Fender lance une version renommée, rebadgée mais également repensée, en partie au moins, des deux lignes d'interfaces audio, Quantum et Audiobox, de feu PreSonus. La nouvelle a fait couler beaucoup d'encre numérique, et les interfaces sont donc attendues au tournant. Alors, déçu en bien ?
Cela faisait donc maintenant un peu plus de quatre ans que Fender avait gobé Presonus (gloup), une marque phare du matériel de home studio (pour une part, grâce à ses prix généralement très concurrentiels) que nous avons toujours suivi avec intérêt et, osons le mot, fidélité. En quatre ans, rien n’avait laissé présager de cette annonce qui, en toute honnêteté, nous est parvenue comme une étrange surprise, de celles que l’on n’aurait dû – mais que l’on n’a pas su – prédire : PreSonus, comme nom de marque, disparaît, et les produits qui le portent s’intègrent désormais pleinement dans le catalogue Fender. Plus précisément, les interfaces existantes et les différentes versions de StudioOne, la STAN historique de PreSonus, feront maintenant partie de la gamme « Fender Studio », un nouveau système d’appareils et de programmes consacré à l’enregistrement et à la production musicale.

Présentation et connectique de la Fender Quantum LT 2
Comme à notre habitude, commençons simplement par une description objective des contrôles et des entrées-sorties présents sur les faces avant et arrière, avant de commenter les performances de l’appareil.
Et donc, sur la face avant, se trouvent :
- Une entrée instrument sur jack 6,35 mm TRS (voie 1)
- Un potentiomètre de réglage de gain pour la voie 2 (ligne/micro), avec son commutateur de 48 V et sa LED d’indication d’écrêtage
- Le gros potentiomètre central de réglage du niveau d’écoute
- La LED indicatrice de connexion USB
- Le bouton « Direct », qui permet d’envoyer le signal depuis l’entrée directement vers la sortie, sans passer par les convertisseurs.
- La sortie casque, avec sa prise jack 6,35mm TRS et son potentiomètre de réglage de gain de l’ampli casque.
Sur la face arrière :
- La seconde entrée, ligne/micro, sur combo XLR-jack 6,35 mm TRS (voie 2)
- Les deux sorties pour vos écoutes, sur jack 6,35 mm TRS
- La prise USB-C pour la connexion à l’ordinateur et l’alimentation
C’est simple, efficace, presque un peu austère.
D’un point de vue de la solidité de construction, ça varie. Autant la face arrière est irréprochable (avec toutes ses connectiques fixées au châssis, et trois grosses vis bien apparentes qui rendent le démontage très évident) autant l’avant ne suit pas les mêmes préceptes. On regrettera en particulier que l’entrée instrument en façade, sur laquelle on risque d’effectuer de nombreux branchements/débranchements, ne bénéficie pas d’un arrimage aussi solide que les sorties moniteurs, que l’on risque pourtant peu de solliciter régulièrement.

Par ailleurs, sans faire aussi riquiqui que l’Evo-4 d’Audient (un constructeur a-t-il fait aussi petit depuis ?), Fender réussi le pari de produire une interface vraiment portative, légère et particulièrement petite, mais qui ne paraît pas trop cheap pour autant.
Quant aux contrôles, le seul petit reproche que je ferai sera que sur l’ancienne série Quantum (la série HD, certes plus chère), l’éclairage de l’encodeur principal (situé à son pourtour) avait pour fonction de visualiser le niveau d’atténuation auquel il était réglé. L’encodeur actuel, qui s’allume toujours d’un beau bleu profond qui évoque bien « l’héritage PreSonus », n’indique plus rien : la lumière sert surtout à bien le repérer, ce qui me semble être moins intéressant comme fonction. Notons également, en ce qui concerne la visualisation des niveaux, que la LED « clip », située à côté du potentiomètre de réglage du niveau d’entrée, ne s’allume en vert (puis jaune puis rouge) que lorsque l’on s’approche (puis l’on atteint) le point d’écrêtage. Elle ne signale donc que le clipping et pas la présence d’un signal. C’est dommage.
Pour finir, une sorte d’étrangeté (à mes yeux) mais à laquelle on s’habitue probablement : l’éclairage du bouton d’écoute directe, qui s’éclaire d’un beau bleu « Presonus » lorsqu’il est… inactif, et en blanc lorsqu’il est actif. Suis-je le seul à trouver cela contre-intuitif ? Que la couleur « phare » de l’appareil serve à dénoter le mode off ? Je ne compterai pas cela comme mauvais point, car j’imagine que l’on peut penser autrement, mais ce choix de design me paraît illogique.
Logiciel Universal Control : fonctionnement et limites
Ici, il n’y a pas beaucoup de surprise pour les habitués de PreSonus, car l’Universal Control reste, grosso modo, exactement le même. Quantum LT 2 oblige, toutes les fonctions permises par ce logiciel ne sont pas accessibles, l’interface ne les supportant pas. Le mixer se présente donc sous une apparence particulièrement épurée :
Pour les entrées, deux tranches d’entrées, avec les réglages de panoramique, de solo et de mute, plus le réglage d’envoi vers le bus de réinjection (loopback), et pour les sorties, la tranche de réinjection, justement, avec les mêmes contrôles, plus le « fader flip » (voir ci-dessous) et la tranche de master, avec là aussi le mute et le panoramique. Simplissime.
Le bouton « Fader Flip », qui avait été créé par Presonus à l’époque du lancement de la série HD, permet de transformer les faders (maintenant colorés en vert) en contrôles de réglage du mix de la sortie alternative. Dans le cas présent, il ne peut s’agir que du loopback, mais sur des interfaces avec plus de sortie ligne, l’enclenchement du mode fader flip sur les sorties alternatives vous permet de visualiser et de contrôler deux mix différents en un seul clic. Pour avoir un temps utilisé une interface de la série HD, ce bouton est vraiment très pratique pour réaliser plusieurs mix rapidement, et les modifier selon les besoins du moment.
Pour finir, le bouton « direct » met en pause tout le logiciel de mix, puisqu’il s’applique à toutes les entrées indifféremment. Il est l’équivalent hardware du bouton de mise en pause qui se situe dans le coin supérieur droit du logiciel.
Performances audio et mesures techniques (benchmark)
Précisons-le d’abord, la Quantum LT 2 travaille dans une résolution max de 24 bits/192 kHz. Un petit tour du côté de RTL Utility nous apprend que la latence réelle est la suivante :

Plage dynamique : 101,5 dB (AES-17, pondération A)
1 – entrées ligne :
Déviation : ±0,03 dB (fréquence de référence : 1 kHz)
THD+N : – 105 dB / THD : – 110 dB (@ 1 kHz)
Distorsion d’intermodulation : – 100 dB (type SMPTE, @ 1 kHz)
En amplitude, on mesure :
2 – entrées micro :
Déviation : ±0,07 dB (fréquence de référence : 1 kHz)
THD+N : – 92 dB / THD : – 93 dB (@ 1 kHz)
Distorsion d’intermodulation : – 81 dB (type SMPTE, @ 1 kHz)
En amplitude :
Gain max : 74.4 dB (entrée micro, @ 1kHz)
3 – sortie casque ?
Déviation : ±0,06 dB (fréquence de référence : 1 kHz)
THD+N : – 72 dB / THD : – 92 dB (@ 1 kHz)
En amplitude :
4 – sortie ligne :
Déviation : ±0,06 dB (fréquence de référence : 1 kHz)
THD+N : – 74 dB / THD : – 97 dB (@ 1 kHz)
Distorsion d’intermodulation : – 93 dB (type SMPTE, @ 1 kHz)
En amplitude :
































