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Test du casque HEDDphone D1 de Hedd - L'HEDDucation sentimentale

Rédigé par un humain
9/10

Après un premier casque hors du commun basé sur une technologie unique, HEDD change de cap avec le HEDDphone D1 : plus compact, plus léger et équipé d’un transducteur dynamique "maison", ce modèle peut-il rendre HEDD plus accessible, sans renoncer à l'excellence sonore de la marque ?

Test du casque HEDDphone D1 de Hedd : L'HEDDucation sentimentale

Fondée à Berlin en 2015, la marque HEDD (Heinz Elec­tro­dy­na­mic Desi­gns) s’est rapi­de­ment impo­sée dans le paysage de l’au­dio haut de gamme grâce à une tech­no­lo­gie inven­tée par l’un de ses fonda­teurs, Klaus Heinz, déjà à l’ori­gine d’ADAM Audio. La signa­ture de la maison repose sur ses fameux trans­duc­teurs AMT (Air Motion Trans­for­mer), d’abord popu­la­ri­sés dans ses moni­teurs de studio puis trans­po­sés en 2020 dans un casque hors norme, le HEDD­phone. Massif, ambi­tieux, unique en son genre, ce premier modèle nous avait surpris autant par son approche tech­nique que par son gaba­rit peu commun.

HEDDphone D1 EnsembleAvec le HEDD­phone D1, la marque alle­mande amorce aujour­d’hui un virage impor­tant : plus compact, plus léger et plus abor­dable (par rapport aux autres casques de la marque, car il coûte quand même près de 700 euros), ce nouveau venu ambi­tionne de conser­ver la qualité sonore que l’on asso­cie à la marque tout en adop­tant une tech­no­lo­gie plus clas­sique, celle du haut-parleur dyna­mique. Plus clas­sique certes, mais comme l’on est chez HEDD, bien entendu, il y a de la recher­che… Nous revien­drons sur ce point. Voyons donc si ce nouveau modèle parvient à trans­for­mer l’es­sai… et s’il réus­sit à faire oublier le poids (au sens propre comme au figuré) de son illustre aîné.

Spéci­­fi­­ca­­tions

Le HEDD­phone D1 est un casque de type circum-auri­cu­laire, ouvert, avec un trans­­duc­­teur dyna­­mique. Les spéci­­fi­­ca­­tions annon­­cées par le construc­­teur sont les suivantes :

Impé­­dance : 32 ohms

Réponse en fréquence : 5 Hz – 40 kHz

Le poids est large­ment infé­rieur à celui du HEDD­phone TWO, que nous avions testé en novembre dernier : 350 g au lieu de 550. Cela peut paraître encore un peu lourd, étant donné que la plupart des casques tournent autour de 250 g mais, à l’usage, il nous a semblé que 100 g de plus que la moyenne était tout à fait suppor­table, là où les 300 g de plus du modèle TWO se faisaient vrai­ment vite sentir.

HEDDphone D1 JackCôté câble, HEDD fait beau­coup plus simple qu’avant, avec un seul câble de forme Y, avec aux trois extré­mi­tés des termi­nai­sons jack 3,5 mm, avec bien entendu un adap­ta­teur pour passer à la taille 6,35 mm. Le câble est très souple, solide, et esthé­tique­ment plai­sant (ce qui n’est qu’un détail, mais fait toujours plai­sir). Par ailleurs, les fiches jack sont dévis­sables, ce qui est toujours préfé­rable dans la pers­pec­tive d’une répa­ra­tion.

Le style géné­ral est très sobre, avec un mélange de plas­tique et de métal brossé (voir l’ar­ceau ci-dessous). Le bran­che­ment en Y n’est pas réver­sible, comme c’est souvent le cas sur des casques produits récem­ment, et il convient donc de prêter atten­tion à la fois au bran­che­ment du câble lors de l’ins­tal­la­tion, mais aussi à la façon dont on le pose sur ses oreilles à chaque utili­sa­tion, le câble en Y n’ayant pas de repères simples (un code couleur rouge-blanc, par exemple).

  • HEDDphone D1 Arceau
  • HEDDphone D1 connectique

Les cous­si­nets en velours perforé sont très confor­tables, doux, et « respi­rants ». Ils sont égale­ment très souples, permet­tant un bon contact sur tout le pour­tour de l’oreille.

HEDDphone D1 Logo

Est-ce que le casque HEDD­phone D1 de Hedd est démon­­table ?

Tout à fait, comme toujours chez HEDD. En premier lieu, on retire les cous­si­nets, non pas en tirant sur leur velours, mais sur un cerclage qui les supporte : 

HEDDphone D1 Demontage5

Ce qui nous découvre dix vis : cinq sur le pour­tour du haut-parleur, cinq sur la bordure interne. Ce sont ces cinq dernières que l’on ôte en premier :

  • HEDDphone D1 demontage1
  • HEDDphone D1 demontage4

 

Le support du HP retiré, on pour­rait aisé­ment répa­rer un faux contact au niveau du connec­teur jack : 

HEDDphone D1 demontage3

La pola­rité du HP est même indiquée ! Sur l’en­vers du support HP, on retrouve les cinq vis que l’on a précé­dem­ment lais­sées. En les reti­rant (déli­ca­te­ment !), on découvre le cône du haut-parleur. Une merveille qui prouve que HEDD n’exa­gère pas lorsqu’ils disent avoir déve­loppé un cône selon une appli­ca­tion proprié­taire :

HEDDphone D1 Demontage2

Pour conclure, le cous­si­net est accro­ché sur un support plas­tique, et il est sécu­risé par des picots. Il convient donc d’ôter ce support pour pouvoir chan­ger ce cous­si­net.

HEDDphone D1 Coussinet

Ajou­tons à cela que tout le reste du casque est construit avec des vis appa­rentes, et que HEDD propose le rempla­ce­ment de toute pièce défec­tueuse. Rien à redire !

Confort

Comme nous l’avons laissé entendre au début de cette partie, les cous­si­nets sont très confor­tables et le poids un tout petit peu élevé du casque (plus de 300 g) est presque sans consé­quence. L’ar­ceau béné­fi­cie d’un excellent cous­sin, qui rend les écoutes prolon­gées très agréables.

Isola­­tion

Non appli­cable, il s’agit d’un casque ouvert.

Trans­­port

HEDD four­nit, avec de D1, une petite mallette de trans­port, modeste, mais bien solide, avec juste assez de place pour y ranger égale­ment le câble. Encore une fois, c’est très bien.

Bench­­mark

Voici donc le nouveau proto­­­­cole de mesures objec­­­­tives, mené par nos soins afin de complé­­­­ter l’écoute subjec­­­­tive. Avec l’aide précieuse de notre testeur EARS de MiniDSP, nous avons le plai­­­­sir de pouvoir vous four­­­­nir des courbes de réponse en fréquence et distor­­­­sion, réali­­­­sées dans notre atelier.

Réponse en fréquence : 

HEDDphone D1 RFV1

On remarque :

  • Légère montée progres­sive dans l’ex­trême grave jusqu’à 130 Hz (écart de 5 dB)
  • Grande zone très linéaire et en bonne conti­nuité avec les basses, jusqu’à 4 kHz, avec un léger creux juste sous 2 kHz.
  • Un creux vers 5–6 kHz
  • Remon­tée progres­sive, mais bien marquée jusqu’à 8 kHz (+7 dB par rapport à 1 kHz)
  • Un second pic dans l’aigu, a 12 kHz, parti­ci­pant à une accen­tua­tion géné­rale de la plage de fréquences entre 7 et 13 kHz.
  • Descente consé­quente, à 15 Hz, avec un extrême aigu plus en retrait (envi­ron –6 dB par rapport à 1 kHz)

Les deux trans­­duc­­teurs sont très bien appa­riés sur toutes les plages de fréquences audibles.

Distor­­sion :

HEDDphone D1 THDV1

La distor­­sion mesu­­rée est globa­le­ment très basse, ne dépas­sant jamais 1,5 % (ce taux maxi­mum est mesuré à 20 Hz), et restant majo­ri­tai­re­ment sous 0,1 %.

Écoute

Richard Hawley – Don’t Get Hung Up In Your Soul (sur True­­lo­­ve’s Gutter)

Une ballade acous­­tique, avec beau­­coup de réverbe et une diffé­­rence de dyna­­mique impor­­tante entre la voix et la guitare. La resti­tu­tion met en avant une belle linéa­rité des médiums, offrant une voix dense et natu­relle. La légère accen­tua­tion du haut médium apporte de la présence sans rendre le timbre trop nasal ou pincé. Malgré le creux vers 5–6 kHz, dont on se demande s’il n’im­pacte pas notre percep­tion des détails, la réver­bé­ra­tion est bien lisible grâce à une bonne exten­sion géné­rale vers l’aigu. L’en­semble reste propre, cohé­rent, agréable. Pour un début, on est charmé.

Sun Kil Moon – Butch Lulla­­bye (sur Common As Light And Love…)

Sur l’in­­tro, on doit entendre à la fois les notes graves, les harmo­­niques médiums ajou­­tées par la distor­­sion, l’at­­taque légè­­re­­ment piquée des notes, tout en sépa­­rant bien la grosse caisse qui sonne assez sèche et médium. Le grave, grâce à son très léger retrait, gagne en lisi­bi­lité sans perdre en présence. Les attaques dans le médium de la grosse caisse sont clai­re­ment repro­duites, mais sans trop en faire, grâce à une réponse très plate et neutre dans cette zone. Elles béné­fi­cient égale­ment d’un haut médium légè­re­ment surli­gné, ce qui renforce subti­le­ment sa lisi­bi­lité. La grosse caisse conserve donc son carac­tère sec, tandis que le clavier-basse ronfle jusque dans l’ex­trême grave.

Massive Attack – Tear­­drop (sur Mezza­­nine)

Un titre avec beau­­coup d’ex­­trême grave, mais qui ne doit jamais masquer les nombreux détails dans le haut médium et l’aigu. Encore une fois, l’ex­trême grave est présent mais sans emphase, sans carac­tère brouillon. Les tran­si­toires sont rendus avec force détails, c’est surtout frap­pant dans l’ou­tro, grâce à la remon­tée entre 8 et 10 kHz, qui apporte de la brillance, mais aussi grâce à la linéa­rité géné­rale de la réponse en fréquence. Encore une fois, on trouve l’écoute vrai­ment très enthou­sias­mante, et pour l’ins­tant, aucune fatigue audi­tive.

Char­­lie Mingus – Solo Dancer (sur The Black Saint And The Sinner Lady)

Voilà un morceau avec beau­­coup de souf­­flants jouant dans des tessi­­tures simi­­laires : c’est très touffu et le but est d’es­­sayer de discer­­ner les timbres. La linéa­rité totale, des médiums jusqu’aux graves, favo­rise une bonne diffé­ren­cia­tion des timbres dans cette zone, certai­ne­ment aidée par une distor­sion géné­ra­le­ment conte­nue au-dessus de 100 Hz. De plus, le haut médium légè­re­ment en avant améliore cette lisi­bi­lité des cuivres et l’aigu accen­tué apporte du détail et faci­lite le suivi (par exemple sur les queues de réverbe, car, même si les exemples sont rares dans ce morceau, il y en a au moins un flagrant). Toujours pas de fatigue signi­fi­ca­tive.

Edgar Varèse – Ioni­­sa­­tion (New York Phil­­har­­mo­­nic, dir. Pierre Boulez)

Ici, l’on cherche à juger de l’image stéréo et du suivi de la réver­­bé­­ra­­tion natu­­relle de la salle, qui joue sur l’im­­pres­­sion d’es­­pace. L’écoute se fait entre 0:30 et 1:15 min. Si la scène pano­ra­mique béné­fi­cie de l’ac­cen­tua­tion dans l’aigu, les graves ne sont pas en reste, avec des timbales et des gongs parti­cu­liè­re­ment profonds. Les réver­bé­ra­tions natu­relles de la salle sont bien percep­tibles, d’où une repré­sen­ta­tion détaillée du posi­tion­ne­ment de chaque instru­ment dans l’es­pace. Les tran­si­toires sont très nets, mais sans agres­si­vité pour autant. Toujours pas trop de fatigue audi­tive à la fin de ce test. Autant dire que l’on reste sur une très bonne impres­sion.

Notre avis : 9/10

Le HEDD­phone D1 marque un tour­nant inté­res­sant pour la marque alle­mande. En délais­sant son emblé­ma­tique tech­no­lo­gie AMT au profit d’un trans­duc­teur dyna­mique, HEDD parvient à propo­ser un casque plus acces­sible, plus léger et surtout plus poly­va­lent, sans renier tota­le­ment son exigence sonore. À l’écoute, le D1 séduit d’abord par la cohé­rence de sa resti­tu­tion : une réponse globa­le­ment linéaire, des médiums parti­cu­liè­re­ment justes et une distor­sion très conte­nue parti­cipent à une repro­duc­tion propre, lisible et tech­nique­ment solide. Pour ce qui est de la réponse en fréquence, le registre grave, légè­re­ment en retrait, privi­lé­gie la préci­sion, tandis que le haut du spectre, plus souli­gné, apporte clarté, détail et aéra­tion. Entre les deux, la linéa­rité est presque parfaite, mis à part un léger creux autour de 5–6 kHz et aussi dans l’ex­trême aigu.

Sur le plan ergo­no­mique, le D1 corrige en grande partie les « excès » de son prédé­ces­seur, avec un confort réel­le­ment ressenti tout au long de l’écoute, et qui s’ajoute désor­mais a une concep­tion toujours aussi soignée et à un souci de rendre le casque répa­rable. Au final, sans être abso­lu­ment irré­pro­chable (même si certains diront que l’on pinaille beau­coup chez AF), le HEDD­phone D1 propose une approche tech­nique sérieuse, et un profil sonore très maîtrisé, et qui devrait séduire les audi­teurs à la recherche d’un casque tout à la fois analy­tique, équi­li­bré et durable. Une belle réus­site !

  • Confort réussi (coussinets, arceau, poids maîtrisé)
  • Fabrication sérieuse et démontable, avec une excellente « réparabilité »
  • Signature sonore plutôt neutre et détaillée avec…
  • Un grave bien présent, mais pas débordant
  • Une excellente linéarité des médiums
  • Des aigus accentués sans excès
  • Une faible distorsion harmonique
  • Une bonne reproduction des transitoires
  • Une écoute peu fatigante

  • Manque d'un repérage vraiment immédiat entre les deux oreillettes (un code couleur, discret, par exemple)
Pays de fabrication : Allemagne
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    KURZ67

    KURZ67

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    Posteur·euse AFfiné·e
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    Commentaires sur le test : Test du casque HEDDphone D1 de Hedd
    Bonsoir,
    Cela a peut-être déjà été évoqué, mais pour les écoutes, vous branchez les casques sur quoi,?
    Sortie casque carte son, preampli casque, sortie directe lecteur CD......?

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