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test L'Art pour tous?

Test de la SSL X-Desk

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Award Qualité / Prix 2009

2009, c’est l’année de tous les changements et Solid State Logic l’a bien compris. La firme britannique, plus que jamais prête à pérenniser sa pole position sur le marché des consoles de mixage professionnelles, vient de lancer son nouveau bolide, le plus épuré de la gamme : la XDesk, un mixeur compact analogique 16 voies destiné aux project-studios. Une console à taille humaine qui a forcément éveillé notre curiosité...

Si le sens des sigles a bien évolué depuis l’arrivée d’Internet, l’association des trois lettres SSL (souvenez-vous : «Oxford, England»... ) reste, dans nos esprits audiophiles, un gage de qualité professionnelle, tant sur le plan acoustique que sur le plan technique. Après de nombreuses années à avoir évolué au niveau de «produit incontournable» des studios professionnels dans le monde entier, la société d’outre-Manche a commencé à montrer un certain intérêt pour l’ergonomie modulaire en proposant sa série XRack, permettant au tout-un-chacun (ou presque...!) d’accéder à la légende, selon ses moyens et besoins réels. En 2008, c’est ensuite l’arrivée de la Matrix qui confirme la volonté de la marque d’étendre sa clientèle en proposant une console analogique pas comme les autres, offrant 16 voies au niveau ligne/40 entrées avec routing numérique et contrôleur de DAW intégrés, réconciliant pour le coup le meilleur des mondes «Out The Box» et «In The Box». Aujourd’hui, avec la XDesk, SSL va encore un peu plus loin dans sa démarche. Exit donc les consoles hyper chargées : ici nous avons à faire à 16 voies niveau ligne, pas de preamps micro, pas d’EQ, mais des possibilités de mixage et de connections suffisamment larges.

 

A première vue, on est très surpris de voir le sigle SSL sur une console aussi compacte (434x310x120mm), même si la Matrix a commencé à nous habituer à ces restrictions de taille... Le son d’Oxford peut donc désormais atterrir sans problème dans votre home-studio, surtout si celui-ci est plus proche du ‘home’ que du studio, comme ce fut le cas pour notre test !

Néanmoins, après un petit tour de la machine, on commence à comprendre que l’on a bien à faire à une vraie SSL. Tout d’abord, on retrouve la robustesse de fabrication chère au constructeur. La facture est solide, la sérigraphie claire, l’agencement des différentes parties semble avoir été réfléchi de manière à faciliter le workflow. Ensuite, on remarque que le choix des connecteurs a été porté sur le format Sub-D 25, que l’on retrouve sur bon nombre d’équipements professionnels. Enfin, sur le panneau arrière, on constate que les 10 prises destinées à recevoir ces mêmes connecteurs Sub-D 25 sont logées dans un renfoncement qui rend l’intégration de la XDesk extrêmement aisée. De ce fait, pas de connecteurs qui débordent et qui augmenteraient l’espace nécessaire pour installer la console. Nous savons tous combien la connectique peut prendre de la place et l’on peut dire que SSL a bien joué à ce niveau-là.

Esthétiquement, on a affaire à une petite machine au look fort sympathique qui promet une utilisation alliant souplesse et efficacité. Mais techniquement, qu’en est-il?

 

Si le sens des sigles a bien évolué depuis l’arrivée d’Internet, l’association des trois lettres SSL (souvenez-vous : «Oxford, England»... ) reste, dans nos esprits audiophiles, un gage de qualité professionnelle, tant sur le plan acoustique que sur le plan technique. Après de nombreuses années à avoir évolué au niveau de «produit incontournable» des studios professionnels dans le monde entier, la société d’outre-Manche a commencé à montrer un certain intérêt pour l’ergonomie modulaire en proposant sa série XRack, permettant au tout-un-chacun (ou presque...!) d’accéder à la légende, selon ses moyens et besoins réels. En 2008, c’est ensuite l’arrivée de la Matrix qui confirme la volonté de la marque d’étendre sa clientèle en proposant une console analogique pas comme les autres, offrant 16 voies au niveau ligne/40 entrées avec routing numérique et contrôleur de DAW intégrés, réconciliant pour le coup le meilleur des mondes «Out The Box» et «In The Box». Aujourd’hui, avec la XDesk, SSL va encore un peu plus loin dans sa démarche. Exit donc les consoles hyper chargées : ici nous avons à faire à 16 voies niveau ligne, pas de preamps micro, pas d’EQ, mais des possibilités de mixage et de connections suffisamment larges.

 

A première vue, on est très surpris de voir le sigle SSL sur une console aussi compacte (434x310x120mm), même si la Matrix a commencé à nous habituer à ces restrictions de taille... Le son d’Oxford peut donc désormais atterrir sans problème dans votre home-studio, surtout si celui-ci est plus proche du ‘home’ que du studio, comme ce fut le cas pour notre test !

 

Néanmoins, après un petit tour de la machine, on commence à comprendre que l’on a bien à faire à une vraie SSL. Tout d’abord, on retrouve la robustesse de fabrication chère au constructeur. La facture est solide, la sérigraphie claire, l’agencement des différentes parties semble avoir été réfléchi de manière à faciliter le workflow. Ensuite, on remarque que le choix des connecteurs a été porté sur le format Sub-D 25, que l’on retrouve sur bon nombre d’équipements professionnels. Enfin, sur le panneau arrière, on constate que les 10 prises destinées à recevoir ces mêmes connecteurs Sub-D 25 sont logées dans un renfoncement qui rend l’intégration de la XDesk extrêmement aisée. De ce fait, pas de connecteurs qui débordent et qui augmenteraient l’espace nécessaire pour installer la console. Nous savons tous combien la connectique peut prendre de la place et l’on peut dire que SSL a bien joué à ce niveau-là.

Esthétiquement, on a affaire à une petite machine au look fort sympathique qui promet une utilisation alliant souplesse et efficacité. Mais techniquement, qu’en est-il?

Beside X-Desk

La XDesk propose une connectique 100 % Sub-D 25, en entrées comme en sorties, mises à part les sorties dédiées aux enceintes qui sont au format XLR.

 

Pour ceux d’entre vous qui ne connaissent pas ce format (que l’on retrouve tout de même sur un certain nombre de périphériques, comme les DIGI 192 I/O par exemple...), chaque connecteur Sub-D 25 peut accepter 8 sources (entrées ou sorties) symétriques. Selon les applications de ces connecteurs, on peut donc câbler à l’autre bout un éclaté de 8 XLR mâles, femelles, jacks stéréo... ou un autre Sub-D 25 pour relier les 8 sorties d’une DIGI 192 aux 8 LINE INPUTS de la XDesk par exemple. Dans la configuration optimale, il faudra donc prévoir 10 connecteurs Sub-D 25 en plus de l’achat de la XDesk... car le câblage n’est pas fourni! Il est donc important de penser à ce petit extra dans votre budget afin de profiter pleinement des joyeuses fonctions de cette console. Au niveau des tarifs, ceux-ci varient en fonction des fabricants, mais on compte environ 50 à 80€ pour un Sub-D 25 d’une célèbre marque de DAW, donc on peut considérer aisément que ce budget câblage se situera quelque part entre 500 et 800 euros... Evidemment, ce budget sera légèrement revu à la baisse si vous réalisez vous-mêmes les câbles!

 

Enfin, pour profiter pleinement du confort de travail de la XDesk, il est conseillé de posséder un patch regroupant toutes les entrées/sorties, points d’inserts, mais aussi vos périphériques externes, afin d’exploiter toutes les possibilités de routing offertes par cette console... Il ne manquerait plus que SSL propose un patch numérique (un peu comme sur la Matrix) et nous serions comblés!

 

 

Summing is not a crime

Annoncée comme le nouveau «centre de votre studio SSL évolutif», la XDesk propose un sommateur analogique 16 voies au niveau ligne, utilisant la technologie SuperAnalogue que l’on retrouve dans les autres produits de la marque (XRack, Matrix mais également AWS 900 et 9000 !), avec en plus des possibilités de routing et de connectique que l’on trouve habituellement sur des consoles dignes de ce nom. 16 voies avec seulement 8 faders? Un sommateur qui ne ressemble en rien à ses concurrents ? Voyons ça de plus près...

Chacune des 8 voies de la XDesk -ayant un fader- peut accepter 2 signaux à un niveau ligne (par exemple, la sortie d’un préamplificateur micro), au niveau des prises LINE INPUTS et ALT INPUTS. Un switch ALT présent dans la section preampli permet de sélectionner l’entrée LINE ou ALT sur chacune de ces voies. Ces 2 possibilités d’entrée font donc de la XDesk une console quasiment «In-Line», nous permettant de choisir, selon les voies et leurs applications, entre les sorties de nos preamplis micro externes ou les retours de notre enregistreur (DAW ou magnétophone analogique... soyons fous!).

A ce niveau de la tranche, il est possible de régler le niveau d’entrée du signal audio, grâce à un potentiomètre de Gain, allant de -20 à +20 dB et aidé par une LED 3 couleurs qui va s’illuminer en vert, jaune ou rouge, selon le niveau du signal Post Gain (respectivement à partir de -24 dBu, +4 dBu et +21dBu). On peut également inverser la polarité du signal et activer l’INSERT (Post-Gain) à ce stade de la tranche.

Le signal audio passe ensuite par 3 départs auxiliaires : 1 départ stéréo appelé CUE STEREO (Pre ou Post-Fader) et 2 départs mono FX1 et FX2. Il attaque enfin le Mix Bus stéréo, via un réglage de panoramique, un switch de CUT et de SOLO (AFL - After Fader Listen) et le fader principal.

Egalement présente sur chacune de ces 8 voies, une sortie CHANNEL OUTPUT permet d’envoyer le signal de cette voie en entrée de votre enregistreur préféré (par exemple), PRE ou POST FADER. Cette fonction est d’ailleurs très intéressante, car il est possible du coup de régler le niveau d’envoi à l’enregistrement en direct, via le fader, comme à la bonne époque...

Concernant les envois CUE STEREO, FX1 et FX2, un potentiomètre de réglage de niveau général pour chacun de ces 3 départs se trouve à droite de la console. Il est également possible de n’écouter que le signal envoyé dans ces départs, grâce au switch AFL, et d’envoyer les signaux PRE-Fader (de toutes les voies) sur les départs FX1 et FX2.

Juste en dessous, on retrouve les réglages de retours d’effets stéréo. La XDesk propose en effet 2 retours d’effets stéréo possibles, avec pour chacun un réglage de panoramique et de niveau, plus un switch AFL et un switch MONO qui, comme son nom l’indique, somme en mono le signal stéréo présent sur ces entrées.

Autre chose sympathique, on peut affecter ces retours d’effet au Mix Bus et/ou au Cue Stereo Bus. Cette dernière possibilité est très pratique si, par exemple, vous enregistrez un chanteur qui veut entendre la reverb dans son casque, sans que cette reverb passe dans votre monitoring...

Au niveau sommation enfin, la section MIX propose un potentiomètre rotatif qui permet d’ajuster le niveau général du Mix Bus. Il est vrai qu’étant habitué aux produits SSL, un fader eût été de bon aloi à cet étage -ô combien important- mais, quand il y a restriction de taille, le fader n’est pas la priorité, même pour le niveau général de Mix...

Le bouton INSERT permet, comme son nom l’indique, d’insérer une chaîne de traitements externes (compresseur, EQ, etc...) sur le Mix Bus, ce qui est vraiment appréciable.

Pour terminer ce petit tour d’horizon de la console, évoquons la section MONITOR qui permet d’auditionner 3 sources audio stéréo - MIX, EXT et iJACK - à diffuser sur 2 systèmes d’écoute possibles, MAIN et ALT L/S, que l’on peut aussi écouter en MONO. Si EXT est dédié à l’écoute de sources externes stéréo ayant une sortie «professionnelle» à +4 dBu, l’entrée iJACK est quant à elle dédiée à l’ iPod ou toute autre source ayant une sortie au format jack 3,5 mm. La connexion de cette source se fait par la prise disponible directement sur la XDesk, ce qui est bien pratique...

Un circuit de TALKBACK est également disponible sur la XDesk, affecté directement sur le Bus Cue Stereo. Par ailleurs, une prise casque se trouve directement sur la XDesk, dont le circuit peut aussi bien recevoir le MIX que le CUE STEREO.

Enfin, on retrouve les classiques réglages de volume général, de CUT général et de DIM qui, rappelons-le, permet de diminuer le niveau sonore selon un réglage défini.

Jusqu’ici, me direz-vous, on a affaire à une console on ne peut plus classique, certes compacte, proposant 8 voies de mixage analogique, avec des sorties indépendantes permettant de l’utiliser également lors d’enregistrements. SSL se serait laissé happer par la facilité?

Pas vraiment, la XDesk a plus d’un tour dans son sac...

Annoncée comme le nouveau «centre de votre studio SSL évolutif», la XDesk propose un sommateur analogique 16 voies au niveau ligne, utilisant la technologie SuperAnalogue que l’on retrouve dans les autres produits de la marque (XRack, Matrix mais également AWS 900 et 9000 !), avec en plus des possibilités de routing et de connectique que l’on trouve habituellement sur des consoles dignes de ce nom. 16 voies avec seulement 8 faders? Un sommateur qui ne ressemble en rien à ses concurrents ? Voyons ça de plus près...

 

Chacune des 8 voies de la XDesk -ayant un fader- peut accepter 2 signaux à un niveau ligne (par exemple, la sortie d’un préamplificateur micro), au niveau des prises LINE INPUTS et ALT INPUTS. Un switch ALT présent dans la section preampli permet de sélectionner l’entrée LINE ou ALT sur chacune de ces voies. Ces 2 possibilités d’entrée font donc de la XDesk une console quasiment «In-Line», nous permettant de choisir, selon les voies et leurs applications, entre les sorties de nos preamplis micro externes ou les retours de notre enregistreur (DAW ou magnétophone analogique... soyons fous!).

 

A ce niveau de la tranche, il est possible de régler le niveau d’entrée du signal audio, grâce à un potentiomètre de Gain, allant de -20 à +20 dB et aidé par une LED 3 couleurs qui va s’illuminer en vert, jaune ou rouge, selon le niveau du signal Post Gain (respectivement à partir de -24 dBu, +4 dBu et +21dBu). On peut également inverser la polarité du signal et activer l’INSERT (Post-Gain) à ce stade de la tranche.

 

 

Le signal audio passe ensuite par 3 départs auxiliaires : 1 départ stéréo appelé CUE STEREO (Pre ou Post-Fader) et 2 départs mono FX1 et FX2. Il attaque enfin le Mix Bus stéréo, via un réglage de panoramique, un switch de CUT et de SOLO (AFL - After Fader Listen) et le fader principal.

 

Egalement présente sur chacune de ces 8 voies, une sortie CHANNEL OUTPUT permet d’envoyer le signal de cette voie en entrée de votre enregistreur préféré (par exemple), PRE ou POST FADER. Cette fonction est d’ailleurs très intéressante, car il est possible du coup de régler le niveau d’envoi à l’enregistrement en direct, via le fader, comme à la bonne époque...

 

Concernant les envois CUE STEREO, FX1 et FX2, un potentiomètre de réglage de niveau général pour chacun de ces 3 départs se trouve à droite de la console. Il est également possible de n’écouter que le signal envoyé dans ces départs, grâce au switch AFL, et d’envoyer les signaux PRE-Fader (de toutes les voies) sur les départs FX1 et FX2.

 

Juste en dessous, on retrouve les réglages de retours d’effets stéréo. La XDesk propose en effet 2 retours d’effets stéréo possibles, avec pour chacun un réglage de panoramique et de niveau, plus un switch AFL et un switch MONO qui, comme son nom l’indique, somme en mono le signal stéréo présent sur ces entrées.

 

Autre chose sympathique, on peut affecter ces retours d’effet au Mix Bus et/ou au Cue Stereo Bus. Cette dernière possibilité est très pratique si, par exemple, vous enregistrez un chanteur qui veut entendre la reverb dans son casque, sans que cette reverb passe dans votre monitoring...

 

Au niveau sommation enfin, la section MIX propose un potentiomètre rotatif qui permet d’ajuster le niveau général du Mix Bus. Il est vrai qu’étant habitué aux produits SSL, un fader eût été de bon aloi à cet étage -ô combien important- mais, quand il y a restriction de taille, le fader n’est pas la priorité, même pour le niveau général de Mix...

 

Le bouton INSERT permet, comme son nom l’indique, d’insérer une chaîne de traitements externes (compresseur, EQ, etc...) sur le Mix Bus, ce qui est vraiment appréciable.

 

Pour terminer ce petit tour d’horizon de la console, évoquons la section MONITOR qui permet d’auditionner 3 sources audio stéréo - MIX, EXT et iJACK - à diffuser sur 2 systèmes d’écoute possibles, MAIN et ALT L/S, que l’on peut aussi écouter en MONO. Si EXT est dédié à l’écoute de sources externes stéréo ayant une sortie «professionnelle» à +4 dBu, l’entrée iJACK est quant à elle dédiée à l’ iPod ou toute autre source ayant une sortie au format jack 3,5 mm. La connexion de cette source se fait par la prise disponible directement sur la XDesk, ce qui est bien pratique...

 

Un circuit de TALKBACK est également disponible sur la XDesk, affecté directement sur le Bus Cue Stereo. Par ailleurs, une prise casque se trouve directement sur la XDesk, dont le circuit peut aussi bien recevoir le MIX que le CUE STEREO.

 

Enfin, on retrouve les classiques réglages de volume général, de CUT général et de DIM qui, rappelons-le, permet de diminuer le niveau sonore selon un réglage défini.

 

Jusqu’ici, me direz-vous, on a affaire à une console on ne peut plus classique, certes compacte, proposant 8 voies de mixage analogique, avec des sorties indépendantes permettant de l’utiliser également lors d’enregistrements. SSL se serait laissé happer par la facilité?

Pas vraiment, la XDesk a plus d’un tour dans son sac...

 

 

This is SSL

 

En effet, une chose attire notre attention dès lors que l’on se penche sur les départs CUE STEREO de chaque voie. Si on regarde de plus près, un switch ALT jouxte chaque potentiomètre de départ CUE STEREO. De plus, la section MIX laisse apercevoir un étrange bouton CUE TO MIX, juste au-dessus du réglage de niveau de Mix général... Etrange, en effet...

 

C’est à ce moment que la XDesk dévoile ses atouts et sa singularité qui font d’elle beaucoup plus qu’une simple console 8 voies. Explications : le switch ALT affilié à chaque départ CUE STEREO des 8 voies «principales» permet en réalité d’affecter l’entrée ALT INPUT (dont le numéro coïncide avec celui de la voie en question) au bus CUE STEREO de la XDesk. Dans la pratique, cela signifie que la XDesk peut recevoir simultanément 8 sources mono à niveau ligne sur les entrées LINE INPUT et 8 autres sources mono sur les entrées ALT. Le niveau des sources LINE se fait via le fader de la voie correspondante dans le Mix Bus, tandis que le niveau de la source ALT se fait grâce au potentiomètre de niveau CUE STEREO, dans le bus Cue Stereo. Chaque départ CUE STEREO ayant son propre potentiomètre de panoramique, il est donc également possible de placer ces 8 sources supplémentaires dans l’espace gauche-droite... Pour le mixage de ces 16 voies au total, le switch CUE TO MIX cité plus haut va donc s’occuper d’ajouter la somme des signaux présents sur le bus CUE STEREO à ceux présents sur le bus de MIX...

 

Nous sommes donc en présence d’un sommateur 8 voies + 8 voies supplémentaires. Si on ajoute à cette addition les 2 retours d’effet stéréo affectables au Mix Bus ou au Cue Stereo Bus, on peut mixer simultanément 20 sources audio mono différentes. Pas mal pour ce gabarit...

 

Et si on pousse encore le vice, on peut encore trouver quelques bottes secrètes qui nous confirme l’ingéniosité de la console. En plus de l’INSERT disponible sur le Mix Bus, on trouve en effet un switch ∑ qui permet de mélanger le signal direct -non traité- provenant du Mix Bus, avec le signal traité provenant de l’INSERT RETURN... Amis de la compression parallèle, vous êtes les bienvenus...

 

Bien évidemment, les plus malins d’entre vous auront déjà compris que, si on ne veut utiliser aucun insert sur le Mix Bus, on peut malgré tout mélanger n’importe quel signal présent sur les entrées INSERT RETURN avec ce dernier... Nous n’irons donc pas jusqu’à dire qu’il s’agit là d’un sommateur 22 voies mais, vous l’aurez compris, les possibilités de mixage sont rudement grandes pour une console qui se situe en entrée de gamme...

 

En ce qui concerne les INSERTS présents sur chacune des 8 voies principales, SSL a conservé sa marque de fabrique (déjà très utile sur la série 4000) en laissant l’envoi INSERT SEND toujours actif, même si le switch INSERT n’est pas enclenché. Cela signifie que l’on peut s’en servir comme un envoi supplémentaire (PRE-fader), ce qui amène de nouvelles possibilités d’utilisation (par exemple, si on souhaite compresser une basse en fonction du kick, via l’entrée SIDECHAIN du compresseur de la basse...).

Autre fonction bien pratique, on peut choisir dans la section MONITOR entre trois types de sources audio stéréo à écouter. Mais ce qui est vraiment sympa, c’est la possibilité de mélanger ces 3 sources différentes. Bien, mais pour faire quoi au juste? SSL a simplement pensé aux musiciens et chanteurs qui ont besoin de répéter par-dessus une bande playback par exemple, tout en utilisant le son de leur ensemble micro/preampli préféré, sans à avoir besoin d’allumer la DAW... Ca peut paraître anodin, mais dans la vie musicale de tous les jours, ça ne l’est pas !

 

Enfin, si jamais 16 voies ne vous suffisent pas, la XDesk vous propose la technologie XLink, grâce à laquelle vous pouvez chaîner jusqu’à 8 XDesk (ça commence à faire pas mal...) pour un total de 64 voies LINE et 64 voies ALT, soit 128 voies mixables simultanément. Le tout grâce aux 2 connecteurs situés à l’arrière de la console, XDESK LINK IN/OUT... La dernière console à recevoir le câble XDESK LINK IN devient ainsi la console Maître qui va gérer la section MONITOR, MIX, les retours d’effets, etc...

Le seul point noir de ce système est qu’à mon avis, SSL aurait pu proposer des bacs de modules XDesk (8 voies LINE + 8 voies ALT) sans section MONITOR, MIX et MASTER SENDS/RETURNS. Ce système permettrait à la XDesk d’appuyer sa flexibilité tout en se concentrant sur les besoins technologiques (et écologiques!) réels.

 

En revanche, si vous êtes moins gourmands et que vous possédez déjà un ou plusieurs modules de sommation SSL XRack (les modules 623 et 624), vous pouvez également les ajouter à vos 16 voies disponibles, grâce au connecteur XRACK EXPANSION. Evolutivité, quand tu nous tiens…

 

 

Legend @ home

En pratique, qu’a donc la belle à nous offrir? La première prise en main est vraiment rapide, et pour quiconque connaît déjà les différents modèles de la marque, c’est encore plus intuitif. On retrouve vite ses repères, tout est vraiment à portée de main, on peut travailler assez vite!

 

En enregistrement tout d’abord, je trouve vraiment appréciable le fait de pouvoir envoyer dans mon DAW le retour de mes préamplis micro grâce aux faders... Ceux-ci sont très agréables à manipuler, ils répondent fort bien même si, à première vue, ils diffèrent quelque peu des faders que l’on retrouve habituellement sur les autres consoles de la marque.

 

Le fait que la console bénéficie de la technologie SuperAnalogue contribue grandement à la qualité du signal, de la plage de dynamique et de la réponse en fréquence. Et ça s’entend...

 

Certains auraient aimé avoir -comme ce fut le cas pour moi au départ- 8 preamplis microphones, quitte à voir le prix de la console augmenter... Mais j’ai vite constaté que SSL avait très bien compris les besoins d’aujourd’hui : ne proposer que des preamplis ligne et aucun EQ laisse le choix à l’ingénieur du son des préamplis microphones et des périphériques externes, dont les couleurs peuvent être mélangées selon les marques... Ainsi, on peut donc profiter du signal SSL tout en bénéficiant du caractère de nos périphériques préférés...

 

La fonction INSERT est vraiment pratique (je dirais même vitale) : on peut traiter directement à la prise en toute simplicité et on peut également se servir de l’INSERT SEND comme envoi supplémentaire, puisque celui-ci est toujours actif, quelque soit le statut du switch. Je le précise car ce n’est malheureusement pas toujours le cas sur les autres sommateurs/mixeurs compacts.

Le test

Le test de la XDesk a été effectué au sein du home studio KID74, dont le centre nerveux est orchestré par un système ProTools HD3, via une interface DIGI 192 I/O. Il est très difficile d’établir le compte-rendu sonore d’un test de console, car l’évaluation porte sur la qualité du signal, le son apporté par la console mais également un nombre de paramètres d’ordre beaucoup plus personnel et subjectif, comme le confort de travail, la flexibilité de la machine ou encore la méthode de travail induite par celle-ci.

L’objectif de ce test était pour moi d’offrir un simple comparatif entre un «mixage» réalisé «In The Box» (dans ProTools en l’occurrence) et un mixage réalisé via la XDesk. J’ai donc récupéré les fichiers du premier EP du groupe de rock/metal Splinn (www.myspace.com/splinn), qui a eu l’amabilité de me laisser utiliser ses fichiers audio pour le test.

J’ai donc réalisé une première mise à plat dans ProTools, avec un bus pour la grosse caisse, un pour la caisse claire, un bus stéréo pour les toms/overheads, un bus pour la basse, un bus stéréo pour les voix (leads+choeurs+effets) et trois bus stéréo pour les guitares (électriques, additionnelles et acoustiques).

J’ai ensuite repris la même session en affectant les sorties de ces bus aux entrées LINE et ALT de la XDesk, les faders au niveau nominal.

Ayant la possibilité de le faire, j’ai également réalisé la même manipulation avec le sommateur NEVE 8816, dans les mêmes conditions techniques. Attention, il s’agit là d’un comparatif très limité, au vu de l’offre dithyrambique de sommateurs proposés par les marques d’aujourd’hui (Chandler, API, Audient, SPL, AL.SO, Manley, TubeTech, Thermionic Culture, Dangerous...).

Au final, pour vraiment bien faire, il aurait fallu des sessions avec différents types de musique, d’instruments aux dynamiques variées, afin d’avoir un panel de sonorités suffisamment riches pour se faire une véritable idée -presque objective- du rendu de la XDesk. J’espère néanmoins que ces extraits donneront un bref aperçu du potentiel de la bête!

Retrouvez les fichiers audio dans l'espace Médias >https://fr.audiofanzine.com/console-analogique/ssl/X-Desk/medias/s.files.html

Merci à Olivier (AaRON) pour sa gentillesse, son aide précieuse et ses photos...au top!

 

Je me suis longuement penché sur la question du hors-phase et de sa présence au sein de la section preampli ligne, avant d’obtenir une réponse plutôt simple... Comme la XDesk est tout de même «optimisée» pour accueillir et travailler avec le reste des équipements SSL, une étude un peu approfondie du catalogue nous mène logiquement vers le Alpha VHD Pre, quadruple preampli microphone... dépourvu de hors-phase!! En achetant 2 Alpha VHD Pre, vous avez là vos 8 preamplis micro SSL pour votre XDesk! Quand je vous dis que SSL a pensé à tout...

 

Concernant le monitoring casque, il vous faudra évidemment un distributeur de réseau casques externe, si vous enregistrez des chanteurs et instrumentistes dans une cabine séparée. Le bus CUE STEREO est bien évidemment ultra-propre (en même temps, c’est préférable...). En revanche, le signal du TALKBACK est, quant à lui, perfectible. En effet, lorsqu’on veut parler au musicien par-dessus le mix qu’il a dans son casque, on est obligé de pousser légèrement le niveau du TALKBACK qui se met à saturer rapidement... Je pense que les ingénieurs de SSL ont essayé de reproduire sur ce point le comportement des séries 4000 et 9000 mais, malheureusement, je dois avouer qu’ils n’ont pas été au top sur ce coup-là...

 

En configuration de mix maintenant, on retrouve encore une grande flexibilité de travail. Le signal est effectivement propre, mais il est loin d’être froid, je serais même tenté de dire qu’on gagne même un peu plus de mordant au niveau du mix. Le bas du spectre est toujours aussi bien défini, les fréquences medium et aigües restent présentes, sans aucune agressivité. Quant à la dynamique, elle gagne en maîtrise. On sent la valeur ajoutée par la console sans pour autant retenir une quelconque coloration.

Ce ressenti vient certainement de la plage potentielle de dynamique (headroom) qui, pour ma part, est très grande pour une console aussi petite! En enregistrement comme en mix, on peut sans problème rentrer dedans et faire travailler les preamplis ligne sans pour autant détériorer le signal audio. A ce sujet, les LEDs 3 couleurs sont d’excellents gardes-fous car, même dans le rouge, il vous reste encore une petite marge avant que le signal ne sature réellement...

 

Le Vu-Mètre principal a vraiment été optimisé pour le travail avec une DAW, puisque celui-ci affiche une graduation allant de -60 à 0 dB...Fs! Autre chose utile, si le niveau général de la XDesk vous semble trop fort (et donc difficile à contrôler), il est possible de ré-étalonner les LED 3 couleurs de la console, de manière à conserver plus de marge avant saturation.

 

Précisons aussi que lorsqu’on affecte le signal ALT sur les CUE STEREO, le niveau nominal est atteint lorsque le potentiomètre CUE LEVEL est en bout de course, et que le CUE MASTER LEVEL est à 0. Les bus CUE STEREO ne bénéficiant pas de preamplis ligne, on ne peut donc que baisser le niveau d’entrée des sources ALT, mais en aucun cas les augmenter individuellement. On peut en revanche augmenter le niveau général du bus CUE STEREO, grâce au CUE MASTER LEVEL.

 

En revanche, j’aurais aimé avoir la possibilité de couper le signal ALT individuellement sur les CUE STEREO sans pour autant perdre le réglage du niveau de celui-ci. En effet, en mix, on a souvent tendance à isoler certaines sources pour les écouter attentivement mais le seul moyen de couper un signal arrivant sur une entrée ALT est de : 1- baisser le niveau du CUE STEREO à 0; 2- couper le switch CUE TO MIX. Dans cette situation, un petit bouton Push-Push (comme sur les 4000) sur le CUE STEREO LEVEL aurait été apprécié...

 

Ce qui est valable pour chaque voie de la XDesk l’est également pour le MIX BUS, c’est-à-dire que la plage de dynamique générale du MIX BUS est vraiment digne d’une SSL. A ce niveau, on trouve le potentiomètre de MASTER LEVEL fort utile, même si on sait tous que les consoles de la firme anglo-saxonne donnent le meilleur d’elles-mêmes quand on profite de leur headroom...

 

Au final, ce qui m’a le plus marqué avec la XDesk, c’est que l’on retrouve dans cette toute petite console,30 ans de savoir-faire et la philosophie de cette marque. A savoir, les nombreuses possibilités de méthodes de travail, le respect du signal audio et la qualité de fabrication qui font de cette console un puissant outil pour une fiabilité à toute épreuve.

Pour environ 2200 € TTC, cette console a vraiment tout d’une grande!

 

 

Conclusion

 

SSL vient de frapper très fort avec la XDesk, en proposant une véritable console évolutive, centrée sur les besoins réels de la production musicale professionnelle d’aujourd’hui. Toute la philosophie et le savoir-faire de la marque ont été capturés dans ce mini-format qui n’a rien à envier à ses concurrents (en a-t-elle réellement à ce prix?) en offrant les fonctions essentielles à un mixage de qualité.

 

Les connaisseurs de la marque devraient être conquis par ce concentré d’énergie sonore que l’on connaît de SSL. Quant à ceux qui ont toujours souhaité travailler sur un des modèles de la firme anglo-saxonne, la XDesk constitue une belle occasion de concrétiser leur rêve, pour un tarif abordable.

 

 

Award Qualité / Prix 2009
Points forts Points faibles
  • le son SSL SuperAnalogue, clean mais «mordant», dans une console compacte
  • la flexibilité et philosophie de travail fidèle à SSL
  • les possibilités de routing, de sommation et de monitoring dignes d’une console «large format»
  • la précision des différentes fonctions qui font de la XDesk une console totalement fiable
  • le bus CUE STEREO, pensé intelligemment, qui permet 16 voies de sommation au final
  • l’aspect évolutif permettant le chaînage de 8 XDesk maximum, et laissant une totale liberté au niveau des combinaisons et associations de périphériques
  • le prix !
  • le son du Talkback
  • l’absence de boutons «push-push» sur le CUE STEREO LEVEL (comme sur les 4000!), permettant de couper le signal ou de l’activer sans perdre la valeur du niveau de celui-ci
  • la connectique à prévoir en plus...
  • l’absence d’une version «XDesk XPander», sans section MONITOR et FX SEND/RETURN, afin d’optimiser le chaînage XLink...
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