Après un Nano Cortex finalement peu comparable au Quad Cortex, la marque finlandaise revient cette fois-ci avec le Quad Cortex mini qui se veut être une version moins encombrante de son grand frère, sans pour autant sacrifier ce qui fait son succès. À vos guitares !
Quad Cortex mini : enfin une vraie déclinaison du Quad Cortex

Naturellement, on ne pouvait pas passer à côté du test de cette version « mini » qui promet, cette fois-ci, d’être réellement une déclinaison du Quad Cortex que l’on connaît. Ainsi, l’appareil reprend en réalité l’essentiel des aspects techniques qui ont fait, et continuent de faire, avec le plus d’objectivité possible, le succès du Quad Cortex, avec notamment une puissance de traitement identique et une connectique assez comparable :
- 2 entrées, avec une entrée 1 au format jack 6,3 mm et une entrée 2/Capture au format combo XLR/jack 6,3 mm
- 1 sortie Capture au format jack 6,3 mm
- 2 boucles d’effets accessibles via les connecteurs TRS SEND 1/2 et RETURN 1/2
- 2 sorties 1/2 au format XLR
- 2 sorties 3/4 au format jack 6,3 mm
- 1 connectique MIDI In et Out/Thru au format mini-jack 3,5 mm
- 1 sortie casque au format mini-jack 3,5 mm
- 1 entrée permettant de connecter une pédale d’expression (la seconde devra passer par le MIDI)
- 1 port USB-C permettant notamment d’utiliser l’appareil comme interface audio 8 entrées/8 sorties et de le connecter au logiciel Cortex Control

Sur ce boîtier, on retrouve un écran tactile de 7 pouces dont la résolution, lorsqu’on le regarde de près, m’a semblé un peu faiblarde par rapport aux standards actuels de nos tablettes et autres appareils tactiles. Toutefois, c’est largement suffisant pour ce qu’il y a à y afficher et, bien entendu, une fois posé au sol, impossible de distinguer les quelques pixels.
L’écran est entouré de quatre footswitches A/B/C/D qui, comme sur les deux autres appareils de la marque, ont pour particularité d’intégrer des potentiomètres crantés. Ces derniers permettent justement d’agir sur l’interface et, dans une certaine mesure, de se substituer au tactile pour certaines manipulations. On trouve également deux boutons dédiés au volume.
L’alimentation, quant à elle, se trouve au niveau de l’ensemble de la connectique et le bloc 12 V DC est inclus. S’il fallait alimenter le pédalier par ses propres moyens, il faudra veiller à disposer d’une alimentation capable de délivrer pas moins de 1 200 mA, ce qui reste assez standard pour ce genre de machine.
Le Quad Cortex mini est conçu mais également assemblé en Finlande et la qualité semble totalement dans la lignée de ce à quoi la marque nous avait habitués jusque-là. Par ailleurs, sur ce genre d’appareil, on peut naturellement considérer que l’écran tactile reste le talon d’Achille. Je me suis toutefois abstenu d’effectuer un quelconque crash test, mais j’ai trouvé que ce dernier inspirait confiance. Les plus précautionneux iront probablement, et à juste titre, poser un verre trempé dessus afin d’éviter d’abîmer leur Quad Cortex mini, vendu 1 299 euros au moment de la rédaction de ce test.
La prise en main
Routing et chaînes d’effets : quatre lignes de huit blocs

Le fait de disposer de deux entrées est également un très bon point, car on a assez de puissance sous le capot pour créer deux chaînes dans un même préréglage et, si besoin, les faire sortir sur des sorties distinctes (par exemple Input 1 sur les sorties 1 et 2 et Input 2 sur les sorties 3 et 4). On peut d’ailleurs combiner les deux entrées si notre source est stéréo, ou encore utiliser les sorties SEND. En bref, au niveau du routing, l’appareil répond probablement à la quasi-totalité des besoins courants, mais aussi à quelques utilisations plus originales.
Navigation, scènes et mode GIG

CorOS 4.1.0 : les Device Presets
Pendant la rédaction de cet article est sortie la mise à jour 4.1.0 de CorOS, qui apporte quelques nouveautés, il est vrai, intéressantes. Par exemple, le système de « Device Presets » qui permet d’utiliser des préréglages proposés par Neural DSP (plus de 2 000 sur l’ensemble du catalogue) et, plus intéressant encore, de créer et sauvegarder les siens lorsque l’on édite un bloc. Plus précisément, avant cette mise à jour, il fallait utiliser un système de « copier/coller » si l’on voulait importer un bloc dans un preset différent, ce qui était en effet un peu pénible et pouvait casser l’aspect purement créatif de l’élaboration de la chaîne du son.
Les quatre footswitches : la contrepartie du format
Ma seule réserve, finalement, concerne davantage les footswitches. Il faudra tout d’abord faire attention, en appuyant sur la rangée du haut, à ne pas accidentellement actionner celle du bas. Il faut également ajouter à cela la nécessité de mémoriser les différentes combinaisons et actions associées aux appuis longs, conséquence assez logique de la présence de seulement quatre footswitches. C’est forcément l’inconvénient de ce genre de format, même si j’ai toujours trouvé que les footswitches du Quad Cortex original étaient déjà un peu trop serrés. Toutefois, il faut aussi considérer que le format compact du pédalier permettra de s’en servir comme d’un véritable centre névralgique sur un pedalboard et, pourquoi pas, d’y joindre un contrôleur MIDI supplémentaire pour gagner en confort. La documentation à ce sujet est par ailleurs complète et la mise en œuvre tout ce qu’il y a de plus standard.
Catalogue d’amplis, d’effets et compatibilité plugins
Pour ce qui est du catalogue, il est très bien fourni. Les amplificateurs sont nombreux et la collection se voit complétée par la section « Neural Capture », mais aussi par la section « Plugins », qui permet de retrouver directement dans son pédalier des plugins Neural DSP dont on possède les licences. À ce sujet, ici encore, la mise à jour 4.1.0 étend la compatibilité avec la prise en charge de quelques incontournables : Archetype: John Mayer X, Archetype: Petrucci X, Archetype: Misha Mansoor X, Archetype: Rabea X et Archetype: Tim Henson X.
Dans la foulée, la collection d’effets, déjà bien fournie, accueille quelques nouveautés bien sympas comme le « Arpeggio Delay » ou encore la réverbe « Vintage Digital ». Honnêtement, la bibliothèque est qualitative et permet de se lancer dans une infinité de directions quand il s’agit de créer ses sons. Il est d’ailleurs fortement probable que d’autres nouveautés arrivent à l’avenir.
Une chose est à noter toutefois : les Quad Cortex ne supportent pas les fichiers NAM A2.
Cortex Control et absence de Bluetooth
Le Quad Cortex mini, tout comme son grand frère, peut être contrôlé depuis son ordinateur à l’aide de l’application Cortex Control, elle aussi mise à jour en même temps que l’OS. Cette dernière est facile à utiliser et reprend quasiment à l’identique le visuel du pédalier. Toutefois, au-delà du côté purement pratique, elle donne aussi accès à la seconde version du processus de clonage développé par Neural DSP. Nous y reviendrons dans le chapitre suivant.
En revanche, si le pédalier peut se connecter en Wi-Fi, la marque a totalement fait l’impasse sur le Bluetooth ! Surprenant et un peu dommage. Pouvoir contrôler son pédalier depuis une application dédiée peut pourtant se révéler bien pratique en répétition pour modifier ses réglages sans avoir à se baisser. Le Nano Cortex bénéficie justement de cette possibilité via l’application Cortex Cloud.
Le Quad Cortex mini comme interface audio
On peut ajouter le fait que le Quad Cortex mini peut également faire office d’interface audio plutôt bien équipée grâce à ses nombreuses entrées et sorties. On peut donc sans problème enregistrer plusieurs signaux simultanément ou encore faire du reamping. Sur Windows, Neural DSP fournit des pilotes ASIO qui m’ont permis d’obtenir une très faible latence sans rencontrer de problèmes de décrochage.
Le son : la même chose en plus petit
Le Quad Cortex mini ne prétend pas faire mieux sur le plan sonore que son grand frère. Il propose de faire strictement la même chose. Ainsi, je vous propose d’écouter quelques extraits, mais en gardant à l’esprit que le Quad Cortex est aujourd’hui une machine suffisamment populaire et approuvée par, au moins, une partie de la communauté des guitaristes et bassistes.

- 1 – TWN – Opto Comp – Rev Amb + Plate01:00
- 2 – US Prince + Exotic + Rev Modulated00:47
- 3 – Preset – Cinematic Shimmer00:43
- 4 – Neural Capture Johns 2+ Brit Blues + Dig Dly + Cave00:39
- 5– Rabea X + Crystal Dly00:33
- 6 – John Mayer X + Vintage Digital00:37
- 7 – Freeman 100 + 808 + Phaser00:44
- 8 – Capture Comet 60 + Exotic + VCA Comp + Room00:32
- 9 – Brit Plexi 50 + Brit Blues + Tape Dly + Room00:39
- 10 – PV-505 + Solo 100 + 80800:23
- 11 – Solo 100 Lead + Exotic + Digit Dly + Room00:39
- 12 – Preset Johns Amp + Dig Dly + Hall00:37
Vous le savez probablement, mais j’ai l’habitude de tester beaucoup de multieffets du marché pour Audiofanzine et je trouve que le Quad Cortex, ici dans sa version compacte, mais cela vaut aussi pour la version originale, se situe clairement dans le haut du panier, et ce pour plusieurs raisons.
Premièrement, la qualité est assez homogène entre les différents niveaux de gain : les sons clairs sont superbes et les saturations légères ou poussées sont probablement parmi les plus crédibles. Cela ne vaut d’ailleurs pas seulement pour le rendu sonore, mais aussi et surtout pour les sensations de jeu sous les doigts. C’est bien entendu un paramètre difficilement perceptible sur un simple extrait audio. Évidemment, il faut affiner un peu les réglages et la balance tonale. Ce n’est donc pas aussi immédiat et « organique » que de se brancher dans un véritable amplificateur, mais par défaut, les amplis sonnent déjà de manière tout à fait correcte pour la grande majorité. Et au pire, on clone son propre matériel ou on télécharge un clone mis à disposition par la communauté. Deuxièmement, les effets sonnent vraiment bien. Les délais sont efficaces et les réverbes magnifiques. Pour l’anecdote, il m’arrive d’utiliser certains plugins de Neural DSP uniquement en activant leur section d’effets. Je pense par exemple à la réverbe du Plini X, qui est disponible dans le Mini !
Je vous parlais du clonage et l’une des forces du Quad Cortex réside dans le fait que ce processus peut se faire directement sur la machine, sans devoir utiliser son ordinateur. Tout du moins pour la version 1 de « Neural Capture ». La mise en route est simple : on suit les schémas de branchement affichés à l’écran et on attend quelques minutes pendant lesquelles notre ampli se voit infliger une masse sonore plutôt infâme.
Voici un premier clonage d’une tête Victory V30 MKII, sur son canal lead, passant par un Torpedo Live pour la partie enceinte (2×12 Victory) :

- 13 – Victory V30 MKII – le vrai – V100:22
- 14 – Victory V30 MKII – la copie – V100:21
La version clonée est ici originale et n’a subi aucun traitement supplémentaire au niveau de l’égalisation. Ce que l’on peut dire, c’est que c’est très proche et que les petits écarts au niveau du timbre peuvent sans problème être rattrapés avec un simple égaliseur. Sachant que dans la pratique, il y aura bien d’autres facteurs qui viendront « dégrader » l’authenticité de notre source (la salle, la sono…).
Neural DSP propose une seconde version de son algorithme de clonage qui s’effectue cette fois-ci en ligne, sur son cloud. La différence est que ce processus n’est accessible qu’en passant par le logiciel Cortex Control sur un ordinateur auquel on branche le Quad Cortex. Neural DSP promet une meilleure précision, notamment dans la restitution de la dynamique, avec également la possibilité de cloner des appareils plus délicats à reproduire comme une fuzz ou un compresseur.
Je vous propose d’écouter un second clonage effectué cette fois-ci avec ce nouvel algorithme :

- 15 – Victory V30 MKII – le vrai – V200:19
- 16 – Victory V30 MKII – la copie – V200:20
La différence m’a paru assez subtile pour un ampli comme mon Victory V30 réglé sur un canal qui n’est pas franchement des plus dynamiques. La balance tonale semble être un peu plus fidèle, il est vrai, mais ce n’est pas transcendant pour autant, d’autant plus que le premier essai était déjà plutôt concluant. Dans le cas de cet amplificateur, la version 2 constitue donc davantage une amélioration qu’un véritable bond en avant.








