Changement d'enseigne ! Presonus, muée en une branche de l'arbre Fender, devient dorénavant... Fender, tout simplement. Car c'est sous ce nom légendaire que sortent, en ce début d’année, les nouvelles interfaces de la série Quantum. Mais nouveau badge veut-il dire nouvelles performances ?
La nouvelle est tombée sans véritable signe avant-coureur : le nom PreSonus s’efface au profit de celui de Fender. Quatre ans après l’acquisition de la marque de (plus ou moins home-)studio, ses produits changent officiellement de bannière. Alors voilà un virage auquel on ne s’attendait pas, mais qui, de notre point de vue de testeur, se révèle intéressant, puisqu’il y a deux ans de cela nous avions déjà mis à l’épreuve deux modèles de la série Quantum, encore estampillés PreSonus, mais appartenant déjà à la firme Fender. Et aujourd’hui, arrivent sur notre établi des versions d’une gamme nouvelle, certes, mais clairement pensée dans la continuité des interfaces que nous avions testées à l’époque.
Il y a donc comme une logique à ce qu’AF examine aujourd’hui l’un de ces modèles et pose la question : est-ce que cette nouvelle série d’interface vaut plus que par l’apposition d’un certain logo commençant par F… ou plutôt ꟻ.
Présentation complète de la Fender Quantum LT 16 : connectique et ergonomie
Comme à notre habitude, commençons par une revue objective de la machine, en commençant par la face avant :
- huit entrées sur combo XLR/jack 6,35 mm TRS
- D’un côté des huit entrées, les deux boutons de commutations de l’alimentation fantôme (pour les entrées 1–4 puis 5–8) et de l’autre les huit boutons de gain.
- Chaque bouton de gain a sa LED qui indique l’écrêtage du signal
- Un gros potentiomètre principal, pour régler le niveau de sortie des écoutes principales
- La LED indicatrice de connexion USB
- Le bouton « Direct », permettant de passer outre le logiciel de mix et d’écouter directement les signaux arrivant aux entrées, sans latence
- La sortie casque, avec son bouton de gain
- Le bouton marche/arrêt
L’arrière est tout aussi bien remplie :
- huit entrées ligne, avec un sélecteur de sensibilité par paire (+4 dBu/-10 dBV)
- huit sorties ligne, dont deux pour les écoutes principales.
- Une entrée et une sortie MIDI sur prise DIN 5 broches
- La prise USB-C pour le raccordement à l’ordinateur
- la prise d’alimentation, pour raccordement à l’alim 12V DC fournie avec l’interface.
Première remarque : côté entrées, on est bien gâté. 8 entrées micro, 16 entrées ligne, 2 entrées instrument… Il n’y a rien à redire, on approuve totalement. Dans cette gamme (environ 500 euros), on voit rarement aussi généreux. Quant aux sorties, ce n’est pas mal du tout non plus : on peut travailler en 5.1 si l’on veut, ou utiliser plusieurs paires d’écoutes alternatives avec des fonctions spécifiques pour le mixage, ou encore contrôler des machines puisque les sorties sont couplées en courant continu. La présence du MIDI est un plus, bien entendu.
Quelques points négatifs maintenant : les boutons de gain, en façade, sont un peu trop serrés et nécessitent une attention particulière au moment du réglage, et cela d’autant plus qu’il sont physiquement éloignés des entrées. On a donc besoin de porter le regard régulièrement sur l’interface pour ne pas se tromper et être sûr de modifier le réglage adéquat. Nous en avons fait l’expérience lors du test, où il est arrivé plusieurs fois que, pour régler une entrée, nous changions le niveau d’une autre par inattention. Autre point négatif, mais moins grave : les boutons de potard de gain sont vraiment petits, et peuvent donc vous faire manquer légèrement de précision, surtout lors des premières prises en main. Ajoutons à cela que les LED qui les accompagnent ne signalent que l’arrivée au point d’écrêtage, mais pas la présence du signal ni son niveau (hors saturation), ce qui est regrettable.
Pour ce qui est de la qualité de construction, c’est plutôt bon, même si l’on aurait bien voulu trouver des connectiques vissées au châssis devant et derrière, mais malgré cela l’interface semble plutôt robustement construite.
Pas grand-chose à ajouter pour l’instant, passons donc au logiciel de mixage.
Logiciel Universal Control : fonctionnement et gestion des mix
Le mixer Universal Control de, désormais, Fender, tous les habitués de PreSonus le connaissent bien, car cette nouvelle version demeure similaire à ce à quoi la marque nous avait déjà habitué. La Quantum LT 16 permet d’en exploiter un assez grand nombre de fonctions : voici l’apparence « de base » du mixer, avec toutes ses tranches apparentes.
Les entrées bénéficient toutes de réglages de panoramique, de solo et de mute, plus les réglages d’envoi vers les trois paires de sorties alternatives et l’envoi vers le bus de réinjection (loopback. Sur la droite, les deux tranches des sorties permettent, pour la première, de faire apparaître et de contrôler chaque sortie alternative, plus la réinjection, et l’on retrouve pour chacune de ses sorties les mêmes contrôles (panoramique et mute) plus le « fader flip » (voir ci-dessous). La seconde tranche, la plus à droite, correspond au master, avec là aussi le mute et le panoramique. C’est tout simple à prendre en main, c’est même évident.
Le bouton « Fader Flip », qui avait été créé par Presonus à l’époque du lancement de la série HD, permet de transformer tous les faders (maintenant colorés en vert) en contrôles de réglage du mix de la sortie alternative sélectionnée. Dans l’image ci-dessous, il s’agit des sorties 3–4, qui reçoit à deux niveaux différents, le signal envoyé sur l’entrée 1 (micro) et l’entrée 9 (ligne). On voit ci-dessous comment les réglages des faders reprennent, en les rendant plus facilement visualisable, les réglages des petites barrettes horizontales situées au haut de chacune des deux tranches. En passant d’une paire de sorties à une autre, on peut visualiser et régler rapidement plusieurs mix totalement différents.
Pour finir, le bouton « direct », présent en façade, met en pause tout le logiciel de mix (voir image ci-dessous), puisqu’il s’applique à toutes les entrées indifféremment. Il est donc l’équivalent physique du bouton de mise en pause qui se situe dans le coin supérieur droit du logiciel.
Mesures audio et performances techniques de la Quantum LT 16
Précisons-le d’abord, la Quantum LT 16 travaille dans une résolution max de 24 bits/192 kHz. Un petit tour du côté de RTL Utility nous apprend que la latence réelle est la suivante :

Plage dynamique : 105,2 dB (AES-17, pondération A)
1 – entrées ligne :
Déviation : ±0,03 dB (fréquence de référence : 1 kHz)
THD+N : – 100 dB / THD : – 109 dB (@ 1 kHz)
Distorsion d’intermodulation : – 99 dB (type SMPTE, @ 1 kHz)
En amplitude, on mesure :
2 – entrées micro :
Déviation : ±0,07 dB (fréquence de référence : 1 kHz)
THD+N : – 95 dB / THD : – 96 dB (@ 1 kHz)
Distorsion d’intermodulation : – 87 dB (type SMPTE, @ 1 kHz)
En amplitude :
Gain max : 73 dB (entrée micro, @ 1kHz)
3 – sortie casque ?
Déviation : ±0,07 dB (fréquence de référence : 1 kHz)
THD+N : – 76 dB / THD : – 90 dB (@ 1 kHz)
En amplitude :
4 – sortie ligne :
Déviation : ±0,07 dB (fréquence de référence : 1 kHz)
THD+N : – 77 dB / THD : – 90 dB (@ 1 kHz)
Distorsion d’intermodulation : – 96 dB (type SMPTE, @ 1 kHz)
En amplitude :
































