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Histoire de la création d'un studio

Créer son studio
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"Il faut que je trouve une solution. Mon studio Brecker 1 est vraiment trop petit... Je n'y pensais pas mais finalement, si je le faisais moi même ce studio". C'est l'idée que j'ai eue un soir avec un "bon" camarade après quelques verres de whisky !

Trois ans après, je pense qu’il aurait mieux valu boire beau­coup moins ce soir là, mais force est de consta­ter que les choses se terminent petit à petit dans Brecker 2.

Bien, pour la musique avec des musi­ciens (je pense que c’est mieux), on a en gros deux solu­tions :

  • La loca­tion d’un local : c’est un endroit neutre souvent traité un mini­mum et dans lequel on garde la batte­rie et les amplis de 30 kilos. C’est « pro » mais c’est cher… très cher…s­can­da­leu­se­ment cher sur Paris ou Barce­lone par exemple.
  • Le garage : c’est chez la bonne poire du groupe. C’est pas pro mais c’est pas cher.

Reste qu’au moment d’en­re­gis­trer tout ce petit monde, le local peut plus ou moins faire l’af­faire alors que le garage reste un enfer. Et que dire de l’hu­mi­dité et du son de gare SNCF – Metro bien­ve­nue.

Alors, si votre compagne et vos parents sont compré­hen­sifs, il reste la solu­tion de trans­for­mer votre garage (ou salle à tout faire) en studio de répé­ti­tion et d’en­re­gis­tre­ment semi-pro / pro.

Concepts de base : la taille, ou la grenouille et le boeuf

Le lieu que vous allez trans­for­mer n’est pas l’idéal, c’est évident, bien que j’ai vu un appar­te­ment dans Barce­lone centre où le studio était dans le salon… un rêve … une famille parti­cu­lière aussi ! Il faut donc dès le début partir dans l’idée que ce futur lieu de créa­tion est un ensemble de compro­mis. En gros, même si vous aimez l’es­pace, il est impos­sible de faire rentrer un groupe dans 3 m2.

Calcu­lons pour le lieu de répé­ti­tion :

– Batte­rie : 2,5 m2
- Basse + ampli : 1,5 m2
- Guitare + ampli : 1,5 m2
- Soliste vent ou chan­teur: 1 m2
- Maté­riel (hp, ampli, effet, petit table): 2,5 m2
9 m2 de surface utile.

Comme il faut une distance mini­male de 1 m entre chaque musi­cien, comp­tons :

– 9 m2 instru­ments et maté­riel
- 5 m2 pour sépa­rer les musi­ciens
14 m2, soit 4 m x 3,5 m . Croyez moi que c’est petit et que vous n’au­rez pas froid.

 Si vous voulez en plus une cabine d’en­re­gis­tre­ment et mixage :

– Table de mixage + siège et moni­to­ring : 3 m2 (pour une 24 / 32 pistes)
- Effets divers: 1 m2
- Enre­gis­treurs divers: 1 m2
- Stockage et équi­pe­ment : 1 m2
6 m2 soit 3 m * 2 m. Pour infor­ma­tion, le studio Brecker 1 fait 7 m2.

Il faudra bien sûr ajou­ter les éléments indis­pen­sables :

– Porte isolante : 1 m2
- Cloi­son isolante + patch et connec­tique : 1 m2
- Couloir et autre pour circu­ler entre les cabines : 1 m2
envi­ron 25 m2

Pour indi­ca­tion le studio Brecker 2 fait 45 m2 et il est confor­table.

Enfin, je ne saurais trop insis­ter sur la troi­sième dimen­sion : la hauteur du plafond. Moins de 2m25 est vrai­ment incon­ce­va­ble… Je sais, parfois on ne peut pas faire autre­ment ! Brecker 2 fait 2m40 hors isola­tion, et je trouve que c’est bas !

Utili­sa­tion

Avec le chapitre précé­dent, je vois déjà certains prendre leur calcu­lette et suppri­mer / compri­mer leurs musi­ciens. C’est vrai, la chan­teuse, elle n’est pas très grosse ! Il s’agit bien de taille mini­male. Cepen­dant, il convient à présent de bien réflé­chir à l’uti­li­sa­tion de ce studio.

La première ques­tion est de savoir si ce studio a pour première fonc­tion d’être un lieu de répé­ti­tion ou un lieu de créa­tion / compo­si­tion. Un lieu de répé­ti­tion doit être parfai­te­ment isolé et très bien aéré alors qu’un lieu de créa­tion doit privi­lé­gier le confort et l’es­pace. Ce premier compro­mis vous permet d’éli­mi­ner la cloi­son isolante et la porte (- 2 m2). Si vous axez votre studio sur la créa­tion, le moni­to­ring de mixage peut égale­ment servir de moni­to­ring de répé­ti­tion (entre –1 et –1,5 m2).

La deuxième ques­tion est de savoir le rapport entre l’acous­tique et l’élec­tro­nique. En effet, un groupe de rock néces­site beau­coup de place, à cause de la taille des amplis et de leur puis­sance (les amplis déga­geant beau­coup de chaleur). En revanche, si vous êtes plus calme et que vous utili­sez unique­ment des synthés, on peut commen­cer à « compri­mer » un peu les gens. L’ex­trème étant bien sûr de vous passer de batteur (entre –2 et – 2, 5 m2), cette dernière solu­tion n’étant pas complè­te­ment absurde pour certains styles de musique.

La troi­sième ques­tion est le nombre d’heures / jour que vous allez y passer.
Absurde, Saxleo ! Tout ce que je peux. Oui Kiki, mais tu as l’école et toi Alfred, tu as ton travail. Entre 8 heures et 3 heures par jour il y a un monde, croyez moi. Breker 1 était juste pour une utili­sa­tion de 3 heures / jour, mais il est devenu effroyable lors de la produc­tion de My rose et ces 8 heures / jour pendant 1 mois. Entre le manque de lumiere, la taille, la chaleur déga­gée par mes outils analo­giques, ce studio n’est pas fait pour usage inten­sif.

Le lieu : dans la maison ou ailleurs ?

Nous avons parlé du garage. Certes, mais ce n’est pas l’unique lieu trans­for­mable. Et si l’on parlait de la vieille baraque au fond du jardin ? Et le grenier à aména­ger ? Sans comp­ter la boutique de pépé désaf­fec­tée et inven­dable aujour­d’hui. Savez-vous qu’une porte de frigo est excel­lente égale­ment pour l’iso­la­tion phonique ?

La première chose à consi­dé­rer est le bruit. Comment isoler pour ne pas géner ? Si vous faites de la musique élec­tro­nique type « acous­tique defendu », une simple pièce à coté du salon est suffi­sante car vous avez toujours la possi­bi­lité d’uti­li­ser un casque. Même si je rappelle le danger pour les oreilles…(Voir l’article sur les acou­phènes).Les spécia­listes recom­mendent de ne pas prolon­ger l’écoute au casque plus de 30 minutes sans une pause de 10 minutes.

La seconde est la distance du lieu de vie. C’est très impor­tant. Descendre un esca­lier peut être suffi­sant pour ne pas aller tapo­ter quelques notes après le travail. Ce concept devient vital pour un compo­si­teur. Passant de Brecker 1 à Brecker 2, il m’est néces­saire d’ins­tal­ler un piano à coté de mon lieu de vie.

La troi­sième chose à consi­dé­rer est le mate­riel. L’Am­peg B3 que je possède pèse 31 kg. Le grenier amenagé était donc impen­sable compte tenu du fait que je le déplace au mini­mum une fois par semaine pour jouer à l’ex­té­rieur. Je ne parle évidem­ment pas de mon rêve, un B3 + une cabine Leslie. Voilà pourquoi le garage a autant de succès.

Enfin, bien sûr, calcu­lez bien si vos collègues acceptent de faire le dépla­ce­ment tout les jeudis soirs dans votre studio même de 100 m2 dans votre grange en plein milieu du Larzac !

Réali­ser le plan du studio

Ça y est. Vous avez trouvé votre autre lieu de vie. Pour réali­ser un studio, il faut être vision­naire : il est impor­tant dès le début de s’ima­gi­ner où va être placé chaque chose et comment.

Un truc, prenez donc une chaise avec des roulettes et dépla­cez vous (si vous le pouvez – dans mon cas le sol était en terre) dans votre futur studio sans vous lever. La vision assise est très diffé­rente. Et puis pour les compo­si­teurs / aran­geurs / mixeurs / homes­tu­distes, cela vous permet de bien fixer vos idées sur l’en­droit de la table de mixage, du place­ment des caisses de moni­to­ring, des effets. Atten­tion aussi au lieu de l’or­di­na­teur, du clavier maitre et des racks.

Autre truc, essayez d’ima­gi­ner comment vous travaillez géné­ra­le­ment declen­che­ment de sequen­ceur, enre­gis­tre­ment acous­tique, etc – Il faut aussi penser aux modules de sons. Vous devez les avoir tous à portée de main près du clavier maitre.

Véri­ta­ble­ment, la meilleure chose à faire est de prendre un papier sur lequel seront repré­sen­tés vos trésors d’ins­tu­ments, à l’échelle, ainsi que le studio. Entre la chaise à roulettes, les petits papiers et votre imagi­na­tion, vous avez tout les ingré­dients pour faire le plan de votre studio de rêve.

Cepen­dant, il est des points à consi­dé­rer avec beau­coup d’at­ten­tion et qui modi­fie­ront sans doute vos idées d’ori­gine :

a) Le courant

Brecker 1 dispose d’une seule prise par exemple. Inutile donc d’ex­pliquer l’ordre qui règne entre le 230 et les signaux analo­giques même blin­dés et le digi­tal – un hall de gare.

Consi­dé­rer le courant consiste donc à déter­mi­ner :

  • l’en­droit où arrive le courant dans le studio
  • le nombre de prises dont on a besoin
  • l’em­pla­ce­ment des prises et du circuit : on évitera de croi­ser le courant avec le signal musi­cal. Atten­tion en parti­cu­lier aux entrées venant de micros, synthés et autres instru­ments.

L’idéal est de monter des circuits sépa­rés à partir du comp­teur géné­ral. Dans mon cas, les 3 circuits (lumiere / studio / son) descendent direc­te­ment sans aucun connec­teur (domi­nos, prises, boîtiers) jusqu’au studio. A l’ar­ri­vée du studio sont connec­tés les fusibles doubles (phase et neutre). Dans le futur, je connec­te­rai un redres­seur / nettoyeur de courant pour la partie studio afin de suppri­mer complè­te­ment tout les ronfle­ments que nous four­nissent à prix d’or nos chères compa­gnies élec­triques. Ce sont des varia­tions de tension (+ ou – 230 V) mais surtout de fréquence (+ ou – 50 Hz) – encore Merci.

b) L’aé­ra­tion

Il faut abso­lu­ment un système d’aé­ra­tion. Pas seule­ment pour un problème de chaleur mais surtout de santé. Un studio est un piège à pous­sière. Cinq personnes dans un local non aéré et petit produisent suffi­sa­ment de Co2 pour s’in­toxiquer en une demi jour­née !

c) Les portes et les fenêtres

Il s’agit ici du problème acous­tique. Une fenêtre est une source de problèmes, premiè­re­ment à cause de la réver­bé­ra­tion qu’elles produisent, et deuxiè­me­ment du fait qu’elles soient source de vibra­tions et donc de para­sites. On évitera donc de coller la batte­rie à son coté ou de dispo­ser la source sonore juste devant (amplis, saxos, trom­pettes etc). Le mieux est de dos, ou au pire perpen­di­cu­laire.

Le problème des fenêtres est le typique compro­mis entre confort et acous­tique. Brecker 2 a penché vers le confort mais avec un trai­te­ment spécial.

d) L’er­go­no­mie

En fait, je dirais pratique­ment qu’il faut commen­cer par là. Mais n’étant pas spécia­liste dans le domaine, je crois qu’il est plus facile, une fois le plan bien avancé, de véri­fier les points suivants :

  • la hauteur de la table de mixage : sur une table stan­dard, elle sera trop haute et vous empe­chera d’ac­cé­der sans vous lever à l’éga­li­seur (ne pas accé­der faci­le­ment au trim par contre n’est pas un probleme car son utili­sa­tion est peu fréquente) . Par contre, si vous la placez trop bas, ce sont les accou­doirs qui vous gène­ront.

  • dépla­ce­ment avec la chaise à roulettes : un pied de table sur la trajec­toire est très douleu­reux. C’est une des raisons pour lesquelles égale­ment aucun câble ne doit trai­ner par terre.
  • vos yeux : l’écran doit être perpen­di­cu­laire à la source de lumière (natu­relle) et doit être à la même hauteur que votre visage, à une distance mini­mum de 50 cm.
  • les enceintes de moni­to­ring : elles doivent être en triangle isocel par rapport à votre posi­tion assise, devant la table de mixage et à la même hauteur que vos oreilles (centré entre le twee­ter et le boomer). Atten­tion, cette confi­gu­ra­tion peut prendre beau­coup de place.

Enfin, je conseille­rais de dispo­ser d’un fauteuil pour se relaxer en écou­tant le résul­tat de vos heures de mixage.

Alimen­ta­tion et câbles

Ils rentrent aussi dans les plans et nécés­sitent une atten­tion parti­cu­lière.

a) Le mélange

Les câbles d’un studio moderne vont trans­por­ter diverses choses. On distingue ainsi :

  • Les câble d’ali­men­ta­tion (230 V / 50 Hz) pour le courant élec­trique : je rappelle que le 50 Hz est source de beau­coup de para­sites et que cette fréquence est audible par l’oreille humaine. Si l’ali­men­ta­tion domes­tique est de mauvaise qualité, elle peut provoquer des disfonc­tion­ne­ments dans les racks d’ef­fets sensibles (reverb par exemple).

  • Les câbles de moni­to­ring : ce sont les câbles entre l’am­pli et les HP. Ils ont une très fâcheuse tendance à provoquer des para­sistes et à être sensibles aux para­sites exté­rieurs.
  • Les câbles ligne (analo­gique) : il s’agit de toutes les connexions analo­giques entre les effets et l’équi­pe­ment du studio ainsi que les synthés. Pour des oreilles habi­tuées, ils peuvent provoquer des inter­fe­rences entre eux (diapho­nie). Il sont sensibles aux para­sites géné­rés par les câbles d’ali­men­ta­tion.
  • Les câbles micro (analo­gique) : il s’agit des câbles entre le micro et le préam­pli. Ce sont des pièges à para­sistes, les plus compliqués à gérer.
  • Les câbles audio­nu­mé­riques : ces câbles sont peu sensibles. Cela étant votre servi­teur a rencon­tré des problèmes entre un câble MIDI et un boitier d’une lampe halo­gène (type de lumière à éviter abso­lu­ment dans un studio).
  • Les câbles infor­ma­tique : L’or­di­na­teur, c’est un paquet de câbles et d’an­tennes à lui tout seul. Il est le centre et la cible de tout les para­sistes. Et ce malgré les normes inter­na­tio­nales. La diffé­rence entre un ordi­na­teur clone et ordi­na­teur de marque se justi­fie souvent par la qualité du cablage interne et donc de son isola­tion. Le venti­la­teur est en parti­cu­lier redou­table (bruit sonore et élec­tro­ma­gné­tique). Il n’y a malheu­reu­se­ment que très peu de choses à faire mis à part l’iso­ler des câbles trans­por­tant des signaux analo­giques.

La mise en commun de tout ce monde est un véri­table casse tête chinois. La règle prin­ci­pale est d’évi­ter que les câbles se touchent ou se croisent.

b) La terre

Cette prise, inte­grée au courant géne­ral, n’a pas unique­ment pour but de vous proté­ger des décharges élec­triques d’un appa­reil défec­tueux. Elle va égale­ment éviter les para­sistes (Je vous fait grâce des expli­ca­tions tech­niques).

Les nouvelles construc­tions sont aujour­d’hui rigou­reuses sur ce point, mais atten­tion cepen­dant aux fausses prises de terre qui ne vont nul part. Ensuite, bien évidem­ment, le fait d’avoir un seul circuit de terre pour toute la maison revient à cumu­ler les para­sistes provoqués par la machine à laver et surtout par le frigo avec ceux de votre table de mixage ! Vous l’avez compris, il est vive­ment conseillé de monter son propre système de terre.

La première méthode dite du “super brico­lage” consiste à dénu­der un fil sur une longueur de 15 cm, de grater la pein­ture du radia­teur et de plaquer (et non enrou­ler, c’est très impor­tant) le fil le long du tube d’ar­ri­vée d’eau chaude. Pourquoi ? Parce que la chau­dière est toujours connec­tée à la terre d’une manière profe­sion­nelle (norme ISO d’ins­ta­la­tion et de sécu­rité). Croyez moi, cela fonc­tionne très bien – surtout si votre chambre a un sol en moquette !

La seconde méthode consiste en une tige de fer de mini­mum 2 mètres. Il suffit a l’aide d’une masse de la plan­ter dans la terre. On connec­tera cette tige de la même manière que la première méthode. Il existe des tiges spéciales pour cette fonc­tion.

c) La pratique

Il convient de bien sépa­rer les éléments fixes et mobiles du studio. En effet, certains éléments sont sucep­tibles d’être utili­sés pour les concerts – reverb, compres­seur. Il devient alors impor­tant de préser­ver les connec­teurs.

Un exemple de patch : le Behringer ultrapatch pro PX2000Dans ce cas, prévoir l’ins­tal­la­tion de patchs supplé­men­taires. Le patch est un boitier de connexion. Il permet de modi­fier la connec­tique et les routages sans passer derrière les racks et surtout la table. Les patchs d’aujour­d’hui permettent diffé­rentes confi­gu­ra­tions. Les micros doivent eux aussi, si possible, passer par un patch. En règle géné­rale, un patch vaut moins cher qu’une tranche de console ou une répa­ra­tion d’un effet. Pensez y.

Enfin, il faut prévoir les passe-câbles de manière à ne lais­ser aucun câble trai­ner par terre. En plus du coté esthé­tique, entre en ligne de compte des problèmes d’in­ter­fé­rences et bien sûr de propreté et d’hy­giène.

Maté­riaux

Vous avez choisi votre endroit. Vous avez fait vos plans et tenant compte des facteurs et en prenant garde surtout à la connec­tique et aux inter­fé­rences. Il vous reste main­te­nant à choi­sir vos maté­riaux.

Vous avez deux options:

  • Un devis auprès d’une société spécia­li­sée : cette société doit non seule­ment vous conseiller sur les maté­riaux, mais égale­ment les instal­ler. Elle ne peut être prise au sérieux si elle ne réalise pas une étude finale du rende­ment dyna­mique de votre studio. Cette étude consiste à chif­frer la réver­bé­ra­tion et à faire une balance. Elle sert à véri­fier, en résumé, que votre salle n’exa­gère ou ne dimi­nue aucune fréquence. Atten­tion à ne pas confondre cabine sourde et cabine neutre, elle n’ont pas la même fonc­tion.
  • L’ex­pé­rience : il ne s’agit pas de nous prendre pour des profes­sion­nels mais simple­ment d’ana­ly­ser les salles qui nous plaisent et noter les maté­riaux qu’elles utilisent.

En règle géné­rale, les maté­riaux que l’on utilise doivent garan­tir :

  • une bonne acous­tique
  • un entre­tien facile – atten­tion aux fumeurs
  • une tempé­ra­ture et humi­dité constante
  • une non propa­ga­tion et / ou stockage d’élec­tri­cité statique – le diable pour les micros –

 Quelques remarques :

  • Une moquette synthé­tique non trai­tée ou un tapis en laine est à pros­crire d’un studio pour son effet “batte­rie 12 v / 40 Ampères”. Une décharge sur mes lèvres avec un Shure 58 m’a privé de saxo pendant 2 jours !
  • Le chauf­fage élec­trique est à éviter s’il n’est pas épaulé par un système de contrôle d’hu­mi­dité.
  • Les rideaux et tissus, si vous ne vous enga­gez pas à les nettoyer régu­liè­re­ment, sont un nid à pous­sières qui, dans le cas de certaines fibres, provoquent des courts circuits dans les plaques élec­tro­niques.
  • Il faut éviter tout halo­gène ou équi­pe­ment dispo­sant d’un trans­for­ma­teur.
  • La qualité des effets se juge en partie en fonc­tion de son alimen­ta­tion : exté­rieure (ex : Alesis mini verb 3), ou interne (ex : TC Elec­tro­nic M-one), les alimen­ta­tions internes étant moins sensibles.
  • Les ampoules les moins sensibles sont les spots avec vis.
  • En règle géné­rale, on se penchera plutôt sur des maté­riels absor­bants.
  • Enfin, je conseille d’uti­li­ser des maté­riaux simples d’en­tre­tien.

L’acous­tique de la salle

L’acous­tique est un métier. Je ne vais donc pas entrer en concur­rence avec les profes­sion­nels du domaine, mais simple­ment expliquer qu’avec des concepts simples et du maté­riel “peu” coûteux, on peut obte­nir des résul­tats semi-pro, voire carré­ment pro si la chance vous sourit.

En effet, si vous vous lancez dans l’aven­ture de l’acous­tique, sachez qu’il y a une grande part de chance. Je m’en suis rendu compte en connec­tant ma vieille chaîne hi-fi dans mon actuelle maison. Depuis ma “fuite” du nid fami­lial, j’avais toujours trouvé ma chaîne un peu juste pour mes oreilles Hi-fi. J’ai pendant des années mis cette baisse de qualité au compte des divers trans­ports et à l’âge des compo­sants. Ma chambre d’ori­gine était très petite avec un sol en moquette et un plafond en bois. Et depuis lors, les pièces d’ac­cueil de mon bijoux étaient toujours de plâtre, pein­tures et autres… Je me souviens très bien que quand j’ai mis mon premier CD (Miles Davis – Kind of Blue, So what, c’est une tradi­tion) dans ce nouveau logis, je suis resté carré­ment collé à mon fauteuil !

Trois facteurs sont selon moi impor­tants pour juger l’acous­tique :

  • La préci­sion : c’est le fait de recon­naître l’ins­tru­ment tel qu’il est mais c’est surtout, selon mes critères, discer­ner indi­vi­duel­le­ment tous les instru­ments d’un orchestre (dans le cas de plus de cinq musi­ciens).

  • La direc­tion : c’est le fait de déter­mi­ner dans l’es­pace (en stéréo) l’en­droit où se trouve les musi­ciens. J’ajoute qu’il n’est pas toujours évident qu’un manque de préci­sion implique un manque de direc­tion (cas de ma maison précé­dente).
  • Le réalisme : il s’agit d’un facteur subjec­tif. Cela étant, je vois mal Miles Davis jouer dans une église! Cette reverb est la plus courante dans nos habi­ta­tions modernes à cause du béton. Les vibra­tions sont quand à elles dues au placo-platres sans laine de verre ou avec une épais­seur de poly­sty­rène insuf­fi­sant. Le réalisme, selon ma vision (vrai­ment person­nelle), est surtout la faculté de garder une balance aigu / médium / grave rigou­reu­se­ment équi­li­brée. C’est pour cela que le son anglais me plaît autant dans le domaine de la hi-fi

Nota : atten­tion à ne pas confondre l’iso­la­tion et l’acous­tique. Le studio néces­site les 2 !

Mon expé­rience m’a démon­tré que :

  • La préci­sion s’ob­tient surtout par le facteur de réso­nance de la pièce
  • La direc­tion s’ob­tient par la forme de la pièce et/ou le premier facteur de réflexion
  • Le réalisme s’ob­tient par le place­ment des enceintes de moni­to­ring, la combi­nai­son des 2 points précé­dents, des maté­riaux utili­sés et de la chance !

a) Réver­bé­ra­tion

Il s’agit du reflet du son sur les parois. En résumé, plus la paroi est lisse et dure et plus le son va « rebon­dir ». C’est le son typique des garages (béton) ou des sous-sols dans des régions monta­gneuses. Une bonne tech­nique pour élimi­ner les réflexions, consiste à mettre des rideaux très lourds le long des murs. La tech­nique du tissu sur du molle­ton est égale­ment excel­lente.

Le plus dur reste néan­moins le trai­te­ment du sol et du plafond. L’ex­pé­rience m’a prouvé que c’est d’abord avec ces deux éléments que vous allez contrô­ler la réver­bé­ra­tion d’ori­gine voulue de votre studio (vous contrô­le­rez les dernières touches par l’épais­seur d’un rideau ou le revê­te­ment d’une porte par exemple). Si vous en avez les moyens et la possi­bi­lité, la meilleure solu­tion reste le sol en bois et le plafond en carton agglo­méré spécial (nid d’abeille, moule à gauffre, etc…). Le problème majeur étant la sensi­bi­lité de ces derniers à l’hu­mi­dité.

La solu­tion que j’uti­lise est la suivante :

  • Sol en céra­mique mais avec de grands tapis.
  • Un plafond en bois avec de la laine de verre entre le bois et œuvre.
  • Les murs sont recou­verts de tissus avec du molle­ton
  • Les fenêtres avec des rideaux épais

b) Direc­tion

Dans les effets de direc­tion en plus des formes entre aussi la réver­bé­ra­tion. C’est le son typique du tunnel ou de la vallée. La forme de la pièce doit permettre d’évi­ter les réso­nances. Pour cela, éviter qu’elle soit rectan­gu­laire ou carrée grâce à des angles qui cassent les réflexions. Si elle est rectan­gu­laire (majo­rité des cas), les rapports des dimen­sions de la pièce (longueur-largeur-hauteur) ne doivent pas être multiples l’une de l’autre. Si vous ne pouvez pas l’ob­te­nir, il suffit de le simu­ler à l’aide de rideaux en tissus lors de vos enre­gis­tre­ment. Les maté­riaux entrent aussi en ligne de compte. En effet, s’il sont trop absor­bants vous risquez de perdre la direc­tion ou tout au moins, le natu­rel de la direc­tion. Il s’agit d’un savant dosage !

c) Réalisme

Pour ce qui est des enceintes de moni­to­ring, les facteurs sont :

  • place­ment plus ou moins écarté
  • distance avec le mur
  • revê­te­ment du mur (de derrière et de devant)

 En ce qui concerne la balance : des tissus épais au mur rendent une pièce plus effi­cace dans les graves. Le bois est bon pour les médiums et le mur en brique pour les aigus.

En règle géné­rale, il est impen­sable d’avoir tout les murs en une seule matière. Vous devez lais­ser une réver­bé­ra­tion mini­male, mais celle-ci ne doit jamais rebon­dir entre les parois. Par exemple, si votre pièce est très en long (tube), une bonne solu­tion est de lais­ser « sans » trai­te­ment un des murs longs (ou de le couvrir de placo-plâtres) et de couvrir son opposé en maté­riel absor­bant (molle­ton, rideaux, etc.). Vous remarquez que cette solu­tion est souvent utili­sée dans les pièces de spec­tacles et de concerts. Dans le cas du cinéma, l’écran est la couche absor­bante. Les murs présentent des aspé­ri­tés et un design compliqué pour éviter les rebon­dis­se­ments trop direc­tives et éviter ainsi que le son ne soit pas audible à certains endroits de la pièce. Le fond est assez dur. Un cinéma sonne assez sourd, cela peut être un bon studio, mais ce n’est pas un studio idéal (pas très réaliste en parti­cu­lier).

d) Conclu­sion

L’acous­tique est un art très complexe. Les trois facteurs sont inter­dé­pen­dants. Géné­ra­le­ment, l’acous­tique, lorsqu’elle est faite par un non-profe­sion­nel est à retou­cher lorsque le studio est terminé.

L’iso­la­tion acous­tique

Si vous avez opté pour des tech­niques complexes, vous pouvez rencon­trer des problèmes d’iso­la­tion. Voilà pourquoi les cabines spécia­li­sées que l’on installe dans une pièce de son appar­te­ment ont autant de succès : les construc­teurs de ces cabines étant spécia­listes dans le domaine, ils ont tout pensé pour opti­mi­ser l’acous­tique du produit qu’ils vendent.

Pour l’iso­la­tion, le mieux est le vide – voir les fenêtres en double vitrage avec vide entre les deux. Ce vide n’étant pas facile à obte­nir, la tech­nique consiste à amor­tir les ondes sonores. Là encore, le rideau très lourd est une excel­lente solu­tion. Le mieux, si possible, étant le système de double cloi­son en sachant que le poly­sty­rène est à pros­crire, vu qu’il est, comme la plupart des poly­mères, un conduc­teur acous­tique. Pour isoler du bruit, le premier facteur est la masse de la cloi­son… Or, les seuls maté­riaux légers ayant un inté­rêt sont fibreux et ou poreux. Au poly­sty­rène (qui est léger mais ni poreux, ni fibreux), préfé­rez donc les maté­riaux « abor­dables » que sont la laine de roche de forte densité (bien meilleure que la laine de verre), la laine de chanvre (très effi­cace et ne génè­rant pas de pous­sière dangeu­reuse ou irri­tante) et certaines mousses à pores ouverts.

Instal­la­tion

Vous avez votre lieu, vos plans, votre maté­riel et vous avez réalisé votre isola­tion. Vous n’êtes certai­ne­ment pas maçon, ni char­pen­tier, ni élec­tri­cien. Mais pensez bien que vous allez le deve­nir sous peu. Il y a seule­ment quelques règles qu’il semble impor­tant d’énon­cer :

  • Vous n’êtes pas des profes­sion­nels : faire un mur droit aussi vite que ces maes­tros de la construc­tion demande des années. Alors, calme et déter­mi­na­tion sont requis.
  • Vous êtes musi­ciens. Vos mains et vos doigts sont la chose la plus impor­tante au monde avec vos oreilles. Il faut les proté­ger avec des gants solides. Pas seule­ment contre les coups, coupures et déchi­rures mais aussi contre les produits toxiques. Le ciment contient un produit contre l’hu­mi­dité très puis­sant (pour qu’il reste en poudre). Ne pas utili­ser de protec­tion, c’est s’ex­po­ser à la gale du ciment! Pour un guita­riste, cela consiste à ne plus pouvoir plaquer un accord sans se couper litté­ra­le­ment la pointe des doigts.
  • Atten­tion au surme­nage. Surtout avec les gros œuvres. Les tendi­nites vous attendent. L’unique remède à cette inflam­ma­tion est le repos. Non seule­ment cela vous oblige à stop­per les travaux mais vous ne pouvez égale­ment plus jouer.
  • La sécu­rité est le maître mot : vous ne pouvez pas avoir tout le maté­riel des profes­sion­nels. Ils vous faut alors inven­ter impro­vi­ser des outils. On appelle cela le brico­lage et cela peut s’avé­rer dange­reux.

Le gros œuvre

En géné­ral, cela consiste à monter un mur, faire un sol ou monter une cloi­son. Se réfé­rer aux revues spécia­li­sées. A notre niveau, il n’y a pas de conseil spécia­lisé pour le montage d’un studio. La seule chose à véri­fier est que tout est bien fixé d’une manière défi­ni­tive pour éviter les vibra­tions.

L’œuvre

Ici, il convient d’être vigi­lant lors de la fixa­tion des plaques de placo ou du lambris. Vous devez réduire l’es­pa­ce­ment des tasseaux afin de limi­ter les vibra­tions. La laine de verre (atten­tion à toujours mettre un masque) est un excellent maté­riel. Néan­moins, le poly­sty­rène reste beau­coup plus pratique.

Elec­tri­cité

Ne pas hési­ter à ache­ter de bons inter­rup­teurs et prises pour limi­ter les inter­fé­rences. En plus de toutes les règles de sécu­rité, ajou­tons :

  • Eviter les paquets de fils (chose très diffi­cile avec les boîtiers).
  • Eviter les connec­teurs (domi­nos et autres) : bien penser au câblage.
  • Eviter les angles droits.
  • Le scotch est inter­dit.
  • La section du câble doit être surdi­men­sion­née.
  • Penser au place­ment du redres­seur de courant (au cas où).

Dans tous les cas, veillez à bien repé­rer par où passent les câbles pour ne pas les croi­ser avec les autres câbles sensibles (micros par exemple).

Norma­le­ment, l’ins­tal­la­tion doit être faite par un instal­la­teur agréé, pour vous éviter des problèmes d’as­su­rance en cas d’in­cen­die. Nous vous conseillons donc de le faire faire par un profes­sion­nel.

Autres câblages

Penser avant les fini­tions à passer les autres câbles.

1. Dans la cabine d’en­re­gis­tre­ment :

  • Câblage des HP (moni­to­ring et/ou répé­ti­tion) : Ils doivent être d’ex­cel­lente qualité : le petit câble noir et rouge du super­mar­ché est inter­dit de séjour !
  • Câblage des micros : les connec­teurs sont en XLR de toutes façons. Vous avez deux solu­tions :
    • 1. Ache­ter un patcheur/dépat­cheur style scène. Avec des soudures irré­pro­chables, mais qui doit être posé dès le début de la construc­tion (ne pas s’amu­ser à couper !).
    • 2. Le faire par vous-même. Cela risque de vous coûter plus cher, mais si vous êtes un excellent soudeur, cela vous permet une liberté totale – sur la longueur exacte en parti­cu­lier. Ces câblages sont compa­tibles avec les jacks clas­siques à travers un adap­ta­teur. Bien évidem­ment, les synthés utilisent aussi ces patches. Comp­tons trois à cinq micros pour la batte­rie. Un pour la basse. Un à deux pour la guitare. Deux pour le clavier et un pour le soliste (chan­teur, saxo ou autre). Bref, avec 8 à 12 entrées vous êtes confor­table pour enre­gis­trer un groupe.
  • Câblage des casques : le mieux est d’uti­li­ser un dispat­cheur du commerce pour commen­cer. Cela étant, si vous dispo­sez d’un système pour le retour, un retour de 5 à 6 casques est suffi­sant pour un bon bout de temps.

2. Dans la cabine de mixage :

  • Câblage des micros : le mieux est de prévoir égale­ment un patch pour connec­ter les préam­plis et autres effets insert/inline avant d’en­voyer le son aux enre­gis­treurs direc­te­ment en passant ou non par la table (voir dossier prise de son).
  • Câblage des effets : il s’agit en fait de connec­ter en perma­nence avec le patch les x effets possibles de votre table (6 par exemple pour une Berhin­ger MX 8000 ou Mackie 24/48). Les effets sont égale­ment connec­tés à ce patch. Celui-ci sert ainsi unique­ment de routeur entre les entrées / sorties FX de la table et les effets externes.
  • Câblage des inserts : ensuite bien sûr, il faut câbler tous les inserts de votre table. Là encore, faisons preuve de réalisme : avec 24 pistes, vous en aurez assez.
  • Ceux des inserts auxi­liaires. Quelque soient vos méthodes de travail, il est utile égale­ment de câbler les points d’in­serts des auxi­liaires à un patch.
  • Ceux des inserts de maste­ring. Les tables profes­sion­nelles disposent de points d’in­sert de main mix ou/et maste­ring.
  • Câblage de l’en­re­gis­treur multi-pistes : autant de câbles qu’il y a de pistes.
  • Câblage des enre­gis­treurs pour le maste­ring : entrées sorties, bien sûr.

Nota Bene : vu le prix des patch, mieux vaut en ache­ter un que le faire soi-même.

Comme vous l’ima­gi­nez, il faut beau­coup de câbles. Le mieux est d’ache­ter d’of­fice une bobine de 100 mètres d’ex­cellent câble blindé 3 brins. C’est très cher, mais c’est le prix de la tranquillité; surtout pour les modi­fi­ca­tions que vous réali­se­rez dans le futur. L’éven­tuel surplus (je vous garan­tis qu’il n’y en aura pas ou très peu) vous sera utile pour vos scènes.

Mobi­lier et menui­se­rie

Vous devrez peut être fabriquer vos propres meubles. Cepen­dant avant de vous lancer dans la menui­se­rie, il convient de bien étudier les aspects finan­ciers.

Pour les racks, je vous conseille vive­ment la solu­tion stan­dard. De plus, un rack 24 U d’oc­ca­sion vaut une misère. Que voulez- vous, à part vous, qui peut ache­ter un engin de 2 mètres de haut ? De plus, vous pour­rez toujours le recou­vrir pour cacher les ravages causés par le temps et les concerts.

Impor­tant : prévoir des espaces libres. Entre vos futurs achats vos et divers invi­tés, vous les utili­se­rez rapi­de­ment.

Pour les meubles (tables et autres), le problème n’est pas aussi simple. En effet le bois agglo­méré (le bois qu’il faut utili­ser) est très cher. Cela étant, dans le domaine de la musique, les prix défient souvent toute concur­rence. Néan­moins, les choses changent et les prix commencent à rejoindre la normale et la logique des grandes produc­tions. La construc­tion par soi-même est donc moins rentable qu’avant.

Si vous vous lancez dans la menui­se­rie, voici quelques conseils :

  • Agglo­méré recou­vert de noir si vous voulez connaître le niveau de pous­sière avec anti­ci­pa­tion. Marron ou bois natu­rel sinon. Evitons le Formica tout de même !
  • Epais­seur très consé­quente pour éviter les vibra­tions.
  • Les HP de moni­to­ring doivent être sur un support dur. Evitez donc les systèmes étagères ou équi­va­lents. Le mieux est de faire un coffrage rempli de sable. Cela permet en cas de gros chan­ge­ment de modi­fier la dispo­si­tion sans casser de murs.
  • Prévoir le repose main si votre table n’en est pas équi­pée. C’est très confor­table et précis pour figno­ler le réglage d’un fader.
  • Faire soi-même, si vous ne le trou­vez pas en stan­dard, un tiroir épais pour le clavier et la souris. Les stan­dards en fer sont un désastre.

Enfin, soignez les fini­tions au mieux : un studio doit être un lieu agréable.

Fini­tions

C’est souvent à ce moment que l’on peut mettre un bon travail en l’air. Si vous ne collez pas les petites baguettes en bois qui marquent les joints, elles entre­ront en vibra­tion au bout d’un mois d’uti­li­sa­tion. Les vis doivent être bloquées. Aucune pièce ne doit être en contact avec une autre si elle n’est pas collée et / ou vissée. Le cadre de Mamie est un nid à vibra­tions, le poster d’Iron Maiden vibre avec la caisse claire. Et que dire des verres dans le mini bar que vous vous êtes construit ? (sans commen­taire). La table basse pour le repos doit toujours avoir son objet lourd au-dessus. Un cendrier est une cymbale indé­si­ra­ble…

Les consé­quences poten­tielles de l’ins­tal­la­tion de tout objet dans votre nouveau lieu de lieu doivent être étudiées a priori.

Dans les détails qui ont de l’im­por­tance :

  • Signa­lons la décon­nexion manuelle de la sonne­rie du télé­phone. Par loi de Murphy, elle sonnera toujours au meilleur moment de votre meilleur solo.
  • La petite lumière ON AIR à la porte de votre studio qui indique à vos amis et copines que vous êtes en train d’en­re­gis­trer et qu’une entrée intem­pes­tive peut être cause de dispute voire de divorce.
  • Un petit verrou pour les heureux papas d’en­fants très inté­res­sés par son acti­vité – voir les commen­taires de Marcus Miller dans l’al­bum The sun don’t lie
  • Une lumière action­nable de l’ex­té­rieur qui vous avise d’une urgence sans vous tuer votre solo.
  • Un panneau « inter­dit de fumer » pour solu­tion­ner toute ques­tion et justi­fi­ca­tion inutile, cause de discus­sion stérile. Celui qui n’a jamais fumé ne compre­nant pas celui qui n’a jamais arrêté de fumer, et réci­proque­ment.
  • Une armoire pour ranger tout l’in­utile en règle géné­rale (micros, pieds, anti – pop) qui prend beau­coup de place.

Pour conclure, disons que patience sera de tout évidence le maître-mot tout au long de cette impor­tante étape des fini­tions.

Tests

Le mieux est de faire venir un à un les instru­men­tistes et de tester le rendu direct et en enre­gis­tre­ment. Atten­tion, écou­ter un solo de batte­rie dans votre nouveau studio ne vous apprend stric­te­ment rien. Par contre, une ligne clas­sique en direct et en enre­gis­tre­ment vous permet de déter­mi­ner l’équi­libre des percus­sions et de déter­mi­ner les vibra­tions et échos de type choc.

Le bassiste vous fera le test du décol­lage et vibra­tion en règle. N’hé­si­tez pas à pous­ser un peu le volume de l’am­pli ainsi que les graves. Cela vous permet de déter­mi­ner, dès la première session, le maxi­mum admis­sible de votre studio.

Si vous avez passé ces deux premières épreuves sans problème, c’est très encou­ra­geant pour la suite.

Il convient à présent de tester nos amis à 6 cordes. Là encore, faites leur plai­sir pendant 10 minutes, n’ou­bliez pas vos protec­tions audi­tives et lais­sez les jouer au volume qui leur plaît (à fond dans 90 % des cas). Vous véri­fiez ainsi la tenue de médium haut et la satu­ra­tion (niveau maxi) de votre studio. Ensuite, à un niveau normal pour le commun des mortels, vous véri­fie­rez la clarté du son – inutile de dire que vous deman­de­rez à votre ami de couper la distor­sion (allez savoir, il décou­vrira peut être un nouveau son !). Il est impor­tant à ce moment de bien écou­ter les reverbs et échos qu’en­gendre votre pièce. Le mini­mum doit être chassé avec préci­sion. En effet, un simple écho avec cet instru­ment corres­pond à un brou­haha lorsque l’or­chestre sera installé.

Si vous avez passé ces trois premières épreuves sans problème, vous n’êtes pas loin d’avoir devant vous le studio idéal.

En fait, les juges finaux vont être les instru­ments pure­ment acous­tiques mono timbraux : une voix, un saxo, une trom­pette ou un violon. C’est à ce moment que vous saurez si vous avez votre studio idéal. Si vous êtes arrivé là sans problème, c’est que ou vous n’êtes pas un Terrien ou qu’il vous faut sans attendre aller jouer au loto… Il vous restera alors à faire jouer tout le monde. Plus sérieu­se­ment, si vous avez été strict, il ne devrait pas y avoir de problème.

Correc­tions

Bien, reve­nons sur Terre et regar­dons les possi­bi­li­tés pour recti­fier le studio qui n’est forcé­ment pas parfait.

Réver­bé­ra­tion et écho

Il convient d’as­sou­plir d’abord le mur. Ensuite, si c’est insuf­fi­sant, le sol. Pour cela, il suffit de mettre des rideaux épais ou de mate­las­ser vos murs.
Une fois le problème résolu, on recou­vrira ceux-ci de tissus. Une autre tech­nique consiste à placer des auvents en tissu autour des musi­ciens. Cette tech­nique a l’avan­tage de garder une certaine versa­ti­lité.

Si l’opé­ra­tion avec vos murs est insuf­fi­sante, la théo­rie consiste à trai­ter le plafond avec des plaques étudiées pour cette fonc­tion. Mais avant de vous lancer dans cette dépense, vous pouvez essayer de mettre quelques tapis au sol. Si vous avez traité correc­te­ment votre plafond, ils seront suffi­sants pour résoudre le problème.

Nota Bene :

  • la batte­rie ne jouera jamais à même le sol, le bombo remon­tant au micro à travers son pied, cela même avec les suspen­sions. Il faut toujours isoler la batte­rie du sol prin­ci­pal avec un tapis. Les studios pros utilisent des cais­sons parti­cu­liers montés sur des feutres ou des caou­tchoucs.
  • Il existe dans les grandes surfaces de brico­lage des caou­tchoucs spécia­le­ment reser­vés à l’iso­la­tion les enceintes hifi du sol. Ces mêmes produits sont une merveille d’iso­la­tion pour la batte­rie, les HP des amplis de guitare et y compris pour la table de mixage.

Vibra­tions

Il convient de repé­rer le lieu et la fréquence à laquelle elles se produisent. Géné­ra­le­ment, ce sont les fenêtres et les panneaux insuf­fi­sam­ment fixés qui entre­ront en vibra­tion. Il se peut qu il reste une fréquence « vibra­toire » ou qui donne une impres­sion de bour­don­ne­ment. Il s’agit d’un phéno­mène complexe que nous n’ex­plique­rons pas ici. La solu­tion est encore ici d’as­sou­plir les revê­te­ments.

Pour les panneaux, il suffit de les fixer correc­te­ment. Un mètre entre les tasseaux est une bonne moyenne. Si vous utili­sez du placo-plâtre, les joints sont une source de problèmes. Si vous utili­sez du lambri, c’est en période de séche­resse que vous rencon­tre­rez des problèmes. En effet, les plaques de bois ne seront pas en contact perma­nent entre elles.

Les vitres sont un vrai problème. Vous remarque­rez que les studios profes­sion­nels utilisent soit des vitres blin­dées, soit des doubles vitrages d’épais­seur consé­quente. Si vous détec­tez des vibra­tions, il faut d’abord véri­fier l’état des joints. Il doivent être en sili­cone de manière à offrir une élas­ti­cité avec le montant de la fenêtre. Bien évidem­ment, vous devez utili­ser des rideaux. Si malgré tous vos efforts, il vous reste des vibra­tions, le seul remède est le brico­lage. Person­nel­le­ment, dans Brecker 1, je coince une éponge entre le rideau et la vitre. Un scotch soutient le poids de l’éponge. C’est extrê­me­ment laid, mais cela a le mérite de fonc­tion­ner. 

Utili­sa­tion

Ca y est ! Vous avez votre studio. Les maté­riaux, au cours du temps, vont travailler. Il est donc logique que le son et le rende­ment de votre studio évoluent. Cela étant, comp­tons qu’au bout d’un an, votre studio va deve­nir stable.

Avec l’uti­li­sa­tion, il est évident que vous devrez faire des chan­ge­ments. Chaque chan­ge­ment doit être accom­pa­gné d’une réana­lyse du rende­ment de votre studio. Néan­moins, si le son de ce dernier vous plaît, je conseille de ne rien toucher en termes de struc­ture et gros œuvre/œuvre. Il est en effet diffi­cile de repro­duire un rende­ment. Savez-vous par exemple que des ingé­nieurs se sont tués à repro­duire l’acous­tique des théâtres grecs ?

Un studio s’en­tre­tient, il doit rester propre. En effet, nos appa­reils sont des pièges à pous­sières. Les micros sont parti­cu­liè­re­ment sensibles. Il doivent être remis dans leur boîte et dans votre armoire après chaque utili­sa­tion.

Les câbles que vous utili­sez doivent être enrou­lés (en les nettoyant), mis sur le porte manteau, et clas­sés par type de câble. Les perches doivent être rangées dans l’ar­moire.

En règle géné­rale, votre studio doit être sans cesse en ordre pour assu­rer un entre­tien facile. Avec l’ex­pé­rience, on se rendra compte qu’il est plus facile de nettoyer régu­liè­re­ment (et donc peu) que de temps en temps à fond. En effet, dans ce dernier cas, la pous­sière sera déjà entrée et incrus­tée dans les instru­ments. 

Conclu­sion

Trois ans après les premiers coups de pioche, Brecker 2 n’est toujours pas fini. En revanche son acous­tique est encou­ra­geante. Il est vrai que le gros œuvre dans mon cas a néces­sité pratique­ment 2 ans de travail : abais­se­ment du niveau du sol, renfor­ce­ment des fonda­tions, sol, murs, esca­liers, etc.

Néan­moins, dans un contexte raison­nable et en dédiant les fins de semaine sans lâcher vos compro­mis musi­caux, comp­tez sur une année, une année et demi pour le grand jour de l’inau­gu­ra­tion de votre studio.

Le budget est assez élevé tous comptes faits. Mis à part le gros œuvre, comp­ter envi­ron 20 000 francs de maté­riel tout compris (panneau, câbles, élec­tri­cité) pour un studio de 25 m2. Ce même studio réalisé par un profes­sion­nel vous coûtera envi­ron 50 000 francs. Les maté­riaux ne sont, il est vrai, pas les mêmes, mais si vous êtes patient, que vous faites atten­tion aux détails et que la chance vous sourit, la diffé­rence se justi­fiera.

En résumé, entre le faire soi-même et le faire faire, le seul argu­ment est le temps ! Tenez-en comp­te…


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