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Le bébé se professionnalise
9/10
Award Valeur sûre 2015
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Il y a bientôt 5 ans, nous testions la Babyface, première interface audio compacte du fameux constructeur allemand RME. Héritant d’une bonne partie des qualités de ses grandes sœurs, l’interface eut un succès commercial largement mérité et devint une référence dans ce secteur du marché. La concurrence n’étant pas du genre à se laisser faire, RME s’est senti obligé de remettre au goût du jour son bébé, et de rajouter par la même occasion le suffixe « Pro ». Simple mise à jour ou véritable évolution ?

La Baby­face Pro était l’une des prin­ci­pales attrac­tions du Musik­messe 2015 et le message de RME était très clair avec cette tagline accom­pa­gnant la présen­ta­tion du produit : « Reen­gi­nee­red, not remas­te­red ». Il n’était donc pas ques­tion de se conten­ter d’amé­lio­rer les quelques défauts de la Baby­face, mais de propo­ser un produit entiè­re­ment repensé et de repar­tir de zéro, « from scratch » comme disent les anglo­phones. Les défauts de la première Baby­face étaient d’ailleurs assez peu nombreux, et nous avions relevé les pas de 3 dB pour le réglage de gain, une molette prin­ci­pale un peu faiblarde ou encore le fait que les deux sorties casques partagent le même circuit. Sans vouloir casser complè­te­ment le suspens, sachez tout de même que deux de ces trois défauts ont été corri­gés sur cette Baby­face Pro.

Mais penchons-nous d’abord sur ce suffixe « Pro » qui en dit long sur la volonté de RME de ne pas propo­ser une simple mise à jour. En effet, cette Baby­face ne s’ap­pelle pas « Baby­face mkII », « Baby­face 2 » ou encore « Baby­face 2015 ». Le prix a d’ailleurs augmenté de 200 €, passant de 550 à 750 €, ce qui est loin d’être négli­geable (+36 %). La Baby­face Pro monte donc a priori de gamme, mais remplace quand même la première Baby­face au cata­logue. Le ticket d’en­trée dans le monde de RME devient donc moins acces­sible, et l’uti­li­sa­teur va devoir casser encore un peu plus sa tire­lire. Mais tout cela est-il vrai­ment justi­fié ? C’est ce que nous allons voir…

Une peau de bébé

C’est une certi­tude lors du premier débal­lage, la Baby­face Pro est bien mieux construite que la première du nom. Le châs­sis est solide, le poids de 680 g fait qu’elle tient bien en place sur le bureau, et la fini­tion ainsi que l’as­sem­blage de la coque de type « unibody » n’a rien à envier à certains ordi­na­teurs pommés… La molette parait bien plus robuste, même si elle n’est plus cliquable. Pas bien grave, car la Baby­face Pro propose désor­mais 4 boutons supplé­men­taires situés au-dessus de la molette (nous y revien­drons). De même, elle possède deux fois plus de vumètres : un à gauche pour les entrées (analo­giques ou numé­riques) et un à droite pour les sorties (enceintes, casque ou numé­rique).

RME Babyface Pro

Mais la plus grosse nouveauté concerne la dispa­ri­tion de l’épa­noui (autre­ment appelé « chou­croute de câble ») autre­fois néces­saire pour bran­cher une paire d’en­ceintes ou un micro. Désor­mais, les deux entrées micro et les sorties prin­ci­pales pour relier l’in­ter­face aux enceintes sont donc situées à l’ar­rière de la Baby­face Pro, ce qui est forcé­ment plus pratique, même si cela a le désa­van­tage d’exi­ler le port USB sur le côté gauche. Problème que RME a rela­ti­ve­ment bien contourné en four­nis­sant un câble USB coudé permet­tant d’en­voyer le câble vers l’ar­rière sans trop de soucis. En revanche, les prises DIN 5 broches pour le MIDI n’évi­te­ront pas l’épa­noui, mais on voit mal comment RME aurait pu faire autre­ment. Et puis c’est toujours mieux que pas de MIDI du tout, comme sur bon nombre d’in­ter­faces audio actuelles.

Sur le côté gauche se situe aussi l’en­trée pour l’adap­ta­teur secteur non fourni, qui ne servira que pour une utili­sa­tion stan­da­lone ou avec un smart­phone/tablette. On retrouve enfin les entrées/sorties numé­riques au format TOSlink qui gère­ront le S/PDIF et l’ADAT.

À droite sont dispo­sées les deux sorties casques, une au format Jack 6,35 mm pour les casques à haute impé­dance et une en mini-jack pour les modèles plus nomades. Une bonne idée, même si les deux sorties utilisent le même circuit et donc héri­te­ront de la même source. On retrouve aussi les deux entrées ligne/instru­ments, au format Jack TS. Pour finir en beauté, sachez qu’un pas de vis est dispo­nible en dessous de l’in­ter­face, afin de la monter faci­le­ment sur un pied de micro. Chouette idée.

À l’usage

Après la courte étape d’ins­tal­la­tion des drivers et du Total­Mix FX que nous connais­sons déjà bien (il est commun à toutes les inter­faces RME, voir le test de l’UFX), nous pouvons lancer notre STAN et commen­cer à utili­ser l’in­ter­face.

RME Babyface Pro

Sur le dessus de l’in­ter­face se présentent les prin­ci­paux contrôles, et la grosse molette permet­tra de régler à la fois les gains d’en­trée lorsque l’on appuie sur le bouton « in » et les volumes de sortie lorsque l’on appuie sur le bouton « out ». Lorsque l’on contrôle une entrée (après avoir appuyé une fois sur « in », donc) il est aussi possible de contrô­ler son volume en appuyant sur « Mix ». Notons qu’il est à chaque fois envi­sa­geable d’agir sur le canal gauche, droit ou les deux à la fois en appuyant sur le bouton « select ». Si l’on main­tien ce bouton est action­nant la molette, on agit sur le pano­ra­mique de la paire de sorties sélec­tion­née. Enfin, on pourra enre­gis­trer le volume de sortie par défaut en appuyant deux secondes sur le bouton « set » et rappe­ler cette valeur en appuyant deux secondes sur le bouton « dim ».

Cerise sur le pompon, les 4 boutons Out, A, B et DIM peuvent voir leurs actions modi­fiées via une fenêtre dénom­mée « Key Command Settings ». Au choix, nous pour­rons donc, d’un coup de bouton, accé­der au solo/mute/fader d’un des 4 groupes dispo­nibles, enclen­cher le talk­back ou la réverbe, rappe­ler un snap­shot ou un préset, passer sur une deuxième paire d’en­cein­tes… La liste n’est pas exhaus­tive.

Vous l’au­rez compris, malgré sa petite taille, la Baby­face Pro permet d’ac­cé­der à pas mal de para­mètres via ses petits boutons mignons. Un temps d’ap­pren­tis­sage sera néan­moins néces­saire afin de contrô­ler rapi­de­ment tout ce petit monde, mais rien d’in­sur­mon­table.

RME Babyface Pro

Le Total­Mix FX garde toutes les quali­tés qu’on lui connait, et la seule chose que l’on peut repro­cher à cette petite Baby­face Pro est l’ab­sence de compres­seur sur chaque tranche. Le DSP inté­gré n’est certai­ne­ment pas le même que sur les UFX et 802 et cela s’ex­plique notam­ment par la consom­ma­tion élec­trique très faible de cette inter­face, qui ne réclame que 600 mA (2,9 W avec les 5 V de l’USB) pour fonc­tion­ner. On retrouve tout de même la réverbe globale et l’éga­li­seur sur chaque tranche, ouf.

Autre chose à signa­ler pour les utili­sa­teurs de Logic : les contrôles de gain et de volume seront direc­te­ment dispo­nibles dans leur STAN préfé­rée, à l’ins­tar des inter­faces Apogee. Pour le 48 V et l’in­ver­seur de phase, il faudra en revanche passer par le Total­Mix, mais c’est déjà un très bon début.

Avec un iPad, il faudra bran­cher la Baby­face Pro sur le secteur, car elle ne pourra être alimen­tée par la tablette. De plus, elle ne rechar­gera pas l’iPad. C’est un peu dommage, et on espère que ce sera le cas avec les prochaines inter­faces audio signée RME.

Bench­mark

RME Babyface Pro

Après avoir bran­ché la Baby­face Pro sur notre MacBook Pro, nous avons réglé la mémoire tampon au mini­mum (32 échan­tillons), et nous avons obtenu une latence d’en­trée de 1,43 ms et une latence de sortie de 1,07 ms (en 96 kHz). Ces temps sont tout bonne­ment excel­lents et sont presque iden­tiques à ceux qu’on trouve sur les dernières inter­faces Thun­der­bolt testées (1,63 ms en entrée et 0,54 ms en sortie pour l’Apollo 8, 0,79 ms en entrée et 0,46 ms en sortie pour la MOTU 1248 et 0,83 ms en entrée et 0,81 ms en sortie pour l’En­semble de Apogee). Appa­rem­ment, l’USB 2 a encore de beaux jours devant lui, quand on sait l’uti­li­ser… Un grand bravo à RME qui démontre une fois de plus son savoir-faire dans ce domaine. C’est stable, robuste, compa­tible avec quasi­ment tous les ordi­na­teurs même anciens et ça consomme très peu d’éner­gie.

Afin de tester l’in­ter­face, nous avons fait des bench­marks avec notre APx515 d’Au­dio Preci­sion, et nous allons pouvoir compa­rer les résul­tats à ceux obte­nus avec les inter­faces précé­dem­ment testées.

Voici les résul­tats avec les niveaux lignes, en 96 kHz :

RME Babyface Pro

Avec une dévia­tion de ±0,021 dB, la Baby­face Pro égalise presque le record de l’Apollo 8 d’Uni­ver­sal Audio (±0,019 dB) et reste meilleure que toutes les autres inter­faces audio testées sur Audio­fan­zine. Autant dire que ce résul­tat est impres­sion­nant pour une inter­face de ce prix. Les conver­tis­seurs, a priori issus de l’ADI-8 DS Mk III, montrent une très bonne trans­pa­rence.

RME Babyface Pro

Concer­nant la distor­sion, c’est aussi très bon avec moins de 0,002 % jusqu’à 5 kHz, et toujours moins de 0,01 % sur l’en­semble du spectre. C’est un peu moins bon que l’Apollo 8 (toujours sous la barre des 0,002 %), mais rien d’anor­mal vu le prix de l’in­ter­face. Encore un bon point pour RME.

RME Babyface Pro
RME Babyface Pro

Après avoir réglé le gain des préam­plis sur 34 dB, la dévia­tion augmente très peu (±0,023 dB) et démontre que les préam­plis micros, a priori issus de l’Oc­ta­mic XTC, sont aussi très trans­pa­rents. La distor­sion reste elle aussi très discrète, ne dépas­sant que très peu ponc­tuel­le­ment la barre des 0,005 %.

RME Babyface Pro

Les préam­plis, qui offrent un gain de 65 dB, sont aussi assez silen­cieux, avec un rapport signal/bruit de 101 dB. Ce n’est pas aussi bon que certaines inter­faces testées précé­dem­ment qui peuvent aller jusqu’à 110 dB, mais cela reste un très bon résul­tat.

Pour résu­mer, la Baby­face Pro réalise un sans-faute en ce qui concerne les perfor­mances audio. Elle riva­lise avec les meilleures inter­faces que nous avons testées, alors que son prix n’est « que » de 750 €. Si vous cher­chez l’in­ter­face compacte avec deux préam­plis inté­grés ultime, n’al­lez pas plus loin, elle est devant vous.

Conclu­sion

La Baby­face revient dans une version plus onéreuse, mais aussi survi­ta­mi­née. La construc­tion est beau­coup plus robuste qu’au­pa­ra­vant, avec un boîtier solide de type « unibody » et une molette enfin fiable. D’un point de vue perfor­mances audio, il n’y a rien à redire, c’est très trans­pa­rent, et les préam­plis offrent une bonne réserve de gain tout en restant silen­cieux. Les temps de latence et la stabi­lité effacent tous les doutes que l’on pouvait avoir concer­nant le choix de l’USB 2 qui a encore défi­ni­ti­ve­ment de très beaux restes. D’au­tant plus que la faible consom­ma­tion élec­trique et les drivers de l’in­ter­face lui permettent d’être utili­sée sur de vieux ordi­na­teurs (jusqu’à Windows XP SP2 et Mac OSX 10.5.8 !). Nous avons évidem­ment aussi aimé le fait qu’il n’y ait plus besoin d’épa­noui pour les entrées micro et sorties enceintes et qu’une petite mallette soit four­nie. Seule l’ab­sence de compres­seur dans le Total­Mix FX et la dépen­dance entre les deux sorties casque viennent très légè­re­ment ternir le tableau, mais la liste des points forts de cette Baby­face Pro est telle­ment longue qu’il nous était impos­sible de ne pas lui décer­ner l’Award « Valeur Sûre ». Une nouvelle réfé­rence est née.

  • RME Babyface Pro
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  • RME Babyface Pro
  • RME Babyface Pro

 

9/10
Award Valeur sûre 2015
Points forts
  • C’est robuste
  • Transparence des convertisseurs
  • Neutralité et silence des préamplis
  • Les drivers RME stables
  • Compatible avec Windows (jusqu’à XP SP2) et Mac OS (jusqu’à 10.5.8)
  • Excellente latence
  • Auto-alimentée en toutes circonstances
  • Tout ça en USB 2 compatible USB 3
  • Le Totalmix toujours au top
  • Fini l’épanoui
  • Mallette de transport incluse
  • Du MIDI 5 broches disponible
  • Deux sorties casque avec 6,35 mm et mini-jack
  • Class Compliant
Points faibles
  • Pas de compresseur dans le Totalmix
  • Sorties casque utilisant le même circuit
Auteur de l'article Red Led

Je suis rentré dans la musique par la rosace d'une guitare classique et depuis, j'essaie d'en sortir sans trop de conviction.


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