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Dave Smith Instruments Tetra
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Test Dave Smith Instruments Tetra

Un p’tit gris pour la route !
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Le Tetra embarque 4 voix de Mopho dans le même boîtier tout rikiki, offrant ainsi un synthé analogique polyphonique programmable à un prix très étudié. Voyons tout cela à la loupe…

C’est en 2002 que Dave Smith repart à l’aven­ture des synthés maté­riels, ces instru­ments qu’on a tant de plai­sir à toucher, program­mer, jouer et écou­ter… A cette époque, il sort l’Evol­ver, un petit module hybride qui embarque les formes d’ondes numé­riques du Prophet-VS, mélan­gées à une section oscil­la­teurs / filtre passe-bas analo­giques. On ne prête alors pas trop atten­tion à un tout petit circuit inté­gré situé dans le ventre de la bestiole : le DSI-120, déve­loppé avec Curtis, créa­teur bien connu de la période fin 70 – fin 80 d’une longue série de VCO, VCF, VCA, enve­loppes et autres circuits inté­grés qui firent la gloire des synthés analo­giques, permet­tant de les rendre poly­pho­niques et plutôt stables. C’est ce même DSI-120 qui équipa ensuite chaque voix des Prophet-08, venant démo­cra­ti­ser le synthé analo­gique poly­pho­nique « moderne » mi 2007. Fin 2008, le Mopho perpé­tue la déjà longue carrière du petit circuit inté­gré, offrant pas moins de 2 DCO / 1 VCF passe-bas / 1 VCA stéréo, packa­gés dans un rectangle de moins d’un centi­mètre carré. C’est fin 2009 que DSI présente le Tetra, version dopée aux hormones de crois­sance, au cœur de laquelle on retrou­ve… 4 circuits DSI-120 ! 

Inspec­tion des lieux

Le Tetra est un petit module tout en métal plutôt robuste et de couleur bleu gris, concen­tré dans la même coque que le Mopho. Elle est recou­verte d’une couche de Lexan, feuille de PVC souple impri­mée : d’après le construc­teur, ce procédé est plus cher que la séri­gra­phie clas­sique, mais permet une meilleure défi­ni­tion d’im­pres­sion, un trai­te­ment étanche du vitrage du LCD et une meilleure tenue dans le temps. Les commandes rota­tives béné­fi­cient cette fois  de capu­chons « de luxe », repre­nant le design noir cerclé de chrome du Prophet-5, mais en taille réduite. Le Tetra comporte 8 enco­deurs cran­tés (hauteur, attaque, déclin/relâ­che­ment, sélec­tion + 4 assi­gnables) et 3 poten­tio­mètres trois quarts de tour (Volume, Cutoff et Réso­nance). Les enco­deurs ont un axe plas­tique avec un peu de jeu de tenue moyenne, tandis que les poten­tio­mètres sont de très bonne qualité, tout en métal et soli­de­ment ancrés. On peut longue­ment discu­ter du choix enco­deurs versus poten­tio­mètres sur les para­mètres du filtre ; certains utili­sa­teurs vont préfé­rer pouvoir modi­fier le signal fine­ment et sans effet de saut ou de seuil, d’autres obte­nir une réponse immé­diate sur une plage d’ac­tion courte. D’après Dave Smith, les retours clients sont majo­ri­tai­re­ment en faveur de la seconde alter­na­tive. Quoi qu’il en soit, les potards offrent 3 modes de réponse : saut (le para­mètre édité saute à la valeur corres­pon­dant à la posi­tion physique du potard dès qu’on le bouge), rela­tif (le para­mètre est modi­fié en douceur, en fonc­tion de la plage physique restant dispo­nible) et seuil (le para­mètre n’est modi­fié que quand la posi­tion physique du potard passe par la valeur stockée). Au centre du panneau avant trône un LCD rétro-éclairé bleu de 2 × 16 carac­tères très lisible, le reste étant parsemé de petits sélec­teurs : mode de jeu, navi­ga­tion (programmes / banques), écri­ture mémoire, mode d’as­si­gna­tion des 4 enco­deurs, couche d’édi­tion et déclen­che­ment des notes (« Push It ! » avec LED acti­vées lorsque le Tetra donne de la voix). 

Prise en main

L’er­go­no­mie du Mopho n’était déjà pas un point fort étant donné le nombre de para­mètres, celle du Tetra n’est pas meilleure, avec 4 fois plus de choses à éditer ! En effet, pour modi­fier un son, on a soit la fameuse rangée de 5 enco­deurs / potards assi­gnés dans le dur, soit la rangée de 4 enco­deurs assi­gnables. Pour assi­gner un para­mètre, il faut appuyer sur le bouton « Assign », puis tour­ner l’un des 4 enco­deurs jusqu’à atteindre le para­mètre souhaité, bonjour le défilé ! Ensuite, on appuie de nouveau sur le bouton « Assign » pour sortir du mode et reprendre l’édi­tion. Heureu­se­ment que l’as­si­gna­tion est sauve­gar­dée avec chaque programme ! Lorsque le programme comporte 2 couches, on accède à la seconde couche en appuyant sur la touche Edit B / Combo. Mais là où l’édi­tion devient vrai­ment pénible, c’est en mode Combo, où il est impos­sible d’ac­cé­der faci­le­ment aux 4 couches sonores, puisque chaque enco­deur assi­gnable est dédié à l’une des voix (on perd donc l’ac­cès direct aux 3 autres para­mètres) et que les autres potards / enco­deurs pilotent toutes les couches en même temps. Une mise à jour d’OS a été récla­mée par les utili­sa­teurs de la première heure. En atten­dant, il faut se replier sur l’édi­teur Mac / PC de Sound Tower (version « lite » gratuite ou version « pro » payante)…

 

Passons main­te­nant à la face arrière, dédiée à la connec­tique : prise casque sépa­rée, 4 sorties audio asymé­triques (dont une paire stéréo), Midi In + Out + prise Poly­chain (pour chaî­ner jusqu’à 4 Tetra ou 2 Tetra derrière un Prophet-08), prise USB2 (Midi over USB mais pas d’au­dio) et alimen­ta­tion externe (type bloc clas­sique à détec­tion de tension auto­ma­tique et tête inter­chan­geable). C’est tout ? Oui, c’est tout. Donc non seule­ment pas d’in­ter­rup­teur marche / arrêt, mais surtout pas d’en­trée audio pour trai­ter les signaux externes ! Une excel­lente manière de proté­ger le Mopho, en somme… Voyons enfin ce que le Tetra a dans les tripes : eh bien, 2 toutes petites cartes, une analo­gique repre­nant les 4 voix, enfi­chée sur une carte mère compre­nant la partie numé­rique (proces­seur) et la connec­tique. Plusieurs remarques : l’in­té­gra­tion des compo­sants montés en surface (CMS) et la qualité d’as­sem­blage machine sont impres­sion­nantes (voir photo). Le design de la connec­tique entre les cartes laisse présa­ger des possi­bi­li­tés de réuti­li­sa­tion dans d’autres confi­gu­ra­tions, à suivre…


Couleur analo

 

Mode Combo

 

En mode Combo, chaque voix peut se voir assi­gner un son diffé­rent. On peut alors jouer les voix à l’unis­son ou indé­pen­dam­ment (mode multi­tim­bral, avec canaux Midi sépa­rés ou mode modu­laire, avec 4 programmes diffé­rents joués tour à tour à partir du même canal Midi lorsqu’on main­tient les notes). À nous les séquences arpé­gées qui bougent dans tous les sens (Combo 1, Combo 2). Toute­fois, on note plusieurs limi­ta­tions : d’abord, le choix du mode multi­tim­bral (pilo­tage sur 4 canaux Midi indé­pen­dants) est global, pas par Combo ; ensuite, les couches B des programmes sont désac­ti­vées en mode Combo, ce qui inter­dit d’avoir 2 couches empi­lées ou sépa­rées sur le même canal multi­tim­bral ; enfin, un programme initia­le­ment à l’unis­son n’est pas conservé comme tel, puisqu’une seule de ses voix est gérée par canal.

 

Fort heureu­se­ment, les sons édités en mode Combo sont indé­pen­dants des programmes, donc chan­ger les uns n’af­fec­tera pas les autres, ce qui est une très bonne nouvelle pour la gestion des sons. Le Tetra offre 128 empla­ce­ments mémoire pour les Combos. Enfin, signa­lons qu’on ne peut pas gérer les niveaux audio, fenêtres de tessi­ture, vélo­cité, pano­ra­mique, etc. comme sur une Works­ta­tion numé­rique. Au final, le mode Combo est un mode utile pour empi­ler des sons, lancer des ryth­miques arpé­gées ou séquen­cées, mais pas pour gérer simul­ta­né­ment plusieurs programmes en toute indé­pen­dance. L’équa­tion Tetra = 4 x Mopho n’est pas véri­fiée.

 

Le Tetra est un synthé analo­gique poly­pho­nique et multi­tim­bral 4 voix. Il peut opérer en 2 modes prin­ci­paux : Program et Combo. Chaque programme comporte 2 couches sonores, qui peuvent être jouées seules (poly­pho­nie 4 voix), empi­lées (2+2 voix) ou sépa­rées (point de sépa­ra­tion éditable par programme). La mémoire utili­sa­teur renferme 4 banques de 128 programmes, char­gées d’usine. Les 2 premières banques sont les copies de celles du Prophet-08, avec lequel le Tetra est tota­le­ment compa­tible, puisqu’il en reprend l’en­semble des para­mètres de synthèse, auxquels il ajoute même 2 sub-oscil­la­teurs et une boucle de feed­back (voir ci-après).

Parmi ces banques (enre­gis­trées sans effet), on retrouve avec plai­sir des strings façon T8, de grosses synchro à la Prophet-5, des sons de basse bien typées (basse 1, basse 2), des imita­tions de B3, des voix, des leads… L’ajout de Sub DCO permet d’épais­sir certains pads basés sur des PWM. Le mode Split permet des ensembles de type basse / pad (split 1, split 2), mais on arrive vite à consom­mer les 4 voix de poly­pho­nie. Au global, les sons d’usine ne sont pas excep­tion­nels, il y a beau­coup de petites séquences qui font un peu démo, voire remplis­sage. Mais bon, un synthé – qui plus est analo­gique – c’est fait pour program­mer, non ?

 

 

 

 

 

 

 

Tetra combo 1
00:0000:18
  • Tetra combo 100:18
  • Tetra combo 200:16

 

 

Tetra sync
00:0000:18
  • Tetra sync00:18
  • Tetra strings00:15
  • Tetra bass 200:15
  • Tetra bass 100:15
  • Tetra pad00:10
  • Tetra talk00:18
  • Tetra lead00:09
  • Tetra b300:13
  • Tetra split 100:17
  • Tetra split 200:19

DCO et Sub DCO

Chacune des 4 voix du Tetra est à 99% iden­tique à une voix de Mopho. L’ar­chi­tec­ture audio va un peu au-delà des grands stan­dards (voir diagramme). Tout commence par la section oscil­la­teurs, offrant 2 DCO (oscil­la­teurs analo­giques contrô­lés numé­rique­ment), 2 sub-DCO et 1 géné­ra­teur de bruit blanc. Les DCO travaillent sur une plage de 10 octaves sans bron­cher (8 Hz – 8 kHz), par centième de demi-ton. Les formes d’ondes dispo­nibles sont clas­siques : rampe, triangle, rampe + triangle et impul­sion à largeur variable modu­lable de 0 à 100%. Le DCO2 peut synchro­ni­ser le DCO1 : il le force à reprendre son cycle lorsqu’il recom­mence le sien, ce qui produit des effets métal­liques en modu­lant par exemple la hauteur du DCO2 par une enve­loppe descen­dante, la molette de modu­la­tion ou un petit Glide. À ce sujet, chaque DCO dispose d’un Glide à vitesse constante ou fonc­tion de l’in­ter­valle entre les notes liées.

Pour simu­ler le compor­te­ment instable des VCO vintage (oscil­la­teurs contrô­lés en tension), il suffit de jouer sur le para­mètre Slop, prévu à cet effet. La balance des DCO peut être ajus­tée avec préci­sion, tout comme le volume de chacun des 2 Sub-DCO (géné­ra­teurs d’ondes carrées dont les fréquences sont calées respec­ti­ve­ment à 1 et 2 octaves sous la fonda­men­tale). Utili­sa­tion : les infra­basses. C’est égale­ment à ce stade que l’on mixe le niveau du géné­ra­teur séparé de bruit blanc, ainsi que la réinjec­tion post-VCA du signal du canal audio gauche. Cette dernière permet des satu­ra­tions subtiles jusqu’aux distor­sions les plus abomi­nables. Absent au tableau, le modu­la­teur en anneau, dont l’ef­fet sonore pourra être appro­ché en modu­lant la fréquence du filtre par l’au­dio d’un DCO (voir plus loin). 

Filtre passe-bas

Le filtre passe-bas du Tetra est simple et effi­cace. Il sait sonner vintage dans la plupart des cas, avec un carac­tère bien à lui. Sa plage de coupure est large, puisqu’elle atteint 13 octaves. Nous avons appré­cié le codage sur 164 pas qui adou­cit la réponse, même si elle n’at­teint pas les 14 bits du Mini­moog Voya­ger (16 384 pas !). En mode 4 pôles unique­ment, le filtre est capable d’en­trer en auto-oscil­la­tion. C’est dans ce mode qu’il est à notre sens le plus typé. Le mode 2 pôles est un peu pâle en compa­rai­son, on aurait pu attendre plus de musi­ca­lité et de colo­ra­tion, comme sur un vintage Oberheim par exemple. La fréquence de coupure peut suivre le clavier, sur une plage de 0 à envi­ron 1 ton par note. Elle peut égale­ment être modu­lée en audio par le DCO1, ce qui permet des effets de réso­nance type cloche, un pallia­tif à l’ab­sence de modu­la­teur en anneau. Elle peut égale­ment être direc­te­ment modu­lée par une enve­loppe dédiée (ADSR avec délai) et la vitesse de frappe. Le signal passe ensuite dans un VCA stéréo, en sortie duquel le signal gauche est prélevé pour réinjec­tion pré-filtrage. Tout cela est donc tota­le­ment iden­tique au Mopho, au nombre de voix près. 

 

 

 

Le 1% de diffé­rence entre les 2 machines concerne, d’une part, le fait que le Tetra n’a pas d’en­trée audio pour trai­te­ment des signaux externes (donc pas de para­mètre de gain pour routage externe) et d’autre part, le fait qu’il soit poly­pho­nique. Ceci lui donne droit, pour commen­cer, à un para­mètre supplé­men­taire d’élar­gis­se­ment stéréo entre les voix, baptisé Pan Spread. Les voix sont ainsi jouées alter­na­ti­ve­ment à des posi­tions diffé­rentes dans le spectre stéréo (comme sur un PPG Wave 2), avec largeur program­mable et modu­lable. Ensuite, on trouve un mode unis­son, où les 4 voix sont toutes jouées simul­ta­né­ment, avec un para­mètre program­mable pour les désac­cor­der et élar­gir le son. Inutile de le dire, une basse ou un solo de Tetra, ça peut déchi­rer grave, comme en témoigne ces grosses basses à 8 DCO + 8 Sub (bigbass 1, bigbass 2).

 

  

 

 

Tetra bigbass 1
00:0000:16
  • Tetra bigbass 100:16
  • Tetra bigbass 200:28
  • Tetra cris­tal00:19
 

Plein de modu­la­tions 

Avec le Tetra, ceux qui aiment les sons qui bougent vont être servis, car on peut pratique­ment tout faire bouger dans la machine, en parfaite synchro­ni­sa­tion. Contrai­re­ment aux analo­giques de la première heure, ces modu­la­tions sont toutes gérées par le proces­seur. Il y a 4 LFO à large plage de réponse (0,033 Hz – 261 kHz, c’est-à-dire de 30 secondes de période jusqu’à des niveaux audio) entiè­re­ment assi­gnables et synchro­ni­sables à l’hor­loge interne ou Midi. Les formes d’ondes habi­tuelles sont propo­sées : triangle, rampe inverse, rampe, carré et aléa­toire. Le cycle peut être forcé à chaque nouvelle note. Il n’y a en revanche pas de para­mètre de délai, d’ou­ver­ture, ou de ferme­ture de la modu­la­tion, ce qui néces­site de sacri­fier une enve­loppe et un cordon de la matrice de modu­la­tion (voir ci-après). On trouve ensuite 3 enve­loppes ADSR avec délai, dont les 2 premières sont pré-affec­tées à la coupure du filtre et au volume. La 3e enve­loppe, entiè­re­ment assi­gnable, peut être bouclée. Ces enve­loppes sont assez rapides à la détente pour des enve­loppes numé­riques et assurent une bonne patate à la machine, comme en témoignent les diffé­rents sons de percus­sions analo­giques que l’on peut obte­nir.

Outil de luxe long­temps réservé à certains vintage analo­giques haut de gamme, la matrice de modu­la­tion offre 4 cordons, chacun permet­tant de relier l’une des 20 sources à l’une des 47 desti­na­tions, avec modu­la­tion bipo­laire sur plus ou moins 127 pas. Les sources englobent LFO, enve­loppes, contrô­leurs physiques / Midi et bruit. Les desti­na­tions regroupent les DCO (hauteur, volume, largeur d’im­pul­sion), les Sub-DCO, la coupure du filtre, la réso­nance, les para­mètres des LFO, les segments d’en­ve­loppes et la largeur stéréo. Au-delà de ces 4 cordons libres d’af­fec­ta­tion, on peut sépa­ré­ment régler l’ac­tion de chaque contrô­leur physique (molette, pres­sion, contrô­leur de souffle, vélo­cité et pédale) sur un para­mètre de la liste des desti­na­tions. Bref, de quoi s’amu­ser un moment, surtout avec 4 enco­deurs à se mettre sous la main, d’au­tant que ce n’est pas tout… 

Lignes de séquences 

Si ça bouge, c’est que ce n’est pas mort… eh bien le Tetra n’est pas près de mourir, puisqu’il ajoute aux possi­bi­li­tés de modu­la­tion vues précé­dem­ment un arpé­gia­teur et un séquen­ceur, tous deux multi­tim­braux. L’ar­pé­gia­teur est basique, avec seule­ment 4 motifs (haut, bas, alterné, ordre joué) ; pas de plage d’oc­tave, pas de mode de tenue, du très basique… Le séquen­ceur est une autre paire de manches, puisqu’il permet de program­mer 4 lignes de commandes sur 16 pas, à l’ins­tar des séquen­ceurs analo­giques. Pour le déclen­cher, on appuie sur une touche (ou on écrase « Push It ! ») et hop c’est parti. On peut même y aller en pas-à-pas à chaque enfon­ce­ment de touche.

 

 

Une ligne de commandes corres­pond à 16 pas de réglages de l’une des 47 desti­na­tions de la matrice de modu­la­tion (par exemple, la hauteur, le filtrage, le volume et la posi­tion stéréo). Ces réglages peuvent se faire en absolu ou en rela­tif par rapport à la première note jouée. Un pas peut être muté, une ligne peut être bouclée à n’im­porte quel pas, peu importe la durée des autres lignes. De quoi se faire des séquences complexes à partir d’un seul programme. En mode multi­tim­bral, on peut ainsi envoyer 4 lignes de 4 séquences avec 4 sons diffé­rents. C’est l’un des gros atouts de tous les produits DSI depuis que la marque existe. Ceci n’a rien d’éton­nant, quand on sait que Dave Smith a commencé sa carrière il y a (bien) long­temps en conce­vant des séquen­ceurs analo­giques, ce qui lui inspira le nom de sa première société, Sequen­tial Circuits Inc.

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Live addic­tion

Au final, le Tetra est un puis­sant synthé analo­gique poly­pho­nique et multi­tim­bral. Son prix tout à fait raison­nable, sa compa­cité et sa façade réduite en commandes directes cachent un véri­table monstre de synthèse sonore. C’est aussi ce qui en fait la prin­ci­pale limite, puisque l’er­go­no­mie est faible et ne permet pas une édition directe aisée. Pour cela, le recours à l’édi­teur Sound Tower est indis­pen­sable. Tout ceci, ajouté à sa qualité sonore indé­niable et l’ab­sence de concur­rence sérieuse, propulse tout natu­rel­le­ment le Tetra comme instru­ment live idéal, en complé­ment sonore à un setup de synthés numé­riques ou autres Works­ta­tions un peu frisquets. Mais à quand la version clavier ?

Pour finir en beauté, Dave Smith himself a répondu à nos ques­tions :

 

Audio­fan­zine : Depuis l’an­née dernière et notre test du Mopho, l’équipe DSI s’est encore agran­die – cette fois de 25%. Que peux-tu dire de cette évolu­tion spec­ta­cu­laire ?

Dave Smith : Waouh, main­te­nant nous sommes réel­le­ment une grosse boîte ! Il semble que les musi­ciens appré­cient vrai­ment nos produits, et nous voulons être sûrs de conti­nuer à faire de nouveaux instru­ments inté­res­sants, et appor­ter du service à nos clients.

 

Audio­fan­zine : Dave, après cette expé­rience de 7 années, que ressens-tu de l’aven­ture DSI et comment la compares-tu à l’aven­ture Sequen­tial ?

Dave Smith : C’est, bien sûr, complè­te­ment diffé­rent. Sequen­tial a été une belle expé­rience, mais c’était une entre­prise bien plus grande. Pour moi, DSI, c’est prendre du plai­sir en faisant des instru­ments sympas avec une petite boîte. La tech­no­lo­gie a beau­coup évolué depuis 30 ans et aujour­d’hui on peut faire telle­ment plus de choses avec moins de monde.

 

Audio­fan­zine : Parlons main­te­nant du Tetra. Cela n’a pas du être facile de faire entrer autant de voix dans une si petite boîte ?

Dave Smith : Ca a néces­sité pas mal d’as­tuce. J’ai utilisé des compo­sants plus petits que sur nos autres instru­ments, et plein d’autres trucs pour faire rentrer les 4 voix sur une petite carte, empi­lée sur une autre carte qui comporte les compo­sants du panneau de commandes.

 

Audio­fan­zine : Pourquoi avoir choisi des poten­tio­mètres à la place d’en­co­deurs pour les commandes du filtre ?

Dave Smith : Nous avons observé que la majo­rité de nos clients préfé­raient des potards pour les contrôles tels que la coupure du filtre, pour leurs utili­sa­tions habi­tuelles en live

 

Audio­fan­zine : Est-ce que tu travailles sur des amélio­ra­tions d’OS pour faci­li­ter l’édi­tion en mode Combo / Multi ?

Dave Smith : Oui. Nous avions au départ débattu sur le fait d’in­clure ou pas la multi­tim­bra­lité dans notre concep­tion, par ce que nous savions qu’il y aurait des limi­ta­tions liées à la petite taille du panneau avant. Mais nous avons décidé de conser­ver les Combo, parce qu’ils apportent telle­ment plus de possi­bi­li­tés, même sous une forme simpli­fiée. Ceci dit, nous avons quelques idées sur la manière de les faire fonc­tion­ner plus simple­ment et nous espé­rons pouvoir appor­ter une mise à jour très rapi­de­ment.

 

Audio­fan­zine : Après l’ex­cellent Mopho clavier, as-tu prévu un Tetra clavier ?

Dave Smith : Nous y avons sérieu­se­ment réflé­chi, mais le Mopho clavier avait plus de sens, c’est pourquoi nous avons opté pour celui-ci. Le Tetra clavier n’au­rait pas été bien placé ques­tion prix et d’autres consi­dé­ra­tions l’au­raient rendu moins attrac­tif. Ceci étant dit, avec le Mopho clavier, tu peux chaî­ner un Tetra et ainsi avoir 5 voix dans un espace très réduit.

 

Audio­fan­zine : Travailles-tu déjà sur la prochaine géné­ra­tion de circuits inté­grés avec Curtis ou d’autres pour prendre le relai du DSI-120 ?

Dave Smith : Hélas Doug Curtis est décédé il y a quelques années, donc il n’y aura pas de nouvelle concep­tion. Toute­fois, nous regar­dons d’autres possi­bi­li­tés pour de futurs produits.

 

 

Points forts
  • Rapport performance / prix
  • Qualité sonore
  • Compacité et robustesse du boîtier
  • Polyphonie et multitimbralité
  • Possibilités de modulation
  • Arpégiateurs et séquenceurs
  • Sorties séparées
  • Interface USB2
Points faibles
  • Ergonomie d’édition
  • Mode Combo limité
  • Pas d’entrée audio
  • Pas d’interrupteur marche – arrêt
  • Alimentation externe
Auteur de l'article synthwalker Passionné de synthés, concepteur produits et rédacteur presse

J'aime tous les synthés, avec une prédilection pour les polyphoniques vintage à mémoires, que j'empile avec délectation depuis quelques dizaines d'années. Vieux gourou chauve mais pas barbu, j'écris depuis un quart de siècle des articles techniques sur les synthés et j'ai contribué au développement de certains d'entre eux. Plusieurs centaines ont été publiés, dont une grande partie sur Audiofanzine. J'ai aussi contribué aux magazines PlayRecord, Musiciens, Recording Musicien, Musicsound et KR.


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