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Test du Zoom R16

test R16 tout terrain
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Award Qualité / Prix 2009

La MAO c’est bien, mais on n’a pas toujours un ordinateur sous la main quand le besoin d’enregistrer de la musique se faire sentir, parfois sans prévenir. C’est pour ça que les ministudios existent, ce sont des solutions pratiques mais dont les possibilités et l’ergonomie sont souvent limitées. Zoom a donc décidé de sortir le R16, un appareil hybride, à la fois interface audionumérique, surface de contrôle et ministudio complètement autonome. Voyons ce que ça donne !

La MAO c’est bien, mais on n’a pas toujours un ordinateur sous la main quand le besoin d’enregistrer de la musique se faire sentir, parfois sans prévenir. C’est pour ça que les mini-studios existent, ce sont des solutions pratiques mais dont les possibilités et l’ergonomie sont souvent limitées. Zoom a donc décidé de sortir le R16, un appareil hybride, à la fois interface audionumérique, surface de contrôle et ministudio complètement autonome. Voyons ce que ça donne !

Le R16 tente de rassembler deux mondes bien distincts : les amoureux de la MAO, prêt à tout supporter pour avoir l’ergonomie et la flexibilité que peut apporter l’informatique dans le monde la musique, même les bugs et autre crash système. Et les adeptes des ministudios embarqués, systèmes stables, autonomes et compacts, mais dont l’ergonomie et le côté fermé peuvent ennuyer plus d’un utilisateur. La cible de ce R16 est donc le musicien mi-nomade, mi-sédentaire, voulant à la fois une interface audio / contrôleur MIDI pour leur ordinateur afin de mixer et peaufiner tranquillement les morceaux chez eux, et un système d’enregistrement complètement autonome facile à transporter. Nous allons donc tester ces deux facettes du R16, mais commençons tout d’abord par déballer l’engin…

À la sortie du carton, le R16 donne une bonne première impression. Sa finition blanche et gris clair est assez clean et le plastique a l’air résistant. Nous sommes surpris par sa légèreté, une vraie plume ! Un bon point pour ceux planifiant d’emporter le R16 partout avec eux. Les dimensions sont assez petites pour une interface embarquant neuf faders linéaires : le R16 est fin et se glissera dans n’importe quel sac à dos. Certes, il est beaucoup plus grand qu’un enregistreur portable de type M-Audio MicroTrack II ou Zoom H2, mais on verra que ses possibilités en matière d’enregistrement sont incomparables !  On se rapproche plus du studio intégré numérique comme on en voit chez Tascam, Roland, Korg ou… Zoom ! Les boutons, potards et faders sont en plastiques et font un peu jouet, mais à ce prix (moins de 400€), il est difficile d’espérer mieux. Attention tout de même aux faders qui se déchaussent un peu trop facilement. Le R16 est livré avec son adaptateur secteur et offre aussi la possibilité de fonctionner sur piles (4,5 heures d’autonomie avec 6 piles AA selon le constructeur) et cerise sur le gâteau,  Cubase LE 4 et une carte SD de 1Go sont aussi présents dans la boîte.

 

La R16, du capot au coffre

Derrière l’appareil, on remarque la présence de huit entrées analogiques munies de prises combo XLR / Jack 6,35 mm. Il sera donc possible de brancher jusqu’à 8 micros, l’interface possédant 8 préamplis, génial ! En revanche, seules les entrées 5 et 6 disposent d’une alimentation fantôme pour les micros statiques. La guitare ou basse se verra obligatoirement branchée sur l’entrée 1, la seule proposant un mode haute impédance Hi-Z. Cela permettra d’utiliser les simulateurs d’amplis et effets guitares du R16. Enfin, sachez que l’interface intègre deux micros (les mêmes que le Zoom H2) qui pourront être routés vers les entrées 7 et 8, pratique lorsqu’on n’a pas de micro sous la main et que l’on désire enregistrer rapidement une idée. Au niveau des sorties, nous avons la « master » en jack 6,35 mm, qui servira à brancher vos moniteurs et qui possède son propre réglage de volume et la sortie casque en 6,35 mm avec elle aussi son réglage de volume indépendant. C’est donc simple, mais efficace.

 

Sur la tranche de gauche, on retrouve le lecteur de cartes SDHC, compatible avec les cartes de 32 Go, de quoi voir venir ! Il y a aussi deux prises USB avec des fonctions bien distinctes : l’une est esclave et permet de brancher le R16 à un ordinateur et l’autre, maître, pourra être utilisée afin de brancher une clé USB ou un disque dur alimenté. Lorsque le R16 sera utilisé en tant qu’enregistreur autonome, on enregistrera directement sur la carte SD. Pour récupérer les fichiers, deux options s’offrent à nous : brancher le R16 à l’ordinateur via USB et mettre l’interface en mode « carte reader », elle apparaitra alors comme un vulgaire lecteur de cartes SD, ou brancher une clé ou un disque dur USB sur le R16 et y transférer les fichiers via le mode « USB Storage ». Cette dernière option est pratique pour donner le fichier master en fin de session à vos musiciens sans avoir besoin d’allumer l’ordinateur.



Sur la tranche

Chaque tranche possède son petit fader non motorisé, un vumètre 4 LEDs, un potentiomètre de gain et une diode "peak" indiquant la saturation du signal en entrée. Juste au-dessus du fader se situe un Switch « play/mute/rec » permettant de muter les pistes ou de les armer pour l’enregistrement. Au-dessus de la piste Master se trouve le potard permettant de mixer le son provenant des entrées avec le son provenant du séquenceur quand le R16 est utilisé en tant qu’interface audionumérique, ou le son du clic du métronome lorsqu’il est utilisé en enregistreur nomade. Le métronome pourra être envoyé dans le casque ou dans le casque et les moniteurs.


Dans la partie droite du R16, nous retrouvons la partie transport avec les touches play, record, avance et retour rapide et stop. Un petit jogwheel servira à régler différents paramètres dans les menus et les touches situées à sa gauche serviront quant à elles à la navigation dans ces menus et sous-menus. On retrouve aussi des touches permettant de programmer des punchs in/out, fonction très pratique pour les musiciens solitaires : lancer la lecture et l’enregistrement ne sera activé qu’à un certain moment de la chanson. Il sera aussi possible grâce à la touche A-B repeat de boucler une ou plusieurs mesures d’un projet, afin de répéter une partie un peu compliquée. Enfin, la touche mark/clear permettra de placer des marqueurs dans le morceau, il sera ensuite rapide d’y accéder via les touches « marqueur suivant » et « marqueur précédent ».

 

Outillage

Au-dessus des touches de transport se situe l’écran. Rien d’extraordinaire ici, juste un bête LCD monochrome affichant deux lignes de 20 caractères. L’ergonomie est par conséquent d’un autre âge,  il faudra s’y faire. En effet, on s’habitue vite aux grands écrans modernes, aux claviers et souris voire aux écrans tactiles ! Avec le R16, on a un peu l’impression de faire un grand bond en arrière et un retour vers l’austérité des interfaces d’antan. Rien de dramatique non plus, nous avons utilisé des appareils de ce genre il y a une dizaine d’années et nous sommes encore vivants. Il est juste dommage au vu de ce qui peut se faire actuellement (voir dossier sur l’iPhone notamment) d’être encore contraint de se farcir un manuel assez épais et des clics de boutons par dizaine juste pour changer un paramètre.  En parlant de manuel, celui-ci est exclusivement en anglais, attention aux anglophobes !

 

Au dessus de cet écran se placent les boutons pour switcher des pistes 1-8 à 9-16 et le bouton USB permettant d’utiliser le R16 en mode carte son, lecteur de cartes SD ou « USB Storage », nécessaire pour transférer ses fichiers vers une clé ou un disque dur USB sans passer par un ordinateur. Le bouton swap/bounce permet de switcher entre ces deux modes : le mode swap permet d’échanger deux pistes, les entrées micro ou l’entrée guitare étant assignées à des pistes spécifiques à la prise, cette fonction peut se révéler vite indispensable ! Le mode bounce permet de faire le mixdown final sur la piste stéréo master ou encore de faire un « ping-pong » à l’ancienne en prémixant plusieurs pistes sur une seule. Dans ce mode, il est possible de choisir si la piste de destination est prise en compte dans le bounce, pratique. Le R16 propose aussi un undo/redo, mais un seul pas est disponible. On n’a donc le droit qu’à une erreur, pas deux, j’en ai les mains qui tremblent.

 

Le bouton Project permet de gérer les projets : en créer un nouveau, en charger un autre, en copier, effacer, renommer ou protéger un et de faire de même pour les pistes sons. Tout cela nous semble assez complet et aucune fonction ne manque à l’appel. Il sera aussi possible de passer en 24 bit et de faire des playlists de vos projets, utile pour les musiciens jouant sur scène avec des playbacks !

Avec le bouton Tool, on accède aux outils tels que le métronome, l’accordeur chromatique, qui s’est montré moyennement efficace, et les réglages systèmes (date/heure, etc.) C’est ici aussi que l’on pourra changer de carte SD en passant par le menu « exchange », le R16 vous proposera alors d’insérer une autre carte SD sans avoir besoin de rebooter la bête. On pourra aussi formater la carte ou vérifier la place qu’il reste dessus. Et comme il est possible de chainer deux R16, afin d’avoir plus d’entrées/pistes, il vous faudra choisir lequel des deux est maître/esclave pour la synchronisation.

Effectivement vôtre

Pour chaque piste, on dispose d’une panoramique, d’un égaliseur 3 bandes paramétrique, d’un inverseur de phase et d’un stéréo link pour enregistrer deux sources dans un fichier stéréo. Tout cela est accessible en appuyant sur le bouton Pan/EQ, en plus du dosage d’envoi vers les deux circuits auxiliaires « reverb » et « chorus ». Le circuit réverb propose 4 algorithmes : hall, room, spring et plate avec les paramètres de pre-délai, decay, EQ High, EQ Low, etc. L’autre circuit permet de rajouter un délai ou du chorus à n’importe quelle piste. Les réglages habituels sont présents : depth, rate, predelay, etc. pour le chorus et time, feedback, Hi Damp, etc. pour le délai.

Le R16 intègre aussi un grand nombre d’effets d’insert que l’on pourra placer juste après les entrées, afin d’enregistrer directement le son avec l’effet (pour une guitare passée dans une saturation par exemple), ou en insert d’une piste. Il sera aussi possible d’insérer des effets orientés mastering sur la piste « master », dont un compresseur 3 bandes, un normaliseur, un EQ 3 bandes, un module lo-fi pour créer un son vieillot/radio, un module « dimension » rajouter une sensation d’espace au son et un module « résonance ».  Pour finir, le R16 intègre un réducteur de bruit appelé ZNR.

La liste des effets d’insert est très longue et ils sont accompagnés d’un grand nombre de presets. On retrouve, entre autres, un autowah, un phaser, un ring modulateur, des simulateurs d’amplis pour guitare et basses (Marshall, Mesa Boogie, Fender, SVT, Hartke, H&K, etc.) et les classiques chorus, pitch, EQ, délai, trémolo… Bref, tout l’arsenal nécessaire aux adeptes de la 6, 4 ou 5 cordes.

Le R16 propose aussi pour les micros des modélisations de U87, SM57, C414 et MD421 et des effets en tout genre. La liste est très longue et il serait fastidieux de tous les nommer : l’interface propose 135 effets et 390 presets. À noter tout de même la possibilité d’utiliser 8 compresseurs et 8 EQ en même temps, pas mal !

 

De l’enregistreur à l’interface audio

Là où se démarque le R16, c’est qu’il fait aussi interface audio numérique et surface de contrôle. Des drivers compatibles Mac et Windows sont fournis (précisons aussi que le firmware peut être updaté via USB), et il sera ainsi possible d’envoyer 8 voies directement vers votre séquenceur préféré (ou le Cubase LE4 inclus), deux voies Master  revenant vers l’interface pour alimenter vos moniteurs.

 

Le fait de pouvoir utiliser le R16 en tant qu’interface audio numérique est non seulement très pratique, mais on est surtout bluffé par le fait de disposer de cette fonction en regard d’un prix aussi bas. Mais le plus étonnant est encore à venir, puisque le R16 peut servir aussi de surface de contrôle, permettant d’utiliser les boutons de transport et les faders (non motorisés, rappelons-le) avec le séquenceur,  via une émulation Mackie Control.  Nous avons testé cette fonctionnalité, hélas très peu documentée (une petite page du manuel y est consacrée, et elle ne précise même pas quels contrôleurs MIDI sont utilisables sur le R16) avec le Studio One de Presonus, Reaper et Cubase LE 4. Et ça marche ? Oui mais c’est perfectible, car si les boutons de transport, la molette, les flèches du curseur et les 5 touches de fonction répondent bien, il nous a été impossible d’utiliser les boutons Enter ou Exit, cependant que les boutons Mute des tranches se comportent comme des Solo. Pourquoi pas ? Mais on aurait aimé l’apprendre dans la notice avec une liste des contrôleurs MIDI disponibles et leur affectation de base. Sous le Cubase LE4 accompagnant la R16, la configuration de la surface fait aussi allusion à une touche Shift qu’il nous a été impossible de trouver, ce qui est bien dommage dans la mesure où cette dernière doublerait le nombre de contrôles disponibles. Enfin, précisons que les potards de gain disponibles sur chaque tranche ne sont pas MIDI : il vous sera donc impossible de les utiliser pour régler le panoramique de chaque piste. Bref, cet aspect qui est un énorme plus pour le produit gagnerait à être plus rationnel et surtout plus documenté.

 

Le son de la R16

Avec un prix fixé à moins de 400€, 8 préamplis et 135 effets, on pourrait se poser des questions concernant la qualité audio de la bête. Les préamplis ont été testés avec le DPA 4099, qui se révèle être un micro assez exigeant vis-à-vis du préampli. Et bien il n’y a pas de miracle : nous avons dû pousser le gain quasiment jusqu’au bout de sa course et le souffle a commencé à poindre plus que le bout de son nez. Les convertisseurs nous ont en revanche paru très corrects ainsi que les deux micros intégrés, issus du H2 de la même marque. Il faudra faire attention aux bruits de manipulations lorsque ces derniers sont activés, on entend très bien le clic des boutons ! On pourra faire de la maquette sans problème, et c’est le rôle premier du R16 finalement. Les effets, en plus d’être très nombreux, sont assez efficaces, les modélisations d’amplis ne sont du niveau de ce que peut faire Line6, on sent la signature sonore de Zoom... Les compresseurs pompent pas mal et font remonter pas mal de souffle, mais pour le prix, on les pardonne… Les égaliseurs sont assez efficaces feront l’affaire sans trop de problèmes. Le R16 fait donc tranquillement le job, se montre très complet, autonome et prêt à l’emploi ! Il n’y a plus qu’à faire de la musique finalement !


Mais passons aux choses sérieuses, voici quelques exemples sonores :

La guitare acoustique Garrison de sieur Teignos avec le micro DPA 4099...

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ou les micros intégrés :

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On rajoute un peu de réverbe et du chorus :

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Enfin, un essai avec une guitare électrique, une Gretsch G5120 et les simulateurs d’amplis intégrés :

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Conclusion

 

Zoom frappe un grand coup en proposant du matériel hybride à prix plancher et il est certain que le R16 comblera beaucoup de musiciens étant à la recherche d’un enregistreur 16 pistes mobile, d’une interface audio et d’une surface de contrôle MIDI. La grande force du R16 est de se suffire à lui-même, avec ses effets et micros intégrés, son lecteur de cartes SD, son accordeur et son métronome. On pourra regretter cependant le peu de sorties disponibles, que ce soit casque ou ligne : il sera impossible d’envoyer un mix différent au batteur ou au bassiste et on devra acheter un ampli  casque supplémentaire. On pourra râler aussi sur le fait que seuls deux préamplis micro disposent d’alimentations fantômes, que les boutons de volume pour le casque et la sortie master se trouvent à l’arrière du bestiau ou encore que la doc soit si succinte sur les aspects carte son et surface de contrôle.. Mais pour le prix, il serait juste ridicule de s’arrêter à ces détails pour ne pas se ruer sur l’affaire. Chapeau bas, monsieur Zoom.

 

Notre avis :
Award Qualité / Prix 2009
Points forts Points faibles
  • 3 utilisations différentes et complémentaires
  • 8 entrées combo XLR/jack 6,35 mm
  • Peut fonctionner sur piles
  • Des effets à la pelle
  • Poids plume
  • Vumètres 4 segments sur chaque piste
  • Petit prix
  • Design sympathique
  • Une sortie stéréo seulement
  • Accordeur pas super efficace
  • Ergonomie d’un autre âge
  • Qualité des préamplis et de certains effets pas exceptionnelle
  • La doc qui ignore quasiment la fonction Surface de contrôle
À propos de nos tests
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