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Test des Roland Duo-Capture et Tri-Capture - Tri Roland et Jean-Michel Capture

Les ordinateurs portables étant, ces dernières années, devenus de plus en plus accessibles, les petites interfaces audionumériques fleurissent sur le marché. Avec ses modèles Duo et Tri-Capture, Roland propose deux produits bien pensés pour les amateurs et offrant une qualité sonore inattendue pour leur prix.

Roland et ses marques

Jusqu’à ces dernières années, Roland, marque japo­naise fameuse notam­ment pour ses synthés de légende était un peu effa­cée dans le domaine de la MAO. Ce n’est pas faute de présence, mais de nom puisque ses produits dans ce domaine étaient commer­cia­li­sés sous le nom d’Edi­rol (pour Éditions Roland. Quelle idée !), marque sous laquelle sont égale­ment commer­cia­li­sés des produits vidéo/VJing.

Après le mariage (par fusion/acqui­si­tion) avec l’édi­teur Cake­walk (Sonar), Roland a décidé de clari­fier ses marques. Désor­mais, ses produits dédiés à la MAO sont soit estam­pillés Roland, soit Cake­walk by Roland (garder une seule marque serait trop simple). Ajou­tons que la maison Roland compte égale­ment Boss qui estam­pille beau­coup de produits guitare (notam­ment des pédales)… mais pas seule­ment (certains sampleurs orien­tés DJ notam­ment) et RSS (Roland System Solu­tions), divi­sion qui fabrique des produits audio pro (plutôt live) comme des consoles numé­riques (le V-Mixer) et vidéo.

Procé­dure de test

Les deux inter­faces ont été testées sur mon portable à tout faire (bureau­tique et net, photo et audio nomade, surtout Djing). C’est un Dell M4400 (Core2­Duo T9400 à 2,53 GHz et 4 Go de RAM) sous Windows Seven 64 bits. Pour chacune d’elle, des enre­gis­tre­ments de voix, basse et guitare ont été réali­sés. Pour avoir une réfé­rence, j’ai réalisé les mêmes enre­gis­tre­ments sur mon ordi­na­teur de studio équipé d’une RME Multi­face avec un préam­pli RME Quad­Mic (pour ceux qui ne connaissent pas, réputé d’ex­cel­lente qualité avec un son un peu froid). Pour les prises de guitare et basse, une boîte de direct Behrin­ger DI-100 a été utili­sée puisque le Quad­Mic ne propose pas d’en­trée instru­ment.

Roland Tri-Capture

La guitare est une Peavey Gene­ra­tion type Tele­cas­ter, un modèle d’en­trée de gamme à 110 €. La basse est une Warwick Fortress One à frettes laiton montée en cordes à filets plats. Les micros utili­sés sont un Shure SM58 pour le dyna­mique et un AKG C414 ULS TL II pour le statique.

L’en­re­gis­tre­ment niveau ligne a été testé en faisant lire par le même lecteur de CD l’in­tro du morceau « tnn » de Oxio. Tous les enre­gis­tre­ments ont été réali­sés en 24 bits / 44.1 kHz. Le rendu final (sans aucun effet ni autre trai­te­ment qu’un ajus­te­ment de niveaux) est passé en 16 bits / 44.1 kHz avec un dithe­ring trian­gu­laire.

Duo-Capture, la petite nomade

Roland Duo-Capture

Rappe­lons que dans la topo­ny­mie des inter­faces audio, le nombre d’en­trées indique le nombre de canaux de la carte. Ainsi, une carte deux entrées peut enre­gis­trer deux sources mono ou une source stéréo. Ici, si on peut bien enre­gis­trer deux canaux stéréo (gauche et droit), on ne peut pas enre­gis­trer deux canaux mono simul­ta­né­ment. Malgré les deux entrées, vous ne pour­rez pas enre­gis­trer deux sources simul­ta­né­ment. Je cite la doc : « Nous vous recom­man­dons d’uti­li­ser une seule prise d’en­trée (par exemple, soit la prise LINE, soit la prise MIC/GUITAR) à la fois. Si des péri­phé­riques sont connec­tés aux deux prises à la fois, le son entrant via les deux prises est mélangé, mais le DUO-CAPTURE ne peut pas ajus­ter l’équi­libre du mélange. »

Cepen­dant, à condi­tion que les deux sources soient de niveau ligne, on peut toujours, avec le câble adéquat, enre­gis­trer deux sources mono par l’en­trée ligne stéréo. Mais si vous souhai­tez enre­gis­trer simul­ta­né­ment une guitare et un micro sur deux pistes sépa­rées, c’est mort.

La Duo qui forme un paral­lé­lé­pi­pède en plas­tique faisant approxi­ma­ti­ve­ment la taille de deux iPhones posés l’un sur l’autre est à la fois peu encom­brante et légère (130g sans le câble USB). Si la fini­tion est propre, la qualité ressen­tie reste celle de l’en­trée de gamme, sans faire misé­reux ou fragile. Les boutons ne renvoient pas d’im­pres­sion désa­gréable à la mani­pu­la­tion et les deux faders (niveau d’en­trée et niveau de sortie) sont fermes et précis. Ceux-ci sont situés sur le dessus. À l’avant, on retrouve les prises c’est à dire

  • une en mini-jack femelle pour le niveau ligne
  • une en jack 6,35 pour instru­ment ou micro
  • une autre 6,35 pour le casque
  • une autre mini-jack pouvant servir à un casque ou en line out (par exemple pour des enceintes ampli­fiées)
Roland Duo-Capture

À l’ar­rière, près de la prise USB, on trouve trois boutons : un pad d’at­té­nua­tion pour l’en­trée (bien utile vu que celle-ci délivre un gain très confor­table), un Hi-Z pour le bran­che­ment d’une guitare ou basse et un bouton très pratique permet­tant de couper le moni­to­ring direct des entrées.

À propos des sorties, il faut savoir qu’on ne dispose pas non plus de deux sorties stéréo indé­pen­dantes, mais d’une unique sortie dupliquée sur deux prises. Vous ne pour­rez donc pas utili­ser cette carte pour du Djing avec pré-écoute.

Comment ça sonne ?

J’ai été agréa­ble­ment surpris par cette petite carte qui sonne très conve­na­ble­ment. Sur des écoutes correctes (dans mon bureau) et en test aveugle (que je vous invite à faire grâce aux fichiers anony­mi­sés), j’ai été bien en peine de dire quels enre­gis­tre­ments avaient été faits sur la Duo et lesquels sur la RME pour l’en­trée ligne et les instru­ments. Il est vrai que la DI Behrin­ger n’est pas une merveille, mais le résul­tat de la Duo reste remarquable. La diffé­rence est nette sur la prise micro (SM58) notam­ment à cause d’un souffle net et d’une perte d’am­pleur, mais le résul­tat est large­ment compa­tible avec une maquette ou une démo.

Fichiers anonymes

En studio avec les écoutes qui vont bien, la diffé­rence est plus audible. Mais si la prise micro montre sa faiblesse, diffi­cile de dire que les prises instru­ment sonnent fran­che­ment moins bien. Si le bas du spectre est un peu plus brouillon, il présente une certaine chaleur qui plaira à beau­coup.

 

Basse UA11 Duo
00:0000:15
  • Basse UA11 Duo00:15
  • Guitare UA11 Duo00:43
  • sm58-UA11 Duo00:35
  • ligne-UA11 Duo00:31

Bilan :

À 80 € (-1 €), c’est un choix très recom­man­dable comme carte nomade pour qui n’a pas d’exi­gences audio super­la­tives.  Pour ça, il faudrait voir (beau­coup) plus cher. À titre de compa­rai­son, une RME  Baby­face ou une Apogee Duet coûtent dans les 500 €.

Par ailleurs, côté drivers, la stabi­lité a été sans faille tout au long du test (avec une latence nomi­na­tive de 5 ms) alors que le portable utilisé n’est abso­lu­ment pas opti­misé pour l’au­dio.

  • prix agres­sif
  • très trans­por­table (encom­bre­ment et poids)
  • son plus que correct, voire bon sur les prises instru­ment.
  • utili­sa­tion limi­tée par le nombre d’en­trées / sorties (mais à ce prix…)
  • un peu de souffle en prise micro (mais à ce prix…)
  • tout plas­tique (mais à ce prix…)
  • pas de MIDI

Tri-Capture : l’en­trée de gamme inter­mé­diaire pour podcas­teurs

Roland Tri-Capture

Avec la Tri Capture, on reste dans la même concep­tion d’en­trée de gamme, mais avec des fonc­tions supplé­men­taires. Avec ses dimen­sions un peu plus impo­santes que la Duo (171 (L) x 134 (P) x 40 (H) mm) et ses 320g, elle est un peu moins portable, mais tout à fait trans­por­table. La forme est moins celle d’une inter­face nomade que d’une « desk­top », desti­née à être posée sur le bureau. Forme bien fichue d’ailleurs. Cette fois, toutes les prises sont regrou­pées à l’ar­rière et les boutons et poten­tio­mètres rota­tifs (plus de fader ici) sur le dessus.

Les boutons pous­soirs, simi­laires à ceux de la Duo, font ici une impres­sion un peu plus cheap. En effet, sur la Duo, le fait de les relé­guer à l’ar­rière a permis des découpes un peu plus larges dans la carcasse, ce qui évite tout frot­te­ment dans leur manœuvre. Ici, l’exi­gence d’as­pect et de fini­tion fait proba­ble­ment que les puits de boutons plus serrés engendrent quelques frot­te­ments, rendant le contact assez cheap. Mais l’en­clen­che­ment est franc. Les rota­tifs sont plutôt plai­sants à mani­pu­ler malgré leur petite taille. Ils ont la juste fermeté permet­tant une bonne préci­sion.

Sur la Tri-capture, on dispose de 3 entrées. Ce qui ne veut pas dire trois entrées indé­pen­dantes, comme nous allons le voir. En fait, la Tri-Capture n’est capable d’en­re­gis­trer simul­ta­né­ment et sépa­ré­ment que deux sources (1 stéréo ou deux mono).

La première entrée est une prise micro en XLR (pas de combo pour y entrer un jack). Elle comporte un bouton dédié pour enclen­cher l’ali­men­ta­tion fantôme pour l’uti­li­sa­tion des micros statiques et d’un rota­tif pour le gain d’en­trée.

La seconde, en jack 6,35 mm, est desti­née aux instru­ments. Son bouton dédié permet d’en­clen­cher le Hi-Z (haute impé­dance) et on retrouve un réglage de gain.

Gros regret : aucune témoin lumi­neux n’an­nonce l’en­clen­che­ment de ces boutons. Si c’est dispen­sable pour l’en­trée instru­ment, c’est vrai­ment dommage pour l’en­trée micro, compte tenu des risques qu’il y a à mani­pu­ler les bran­che­ments avec une alimen­ta­tion fantôme enclen­chée, sans parler des dégâts éven­tuels sur des micros à rubans. Or, avec ces boutons noirs sur surface noire, l’en­clen­che­ment n’est pas si évident à voir en envi­ron­ne­ment sombre.

Sur la troi­sième entrée, de niveau ligne, les connexions se font avec deux RCA et on dispose d’un potard de volume.

Un bouton permet de choi­sir le mode d’uti­li­sa­tion des entrées. On a le choix entre :

  • MIC/GUITAR qui permet l’en­re­gis­tre­ment de chacune de ces entrées sur une piste sépa­rée
  • ALL INPUTS qui permet de mélan­ger le son d’un micro et/ou d’une guitare avec le son de l’en­trée ligne. L’en­re­gis­tre­ment se fait sur une piste stéréo dans le séquen­ceur.
  • LOOP BACK. Cette option est très inté­res­sante pour certains : elle permet de mélan­ger le son produit par l’or­di­na­teur avec celui des entrées. Le son de l’or­di­na­teur peut être aussi bien produit par le séquen­ceur ou autre logi­ciel de musique, mais aussi des radios en strea­ming, des vidéos, des jeux…
Roland Tri-Capture

Côté sorties, on dispose d’une sortie géné­rale sur paire de jacks mono symé­triques (inté­res­sant pour la scène) et d’une prise casque qui dispose d’un bouton de volume dédié. Par ailleurs, deux boutons pous­soir permettent de muter le moni­to­ring des entrées et de muter la sortie géné­rale (la sortie casque restant active). Tout ceci serait très bien fichu et méri­te­rait l’award de la meilleure gestion du moni­to­ring (en tout cas sur une petite inter­face) si on avait bien deux sorties diffé­rentes. Or, ce n’est pas le cas. Au niveau logi­ciel, on ne dispose que d’une sortie. De plus, le driver très basique (juste un réglage de latence) ne comporte aucun réglage de volume. Il faudra gérer celui-ci par le système ou avec le volume géné­ral du logi­ciel audio. Ce n’est pas un problème si votre système d’en­ceintes dispose de son réglage de volume, mais c’est rare­ment le cas pour les enceintes de moni­to­ring actives dont le réglage, situé à l’ar­rière, se fait une fois pour toutes.

Or, si on travaille avec des enceintes assez puis­santes, il faut bais­ser le volume master dans le logi­ciel. Mais le niveau devient alors insuf­fi­sant pour la sortie casque, ce qui oblige à le remon­ter dans l’or­di­na­teur dès qu’on veut contrô­ler quelque chose au casque. Dommage de n’être pas allé jusqu’au bout avec deux gestions de volume auto­nomes, mais le coût n’au­rait peut-être pas été le même. Ce problème inter­dit – comme avec la Duo – l’uti­li­sa­tion en DJing avec pré-écoute.

Par contre, pour ceux qui travaillent avec des enceintes passives alimen­tées par un ampli dispo­sant d’un bouton de volume, c’est royal. Ils disposent ainsi d’un volume indé­pen­dant pour le casque et les enceintes et de la possi­bi­lité de couper celles-ci d’un simple bouton, d’avoir ou pas les entrées en écoute. Vrai­ment très pratique.

Comment ça sonne ?

Sans surprise, j’ai retrouvé les impres­sions sonores de la Duo, c’est à dire plutôt bonnes, voire très bonnes si on rapporte ça au tarif de 120 € (-1 €) !

L’en­trée micro en XLR permet de gagner un peu de qualité sur la Duo avec un micro dyna­mique. Avec un micro statique que permet la Tri à l’op­posé de la Duo, l’écart avec RME est plus flagrant. Mais ça reste très bon pour un usage amateur.

 

Guitare UA33 Tri
00:0000:43
  • Guitare UA33 Tri00:43
  • Basse UA33 Tri00:39
  • ligne-UA33 Tri00:31
  • C414 UA33 Tri00:32
  • sm58-UA33 Tri00:35

Bilan

Grâce à sa fonc­tion Loop­Back, cette carte semble surtout un excellent choix pour ceux qui veulent vite jeter « dans leur ordi » des idées ou produire un résul­tat rapide sans entrer dans les arcanes du mixage multi­pistes. Si vous utili­sez des enceintes passives et un ampli avec volume (cas typique en hi-fi), la gestion du moni­to­ring est parfaite. Dans ce cas, l’in­tel­li­gence de la concep­tion, la qualité sonore et la possi­bi­lité d’en­re­gis­trer direc­te­ment tous types de sources (sauf phono faute de préam­pli RIAA) en font un excellent choix pour beau­coup d’ama­teurs.

  • bon rapport qualité / prix
  • bonne qualité audio
  • ergo­no­mie sympa
  • aisé­ment trans­por­table
  • bonne gestion du moni­to­ring avec des enceintes passives
  • pas de gestion diffé­ren­ciée sortie main out et casque (embê­tant avec enceintes actives)
  • tout plas­tique
  • pas d’in­di­ca­teur clair d’ali­men­ta­tion Phan­tom.
  • Pas de MIDI

Conclu­sion

Avec ces deux inter­faces, Roland propose des produits plutôt cohé­rents dans leur concep­tion et d’une qualité audio large­ment suffi­sante pour bon nombre d’uti­li­sa­teurs et ceci à un prix plan­cher. Malgré celui-ci, la qualité de fabri­ca­tion n’est pas sacri­fiée. De quoi satis­faire bon nombre de personnes qui n’ont pas besoin de MIDI.

Pour ceux qui ont besoin de MIDI, mais aussi qui cherchent une qualité supé­rieure, plutôt dans le pro, mais à prix agres­sif, nous parle­rons dans un prochain test de la Quad Capture qui nous a plutôt bluf­fés.


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