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Test de Bitwig Studio 6 - And the bit goes on

9/10
Award Valeur sûre 2026
2026
Valeur sûre
Award

Le trublion Bitwig est de retour avec une version 6 qui entend bien continuer à secouer le petit monde de la STAN. Après une longue phase de bêta-test, cette mouture débarque enfin avec les promesses d'un logiciel encore plus ergonomique et des fonctionnalités destinées à nous simplifier la vie.

Test de Bitwig Studio 6 : And the bit goes on

L’his­toire est connue : l’aven­ture Bitwig Studio a débuté en 2014 à Berlin, sous l’im­pul­sion d’une équipe issue d’Able­ton. Cette équipe voulait réali­ser ce qu’elle ne pouvait pas faire chez le géant berli­nois, comme propo­ser les vues Session et Arran­ge­ment visibles simul­ta­né­ment. À l’an­nonce de son lance­ment, certains étaient impa­tients, tandis que d’autres restaient perplexes : pourquoi une nouvelle DAW dans un marché déjà saturé par Able­ton, Logic, Cubase ou Studio One ? Pour­tant, Bitwig a rapi­de­ment trouvé sa place en explo­rant des pistes inédites à l’époque et en propo­sant une alter­na­tive dotée d’une vraie person­na­lité. Avec The Grid, son système modu­laire inté­gré depuis la version 3, Bitwig a rapi­de­ment attiré ceux qui voulaient construire leurs propres instru­ments et effets, ainsi que les adeptes du sound design. En créant un espace de jeu centré sur le son, la modu­la­rité et la modu­la­tion, Bitwig a véri­ta­ble­ment tenu son pari. Progres­si­ve­ment, la DAW a su séduire produc­teurs élec­tro­niques, sound desi­gners et compo­si­teurs à la recherche d’une alter­na­tive flexible et modu­lable. Alors que la version 5 était déjà très abou­tie, cette version 6 semble appro­fon­dir encore son concept et dévoi­ler une matu­rité certaine. Voyons ce qu’il en est.

Inter­face et ergo­no­mie de Bitwig Studio 6 : évolu­tions et confort d’uti­li­sa­tion

Bitwig 6 - 01Contrai­re­ment à d’ha­bi­tude, je vais parfois écrire à la première personne dans ce test. Prin­ci­pa­le­ment utili­sa­teur de Fender Studio Pro et Able­ton Live, je connais­sais déjà un peu Bitwig, ainsi, cette version 6 consti­tue pour moi à la fois une deuxième décou­verte et un vrai appro­fon­dis­se­ment. Dès les premières minutes, j’ai retrouvé ce mélange d’au­dace et d’évi­dence qui m’avait déjà séduit par le passé. À l’ou­ver­ture de Bitwig 6, le logi­ciel se présente avec une inter­face légè­re­ment plus sobre. Le haut de la fenêtre, avec l’icône du dash­board centrée et parfai­te­ment inté­grée au reste de l’in­ter­face, moder­nise immé­dia­te­ment l’en­semble. L’in­ter­face paraît plus mature, plus confor­table pour de longues sessions. Les polices sont un peu plus lisibles, même si elles restent petites par défaut. Heureu­se­ment, on peut choi­sir des profils d’af­fi­chage adap­tés à sa confi­gu­ra­tion et à ses préfé­rences, et régler contraste et lumi­no­sité. En revanche, aucun réglage de couleur ni de thème n’est proposé. Celui par défaut est effi­cace, mais j’au­rais aimé pouvoir modi­fier quelques détails, comme cet orange que je n’af­fec­tionne pas parti­cu­liè­re­ment. Certains nouveaux détails ergo­no­miques sautent aux yeux, comme la palette d’ou­tils à droite. Les utili­sa­teurs histo­riques devront s’adap­ter, mais ce devrait être rapide, tant ce choix paraît perti­nent et pratique. La réac­ti­vité de l’in­ter­face a égale­ment gagné en vitesse : la navi­ga­tion entre Session et Arran­ge­ment est plus fluide, et même le navi­ga­teur semble plus réac­tif. Reste que celui-ci reste toujours un peu brouillon et manque d’es­thé­tique : Bitwig gagne­rait à travailler là-dessus. Au final, ces petites amélio­ra­tions dissé­mi­nées un peu partout rendent le logi­ciel beau­coup plus agréable à utili­ser. Le prin­cipe géné­ral reste bien sûr le même, avec ses fenêtres d’ar­ran­ge­ment, de mix, et son lanceur de clips que l’on peut placer à volonté où l’on veut. Si vous décou­vrez Bitwig, je vous conseille de lire les tests des précé­dentes versions pour bien vous fami­lia­ri­ser avec cette STAN

Spec­tral Suite
00:0002:57
  • Spec­tral Suite02:57
  • Tauri – In The Dark03:04
  • Prove­nance01:48
  • In Cycles02:00
  • Ferrous Rhythm 02:45
  • Prove­nance – v201:50
  • Chee – Hey Now03:31

Auto­ma­tion dans Bitwig Studio 6 : auto­ma­tion Clips et nouvelles possi­bi­li­tés créa­tives

Bitwig-Studio BWS6 Full-GUI-HDLe cœur de cette mise à jour, c’est clai­re­ment l’au­to­ma­tion repen­sée. Avec les Auto­ma­tion Clips, Bitwig 6 trans­forme le tracé clas­sique des courbes en véri­tables clips que l’on mani­pule comme du MIDI. On peut les copier, les boucler, les étirer, les dépla­cer où l’on veut, mais aussi les envoyer vers le lanceur de clips ou le Grid pour les conver­tir en MSEG et géné­rer des modu­la­tions autre­ment plus complexes. Les fonc­tions Spread et Hold apportent une expres­si­vité bien­ve­nue : Spread intro­duit une varia­tion aléa­toire qui évite les mouve­ments trop méca­niques, tandis que Hold permet de verrouiller certains points clés. Résul­tat, on gagne à la fois en contrôle et en musi­ca­lité. C’est une avan­cée signi­fi­ca­tive dans la manière de travailler l’au­to­ma­tion. En venant de Studio Pro et d’Able­ton Live, j’y vois un vrai bond en avant, autant en termes de rapi­dité que de créa­ti­vité. Tester une auto­ma­tion à diffé­rents endroits de l’ar­ran­ge­ment, ou sur d’autres instru­ments, devient presque trivial. Et forcé­ment, une ques­tion s’im­pose : pourquoi une idée aussi évidente n’est-elle pas plus répan­due ? Oui, je sais… FL Studio.

Nouvelles fonc­tion­na­li­tés de Bitwig Studio 6 : Clip Aliases, tona­lité et outils d’édi­tion

Bitwig 6 - 14L’une des autres grandes nouveau­tés de Bitwig 6, ce sont les Clip Aliases, qui permettent de lier plusieurs clips entre eux. Modi­fier un clip « master » met auto­ma­tique­ment à jour tous les alias asso­ciés. Pas grand-chose à ajou­ter, si ce n’est que cette fonc­tion­na­lité manquait sérieu­se­ment et qu’elle repré­sente un gain de temps consi­dé­rable sur des projets complexes. Autre nouveauté : la gestion de la tona­lité globale est enfin inté­grée. Il est désor­mais possible d’ap­pliquer une tona­lité à tout un projet ou à une section, avec 23 gammes dispo­nibles et la possi­bi­lité de l’au­to­ma­ti­ser dans le temps. Oui, oui, l’au­to­ma­ti­ser ! Couplée à la quan­ti­sa­tion, aux modu­la­teurs et à The Grid, cette fonc­tion­na­lité ouvre la porte à de nouvelles idées mélo­diques sans se perdre dans la théo­rie. On peut faci­le­ment géné­rer des motifs harmo­nique­ment cohé­rents et expé­ri­men­ter avec des varia­tions ryth­miques et mélo­diques. Avec cette approche, Bitwig met un pied sur le terrain de l’ar­ran­ge­ment et de la théo­rie musi­cale. Mais diffi­cile de ne pas rester sur sa faim : ne pas propo­ser de véri­table piste d’ac­cords avec des outils dédiés ressemble à une occa­sion manquée. Certes, comme nous l’avons vu, les plugins MIDI et les modu­la­teurs offrent déjà de quoi brico­ler, mais l’in­té­gra­tion reste encore incom­plète. Espé­rons que Bitwig ne s’ar­rête pas en si bon chemin.

Bitwig 6 - 4En plus de cela, Bitwig multi­plie les petits raffi­ne­ments d’édi­tion qui améliorent l’ex­pé­rience au quoti­dien : dépla­ce­ment verti­cal d’une ligne par clic à proxi­mité, glis­ser-dépo­ser de points pour en écra­ser d’autres, dépla­ce­ment d’un bloc via une sélec­tion tempo­rel­le… L’ou­til crayon traduit désor­mais les gestes libres en courbes propres et éditables, et le nouvel outil Spray Can permet de créer des séries de points ou de notes espa­cés selon la grille. Pris indi­vi­duel­le­ment, ces détails peuvent sembler modestes, mais leur accu­mu­la­tion rend l’édi­tion nette­ment plus fluide et agréable. L’édi­tion d’ex­pres­sion gagne égale­ment en profon­deur : gain, pres­sion et autres para­mètres sont direc­te­ment éditables sur les notes, y compris dans les éditeurs Drum et Hybrid. L’édi­tion en couches a été revue : sélec­tion­ner plusieurs clips affiche notes et audio côte à côte dans le panneau Detail Editor, et même en plein écran. On note égale­ment l’ar­ri­vée d’un outil d’au­di­tion pour préécou­ter rapi­de­ment pistes et clips, l’amé­lio­ra­tion du Step Input, qui permet main­te­nant de saisir des notes une par une ou plusieurs simul­ta­né­ment, des en-têtes de piste dyna­miques, l’auto-zoom sur la piste sélec­tion­née, et la sauve­garde auto­ma­tique des projets. Tous ces ajus­te­ments parti­cipent à moder­ni­ser l’en­semble, de même que certaines infor­ma­tions supplé­men­taires affi­chées dans le lanceur de clips.

The Grid dans Bitwig Studio 6 : modu­la­rité, inté­gra­tion et nouveaux modules

Bitwig Aide interractiveThe Grid demeure le joyau de Bitwig. Son inté­gra­tion avec les clips, l’au­to­ma­tion et les modu­la­teurs est exem­plaire. Chaque piste peut deve­nir un instru­ment modu­lable ou un effet sur mesure. Que l’on soit habi­tué à Max/MSP, Reak­tor ou Pure Data, ou que l’on découvre le monde de la modu­la­rité, le Grid trans­forme la STAN en un un labo de savant fou sonore. La compa­rai­son avec Max for Live est évidente. Si ce dernier est incon­tes­ta­ble­ment plus puis­sant, The Grid béné­fi­cie d’une inté­gra­tion parfaite et d’une prise en main bien plus acces­sible. Résul­tat : je m’amuse davan­tage avec lui. Les modules sont clairs et parfai­te­ment docu­men­tés grâce à une aide dyna­mique bien pensée : le popup affiche direc­te­ment le module utilisé, et non une simple image, ce qui permet de l’édi­ter tout en profi­tant des expli­ca­tions, en français. Profi­tant de l’ar­ri­vée des fonc­tions de scale et de tona­lité, quatre nouveaux modules Grid font leur appa­ri­tion : Scale et Scale Steps (quan­ti­fi­ca­tion et déca­lage par gammes), Root Key (accès à la tonique globale) et Pitch Class (sélec­tion libre de la hauteur). Couplés aux nouvelles fonc­tion­na­li­tés d’au­to­ma­tion, ces modules permettent de créer des systèmes musi­caux dyna­miques, surpre­nants et parfai­te­ment contrô­lés.

Fonc­tion­na­li­tés complé­men­taires et limites de Bitwig Studio 6

Bitwig 6 - 05Pour finir, signa­lons quelques petites choses à propos de Bitwig 6. Certaines sont très sympa­thiques, d’autres un peu moins. Un très bon point à souli­gner : en plus de macOS et Windows, Bitwig 6 est l’une des rares STAN à fonc­tion­ner sur Linux. La fonc­tion Step Recor­ding simpli­fie la saisie au clavier de l’or­di­na­teur, idéale pour les sessions nomades lorsqu’on n’a pas de clavier MIDI sous la main. Au passage, la compa­ti­bi­lité avec les écrans tactiles est exem­plaire et on peut faire appa­raître un clavier tactile confi­gu­rable, un peu comme sur une appli­ca­tion iPad. La STAN gère les projets expor­tés depuis Live ou FL Studio, ainsi que le format DAWprojet. J’ai ainsi importé des fichiers prove­nant d’Able­ton Live et de Fender Studio Pro, et, dans l’en­semble, ça fonc­tionne plutôt bien : on retrouve les réglages de mix, les plugins, les clips et les couleurs, que ce soit dans l’ar­ran­ge­ment ou dans le lanceur de clips. Il reste toute­fois quelques petits ajus­te­ments à faire, mais c’est déjà réjouis­sant de pouvoir passer d’une STAN à l’autre aussi faci­le­ment. Bitwig n’est pas parfait. Outre les manques déjà évoqués, l’ab­sence d’in­té­gra­tion ARA reste frus­trante, surtout que cette fonc­tion­na­lité est deman­dée par la commu­nauté depuis long­temps. Certaines options d’ex­port audio, comme la norma­li­sa­tion, sont encore limi­tées. Si les effets sont excel­lents et assez nombreux, les instru­ments stock ne riva­lisent pas toujours avec ceux de la concur­rence (à l’ex­cep­tion de Studio Pro). Heureu­se­ment, il y a The Grid. Quant aux packs de sons et boucles propo­sés, ils sont nombreux, mais leur qualité reste inégale.

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Notre avis : 9/10

Award Valeur sûre 2026
2026
Valeur sûre
Award

Bitwig 6 confirme son statut de STAN origi­nale et puis­sante. Au premier abord, les nouveau­tés propo­sées dans cette sixième version paraissent timides. Pour­tant, entre la nouvelle auto­ma­tion, les Clip Aliases, la gestion des scales et des tona­li­tés, les nombreuses amélio­ra­tions ergo­no­miques et un Grid toujours plus inspi­rant, l’en­semble finit par faire sens et impose une matu­rité évidente. Bitwig s’im­pose plus que jamais comme un terrain d’ex­pé­ri­men­ta­tion idéal pour les sound desi­gners et les musi­ciens élec­tro­niques. Mais pas seule­ment. Ce n’est sans doute pas la STAN à laquelle on pense en premier pour produire du rock ou de la pop, certains séquen­ceurs plus géné­ra­listes seront sans doute plus indiqués, mais il peut large­ment faire le job, et même surprendre par ses fonc­tion­na­li­tés intel­li­gentes. Bon, pour du punk garage, on repas­se­ra…

Concer­nant les scales et les tona­li­tés, diffi­cile de ne pas rester un peu sur sa faim, l’in­té­gra­tion d’une véri­table piste d’ac­cords aurait été un prolon­ge­ment logique. Même si les solu­tions appor­tées à ce niveau par Bitwig sont indis­cu­ta­ble­ment créa­tives (auto­ma­ti­sa­tion et inté­gra­tion dans le Grid). Du côté des autres regrets, certaines fonc­tions MIDI avan­cées manquent encore à l’ap­pel, tout comme des options d’ex­port audio pour­tant assez basiques, comme la norma­li­sa­tion. Le navi­ga­teur reste brouillon, et les instru­ments stock, moins riches que chez Logic, Cubase ou Able­ton Live, poussent souvent à passer par le Grid. Autre absence notable : pas d’ARA, ce qui ferme la porte à une inté­gra­tion directe de Melo­dyne ou Spec­tra­Layers.

Et pour­tant, diffi­cile de ne pas être séduit. Bitwig reste une machine à idées, un outil pensé pour créer autre­ment, expé­ri­men­ter, sortir des sentiers battus. Tout n’est pas parfait, mais il regorge d’idées intel­li­gentes, et son orien­ta­tion modu­laire donne cette sensa­tion perma­nente d’avoir un terrain de jeu sous les doigts. Au point de me faire sérieu­se­ment envi­sa­ger un chan­ge­ment de créme­rie. La ques­tion reste ouver­te… En atten­dant, un award Valeur sûre, évidem­ment.

  • Tout ce que l'on apprécie déjà de Bitwig Studio (modulateurs, opérateurs, personnalité affirmée... )
  • La nouvelle automation et les Automation Clips
  • Clip Aliases
  • Les améliorations ergonomiques et les petits détails qui facilitent la vie
  • The Grid, toujours plus puissant et bien intégré
  • DAWproject et compatibilité avec les projets Live et FL Studio
  • Documentation complète et accessible
  • Compatibilité Linux
  • Gestion des scales et de la tonalité globale...

  • ...Mais pas de piste accords
  • Pas d’intégration ARA
  • Quelques fonctions manquantes pour l’export audio (normalisation, certaines options de rendu...)
  • Certaines fonctions MIDI avancées encore perfectibles
  • Pas de thèmes de couleurs
  • Navigateur un peu brouillon
  • Les packs de qualité inégale
Intêret de la mise à jour :
Pays de fabrication : Allemagne
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