Focusrite a donc décidé d'intégrer les technologies et l'esprit de sa gamme ISA dans une interface audio-numérique haut de gamme : autant dire que l'annonce de la sortie de cette interface a créé un buzz certain sur les réseaux et les forums. Nous nous devions bien sûr de tester cette belle ISA.
Voici un test que l’on attendait avec impatience de notre côté, et je pense qu’une bonne partie de notre lectorat aussi, au vu des débats que la simple annonce de la sortie de l’interface avait pu générer. Dans les grandes lignes, c’est vrai que l’appareil est prometteur : non seulement Focusrite nous annonce huit entrées analogiques (ligne ou micro), deux inserts symétriques, douze sorties de niveau ligne, des E/S en ADAT, en S/PDIF, en MIDI, et le tout entièrement contrôlable directement en façade et à distance, c’est-à-dire une offre plutôt généreuse, mais surtout l’inclusion de deux préamplis analogiques de la gamme ISA, avec le fameux transformateur Lundahl LL1538 qui fait la signature sonore de la marque depuis sa création en 1985. Ainsi, c’est principalement sur ce dernier point que l’interface tente de trouver son positionnement particulier, à la fois au sein de la production assez florissante de Focusrite, et au sein du marché actuel de l’interface audio, marché qui nous semble de plus en plus saturé.

Présentation
Comme à notre habitude, commençons par une rapide présentation objective des commandes et des connectiques situées de part et d’autre de l’appareil :
Face avant (de gauche à droite)
- 2 entrées instrument (Hi-Z) en jack 6,35 mm
- Puis la section des préamplis ISA 1 et 2 avec le gain principal (ISA Gain), plus un second sélecteur de réglage fin (Fine), un seul pour les deux préamplis ISA 1 et 2.
- À côté, les Vu-mètres des canaux ISA 1 et 2, et juste en dessous l’affichage de la source (Mic, Instr., Ligne) et des options (48 VDC, filtre passe-haut, EQ…) selectionnées pour chaque entrée.
- On retrouve juste à côté les boutons de commande de ces options pour les entrées ISA 1 et 2 : sélection d’entrée (Mic/Line/Inst), 48 V, filtre coupe-bas, Auto Gain, Air, Insert, Console, sélecteur d’impédance pour instrument.
- Puis la section des entrées 3 à 8 avec, dans la partie supérieure, les Vu-mètres des canaux 3 à 8.
- Et en dessous les boutons de sélection et d’options des canaux 3 à 8 (Mic/Line, 48 V, Auto Gain, Air, Drive).
- Ensuite, la section monitoring, avec le Vu-mètre stéréo de monitoring et le bouton de volume général.
- Les commandes de monitoring : Dim, Mute, Mono, Talk (pour le talkback).
- Les boutons de sélection des enceintes : Main, Alt 1 ou Alt 2.
- Deux sorties casque avec chacune son réglage de volume et son mute (sur prise jack 6,35 mm TRS).
- Le bouton de mise sous tension juste en dessous du logo.
La face arrière (de gauche à droite) est plus simple, mais très complète :
- Le port USB-C pour la connexion à la STAN
- Les ports Word Clock entrée et sortie, pour la synchronisation numérique (format BNC)
- Deux ports MIDI entrée et sortie (format DIN 5 broches)
- Les ports S/PDIF entrée et sortie (format RCA)
- Les ports ADAT sortie (1 et 2) et entrée (1 et 2) (format TosLink)
- Six entrées micro/ligne avec connectiques séparées (XLR pour mic, Jack 6,35mm TRS pour ligne). Numérotées de 3 à 8
- Deux entrées micro/ligne avec connectiques séparées (XLR pour mic, Jack 6,35mm TRS pour ligne) avec préamplificateurs ISA. Numérotées 1 et 2.
- En dessous des entrées ISA, les E/S d’envoi et de retour de ces deux canaux, sur connectique jack 6,35mm TRS.
- La batterie de sorties à niveau ligne, avec les sorties 1 et 2 au format jack 6,35mm TRS ou XLR au choix, et les sorties de 3 à 12 seulement au format jack 6,35 TRS.
Ouf ! On a fait le tour. Ce n’est rien de dire que c’est complet. Je lis souvent, dans les colonnes de notre forum, les commentaires d’utilisateurs d’AF qui signalent que telle interface est inutilisable pour eux car il y manque, au choix, l’ADAT, le MIDI… que sais-je encore. On pourra difficilement faire ce reproche à Focusrite.

Par ailleurs, la construction est au top : façade épaisse en aluminium anodisé, presque toute la connectique fixée en embase contre le châssis, et même un intérieur clair, avec un travail important sur la réjection des interférences électromagnétiques (voir les photos ci-dessous).
Maintenant qu’on a fait le tour de l’objet en lui-même, penchons-nous sur son complément numérique…
Le Logiciel
Le logiciel est l’habituel Focusrite Control 2, dont on avait déjà parlé au moment du test de la Scarlett 18i20 Gen 4. Il n’a pas vraiment changé en profondeur depuis, mais la version qui accompagne l’ISA C8X propose quelques petites particularités vraiment bienvenues.
Il se décompose en quatre volets principaux, que l’on retrouve ici à gauche :
Entrées, mixeur, routage et metering. Sur le premier volet, présenté ci-dessus, on retrouve pour chaque entrée l’ensemble des réglages présents en façade, plus l’affiche du niveau d’entrée (il est possible de régler cet affichage pour qu’il concerne le signal avant le fader, ou après). Le mixeur permet quant à lui de régler les niveaux respectifs des canaux analogiques et numériques, en plus du panoramique, du mutage et du solo par piste :
Il permet de créer jusqu’à 8 mix différents (de A à F), et d’attribuer chaque mix à une ou plusieurs sorties. Puis vient l’onglet de routage :
Qui permet l’assignation des différents mix aux sorties principales et alternatives, et la redirection précises des canaux USB à chaque sortie, analogique comme numérique. Pour finir, un onglet que nous n’avions jamais vu avant cette interface, l’onglet metering :
Qui, comme son nom l’indique, permet de visualiser les niveaux de toutes les entrées et sorties en même temps. Un outil simple et très pro, totalement nécessaire lorsque l’on commence à avoir de grosses configurations.
Vous l’aurez remarqué, lorsque l’on passe d’un volet à l’autre, le logiciel continue d’afficher le niveau de sortie (principale ou alternative, au choix) avec accès direct au réglage de master, à la sourdine (DIM), au mutage (MUTE), à la fonction monophonique (MONO) et à l’enclenchement du talkback (TALK). Sur le côté gauche, vous gardez un accès direct aux paramètres (avec affichage constant de la résolution), et au rappel des préréglages, puisqu’il est possible d’enregistrer et de rappeler des configurations distinctes. L’accès constant à ces trois éléments nous paraît être un bon choix, permettant au technicien/musicien de contrôler des aspects critiques du « travail » de l’appareil, sans avoir à chercher très loin.
Benchmark
Précisons-le d’abord, la C8X travaille dans une résolution max de 24 bits/192 kHz. Un petit tour du côté de RTL Utility nous apprend que la latence réelle est la suivante :
Afin de tester l’interface, nous avons fait un benchmark avec notre fidèle APx515 d’Audio Precision. Comme d’habitude, nous publions les résultats obtenus en THD, THD+N, déviation des voies et IMD (sauf pour la sortie casque), puis la réponse en amplitude de chaque canal mesuré. Pour toutes les configurations, je règle le gain pour obtenir le meilleur résultat possible.
Plage dynamique : 104,08 dB (AES-17, pondération A)
1 – entrées ligne :
Déviation : ±0,04 dB (fréquence de référence : 1 kHz)
THD+N : –102 dB / THD : –110 dB (@ 1 kHz)
Distorsion d’intermodulation : –100,3 dB (type SMPTE, @ 1 kHz)
En amplitude, on mesure :
2 – entrées micro ISA :
Déviation : ±0,37 dB (fréquence de référence : 1 kHz)
THD+N : –99 dB / THD : –100 dB (@ 1 kHz)
Distorsion d’intermodulation : –86 dB (type SMPTE, @ 1 kHz)
En amplitude :
Gain max : 87,8 dB (entrée micro, @ 1kHz)
3 – entrées micro :
Déviation : ±0,11 dB (fréquence de référence : 1 kHz)
THD+N : –97 dB / THD : –99 dB (@ 1 kHz)
Distorsion d’intermodulation : –87,5 dB (type SMPTE, @ 1 kHz)
En amplitude :
Gain max : 76,5 dB (entrée micro, @ 1kHz)
4 – sortie casque
Déviation : ±0,09 dB (fréquence de référence : 1 kHz)
THD+N : –66 dB / THD : –100 dB (@ 1 kHz)
En amplitude :
5 – sortie ligne :
A noter, la sortie ligne présente une très belle plage dynamique de 121 dB.
Déviation : ±0,03 dB (fréquence de référence : 1 kHz)
THD+N : – dB / THD : – dB (@ 1 kHz)
Distorsion d’intermodulation : –105 dB (type SMPTE, @ 1 kHz)
En amplitude :












































