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Éteignez Netflix, votre iPad sait faire mieux - Guide d'achat des applications musicales pour iPad

Rédigé par un humain

Composer, enregistrer, mixer, jouer, piloter du matériel ou expérimenter avec le tactile : l’iPad peut aujourd’hui couvrir une grande partie de la création musicale. Encore faut-il connaître les bonnes apps et savoir lesquelles choisir selon ses besoins.

Guide d'achat des applications musicales pour iPad : Éteignez Netflix, votre iPad sait faire mieux

Depuis ses débuts, l’iPad a trouvé une place à part dans la créa­tion musi­cale. Suffi­sam­ment puis­sant pour faire tour­ner des instru­ments virtuels, des effets et des STAN complètes, il conserve aussi ce qui le distingue d’un ordi­na­teur : un écran tactile direc­te­ment inté­gré à l’ou­til de travail. Il peut ainsi servir de studio auto­nome, de séquen­ceur, de sampler, de surface de contrôle, d’ins­tru­ment ou simple­ment de complé­ment à une confi­gu­ra­tion exis­tante. Certains usages repro­duisent assez direc­te­ment ce que l’on connaît sur ordi­na­teur, tandis que d’autres exploitent davan­tage le tactile et les gestes pour propo­ser une approche diffé­rente de la compo­si­tion ou du trai­te­ment sonore. C’est d’ailleurs sans doute à ce niveau qu’il se révèle le plus perti­nent. L’offre d’ap­pli­ca­tions est désor­mais suffi­sam­ment vaste pour couvrir presque toutes les étapes de la créa­tion musi­cale. Dans ce guide, nous allons donc partir des usages plutôt que dres­ser une simple liste d’apps, avec à chaque fois quelques exemples pour s’y retrou­ver.

Compo­ser et séquen­cer

Les STAN clas­siques : Gara­ge­Band, Logic Pro pour iPad, Cuba­sis

L’iPad peut tout à fait deve­nir le centre d’une compo­si­tion, que l’on préfère travailler de manière linéaire, par boucles, avec des clips ou à partir de patterns. Selon les appli­ca­tions, on retrouve ainsi des méthodes très proches de celles d’une STAN tradi­tion­nelle ou, au contraire, des approches davan­tage pensées pour l’écran tactile.

Apple Logic Pro iPadGara­ge­Band reste l’une des portes d’en­trée les plus simples. Gratuit et immé­dia­te­ment acces­sible, il permet d’en­re­gis­trer des pistes audio, de jouer des instru­ments virtuels, de program­mer des parties MIDI et d’as­sem­bler rapi­de­ment un morceau. Son inter­face reste volon­tai­re­ment assez simple, mais elle suffit déjà large­ment pour poser une idée, construire un arran­ge­ment ou réali­ser une produc­tion complète sans quit­ter l’iPad. Pour aller plus loin, Logic Pro pour iPad propose un envi­ron­ne­ment beau­coup plus complet. On y retrouve une orga­ni­sa­tion par pistes, un piano roll, de nombreux outils d’édi­tion, de l’au­to­ma­tion ainsi qu’un ensemble consé­quent d’ins­tru­ments et d’ef­fets. L’in­ter­face a cepen­dant été adap­tée au tactile : certains gestes remplacent avan­ta­geu­se­ment la souris, en parti­cu­lier pour sélec­tion­ner, dépla­cer ou redi­men­sion­ner des régions et éditer direc­te­ment les notes. Évidem­ment, la compa­ti­bi­lité avec Logic Pro pour Mac est parfaite. Avec les autres STAN, en revanche, c’est beau­coup plus limité : il n’y a pas d’ex­port MIDI, et la seule solu­tion consiste à expor­ter le projet sous forme de stems.

Steinberg CubasisCuba­sis adopte de son côté une orga­ni­sa­tion plus conven­tion­nelle. Time­line, pistes audio et MIDI, éditeur de notes, auto­ma­tion et console de mixage donnent rapi­de­ment ses repères à quelqu’un habi­tué aux STAN sur ordi­na­teur. Ce type d’ap­pli­ca­tion convient bien à une compo­si­tion construite progres­si­ve­ment sur une ligne tempo­relle, avec une succes­sion de couplets, refrains, ponts ou autres sections. Notons que les sessions de Cuba­sis peuvent ensuite être ouvertes sans problème dans Cubase, mais aussi dans d’autres STAN grâce à la prise en charge du format DAWproject.

Les approches par clips et patterns : Able­ton Note, Korg Gadget, Drambo

Mais l’iPad n’oblige pas à travailler de cette manière. Able­ton Note, par exemple, privi­lé­gie la capture rapide d’idées autour de clips, de boucles et de courtes séquences. On peut commen­cer par une batte­rie, ajou­ter quelques notes de basse ou un accord, enre­gis­trer un son avec le micro de la tablette et déve­lop­per ensuite cette matière avant, si on le souhaite, de pour­suivre le projet dans Able­ton Live.

SAND de Mateo Caldari est un séquen­ceur Audio/MIDI abor­dable et plutôt complet, il est de plus, très intui­tif.

Korg Gadget est un peu à part. Son séquen­ceur repose sur une grille qui rappelle un peu celle d’Able­ton Live, mais l’ap­pli­ca­tion est surtout une formi­dable collec­tion de devices : synthé­ti­seurs, échan­tillon­neurs, boîtes à rythmes, effets et j’en passe. Il y en a vrai­ment pour tous les goûts, et les instru­ments sont globa­le­ment de bonne qualité. Gadget peut égale­ment accueillir certains instru­ments proprié­taires de Korg dans des versions dédiées (iMS-20, iMono/Poly ou iWAVES­TA­TION… ), en revanche, il ne prend pas en charge le format AUv3.

Atom Piano Roll 2À côté de ces envi­ron­ne­ments assez complets existe toute une caté­go­rie d’ap­pli­ca­tions consa­crées presque exclu­si­ve­ment au séquençage. Elles sont souvent dispo­nibles au format AUv3, de sorte que l’on peut les utili­ser direc­te­ment insé­rées dans un logi­ciel hôte comme plugin. Atom Piano Roll 2 propose par exemple une approche centrée sur l’édi­tion MIDI, tandis que LK de Imagi­nando rassemble plusieurs outils de séquençage et de contrôle. Ces appli­ca­tions peuvent pilo­ter des instru­ments instal­lés sur l’iPad, mais aussi envoyer leurs séquences vers du maté­riel externe.

Inclas­sable, mais pour­tant indis­pen­sable, AUM de Kyma­tica AB est une appli­ca­tion qui permet de construire un setup consti­tué de plusieurs apps, souvent au format AUv3. Sa force réside dans sa souplesse : on relie faci­le­ment plusieurs instru­ments, internes ou externes, à des effets, des séquen­ceurs ou des modu­la­teurs MIDI.

Fuge Machine ClassicCertaines vont encore plus loin en aban­don­nant le piano roll tradi­tion­nel. Fugue Machine (Clas­sic) permet ainsi de faire jouer une même séquence simul­ta­né­ment par plusieurs têtes de lecture, chacune pouvant avan­cer à une vitesse ou dans une direc­tion diffé­rente. Ce genre d’ou­til illustre bien l’un des inté­rêts de l’iPad : il n’est pas néces­saire de repro­duire systé­ma­tique­ment le fonc­tion­ne­ment d’un séquen­ceur d’or­di­na­teur. L’écran tactile se prête aussi à des inter­faces plus graphiques, gestuelles ou expé­ri­men­tales.

Compo­ser sur iPad peut donc prendre des formes très diffé­rentes. On peut y construire un morceau piste après piste dans une STAN complète, captu­rer rapi­de­ment quelques idées sous forme de clips ou utili­ser plusieurs séquen­ceurs spécia­li­sés réunis autour d’un même projet. Et cette diver­sité devient encore plus inté­res­sante dès que l’on commence à faire commu­niquer ces outils entre eux, ce que nous verrons plus loin avec les hôtes AUv3 et le routage MIDI.

Utili­ser des instru­ments virtuels

Synthé­ti­seurs : de l’ori­gi­nal à la réédi­tion de grands clas­siques

L’iPad dispose aujour­d’hui d’un cata­logue d’ins­tru­ments virtuels suffi­sam­ment large pour couvrir à peu près tous les besoins courants : synthé­ti­seurs, pianos, orgues, boîtes à rythmes, samplers ou instru­ments acous­tiques échan­tillon­nés. Certains fonc­tionnent comme des appli­ca­tions auto­nomes, d’autres comme des plug-ins AUv3 que l’on charge dans une STAN ou un hôte compa­tible.

Beepstreet ZeeonDu côté des synthé­ti­seurs, on trouve des recréa­tions de machines clas­siques, des propo­si­tions plus modernes et des synthés conçus direc­te­ment pour le tactile. Moog propose par exemple plusieurs adap­ta­tions de ses instru­ments : Model D pour le Mini­moog et Model 15 pour un modu­laire, mais aussi une propo­si­tion plus origi­nale, l’Animoog Z, un synthé à tables d’ondes pensé pour le tactile. BeepS­treet propose Zeeon, un très bon synthé­ti­seur au son analo­gique, et Sunri­zer, un VA plus clas­sique mais néan­moins très inté­res­sant. C’est cepen­dant avec Drambo que le déve­lop­peur se démarque vrai­ment. Une appli­ca­tion modu­laire, tour à tour synthé, échan­tillon­neur, séquen­ceur, proces­seur d’ef­fets… C’est incroya­ble­ment puis­sant et pour­tant ludique. 

  • Beepstreet Drambo 1
  • Beepstreet Drambo 2

Beeps­treet Drambo

Audiokit Juper J8Korg fait partie des éditeurs histo­riques de la plate­forme et propose une belle collec­tion de synthé­ti­seurs adap­tés de ses machines. iMS-20 reprend le MS-20 et lui ajoute un séquen­ceur, une boîte à rythmes et une section de mixage. iPoly­six, iMono/Poly, iM1, iWave­ta­tion et ARP Odys­sei sont tous excellent et repro­duisent chacun une légende de la synthèse. Audio­Kit s’est égale­ment consti­tué au fil des années un beau cata­logue. Synth One a long­temps été l’un de ses instru­ments emblé­ma­tiques, avec la parti­cu­la­rité d’être gratuit et open source. Plus récem­ment, l’édi­teur a sorti Synth One J6, un synthé­ti­seur gratuit inspiré des Juno de la grande époque tandis que Super J8 est une très bonne version virtuelle du Jupi­ter-8. King of FM explore pour sa part les sono­ri­tés des synthé­ti­seurs FM des années 1980 à partir de sons prove­nant de machines comme les DX7, TX81Z ou SY77

Bleass OmegaLes Français de BLEASS ont eux aussi déve­loppé toute une famille d’ins­tru­ments pour iOS. Alpha est un synthé­ti­seur poly­pho­nique analo­gique virtuel, Omega s’at­taque à la FM avec une inter­face plus acces­sible que celle des synthés histo­riques, tandis que Mega­lit se veut plus contem­po­rain. Mono­lit est de son côté un synthé­ti­seur mono­pho­nique gratuit. Sample­Wiz 2, déve­loppé avec Jordan Rudess, mélange échan­tillon­nage et synthèse granu­laire. Citons égale­ment l’édi­teur 4Pockets qui propose quelques propo­si­tions origi­nales comme par exemple Osci­dia, un synthé­ti­seur à tables d’ondes, Strin­gLab qui oeuvre autour de la modé­li­sa­tion de cordes, Wave­Cloud pour la synthèse granu­laire ou encore FontS­tack pour la lecture de Sound­Fonts. À côté de ses nombreux effets et utili­taires MIDI, 4Pockets dispose ainsi de plusieurs instru­ments qui explorent des méthodes de synthèse très diffé­rentes. 

Border­lands Granu­lar utilise les carac­té­ris­tiques tactiles. Les échan­tillons sont dispo­sés dans un espace graphique sur lequel on déplace des sortes de nuages granu­laires. Leur posi­tion, leur taille et leurs mouve­ments déter­minent la manière dont les sons sont lus et trans­for­més. Le résul­tat tient autant de l’ins­tru­ment que du labo­ra­toire sonore.

TC-11 aborde le synthé­ti­seur de façon tout aussi diffé­rente. Ses para­mètres peuvent être liés à la posi­tion et au mouve­ment des doigts, mais aussi à diffé­rents gestes effec­tués sur l’écran. Plutôt que de repro­duire un panneau rempli de poten­tio­mètres, l’ap­pli­ca­tion fait du multi­touch un élément central du jeu.

miRack reprend par exemple la logique d’un système modu­laire Euro­rack virtuel. On assemble oscil­la­teurs, filtres, enve­loppes, séquen­ceurs et autres modules à l’aide de câbles, puis on construit son instru­ment ou son système de trai­te­ment à partir de zéro. L’ap­pli­ca­tion peut aussi commu­niquer avec d’autres apps ou du maté­riel externe.

Pour finir sur les synthé­ti­seurs, citons égale­ment l’édi­teur IceWorks (iceGear), avec par exemple Nambu, qui exploite la synthèse FM de manière très souple, chaque opéra­teur, pouvant être un oscil­la­teur clas­sique ou à table d’ondes, un géné­ra­teur de bruit ou un filtre. Le tout orga­nisé dans une inter­face très agréable.

Les instru­ments acous­tiques sont eux aussi bien repré­sen­tés. Piano­teq, Ravens­croft 275, les instru­ments de Korg Module ou Numa­Player (gratuit) permettent de dispo­ser de pianos rela­ti­ve­ment complets, tandis que d’autres appli­ca­tions se concentrent sur les orgues, les cordes, les cuivres ou les instru­ments orches­traux. Selon les cas, le son repose sur de l’échan­tillon­nage, de la modé­li­sa­tion physique ou un mélange des deux.

Boîtes à rythmes et percus­sions, suivez le tempo

Fingerlab DM10Les boîtes à rythmes et samplers occupent égale­ment une place impor­tante. Certaines appli­ca­tions repro­duisent une logique très proche du maté­riel, avec pads, séquen­ceur et banques de sons. Par exemple, DM10 de Finger­lab, le succes­seur du très appré­cié DM1, est une boîte à rythmes qui regroupe échan­tillons, moteur de synthèse, séquen­ceur et effets. Son ergo­no­mie a fait ses preuves. Hamme­rhead reprend dans une version tactile le clas­sique de Bram­Bos, agré­menté, bien sûr, de quelques nouveau­tés. D’autres vont bien plus loin et arrivent à conci­lier puis­sance et ergo­no­mie adap­tée au tactile. Koala Sampler, par exemple, est une petite merveille qui peut servir aussi bien à enre­gis­trer rapi­de­ment quelques sons qu’à les décou­per, les rejouer et construire une base ryth­mique. Dans ses dernières versions, il intègre même un synthé­ti­seur proprié­taire et peut ouvrir des plugins au format AUv3. Ces plugins peuvent aussi bien servir de géné­ra­teurs sonores que d’ef­fets à insé­rer dans la table de mixage.

Patter­ning 3, d’Olym­pia Noise, est un séquen­ceur circu­laire orienté rythme, avec gestion de la poly­ryth­mie et des options de proba­bi­lité. Drum­Com­pu­ter, de Sugar Bytes, s’adresse quant à lui à celles et ceux qui cherchent une boîte à rythmes très complète basée sur la synthèse. Une bonne manière de sortir des sempi­ter­nelles TR et de leurs nombreuses décli­nai­sons.

  • Koala Sampler 1
  • Koala Sampler 2
  • Koala Sampler 3
  • Koala Sampler 4
  • Koala Sampler 5
  • Koala Sampler 6
  • Koala Sampler 7
  • Koala Sampler 8

Koala Sampler

Moog AnimoogZ 1L’un des inté­rêts de l’iPad tient aussi à la manière de jouer ces instru­ments. Un clavier virtuel peut suffire pour quelques notes, mais l’écran tactile auto­rise d’autres approches : surfaces XY, rubans, claviers isomor­phiques, pads sensibles à plusieurs dimen­sions ou inter­faces complè­te­ment libres. Certaines apps permettent ainsi d’abor­der un synthé­ti­seur ou un instru­ment virtuel d’une manière assez diffé­rente de celle d’un clavier maître tradi­tion­nel. On pense même parfois à certaines solu­tions mises au point par Buchla. Pour un jeu plus clas­sique, il reste bien sûr possible de connec­ter un clavier MIDI en USB ou en Blue­tooth MIDI. L’iPad devient alors simple­ment le module sonore du système. Avec une inter­face audio et un contrô­leur, on obtient une confi­gu­ra­tion compacte qui peut conve­nir aussi bien à la compo­si­tion qu’à la répé­ti­tion ou à la scène.

Échan­tillon­ner et décou­per des sons

L’échan­tillon­nage est l’un des domaines où l’iPad se montre parti­cu­liè­re­ment à l’aise. Son micro­phone inté­gré permet déjà de captu­rer rapi­de­ment un son utili­sable. Pour une meilleure qualité, il faut passer par une inter­face audio, avec laquelle on peut bien sûr enre­gis­trer aussi bien un synthé­ti­seur qu’une guitare ou toute autre source externe.

Nous avons déjà parlé de Koala Sampler, mais d’autres appli­ca­tions vont plus loin dans le travail de décou­page. Beat­Ma­ker 3, par exemple, permet d’im­por­ter ou d’en­re­gis­trer des échan­tillons, de les slicer puis de répar­tir les diffé­rentes tranches sur des pads. Cette méthode convient parti­cu­liè­re­ment bien aux boucles ryth­miques, mais elle peut aussi servir à recons­truire une phrase mélo­dique, une ligne vocale ou n’im­porte quel enre­gis­tre­ment à partir de ses frag­ments.

SamplrCertaines appli­ca­tions s’éloignent davan­tage du sampler tradi­tion­nel. Samplr repose large­ment sur la mani­pu­la­tion directe des formes d’onde avec les doigts. On peut parcou­rir un échan­tillon, le boucler, le frot­ter ou le faire jouer de diffé­rentes manières, avec une inter­ac­tion qui prend tout son sens sur un écran tactile.

Poly 2 de James Milton est un lecteur de samples origi­nal qui permet de géné­rer des motifs et des mélo­dies à partir de plusieurs cycles ryth­miques qui évoluent les uns par rapport aux autres. Inter­es­sant pour l’am­biant et l’ex­pé­ri­men­tal, il permet en plus d’ex­plo­rer les poly­ryth­mies.

Le resam­pling peut aussi être mis à profit. Il consiste à réen­re­gis­trer le résul­tat d’un trai­te­ment ou d’une séquence afin d’ob­te­nir un nouvel échan­tillon, que l’on pourra à son tour décou­per, trans­po­ser ou trans­for­mer. Sur iPad, cette manière de travailler est assez natu­relle, en parti­cu­lier dans les groo­ve­boxes et les samplers qui permettent de passer rapi­de­ment de l’en­re­gis­tre­ment à la mani­pu­la­tion du son.

Le times­tretch et le chan­ge­ment de hauteur sont égale­ment deve­nus des outils courants. Ils permettent d’adap­ter une boucle au tempo d’un projet, de modi­fier sa tona­lité ou de ralen­tir forte­ment un son afin d’en révé­ler des détails inha­bi­tuels. Selon les appli­ca­tions, ces opéra­tions peuvent être utili­sées de manière trans­pa­rente ou, au contraire, pous­sées jusqu’à produire volon­tai­re­ment des arte­facts.

Au-delà de l’échan­tillon­nage propre­ment dit, d’autres appli­ca­tions exploitent la lecture et l’en­re­gis­tre­ment de boucles, comme Quan­ti­loop, un looper 4 pistes peu connu, mais effi­cace.

Faire du beat­ma­king

L’iPad se prête plutôt bien au beat­ma­king. Entre les pads tactiles, les séquen­ceurs à patterns, les samplers et les groo­ve­boxes complètes, il est possible de construire un rythme très rapi­de­ment, puis de déve­lop­per progres­si­ve­ment une produc­tion sans forcé­ment passer par une STAN tradi­tion­nelle.

Groo­ve­Ri­der GR-16, Vata­na­tor Pro et Korg Elec­tribe Wave reprennent fidè­le­ment le prin­cipe des groo­ve­box, mais avec une logique un peu plus adap­tées au tactile. Bleass Groo­ve­box va encore plus loin avec une inter­face très agréable et une ergo­no­mie bien pensée, qui rendent la créa­tion très ludique. Déjà évoqué comme sampleur, Beat­Ma­ker 3 adopte une logique très proche d’une station de produc­tion complète type MPC. Les pads servent à déclen­cher les échan­tillons, tandis que le séquen­ceur permet de construire des patterns et déve­lop­per ensuite l’ar­ran­ge­ment. L’ap­pli­ca­tion peut ainsi conve­nir aussi bien à une esquisse rapide qu’à une produc­tion plus élabo­rée.

D’autres apps évoquent aussi le prin­cipe des groo­ve­box, mais vont bien plus loin. Le génial Drambo, lui aussi déjà évoqué, combine séquen­ceur, instru­ments, effets et routage dans un envi­ron­ne­ment modu­laire. Korg Gadget, lui aussi propose d’em­me­ner le concept de groo­ve­box au delà de leurs fonde­ments origi­naux, grâce à ses nombreux modules. Beatmaker 3

Le finger drum­ming profite évidem­ment beau­coup de l’écran tactile. Les pads virtuels permettent de jouer direc­te­ment les kicks, caisses claires, char­les­tons et autres éléments ryth­miques, parfois avec gestion de la vélo­cité selon l’ap­pli­ca­tion et le maté­riel utilisé. Pour celles et ceux qui préfèrent une sensa­tion plus physique, il reste possible de connec­ter un contrô­leur MIDI équipé de pads.

Les séquen­ceurs à pas occupent égale­ment une place impor­tante. Ils permettent de program­mer un rythme en acti­vant direc­te­ment les diffé­rents pas d’une mesure, puis de faire varier la vélo­cité, la durée, les déca­lages tempo­rels ou encore les proba­bi­li­tés de déclen­che­ment. Certaines appli­ca­tions ajoutent des fonc­tions de ratchet, de condi­tion ou de rando­mi­sa­tion qui permettent de faire évoluer un pattern sans avoir à tout program­mer manuel­le­ment.

Le beat­ma­king sur iPad ne se limite donc pas à repro­duire le fonc­tion­ne­ment d’une MPC ou d’une boîte à rythmes. Certaines appli­ca­tions restent très proches de cette logique maté­rielle, tandis que d’autres profitent du tactile pour propo­ser des méthodes plus gestuelles ou plus expé­ri­men­tales. Dans les deux cas, l’in­té­rêt prin­ci­pal reste le même : pouvoir passer rapi­de­ment d’une idée ryth­mique à quelque chose de suffi­sam­ment construit pour deve­nir la base d’un morceau.

Trai­ter le son avec des effets

FabFilter Pro MBL’iPad peut égale­ment accueillir une chaîne d’ef­fets complète, que ce soit pour trai­ter un instru­ment virtuel, une piste enre­gis­trée ou une source externe en temps réel. Comme pour les instru­ments, certaines appli­ca­tions fonc­tionnent seules, tandis que d’autres sont dispo­nibles au format AUv3 et peuvent être insé­rées direc­te­ment dans une STAN ou un hôte compa­tible.

On retrouve d’abord tous les trai­te­ments clas­siques : égali­seurs, compres­seurs, limi­teurs, réverbes, delays, chorus, flan­gers, phasers, satu­ra­tions ou simu­la­teurs d’am­plis. Des éditeurs comme FabFil­ter, Even­tide, Tone­Boos­ters, Audio Damage, Bleass ou FAC proposent plusieurs effets sur iPad, souvent assez proches dans leurs fonc­tions de leurs équi­va­lents sur ordi­na­teur.

L’iPad est aussi inté­res­sant pour les effets plus créa­tifs. Shim­mer FX de 4Pockets est une shim­mer reverb plutôt complète. Crys­tal­line par Holder­ness Media combine une réverbe et un delay, idéal pour les sons ambient. Voice Synth, de Qneo, combine un voco­deur et plusieurs effets, avec en plus une fonc­tion de conver­sion audio vers MIDI.D’autres exploitent le tactile pour mani­pu­ler direc­te­ment plusieurs para­mètres, dépla­cer une source dans un espace, figer un son, modi­fier une boucle ou trans­for­mer le signal de manière plus libre. Des appli­ca­tions comme Turnado, ou certains effets de Sugar Bytes reposent en grande partie sur ce type d’in­ter­ac­tion. 

Il est égale­ment possible de trai­ter une source externe en temps réel. Une guitare, une voix ou un synthé­ti­seur bran­ché à une inter­face audio peut entrer dans l’iPad, traver­ser une chaîne d’ef­fets puis ressor­tir vers une console, un ampli ou un autre appa­reil. L’iPad peut ainsi rempla­cer un ensemble de pédales, un proces­seur multi-effets ou une petite chaîne de trai­te­ment de studio.

Pour la guitare et la basse, des apps comme Ampli­Tube, ToneS­tack Pro ou BIAS FX regroupent amplis, baffles et effets dans un même envi­ron­ne­ment. D’autres appli­ca­tions se concentrent davan­tage sur la voix, le trai­te­ment spec­tral, les delays expé­ri­men­taux ou les effets granu­laires.

Dans ce type d’usage, la latence devient évidem­ment impor­tante. Une taille de tampon trop élevée peut rendre le jeu désa­gréable, tandis qu’un réglage trop faible peut provoquer des craque­ments si l’iPad doit calcu­ler trop de trai­te­ments à la fois. Avec une inter­face audio et une chaîne raison­nable, il est heureu­se­ment possible d’uti­li­ser la tablette comme un vrai proces­seur d’ef­fets en temps réel.

Comme toujours avec l’iPad, l’in­té­rêt ne réside pas seule­ment dans la quan­tité d’ef­fets dispo­nibles. L’écran tactile permet­tant aussi de les pilo­ter autre­ment, parfois avec plusieurs para­mètres sous les doigts en même temps, ce qui peut trans­for­mer un simple trai­te­ment en outil de jeu.

Program­mer et trans­for­mer le MIDI

Au-delà des STAN et apps rela­ti­ve­ment tradi­tion­nelles, l’iPad dispose d’une foule d’ap­pli­ca­tions consa­crées au MIDI. Certaines servent à program­mer des séquences, d’autres à géné­rer des arpèges, trans­for­mer des notes, créer des poly­ryth­mies ou pilo­ter plusieurs instru­ments à la fois. Elles peuvent fonc­tion­ner seules ou être char­gées comme effets MIDI AUv3. Dans les deux cas, elles servent à contrô­ler aussi bien des instru­ments virtuels que du maté­riel externe.

SteppolyarpStep­Po­ly­Arp fait partie des réfé­rences dans ce domaine. Déve­loppé par Laurent Colson, il combine arpé­gia­teur poly­pho­nique et séquen­ceur pas à pas. Sa matrice permet de program­mer jusqu’à 32 pas, avec plusieurs lignes pouvant évoluer selon des divi­sions ryth­miques diffé­rentes. Vélo­cité, durée, proba­bi­lité et diffé­rents para­mètres de rando­mi­sa­tion peuvent être réglés pour chaque événe­ment. L’app fonc­tionne de manière auto­nome ou comme effet MIDI AUv3.

Le cata­logue de Laurent Colson comprend aussi Chord­Po­ly­Pad, qui permet de prépa­rer et de déclen­cher des accords depuis une grille de pads, ainsi que Quan­ti­Chord, destiné à trans­for­mer les notes MIDI entrantes en accords selon des règles défi­nies. Si ces outils peuvent sembler spécia­li­sés, c’est juste­ment ce qui fait la richesse de l’éco­sys­tème iPad : au lieu de cher­cher une appli­ca­tion capable de tout faire, on peut assem­bler plusieurs petits outils MIDI adap­tés à une tâche précise.

Quan­tum Sequen­cer adopte une logique inspi­rée des séquen­ceurs maté­riels. Plusieurs séquences peuvent être combi­nées et mani­pu­lées en temps réel, avec une approche qui convient autant à la program­ma­tion mélo­dique qu’à la recherche de motifs moins prévi­sibles. Ce genre d’ap­pli­ca­tion montre bien l’in­té­rêt de l’iPad comme séquen­ceur indé­pen­dant, posé à côté de quelques synthés ou utilisé au milieu d’un envi­ron­ne­ment logi­ciel.

4pockets Euclidean4Pockets occupe égale­ment une place impor­tante dans ce domaine avec une série d’ou­tils MIDI très variés. Helium est un séquen­ceur MIDI AUv3 multi­piste de type piano roll qui permet de consti­tuer des biblio­thèques de clips, tandis que MidiS­tep s’oriente vers le séquençage pas à pas, les rythmes complexes et la rando­mi­sa­tion contrô­lée. Poly­Pipe adopte une logique diffé­rente, avec plusieurs lignes indé­pen­dantes pouvant suivre leurs propres règles de rythme, de hauteur, de proba­bi­lité ou de modu­la­tion. À cela s’ajoutent Digi­Keys, MIDI Strum­mer, MIDI Mixer ou encore Surface Buil­der, destiné à créer ses propres surfaces de contrôle MIDI. Un cata­logue très riche pour un éditeur très proli­fique.

Wotja part dans une direc­tion très diffé­rente. Il s’agit d’un envi­ron­ne­ment consa­cré à la musique géné­ra­tive, dans lequel le compor­te­ment des diffé­rentes parties peut être défini à l’aide de règles et de nombreux para­mètres. L’ap­pli­ca­tion peut produire des nappes, des motifs mélo­diques ou des compo­si­tions qui évoluent sans être écrites note par note.

Senode aban­donne lui aussi le séquençage linéaire. Les notes sont orga­ni­sées sous forme de nœuds reliés entre eux, et plusieurs chemins peuvent être parcou­rus selon des règles ou des proba­bi­li­tés. Le résul­tat tient autant du séquen­ceur que d’un système permet­tant de construire des struc­tures musi­cales évolu­tives.

Stream­By­ter est un véri­table couteau suisse MIDI capable de filtrer, trans­for­mer, divi­ser ou modi­fier les messages à la volée. UxMIDI, de CME, va encore plus loin avec des fonc­tions de mapping, de routage et de filtrage très complètes. Quant à MIDI Guitar 2, de Jam Origin, il conver­tit en MIDI ce que vous jouez à la guitare, avec une légère latence mais un résul­tat tout à fait exploi­table.

Mention­nons égale­ment Riffer, Thesys, Atom Piano Roll 2, déjà cité, Rozeta Sequen­cer Suite ou encore LK. Certaines génèrent des motifs à partir de proba­bi­li­tés, d’autres travaillent sur les Eucli­dian rhythms, les trans­for­ma­tions mélo­diques ou les déca­lages entre plusieurs cycles, d’autres encore sont de simples utili­taires MIDI comme Program Chan­ger. C’est un domaine où l’offre iPad est vrai­ment abon­dante et où l’on trouve beau­coup d’ou­tils diffi­ciles de toutes sortes.

Jouer sur scène

Loopy ProL’iPad a aussi trouvé sa place sur scène, où il peut rempla­cer plusieurs appa­reils à la fois : lecteur de backing tracks, hôte pour instru­ments virtuels, gestion­naire de setlists, lecteur de parti­tions ou centre de commande MIDI. Certaines appli­ca­tions ont d’ailleurs été conçues presque exclu­si­ve­ment pour cet usage.

Came­lot Pro en est un bon exemple. L’ap­pli­ca­tion réunit dans une même inter­face les instru­ments et effets AUv3, le maté­riel MIDI, les parti­tions PDF, les pistes audio et les chan­ge­ments de confi­gu­ra­tion. Chaque morceau peut dispo­ser de ses propres sons, routages et réglages, orga­ni­sés dans une setlist. Le passage d’une scène à l’autre est égale­ment prévu pour éviter les coupures de son, un point qui compte évidem­ment beau­coup en concert.

Pour celles et ceux qui jouent avec des bandes-son, Stage Traxx 4 est centrée sur la lecture de backing tracks et de multi­pistes, avec jusqu’à 32 pistes par morceau, auxquelles s’ajoutent paroles, repères et commandes MIDI. Elle peut donc servir à lancer les accom­pa­gne­ments tout en auto­ma­ti­sant certains chan­ge­ments au cours du morceau.

L’iPad peut égale­ment servir aux perfor­mances basées sur les boucles. Loopy Pro est l’une des appli­ca­tions les plus complètes pour construire une perfor­mance autour de boucles et de clips. Elle permet d’en­re­gis­trer et de super­po­ser des parties en direct, d’or­ga­ni­ser leur déclen­che­ment, d’hé­ber­ger des instru­ments et effets AUv3 et de prépa­rer une inter­face adap­tée à son propre setup.

Quant à All Set, il s’agit d’une appli­ca­tion pensée pour prépa­rer et gérer rapi­de­ment des setlists. On peut orga­ni­ser les morceaux par glis­ser-dépo­ser, ajou­ter des infor­ma­tions comme la tona­lité, le tempo, des notes ou les paroles, insé­rer des pauses et conser­ver plusieurs setlists. Un mode Perfor­mance verrouille ensuite la liste pour éviter les mani­pu­la­tions acci­den­telles sur scène et donne accès à un métro­nome ainsi qu’aux paroles.

Sur scène, la ques­tion n’est toute­fois pas seule­ment de savoir ce que l’iPad peut faire. Il faut aussi prépa­rer les choses pour qu’elles fonc­tionnent sans surprise : désac­ti­ver les noti­fi­ca­tions inutiles, éviter les mises à jour juste avant un concert, véri­fier l’ali­men­ta­tion et les connexions, prévoir les câbles néces­saires et tester le setup complet dans les mêmes condi­tions qu’en situa­tion réelle. Une tablette peut rempla­cer beau­coup de maté­riel, mais elle devient alors elle-même un élément critique du setup.

Travailler les accords, les gammes et l’har­mo­nie

L’iPad peut aussi servir d’ou­til d’aide à la compo­si­tion, en parti­cu­lier pour cher­cher des accords, construire des progres­sions ou explo­rer une tona­lité sans passer immé­dia­te­ment par un piano roll. Plusieurs appli­ca­tions se sont spécia­li­sées dans ce domaine, avec des approches très diffé­rentes.

Scaler 3Scaler 3 est proba­ble­ment l’une des plus complètes. L’ap­pli­ca­tion permet d’iden­ti­fier une tona­lité à partir de MIDI ou d’au­dio, de parcou­rir accords, gammes et modes, puis de construire des progres­sions à l’aide de sugges­tions harmo­niques. Elle propose égale­ment du voice leading auto­ma­tique et permet d’or­ga­ni­ser diffé­rentes varia­tions sous forme de scènes.

Tonaly adopte une approche centrée autour du cercle des quintes. On peut y explo­rer les accords compa­tibles avec une tona­lité, construire des progres­sions, travailler les gammes et utili­ser l’en­semble comme outil de compo­si­tion ou d’ap­pren­tis­sage.

Chord­bot est diffé­rent, c’est un vrai outil pour élabo­rer des struc­tures simples. On choi­sit une suite d’ac­cords, puis on choi­sit diffé­rents instru­ments et accom­pa­gne­ments. Chord­bot peut servir à tester rapi­de­ment une progres­sion, compa­rer plusieurs enchaî­ne­ments ou créer une base d’ac­com­pa­gne­ment avant de pour­suivre le morceau dans une STAN tradi­tion­nelle, après un export MIDI

Sugges­ter 2 est un assis­tant harmo­nique. L’ap­pli­ca­tion aide à trou­ver des accords qui fonc­tionnent ensemble, à explo­rer les possi­bi­li­tés d’une tona­lité et à construire progres­si­ve­ment une suite d’ac­cords. Elle intègre aussi des fonc­tions d’iden­ti­fi­ca­tion d’ac­cords et de gammes.

On peut égale­ment citer Tona­lity, qui combine iden­ti­fi­ca­tion d’ac­cords et de gammes, cercle des quintes et pads d’ac­cords MIDI. Il peut donc aussi bien servir à analy­ser ce que l’on joue qu’à envoyer direc­te­ment des accords vers un instru­ment virtuel.

Ces appli­ca­tions ne composent évidem­ment pas à la place du musi­cien. Il s’agit ici d’ou­tils qui aident à prendre l’har­mo­nie en main : essayer rapi­de­ment un renver­se­ment, cher­cher un accord de tran­si­tion, compa­rer plusieurs progres­sions ou sortir d’un enchaî­ne­ment que l’on utilise par habi­tude. Elles peuvent ainsi servir aussi bien d’ou­til d’écri­ture que d’aide à l’ap­pren­tis­sage.

Travailler avec un ordi­na­teur

Studio Pro RemoteL’iPad n’a pas besoin de rempla­cer l’or­di­na­teur pour trou­ver sa place dans un studio. Il peut au contraire deve­nir son prolon­ge­ment, en servant de télé­com­mande, de surface de mixage, d’écran supplé­men­taire ou de point d’en­trée pour certaines tâches.

Plusieurs éditeurs proposent leurs propres appli­ca­tions de contrôle. Cubase iC Pro permet par exemple de pilo­ter Cubase depuis l’iPad, avec accès au trans­port, au mixeur, à une vue du projet et à des commandes person­na­li­sables. Studio Pro Remote (gratuit) permet de faire la même chose avec Fender Studio Pro (ou Preso­nus Studio One). Avid Control adopte la même logique avec Pro Tools, mais aussi avec d’autres logi­ciels compa­tibles EUCON.

D’autres apps sont moins liées à une STAN précise. ONE Control Plus propose des surfaces adap­tées à Logic Pro, Cubase, Able­ton Live, Studio Pro, Reaper, Bitwig ou FL Studio, tout en permet­tant de créer ses propres contrô­leurs MIDI ou OSC. Meta­Grid Pro prend une autre direc­tion en trans­for­mant l’iPad en panneau de commandes contex­tuel, avec raccour­cis, macros et pages adap­tées aux diffé­rents logi­ciels.

Enfin, les fonc­tions propres à iPadOS et macOS permettent d’uti­li­ser la tablette comme écran supplé­men­taire avec Side­car sur les confi­gu­ra­tions compa­tibles. Ce n’est pas une fonc­tion musi­cale, mais cela peut être utile pour dépor­ter une console, un éditeur ou une fenêtre de plug-in lorsque l’es­pace manque sur l’écran prin­ci­pal. Dans ce rôle, l’iPad devient un outil complé­men­taire que l’on place là où le tactile, la mobi­lité ou un second écran apportent réel­le­ment quelque chose au travail sur ordi­na­teur.

Conclu­sion : l’iPad, studio auto­nome ou complé­ment ?

L’iPad peut aujour­d’hui couvrir une grande partie des besoins liés à la créa­tion musi­cale : compo­ser, enre­gis­trer, jouer des instru­ments virtuels, travailler des échan­tillons, trai­ter le son, pilo­ter du maté­riel ou monter un setup pour la scène. Il peut servir de studio auto­nome, mais aussi trou­ver sa place au milieu d’autres machines ou à côté d’un ordi­na­teur.

Son inté­rêt ne tient pour­tant pas seule­ment à cette poly­va­lence. Les apps les plus inté­res­santes sont souvent celles qui utilisent réel­le­ment les parti­cu­la­ri­tés de la tablette, en propo­sant des inter­faces tactiles, des modes de jeu ou des méthodes de compo­si­tion qui seraient moins natu­rels ailleurs.

Il n’est donc pas néces­saire de cher­cher à faire de l’iPad un remplaçant de l’or­di­na­teur pour en tirer parti. Il peut tout aussi bien deve­nir un instru­ment supplé­men­taire, un séquen­ceur, un sampler, une surface de contrôle ou simple­ment un espace de créa­tion diffé­rent.

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