Gibson SG Futura 2014
ModèleGibson SG Futura 2014

Modèle appartenant à la série SG de la marque Gibson

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Test de la Gibson SG Futura

Test

La SG du futur ?

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La Gibson du futur possède-t-elle le caractère policé de son homonyme scriptural ? Où est-ce une énième tentative de révolution respectueuse des traditions ?

La Lutherie du futur ?

La Futura ne propose pas que des nouveautés. À commencer par la forme SG, utilisée par la firme américaine depuis plus d’un demi-siècle, mais qui a largement fait ses preuves en termes d’ergonomie, de sonorité et de poids. Les essences utilisées sont typiques des Gibson actuelles, avec le traditionnel acajou pour le corps, tandis que le manche est composé d’érable surmonté de palissandre. Les peintures et vernis sont à la mode « faded », ce qui permet de voir que l’acajou sélectionné pour le corps est tout à fait respectable. Contrairement au manche où le palissandre fait pâle figure à côté de celui équipant une SG standard par exemple. Il faut bien justifier son prix plus élevé me direz-vous, et vous aurez raison (les puristes iront jusqu’à dire que le bon palissandre n’existe plus, alors...).

Gibson SG Futura

Mais parlons un peu plus du manche 24 cases profilé 60's, c’est-à-dire particulièrement fin pour une Gibson, tout en conservant un radius de 12 pouces. Les petites mains seront à la fête en position « pouce par dessus », mais aussi en position académique grâce à l’aplatissement central dédié au pouce, mais les grandes paluches seront moins enthousiastes et pourront se sentir à l’étroit. Notez également que les véritables frettes jumbo ne sont pas de la partie, elles se font d’ailleurs de plus en plus rares du côté de Nashville par les temps qui courent (snif).

Enfin, la Futura est logiquement équipée d’un Min-ETune et de ses mécaniques motorisées (pour plus d’infos concernant le Min-ETune, c’est ici) tandis que l’ensemble chevalet et cordier reste fidèle à la tradition avec un Tune-O-Matic chromé. 

L’électronique du futur ?

Gibson SG Futura

Côté électrique, la Futura propose un couple de capteurs résolument modernes sous des habits vintage : un Burstbucker 3 au chevalet, déjà présent dans plusieurs modèles de la marque et surtout un P90H Sidewinder côté manche. Ce tout nouveau soapbar garde l’esthétique et les mensurations d’un P90 traditionnel, tout en abritant une deuxième bobine ayant pour vocation de baisser le dénominateur du rapport signal/bruit. Autrement dit, il s’agit d’un « P90 noiseless ». Les deux micros sont splitables à l’aide des boutons de volume par push/pull. Quant aux réglages de tonalité, ils incombent à de traditionnels potentiomètres passifs. L’ensemble est pompeusement nommé « Next gen knobs », mais rien de réellement nouveau n’est à signaler, tout comme pour le toggle switch et la nécessaire prise jack.

La dernière innovation concerne un petit switch trônant sur la plaque qui promet 15 décibels supplémentaires pour faire ressortir vos jolis soli. Et comme qui dit décibels supplémentaires dit alimentation, une pile 9 V se loge sous la plaque arrière, avec plusieurs vis à retirer pour y accéder (ce qui est tout de même bien pénible à l’usage). On remarquera au passage que la priorité a été donnée au bois, au détriment de la place dévolue à l’électronique qui se retrouve bien à l’étroit dans son petit compartiment.

La finition du futur ?

Gibson SG Futura

Espérons que ce n’est pas le cas ! Car l’exemplaire que j’ai eu entre les mains mériterait de repasser au contrôle qualité pour deux détails qui chagrinent lorsque l’on parle d’une pelle à 1000 € : il manque une vis sur la plaque arrière, mais surtout la plaque qui protège la table des assauts du plectre n’est pas correctement montée ou bien ce n’est pas la bonne, je n’ai pas réussi à trancher définitivement (mais je penche pour la seconde hypothèse). Le genre de détail qui n’est pas grave tant qu’on ne l’a pas vu, mais qui une fois découvert, se voit comme le nez au milieu de la figure. Heureusement, le reste est tout à fait honorable (avec une mention spéciale pour l’incrustation à la 12e case) et ces petites bêtises ne jouent en rien sur le rendu sonore.

Open (soap) bar

 

Débutons les festivités avec le jeune P90H.

Futura p90 clean
00:0000:36
  • Futura p90 clean 00:36
  • Futura p90 crunch 00:25
  • Futura p90 sat 00:24
  • Futura p90split clean 00:36
  • Futura p90split crunch 00:25
  • Futura p90split sat 00:21

Technique d’enregistrement

La guitare a été branchée en direct dans un Hugues & Kettner Triamp MKII raccordé à un Marshall 1960 Vintage.
Le son est ensuite capté par un Shure SM57 à gauche et un Sennheiser E609 à droite, en direct dans une 01-V qui renvoie le signal dans une ProFire LightBridge sur un iMac sous ProTools M-Powered.

Sans surprise le son est chaud, vrombit dignement en crunch tout en délivrant une quantité d’aigus et de hauts-médiums plus importante que prévue. Le son splitté est quant à lui plus surprenant. En effet, on se rapprocherait presque d’un simple bobinage « à la Fender », avec beaucoup d’aigus pour un micro aussi proche du manche.

Splitté ou non, ce micro sonne donc résolument moderne, ce qui paraît finalement logique pour une guitare du futur, mais qui pourra décontenancer les aficionados du P90 « à l’ancienne ». 

Ça déchire

Passons ensuite à la position Treble pour découvrir comment le plus violent des Burstbucker se comporte dans la Futura.

Futura Burst clean
00:0000:35
  • Futura Burst clean 00:35
  • Futura Burst crunch 00:26
  • Futura Burst sat 00:36
  • Futura Burstsplit clean 00:36
  • Futura Burstsplit crunch 00:26
  • Futura Burstsplit sat 00:37
Gibson SG Futura

Le niveau de sortie est là bien plus élevé et le crunch arrive assez vite, même en son clair. Sans aller jusqu’à des extrêmes de type EMG, le Burstbucker sonne à la fois lourd et précis, et les aigus cinglants et chaleureux à la fois, typiques de la SG, restent bien présents. Un micro rock/métal qui sera difficile à faire sonner dans d’autres registres plus calmes, même s’il est splittable, car là aussi on restera dans une ambiance « qui envoie du bois », plus proche d’un micro chevalet de Telecaster qu’autre chose.

Vous entendrez également le boost activé au milieu des extraits saturés. Sa position sur la plaque, qui paraît judicieuse de prime abord, ne se révèle pas très pratique à l’usage. Les possesseurs de pédales de boost n’iront donc pas revendre leur bien de sitôt. Il est à noter pour ceux qui aiment les sons saccadés que le bouton peut se transformer en killswitch lorsque l’on retire la pile.

L’open (soap) bar, ça déchire

Je finis par ce qui m’a le plus plu, c’est-à-dire la position centrale avec les 2 micros à fond. Même avec les 2 micros splittés, on obtient pas mal de présence et un caractère bien trempé.

Futura p+burst clean
00:0000:28
  • Futura p+burst clean 00:28
  • Futura p+burst crunch 00:27
  • Futura p+burstsplit clean 00:28
  • Futura p+burstsplit crunch 00:27
  • Futura p+burst sat 00:30
  • Futura p+burstsplit sat 00:29
 

L’achat du futur ?

Cette nouvelle Gibson possède de sérieux arguments pour les rockeurs de toute obédience, grâce au Min-ETune bien sûr, mais aussi à ses micros splitables tout à fait pertinents au rendu moderne et précis, au détriment d’un peu de chaleur. Si la finition ne laissait pas à désirer, le millier d’euros demandé pour l’acquérir pourrait paraître amplement justifié. Ceci dit, sachant que cela peut être un cas isolé, il suffira d’aller en magasin afin de pouvoir examiner l’exemplaire convoité sous toutes les coutures avant l’achat pour éviter les mauvaises surprises.

 

Notre avis :
Points forts Points faibles
  • Les micros polyvalents avec des splits utiles
  • Le Min-ETune
  • Le boost (utilisable en tant que killswitch)
  • Le manche 60's pour les petites mains
  • La finition
  • L’emplacement du boost
  • Le manche 60's pour les grandes mains
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