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Bitwig Bitwig Studio 3
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Test Bitwig Bitwig Studio 3

Séquenceur généraliste de la marque Bitwig

50 nuances de grid
9/10
Award Valeur sûre 2019
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Bitwig Studio premier du nom est certes sorti en 2014, mais les premières annonces le concernant avaient été exprimées en 2012. Aujourd'hui donc âgée de sept ans, la fameuse STAN berlinoise pourrait bien avoir atteint l'âge de raison !

Depuis 2014, la firme alle­mande semble main­te­nir le rythme d’une mise à jour majeure de son logi­ciel tous les deux ans. Et si vous suivez un tant soit peu l’ac­tua­lité des STAN à boucles, vous n’êtes pas sans igno­rer que le terme « majeur » convient parti­cu­liè­re­ment à la présente évolu­tion du soft vendue 379 €. Celle-ci en effet n’in­tègre rien moins qu’un nouvel envi­ron­ne­ment virtuel de synthèse sonore et de sound design modu­laire qui fait déjà joli­ment parler de lui : The Grid.

En quoi consiste cette nouveauté, quel inté­rêt présente-t-elle pour nous les utili­sa­teurs, comment se démarque-t-elle de la concur­rence et de quelle manière parti­cipe-t-elle à l’af­fir­ma­tion de l’iden­tité de Bitwig Studio ? Ce sont les prin­ci­pales ques­tions auxquelles nous allons tenter de répondre dans le présent banc d’es­sai.

[illus­tra­tion:géné­ral.jpg]

 

 

[Enca­dré : MPE –  MIDI Poly­pho­nic Expres­sion ou Multi­di­men­sio­nal Poly­pho­nic Expres­sion selon les fabri­cants

Bitwig a depuis la version 1 proposé un système proprié­taire de gestion MIDI par note, avant d’adop­ter le MPE de manière complète et défi­ni­tive avec la version 2.4. Le proto­cole MPE est une évolu­tion de la norme MIDI exis­tante, recon­nue offi­ciel­le­ment par la MMA (MIDI Manu­fac­tu­rer’s Asso­cia­tion) en janvier 2018 et qui permet notam­ment de ne plus affec­ter les effets MIDI comme le pitch bend ou l’af­ter­touch par canaux entiers, mais de manière beau­coup plus précise note par note. Des instru­ments hard­ware comme le Conti­nuum Finger­board, le Roli Seabooard et le Linns­tru­ment ou virtuels comme l’UVI Falcon intègrent cette nouvelle norme. ]

 

 

 

Les nouveau­tés

Mais avant d’at­taquer le plat de résis­tance, je me permets de vous présen­ter rapi­de­ment les autres nouveau­tés et amélio­ra­tions que nous propose cette nouvelle mouture de la STAN alle­mande. Tout d’abord, Bitwig Studio dispose main­te­nant d’un backup auto­ma­tique à chaque sauve­garde d’un projet. Le logi­ciel est égale­ment devenu compa­tible avec le proto­cole Link d’Able­ton permet­tant la synchro­ni­sa­tion instan­ta­née entre outils de MAO sur la même plate­forme ou non.

L’ins­pec­teur de piste a été revu pour les instru­ments suppor­tant la poly­pho­nie avec notam­ment trois modes diffé­rents de gestion des voies. La time­line nous offre une nouvelle règle tempo­relle dont l’af­fi­chage peut être désac­tivé. On peut passer instan­ta­né­ment d’une version anté­rieure d’un plug-in proprié­taire à sa version la plus récente d’un simple clic sur le header (par exemple pour passer de EQ-2 à EQ-5). On peut program­mer des raccour­cis pour des fonc­tions d’ac­ti­va­tion et désac­ti­va­tion de pistes.

L’in­ter­face graphique a hérité de para­mètres supplé­men­taires. Et enfin la liste des contrô­leurs MIDI nati­ve­ment recon­nus s’est étof­fée du Keith McMil­len Instru­ments K-Board Pro 4.

Et main­te­nant…

Nouveau time stretch

general… je vous fais encore un peu patien­ter car je ne peux pas igno­rer un énorme progrès qui a eu lieu depuis la review que nous avions faite en 2016 de la version 2.0 du logi­ciel dans laquelle j’avais à l’époque souli­gné la qualité discu­table des algo­rithmes de time-stretch embarqués. Et puis en février 2018 est arri­vée la version 2.3 de la STAN, et Bitwig s’est enfin décidé à consi­dé­rer luci­de­ment les faibles perfor­mances de son algo­ritme maison, à rabattre le caquet de son orgueil qui l’in­ci­tait sans doute à vouloir ici aussi tuer le père Able­ton Live, et à se déci­der à faire tout comme lui appel au savoir-faire de Zplane pour acqué­rir enfin des algo­ritmes perfor­mants ! Bitwig Studio intègre donc depuis lors les modes Elas­tique «  Solo », « Eco » et « Pro », compa­rables respec­ti­ve­ment aux modes « Beats », « Tone » et « Complex » de Live, à savoir que Solo est parti­cu­liè­re­ment effi­cace sur les voix et les instru­ments mono­diques, « Eco » se débrouille le mieux avec les séquences percus­sives et Pro est davan­tage prévu pour les textures sonores riches et les morceaux entiers. 

Et le moins que l’on puisse dire, c’est que les résul­tats obte­nus sont bien meilleurs que ce à quoi nous étions habi­tués par le passé ! Rien que pour le plai­sir un peu sadique d’en­fon­cer le clou, je vous propose d’écou­ter les deux trai­te­ments d’un même fichier, ici à 110 BPM :

extrait 110 bpm
00:0000:10

puis ralenti à 70 BPM avec l’an­cien algo­rithme préten­du­ment « HD » (que Bitwig a tout de même conservé avec les autres anciens modes par souci de rétro-compa­ti­bi­lité des projets) :

extrait 70 bpm HD
00:0000:17

et enfin avec le nouveau mode Elas­tique Pro :

extrait 70 bpm elas­tique pro
00:0000:17

The Grid

Mais ce qui fait réel­le­ment l’objet de toutes les atten­tions dans cette dernière version de Bitwig Studio, c’est bien évidem­ment l’en­vi­ron­ne­ment modu­laire The Grid ! On ne peut d’ailleurs à cette occa­sion que saluer la constance et l’opi­niâ­treté avec laquelle les déve­lop­peurs berli­nois façonnent depuis les débuts l’iden­tité de leur produit à chacune de ses nouvelles itéra­tions. Là où certaines STAN se sont révé­lées comme étant prin­ci­pa­le­ment des outils de compo­si­tion, d’autres comme des outils d’en­re­gis­tre­ment et de mixage et enfin un certain logi­ciel en parti­cu­lier comme un outil de perfor­mance « live », Bitwig Studio s’af­firme à chaque nouvelle version davan­tage comme « la » STAN dédiée à la modu­la­rité et au Sound Design.

polygrid baseLors de notre dernier banc d’es­sai, nous avions testé le système qui permet­tait d’as­so­cier aux para­mètres des plug-ins pré-exis­tants toutes sortes de modu­la­teurs offrant la possi­bi­lité de dépas­ser les limi­ta­tions de concep­tion initiales desdits plug-ins, par exemple en affec­tant au cutoff d’un filtre du marché un LFO maison de Bitwig Studio. Les déve­lop­peurs alle­mands ont depuis lors pour­suivi dans cette voie-là et nous proposent avec la version 3 de dépas­ser le stade du « simple » perfec­tion­ne­ment de plug-ins exis­tants pour atteindre celui-là même de la créa­tion de nouveaux outils sonores. 

The Grid est dispo­nible en deux versions : un instru­ment « Poly-Grid » et un effet « FX Grid ». Nous revien­drons plus tard sur leurs diffé­rences qui s’avé­re­ront fonda­men­ta­les… ou pas. Mais commençons avec le Poly Grid. Dès que l’on ouvre un patch, on découvre un petit montage de base compor­tant un oscil­la­teur, une enve­loppe AR (Attack-Release) et un module de sortie du signal audio. 

Ce petit patch parfai­te­ment opéra­tion­nel nous permet de produire du son immé­dia­te­ment, même si de manière très limi­tée puisqu’il ne s’agit que de géné­rer une simple onde trian­gu­laire. À nous main­te­nant de venir modi­fier les para­mètres des éléments présents, de rempla­cer ces derniers par d’autres ou d’en ajou­ter à volonté et de défi­nir leurs inter­ac­tions, le tout pour vous consti­tuer le synthé­ti­seur virtuel de vos rêves. À titre d’exemple, voici comment effec­tuer une simple amélio­ra­tion du patch de base. Le volume du signal audio ne répond pas à la vélo­cité ? Pas de problème, il nous suffit pour corri­ger cela de venir cher­cher un module de capta­tion des infor­ma­tions de vélo­cité, un petit modu­la­teur univer­sel et un potard de gestion du volume. On inter­cale ce dernier juste avant la sortie audio du patch, on relie notre module de vélo­cité au modu­la­teur univer­sel que nous affec­tons ensuite au pilo­tage du potard de volume de sortie que nous venons d’in­sé­rer précé­dem­ment, et le tour est joué : nous avons un mini-synthé sensible à la vélo­cité ! C’est d’au­tant plus simple et rapide que l’on peut faire glis­ser les modules supplé­men­taires direc­te­ment sur les entrées ou sorties des modules exis­tants, et le câblage virtuel se fait auto­ma­tique­ment.

Et nous n’avons pas à nous poser de ques­tion sur les types de messages qui vont être véhi­cu­lés par les câbles, MIDI ou audio : tout type de message peut inter­agir avec n’im­porte quel para­mètre. En ce qui concerne les messages audio, ils sont par défaut trai­tés en stéréo mais peuvent bien sûr être split­tés en deux signaux mono. Et si nous souhai­tons contrô­ler un para­mètre d’un élément qui ne dispose pas d’en­trée prévue pour le type de signal que nous souhai­tons utili­ser, pas de souci ici non plus, il nous suffit d’em­ployer un « modu­la­tor out » ou modu­la­teur univer­sel qui trans­forme n’im­porte quel signal en source de modu­la­tion pour n’im­porte quel para­mètre de n’im­porte quel module.

Pour en reve­nir aux câblages, ils peuvent être bien sûr modi­fiés à volonté par la suite. Certains d’entre eux ne sont d’ailleurs pas repré­sen­tés, car consi­dé­rés comme impli­ci­tes… mais là-dessus aussi nous pouvons influer ! Ainsi par exemple pour le câblage « invi­sible » entre la gestion de hauteur de note et notre oscil­la­teur. Par défaut celui-ci repro­duit exac­te­ment  les hauteurs de notes qu’il reçoit de notre clavier. Mais si nous souhai­tons intro­duire de la fantai­sie là-dedans, hop, il nous suffit de désac­ti­ver la recon­nais­sance auto­ma­tique des notes sur l’os­cil­la­teur, d’in­sé­rer un module de pitch à l’en­trée dédiée dudit oscil­la­teur et d’ajou­ter tous les modi­fi­ca­teurs que nous souhai­tons entre les deux. C’est la liberté !

Mais ce n’est pas tout ! Dans l’exemple suivant, j’ai intro­duit dans le chemin entre mon clavier et l’os­cil­la­teur un piano roll pour jouer auto­ma­tique­ment une petite séquence mélo­dique à chaque pres­sion de touche. 

piano roll

Sauf que si vous préfé­rez que cette même séquence soit repré­sen­tée par un bargraphe, il vous suffit de glis­ser ce dernier en lieu et place du piano-roll. Et toutes les données sont conser­vées lors du chan­ge­ment, les hauteurs de barres corres­pon­dront bien aux hauteurs des notes dans le piano-roll.

bargraphe

Ceci est valable pour tous les modules qui partagent entre eux des para­mètres compa­tibles, comme par exemple encore si vous rempla­cez un filtre passe-bas par un filtre passe-haut, les valeurs de coupure et de réso­nance reste­ront les mêmes. Le bonheur peut être simple parfois.

Et il gagne encore en inten­sité quand on sait que The Grid auto­rise nos créa­tions à commu­niquer égale­ment avec l’ex­té­rieur, grâce notam­ment à des modules d’en­trées et de sorties HW (hard­ware) pour les ports MIDI DIN ou USB, ou des modules CV pour commu­niquer avec les appa­reils compa­tibles. Pour infor­ma­tion, les modu­la­teurs employés dans un ensemble de type « grid » permettent de pilo­ter les para­mètres de plug-ins encap­su­lés selon le système maison UMS (cf test de Bitwig 1 pour plus de détails et la descrip­tion de l’acro­nyme).

Ci-dessous un autre exemple de réali­sa­tion person­nelle, un petit synthé à modu­la­tion de phase :

polygrid modulation de phase

L’en­semble de type FX Grid, censé être utilisé comme un effet, se diffé­ren­cie de l’en­semble Poly Grid censé être utilisé comme un instru­ment par le fait qu’à la place du patch précé­dem­ment cité, on a un module d’en­trée audio et un de sortie. Mais rien ne vous empêche de reti­rer ces derniers et de les rempla­cer par les éléments d’un synthé­ti­seur : The Grid reste The Grid, et vous pour­rez très bien program­mer un synthé­ti­seur qui sera impacté par un signal audio entrant, qu’un effet audio que l’on pourra pilo­ter par des notes MIDI…

Ci-dessous un petit effet person­nel permet­tant de boos­ter les basses et bas-médiums d’un signal tout en corri­geant le gain auto­ma­tique­ment :

FX Grid exemple perso

Il y a des modules pour presque tous les besoins et les goûts ! Ils sont en tout plus de 150 répar­tis entre 16 caté­go­ries : les modules d’en­trées-sorties, les modules d’af­fi­chage (oscil­lo­scopes, cellules de textes, etc.), de phase, de données (bargraphes, piano-roll…), les oscil­la­teurs et géné­ra­teurs de son (dont le sampler de Bitwig Studio), les géné­ra­teurs de données aléa­toires, les LFO, les géné­ra­teurs d’en­ve­loppes, les filtres, les trans­for­ma­teurs de signal (distor­sion, etc), les delays, les modules de mixage, les contrô­leurs de niveaux, les gestion­naires de pitches, les opéra­teurs mathé­ma­tiques et les opéra­teurs logiques. Et l’on serait tout à fait en droit de se sentir éven­tuel­le­ment perdu dans cette profu­sion d’élé­ments, si le brow­ser de the Grid avait été moins effi­cace, et surtout – surtout ! – sans l’ex­cel­lente aide contex­tuelle. Celle-ci nous offre les infor­ma­tions que l’on souhaite sur un module donné en isolant visuel­le­ment celui-ci du reste du patch, mais sans enta­mer les possi­bi­li­tés d’ac­tion sur les para­mètres du module en ques­tion : celui-ci reste tota­le­ment opéra­tion­nel et le work­flow n’est ainsi pas contra­rié par une lecture de PDF ou de fichier html. Bitwig a trouvé là une solu­tion extrê­me­ment élégante que l’on souhai­te­rait voir adap­tée au reste du soft et pourquoi pas adop­tée par certains concur­rents.

The Grid arrive avec toute une collec­tion d’ins­tru­ments et d’ef­fets virtuels, et je n’ai pas pu résis­ter à l’en­vie de les mettre à contri­bu­tion dans le cadre d’une petite compo­si­tion que voici (seul le clap n’est pas un instru­ment de The Grid, mais le « e-clap » issus des autres instru­ments de Bitwig Studio), la version complète du fichier employé pour démon­trer les capa­ci­tés du time-stretch :

The Grid compo
00:0002:10

La concur­rence

Et la concur­rence parlons-en. Car bien évidem­ment, the Grid n’ar­rive pas dans un milieu vierge de toute tenta­tive précé­dente de propo­ser ce genre d’ou­tils. En effet, le marché du modu­laire hard­ware ne s’est jamais aussi bien porté, et force est de consta­ter que dans le domaine virtuel égale­ment, l’offre commence à sérieu­se­ment s’étof­fer. Bien sûr, il y a le grand-père Reak­tor, mais égale­ment Max for Live, Modu­lar de Softube pour ne citer qu’eux ou encore dans une moindre mesure le Patcher inclus dans FL Studio d’Image Line. Alors, quelle posi­tion occupe exac­te­ment The Grid dans ce paysage, et que peut-on trou­ver chez lui qui fait défaut à ses concur­rents… ou l’in­verse? Pour répondre, il nous faut comprendre ce que les autres ont à offrir.

Reak­tor propose un envi­ron­ne­ment très complet de déve­lop­pe­ment, très orienté « program­ma­tion visuelle », permet­tant la réali­sa­tion de plug-ins très pous­sés, mais qui ne vise pas forcé­ment la simpli­cité de prise en main. Quand on crée un projet Reak­tor, on se trouve devant une page blanche qu’il nous faudra remplir pas à pas et … le fait est que peu d’entre nous démarrent un projet Reak­tor à partir de rien, ce qui n’est peut-être pas sans raison. Cela peut sembler anodin, mais The Grid avec son petit patch par défaut cité précé­dem­ment invite déjà bien davan­tage au bidouillage sonore. Ce phéno­mène est parfai­te­ment repré­sen­ta­tif de la philo­so­phie géné­rale du produit qui repose sur la simpli­cité et l’en­cou­ra­ge­ment à l’ex­pé­ri­men­ta­tion. En ce sens, The Grid pour­rait se rappro­cher du Patcher de FL Studio. Sauf que ce dernier s’avère pensé comme une inter­face graphique pour relier entre eux des plug-ins déjà réali­sés et non pour créer ses propres outils à partir d’élé­ments basiques de sound design, ce qui s’avère impos­sible avec le système d’Image Line. À l’in­verse, The Grid se révèle quant à lui inca­pable d’in­té­grer des plug-ins dans ses propres patches. 

Même si aucun de ces systèmes ne permet de créer un plug-in utili­sable direc­te­ment dans une STAN tierce ou même en stan­da­lone, dans le cas de Reak­tor ou de Softube Modu­lar ce sont eux-mêmes qui sont les plug-ins en ques­tion et qui auto­risent donc l’in­ter­façage des créa­tions réali­sées en leur sein avec la majo­rité des STAN du marché. De ce point de vue, The Grid ressem­ble­rait davan­tage à un Max for Live dans l’op­tique d’un système de créa­tion d’ou­tils audio non expor­tables et utili­sables exclu­si­ve­ment dans un seul et unique envi­ron­ne­ment. On pour­rait même sentir une certaine parenté d’es­prit entre les deux systèmes dans la manière origi­nale dont chacun d’entre eux intègre l’aide contex­tuelle au work­flow (pour infor­ma­tion, Max For Live permet de glis­ser-dépo­ser les modules direc­te­ment à partir des pages de docu­men­ta­tion les concer­nant dans le plug-in en cours de réali­sa­tion). Alors certes Max For Live dispose d’une profon­deur et d’une richesse de para­mé­trages que The Grid n’at­teint pas tota­le­ment. Mais c’est au détri­ment d’une ergo­no­mie et d’une simpli­cité d’uti­li­sa­tion dans le domaine desquelles The Grid triomphe abso­lu­ment. Sans comp­ter que l’in­té­gra­tion de Max for Live au sein de la STAN d’Able­ton reste un peu moins élégante que celle de The Grid au sein de son propre séquen­ceur. Max n’est en effet dispo­nible que dans la version la plus chère de son hôte et néces­site le lance­ment d’une appli­ca­tion tierce pour la créa­tion de plug-ins, là où The Grid est plei­ne­ment inté­gré à Bitwig Studio qui n’existe qu’en une seule version.

Points néga­tifs

Vous commen­cez à nous connaître main­te­nant, et vous savez donc que la dernière partie du banc d’es­sai va être réser­vée aux doléances. Et pour commen­cer je me dois de signa­ler qu’en-dehors de l’amé­lio­ra­tion des algo­rithmes de time-stretch, les défauts signa­lés lors de notre dernier banc d’es­sai sont restés exac­te­ment les mêmes. Je vous invite donc à ce sujet à jeter un œil à notre article de l’époque. À ces défauts viennent s’ajou­ter trois autres qui datent égale­ment de l’ori­gine de la STAN, que je n’avais pas spécia­le­ment rele­vés à l’époque mais qui ne sont que diffi­ci­le­ment pardon­nables en 2019, à savoir que les samples de la biblio­thèque de Bitwig ne sont clas­sés ni par dossier ni par tags (ce qui rend leur explo­ra­tion passa­ble­ment pénible), que les pistes ne peuvent toujours pas être gelées, et que l’ex­port audio ne peut se faire exclu­si­ve­ment qu’au format *.wav.

En ce qui concerne les parti­cu­la­ri­tés de la présente version de Bitwig Studio, ce sont les défauts suivants qui m’ont inter­pel­lés. Et comme The Grid repré­sente 95% des nouveau­tés de la dernière itéra­tion de la STAN, tous les petits reproches que j’ai à adres­ser main­te­nant concernent cet envi­ron­ne­ment. Tout d’abord, j’au­rais aimé que davan­tage de para­mètres béné­fi­cient d’une traduc­tion chif­frée de leur valeur, et pas unique­ment graphique. On pour­rait imagi­ner par exemple un système où la valeur numé­rique du para­mètre n’ap­pa­raî­trait qu’en cas de survol dudit para­mètre par la souris, afin de ne pas surchar­ger l’af­fi­chage tout en four­nis­sant les infor­ma­tions atten­dues. Dans un même souci de clarté, on pour­rait égale­ment récla­mer que tous les para­mètres modu­lés traduisent visuel­le­ment la modu­la­tion qu’ils subissent, ce qui n’est pas (encore) le cas de tous les types de para­mètres. Enfin, j’au­rais souhaité que le module « recor­der » béné­fi­cie d’un timer inté­gré afin de pouvoir aisé­ment para­mé­trer le temps de l’en­re­gis­tre­ment d’un signal audio dans un ensemble the Grid.

Conclu­sion

Pendant long­temps, les STAN nous ont ont aidés à être des compo­si­teurs, des ingés son, des perfor­mers et aujour­d’hui, des sound desi­gners. C’est le cas de Bitwig Studio, qui au fil des années se détache avec toujours plus de succès de son image de clone d’Able­ton Live pour se forger peu à peu sa propre person­na­lité axée autour de la modu­la­rité. The Grid, l’en­vi­ron­ne­ment de créa­tion d’ou­tils sonores dont la dernière version de Bitwig Studio se pare aujour­d’hui, s’ins­crit abso­lu­ment dans ce contexte et de manière tout à fait brillante. La richesse des possi­bi­li­tés et l’er­go­no­mie limpide que ce nouvel outil propose en font un concur­rent de poids vis-à-vis des autres systèmes modu­laires virtuels. Mais cela ne doit pas faire oublier à Bitwig que certains petits défauts réclament d’être corri­gés, dont quelques-uns depuis long­temps.

Tarif : à partir de 379 €

  • general
  • piano roll
  • polygrid base
  • polygrid modulation de phase
  • FX Grid exemple perso

 

9/10
Award Valeur sûre 2019
Points forts
  • Tout ce que l'on apprécie déjà de Bitwig Studio
  • The Grid, parfait compromis entre puissance et simplicité
  • Son système d'aide contextuelle
  • Les algorithmes actuels de time-stretch introduits dans la version 2.4
  • Backup à chaque sauvegarde
  • Compatible Ableton Link
Points faibles
  • Les défauts non corrigés de la version 2
  • La lisibilité perfectible de certains modules et interactions de The Grid

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