Les effets de modulation modifient un signal de manière cyclique dans le temps : volume, hauteur, phase ou délai varient en continu. Ils sont rapidement devenus des essentiels pour la guitare, les claviers et la production audio.
Ces effets figurent parmi les premiers à émerger vers le milieu du XXème siècle. Dès les années 40–50, on a vu apparaître des trémolos et vibratos électroniques (modulation de volume pour l’un et modulation de hauteur pour l’autre) et des effets de haut-parleur rotatif (Leslie) popularisé dans les années 40 avec les orgues Hammond. Les amplis Fender, Vibrolux et Twin Reverb en l’occurrence ont créé le son « pulsant » en « envoûtant » de la Surf Music. De son côté, la Leslie créait simultanément de façon mécanique des effets de vibrato, chorus et Doppler. Il aura fallu attendre la fin des années 60, 1968 pour être précis, pour voir débarquer une pédale d’effet de modulation, la fameuse Uni’Vibe utilisée entre autres par Jimi Hendrix.
Le flanger déboule lui-aussi à la fin des années 60, en studio dans un premier temps, par manipulation de bande magnétique (on ralentissait la bande en maintenant le doigt sur son rebord). Les Beatles et Pink Floyd ont beaucoup utilisé cette technique. Il faudra attendre 1975 pour que Roland sorte son légendaire Jazz Chorus JC-120, équipé comme son nom l’indique, d’un circuit de chorus. Ce dernier sera intégré dans une pédale l’année suivante, pédale sortie chez Boss et sobrement baptisée CE-1. La même année, le géant New-Yorkais Electro Harmonix dévoilait sa fameuse Electric Mistress, deuxième pédale de flanger de l’histoire derrière la très célèbre Phase 90 de MXR.
Dans les années 80, à l’émergence des premiers systèmes numériques, le chorus est littéralement devenu le son d’une époque. On pouvait l’entendre à outrance dans des styles comme la New Wave, la Pop, le Rock FM (on se souvient des sons de guitare lourdement chorusés des groupes comme Mötley Crüe, RAT ou encore Extreme) et la Fusion. Des artistes comme Mick Mars, Andy Summers et The Police reflètent très bien cette tendance. Les multi-effets de modulation sont nés à cette époque avec l’arrivée sur le marché de produits comme les Eventide H3000, Roland GP-8 ou Boss SE-70, des processeurs numériques permettant d’utiliser plusieurs effets de modulation ensemble, de mémoriser des presets ou encore de traiter le son en stéréo. Ces systèmes numériques ont généré des sons plus propres, plus larges avec un côté « hi-fi » très apprécié à l’époque. Depuis les années 90, une autre tendance a fait évoluer le marché : la renaissance analogique et numérique moderne. On peut dégager deux penchants : retour analogique avec circuits vintage et BBD analogiques et modélisation numérique pour recréer les effets classiques à l’aide d’algorithmes. De nombreuses marques se disputent ces deux segments avec de nouveaux acteurs comme Kernom ou Walrus Audio qui évoluent aux côtés des géants comme MXR, Electro Harmonix ou Universal Audio.
On peut dégager sept effets de modulation principaux : chorus, flanger, phaser, trémolo, vibrato, Leslie et Vibe. Des effets avancés comme le Detune, le Micro Pitch ou encore le Ring Modulator peuvent aussi être considérés comme des effets de modulation. Dans ce top, nous allons mettre en avant dix pédales multi-effets de modulation afin que vous puissiez choisir celle qui vous convient le mieux.


