SSL muscle son jeu avec la SSL 18, sa première interface USB-C en rack 19 pouces. Beaucoup d'ambition : plus pro, plus complète, avec le son légendaire de la marque et une flexibilité taillée pour le home studio ambitieux. Alors, promesses tenues ?
Depuis plusieurs années, Audiofanzine suit de près l’arrivée en force de Solid State Logic sur le marché des interfaces audio grand public. Après les très accessibles SSL 2 et SSL 2+ (puis sa version mkII), puis la plus complète SSL 12 (toutes testées par nos soins), la marque britannique continue d’étendre sa gamme avec cette belle interface au format rack 19 pouces.

Aujourd’hui, la nouvelle SSL 18 vient compléter cette famille. Plus ambitieuse, cette interface USB-C vise les producteurs et musiciens qui cherchent plus d’entrées, de flexibilité et des fonctionnalités avancées. Voyons ce que cette grande sœur propose en réalité.
Présentation de la SSL 18 : faces avant et arrière
Comme toujours, attardons-nous sur les faces avant et arrière pour présenter succinctement, mais de façon aussi complète que possible, les fonctions, entrées et sorties de la machine.
Sur la face avant, on trouve :
- Entrées 1 et 2 : deux prises combo XLR/jack pour micros, sources ligne ou instruments (guitare, basse).
- Sélection et réglage des entrées : un sélecteur de canal permet de choisir parmi les huit entrées analogiques. La commande de gain est accompagnée de quatre boutons pour, de haut en bas, l’alimentation fantôme 48 V, le mode niveau ligne, le filtre passe-haut et le traitement analogique Legacy 4K, toutes fonctions applicables indépendamment selon le canal sélectionné.
- Afficheurs à LED : huit colonnes indiquent les niveaux des entrées ou des sorties, complétées par des indicateurs de niveau pour les sorties principales, de fréquence d’échantillonnage et de synchronisation numérique.
- Contrôle des écoutes : un potentiomètre bleu (un peu plus gros mais pas si gros que ça, j’y reviendrai) règle le volume des moniteurs. Juste en dessous, trois boutons permettent respectivement de couper le son, de basculer vers une seconde paire d’enceintes et d’activer le talkback.
- Sorties casque : deux prises jack, HP A et HP B, chacune associée à son propre réglage de gain.
- Et puis le bouton marche/arrêt.
Sur la face arrière :
- L’embase secteur IEC… Bon, c’est pour être exhaustif. Plus intéressant, juste après, la sortie Word Clock au format BNC pour synchroniser des équipements numériques externes.
- Le port USB-C, là aussi, c’est pour l’exhaustivité, mais surtout deux prises mini-jack pour les entrées et sorties MIDI.
- Entrées/sorties numériques : deux formats sont disponibles – le S/PDIF sur connecteurs coaxiaux ou sur TOSLINK ; le format ADAT, sur les mêmes connecteurs TOSLINK.
- Inserts analogiques : deux retours d’insert associés aux sorties ligne 9 et 10, qui sont configurables comme départs d’insert pour intégrer des processeurs externes dans le trajet du signal à l’enregistrement.
- Dix sorties analogiques symétriques sur jack TRS 6,35 mm. Les sorties 1 et 2 alimentent les enceintes principales, les sorties 3 et 4 peuvent servir à une seconde paire, et les sorties 5 à 10 offrent des connexions supplémentaires pour le studio.
- Entrées 3 à 8 : six prises combo XLR/jack pour connecter micros et sources ligne, complétant les deux entrées en façade. À noter, une prise combo XLR/jack supplémentaire est dédiée au micro de communication (talkback).
Bref, c’est très complet, correctement construit à quelques exceptions près (les sorties ligne pas maintenues en embase sur le châssis) et l’on apprécie certains petits détails : l’entrée dédiée au talkback, les inserts… Appréciable aussi, l’accessibilité à une majorité de fonctions et de réglages depuis la façade avant, avec un affichage simple et efficace qui permet de contrôler le déclenchement des diverses options en un seul coup d’œil, solution simple et rafraîchissante lorsque l’on voit se multiplier les interfaces à écran (tactile ou pas), où l’utilisateur doit naviguer d’un sous-menu à l’autre pour tout régler ou, simplement, pour contrôler quoi que ce soit.

Toutefois, comme l’interface est riche en possibilités, tout n’est pas réglable depuis l’appareil lui-même. Il faudra donc passer par le logiciel…
Le logiciel SSL 360° 2.0 : mixeur, routage et réglages
Le centre de contrôle, c’est le logiciel SSL 360° dans sa version 2.0. Il est assez classique, en cela qu’il reprend dans sa GUI les dispositions habituelles d’une console analogique (c’est SSL, après tout) et l’intègre assez discrètement dans un format adapté à la visualisation sur écran.
La page « Mixer » permet à la fois la visualisation des niveaux, leur réglage, l’assignation des signaux vers les différentes sorties et le déclenchement des fonctions de traitement du son, et cela, pour les différentes entrées analogiques, et les retours audio de l’ordinateur. C’est le cœur de la plateforme de travail. On peut notamment régler tous les paramètres d’entrée accessibles depuis la façade, activer l’inversion de polarité (pas accessible depuis la façade). Sautons pour l’instant la zone intermédiaire, et l’on observe dans la zone tout en bas, celle des faders, les contrôles typiques que l’on trouverait à cet endroit sur une console classique : panoramique, solo, sourdine, la possibilité pour les tranches 1 et 2 d’envoyer le signal vers les sorties d’insert (sorties ligne 9 et 10, il faut passer par les paramètres pour les configurer pour cette fonction).
La zone intermédiaire propose la création de mix indépendants pour les sorties HP1 et 2 et vers les sorties ligne 2 et 3, en permettant de régler l’envoi de chaque entrée vers les bus correspondants. Lorsque l’envoi vers les deux bus stéréo des HP est enclenché, un bouton de panoramique dédié à ce bus apparaît, qui outrepasse le bouton de panoramique général de la tranche. C’est très complet, bien pensé… Le top ! Et pour en rajouter une couche, en bas de la tranche le bouton « Mirror Out » permet le routage direct des entrées ou des bus de sortie vers les différentes destinations, par exemple, une tranche d’entrée analogique vers un canal numérique ADAT ou S/PDIF, transformant ainsi l’interface en un convertisseur A/N (à 48 kHz et en dessous, l’envoi « miroir » peut se faire pré ou post-fader, au-dessus seulement pré-fader).

Enfin, SSL 360° offre plusieurs réglages plus avancés, comme l’adaptation de la puissance des sorties casque à différentes impédances, le choix du niveau de sortie des paires de moniteurs principaux (+9 ou +24 dBu), la configuration de l’horloge numérique et le choix entre les connexions S/PDIF coaxiale et optique. Une fonction de boucle audio (loopback) facilite par ailleurs la capture de sons provenant de l’ordinateur. Bref, il y a franchement tout ce dont vous pourriez avoir besoin, à part une sortie de réamplification avec l’impédance adaptée. Reste que le logiciel 360° est un des plus complets que nous avons testé ces dernières années.
Benchmark Audio Precision APx515 : latence, THD+N et plage dynamique
Précisons-le d’abord, la SSL 18 travaille dans une résolution max de 32 bits/192 kHz. Un petit tour du côté de RTL Utility nous apprend que la latence réelle est la suivante :
Afin de tester l’interface, nous avons fait un benchmark avec notre fidèle APx515 d’Audio Precision. Comme d’habitude, nous publions les résultats obtenus en THD, THD+N, déviation des voies et IMD (sauf pour la sortie casque), puis la réponse en amplitude de chaque canal mesuré. Pour toutes les configurations, je règle le gain pour obtenir le meilleur résultat possible.
Plage dynamique : 108,7 dB (AES-17, pondération A)
1. Entrées ligne : déviation, THD+N et distorsion
Déviation : ±0,03 dB (fréquence de référence : 1 kHz)
THD+N : –99 dB / THD : –100 dB (@ 1 kHz)
Distorsion d’intermodulation : –102 dB (type SMPTE, @ 1 kHz)
En amplitude, on mesure :
2. Entrées micro : déviation, THD+N et gain max
Déviation : ±0,02 dB (fréquence de référence : 1 kHz)
THD+N : –100 dB / THD : –102,5 dB (@ 1 kHz)
Distorsion d’intermodulation : –92,7 dB (type SMPTE, @ 1 kHz)
En amplitude :
Gain max : 73,3 dB (entrée micro, @ 1kHz)
3. Sortie casque : déviation et THD+N
Déviation : ±0,07 dB (fréquence de référence : 1 kHz)
THD+N : –89 dB / THD : –98 dB (@ 1 kHz)
En amplitude :
4. Sortie ligne : déviation, THD+N et distorsion
Déviation : ±0,04 dB (fréquence de référence : 1 kHz)
THD+N : –89,5 dB ou –95 dB / THD : –93 dB ou –97 dB (@ 1 kHz)
Distorsion d’intermodulation : –89 dB ou –93 dB (type SMPTE, @ 1 kHz)
Nous y reviendrons dans la conclusion, mais il est notable que dans des conditions similaires, avec un niveau d’atténuation similaire, les deux sorties niveau ligne principales n’aient pas donné les mêmes résultats. On garde en tête que les deux résultats, pour les deux sorties, sont excellents, mais la disparité pourrait indiquer un contrôle qualité parfois perfectible quant au choix des composants. Le même phénomène est visible ci-dessous, dans les résultats des mesures en amplitude.
En amplitude :
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