
  • Serrage fort typique du supra-aural : peut devenir fatigant sur longue durée.
  • Réponse en fréquence déséquilibrée dans le bas : presque pas de "vrai" grave.
  • Deux creux dans le haut-médium entraînant un petit manque d'articulation
  • À l'écoute : un grave clairement insuffisant
  • Et certaines voix peuvent manquer de définition dans les consonnes
  • Résultat : un scène sonore un peu trop analytique
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