La marque Valeton avait, il est vrai, créé la surprise avec la pédale multieffets GP-5, tant son rapport qualité/prix/fonctionnalités venait challenger certaines références populaires du marché. Dans ce test, c’est son grand frère, le GP-50, que nous vous proposons de décortiquer.
Caractéristiques techniques du Valeton GP-50 : format, connectique et autonomie

Sur la face supérieure, on découvre un écran couleur de 1,77 pouce (non tactile), accompagné de quatre encodeurs et de quatre boutons permettant de naviguer dans les menus, éditer la chaîne d’effets ou accéder aux différents réglages de l’appareil. Deux footswitches A et B viennent compléter l’ensemble, chacun entouré d’une couronne de LED bien lisible, un point appréciable, notamment en conditions de jeu live.
Pour ce qui est de la connectique, le GP-50, malgré son format réduit, se montre surprenamment bien équipé. On dispose ainsi d’une entrée instrument au format jack 6,35 mm, ainsi que de deux sorties jack 6,35 mm (Left/Right) permettant une utilisation aussi bien en mono qu’en stéréo. On dispose également d’une entrée destinée à accueillir une pédale d’expression ou un footswitch (simple ou double).
Sur la tranche supérieure, on trouve également une sortie casque au format mini-jack 3,5 mm, ainsi qu’une connectique MIDI via mini-jack TRS (entrée et thru). À cela s’ajoute un port USB-C permettant notamment de connecter l’appareil à un ordinateur (PC ou Mac) pour l’édition via le logiciel dédié. Par ailleurs, le GP-50, tout comme le GP-5, dispose d’une connectique Bluetooth pour le gérer avec un téléphone ou une tablette.
C’est également sur cette tranche que se situe la prise d’alimentation. Le GP-50 peut fonctionner via une alimentation 9 V délivrant 500 mA, mais aussi grâce à sa batterie interne de 1450 mAh. Valeton annonce une autonomie d’environ 4 heures, une estimation globalement conforme à ce que nous avons pu constater durant ce test. À titre d’exemple, une matinée complète d’utilisation sans alimentation externe laisse encore une petite marge avant la recharge.
Enfin, le GP-50 est fabriqué en Chine et, à première vue, la qualité d’assemblage apparaît tout à fait correcte, surtout au regard du tarif affiché d’environ 120 euros au moment de la rédaction de ce test.
Version du firmware utilisée durant le test : 1.0.5
Prise en main du Valeton GP-50 : interface, édition et workflow
Avant d’écouter quelques extraits du Valeton GP-50, attardons-nous sur ses spécificités, et notamment sur sa facilité de prise en main. Pour être tout à fait honnête, je n’avais jamais utilisé le GP-5 auparavant, et je n’ai consulté le manuel utilisateur du GP-50 qu’à deux reprises. Notamment pour comprendre pourquoi il m’était impossible d’obtenir autre chose qu’un simple métronome en accédant à la boîte à rythmes via le bouton « DRUM », alors que l’application mobile propose en réalité 13 styles de patterns. Un point négatif, probablement lié à des limitations matérielles du pédalier. Hormis cela, le GP-50 se montre globalement facile à appréhender.
L’appareil dispose de 100 emplacements, la moitié étant déjà utilisée par les présets d’origine, qu’il sera bien entendu possible d’éditer. Chaque préréglage permet d’activer jusqu’à neuf blocs d’effets, organisés de la manière suivante :
- NR : noise gate
- PRE : compresseurs, boosts et effets de pitch (désaccordage, etc.)
- DST : overdrives et distorsions inspirées de références populaires
- N/S : chargement de profils NAM (Neural Amp Modeler)
- AMP : simulations d’amplificateurs
- CAB : simulations d’enceintes (on peut charger ses propres IRs)
- EQ : égaliseurs
- MOD : chorus, phaser, vibe, trémolo…
- DLY : délais
- RVB : réverbes
- EXP : assignation de la pédale d’expression
Au total, le GP-50 propose un peu plus d’une centaine d’effets, ce qui s’avère largement suffisant pour la majorité des usages. Certains blocs peuvent être déplacés dans la chaîne du signal, comme le noise gate ou le bloc PRE, qui peuvent, par exemple, être positionnés après l’amplificateur, tandis que d’autres, comme les blocs DST ou EQ, restent fixes. En revanche, il n’est pas possible de dupliquer une catégorie d’effets : il est donc impossible de cumuler deux overdrives ou de remplacer un délai par une seconde réverbe. La chaîne reste donc relativement classique, mais cohérente avec le positionnement de l’appareil.


Que ce soit via l’application ou directement sur le GP-50, il est possible d’éditer les effets en profondeur, mais aussi de configurer les footswitches. En mode « STOMP », ils permettent d’activer ou désactiver un ou plusieurs blocs d’effets, tandis qu’un second mode les assigne au changement de présets.
En revanche, tout n’est pas parfait. L’accès au Tap Tempo, par exemple, manque clairement d’ergonomie : il faut maintenir le footswitch A enfoncé jusqu’à ce que la LED se mette à clignoter. En situation de jeu, et a fortiori en concert, cette manipulation s’avère peu pratique et difficilement exploitable. Il faudra privilégier l’ajout d’un footswitch supplémentaire.
Parmi les autres fonctionnalités, on note la présence d’un accordeur, que j’ai trouvé à la fois réactif et précis. Mais surtout, celle d’un looper, capable d’enregistrer des boucles d’une durée maximale de 20 secondes, dont l’utilisation s’avère elle aussi intuitive.
La partie MIDI est bien maîtrisée, avec la possibilité de contrôler l’ensemble des fonctionnalités du pédalier via un contrôleur externe.
Enfin, on notera que le Valeton GP-50 peut également servir d’interface pour l’enregistrement dans un DAW. Valeton propose à ce titre des pilotes ASIO pour les utilisateurs de Windows, non nécessaires sur macOS.
Qualité sonore du Valeton GP-50 : simulations, effets et limites
Je vous propose d’écouter quelques extraits, allant des sonorités claires aux amplis high-gain :

- 1 – Twin + Tremolo + Dly00:53
- 2 – Twin + Super OD + Dly Analog00:51
- 3 – Lone Star + 808 + Srping00:38
- 4 – Match CL + BB Preamp + Rev Echo + Deepsea01:33
- 5 – FOXY 30TB + 808 + Flanger + Spring00:34
- 6 – SLO100 Gain 30 + 808 Gain 000:32
- 7 – Powerball II E64500:38
- 8 – SnapTone – MessJP CH1 + Hall00:29
- 9 – SnapTone – Marshall 2525H + Hall00:16
Je dois admettre que j’ai été globalement agréablement surpris par les simulations offertes par Valeton. En découvrant le pédalier, et au vu de son tarif, je m’attendais à des sons beaucoup moins organiques et agréables à jouer. Pourtant, si c’est difficile à rendre totalement audible dans des enregistrements, les sensations de jeu sont très bonnes. Les notes accrochent bien et la pédale réagit avec fidélité à la dynamique de jeu. Les sons clairs, qui sont toujours les plus simples à rendre convaincants sur des appareils numériques, sonnent bien, et les crunchs ne déçoivent pas non plus. De plus, l’association avec des boosts ou des overdrives reste naturelle, ce qui est loin d’être un acquis dans cette gamme de prix. Toutefois, j’ai perçu l’apparition d’artefacts lors de l’activation d’effets, des sortes de « clics » comme ceux que vous pouvez entendre dans l’exemple 7.
Pour ce qui est des sonorités high-gain, le rendu est, pour 120 euros, plus que correct ! Les simulations sont probablement moins caricaturales que celles que l’on peut trouver sur des machines beaucoup plus onéreuses. Et si l’on souhaite aller plus loin, Valeton propose une solution de repli avec le bloc N/S, qui permet de charger des fichiers NAM. La conversion entraîne forcément une légère perte de qualité, mais, dans un contexte de jeu en groupe, cela reste totalement transparent. Après tout, d’autres facteurs affecteront davantage le son final.
En revanche, j’ai trouvé dommage que l’activation d’un profil NAM/SnapTone désactive automatiquement le bloc CAB du pédalier. Cela oblige soit à disposer de profils « wet », soit à utiliser une pédale supplémentaire pour charger ses propres IRs. On peut imaginer qu’une mise à jour pourrait corriger cette limitation, mais il est possible que ce choix soit imposé par les contraintes matérielles du pédalier.
Quant aux effets, ils restent tout à fait crédibles. Je n’ai pas été transcendé par la profondeur d’une réverbe ou d’un délai, mais ils répondent bien, et les références proposées permettent d’aller d’effets simples et discrets à des traitements plus expérimentaux.








