Après les excellentes mise-à-jour de Pro-Q et Pro-R, voici que Fabfilter nous propose la troisième version de son compresseur Pro-C. Un nouveau classique ?
La sortie d’un plug-in Fabfilter ne passe jamais inaperçue tant l’éditeur est synonyme de qualité, que ce soit sur le plan du son, de l’ergonomie ou des performances : largement imité mais jamais égalé, son Pro-Q demeure toujours ainsi le roi des plug-ins d’égalisation. Concernant les autres plug-ins toutefois, et notamment Pro-C dont la version 2 était excellente, disons que la suprématie des hollandais est moins évidente, tant la concurrence est rude. Sans même parler du marché de l’émulation vintage qui n’a jamais été celui de Fabfilter, on notera que des éditeurs comme DMG Audio, Sonible ou encore Tokyo Dawn Labs pour n’en citer que quelques uns ont tous proposé ces dernières années des produits ô combien intéressant et performants. Inutile de dire qu’on est donc curieux de voir ce que Fabfilter a à nous proposer avec ce Pro-C 3 dont on se demande s’il va finir lui aussi par miser sur l’IA ou l’émulation…
Le nivellement par l’auto : un seuil de compression adaptatif
La première nouveauté nous sautant aux yeux tient dans l’interface qui, si elle propose les mêmes contrôles aux mêmes endroits, n’en demeurent pas nettement plus aérée que sur la version 2.
On notera que nombres de labels superflus ont ainsi disparu (slow/fast par exemple) tandis que les sliders sont plus fins mais dans un jeu de couleurs plus contrasté : de la sorte, on ne perd rien en terme de lisibilité, au contraire.

14 modes de compression dans Pro-C 3 : vers une polyvalence quasi exhaustive

Si les différences entre certains algos peuvent être subtiles et ne se révéler qu’en jouant de valeurs extrêmes sur l’attaque ou le relâchement, il ne fait aucun doute que c’est avec les algos Upward et TTM que Pro-C 3 éxplore des territoires hors de portée de son prédécesseur. Il faudra toutefois avoir conscience qu’en remontant les niveaux faibles plutôt qu’en contenant les pics, nos deux gaillards auront tendance à faire remonter le bruit présent sur les pistes, ce qui peut parfois réserver de bien mauvaises surprise. En revanche, il y a vraiment de quoi métamorphoser le signal comme on le voit avec ces exemples où la compression met plus ou moins en valeur telle ou telle partie du spectre :

- PERCUsource(2)00:08
- PERCUOTT100:08
- PERCUOTT200:08
- PERCUBsource00:08
- PERCUBsquash00:08
De fait, si l’on parlait souvent de polyvalence à propos de Pro-C, on peut désormais quasi parler d’exhaustivité, vu que même la compression OTT figure au menu malgré sa nature multibande. N’y manque peut-être ce que d’aucuns appelle la compression spectrale (exploitée notamment par Izotope et Sonible) mais comme elle repose sur un découpage du spectre en de multiples bandes, elle sera sans doute plus d’une prochaine version de Pro-MB… Quoi qu’il en soit, on est vraiment paré pour affronter tous les besoins en matière de compression pleine bande, que ce soit dans un contexte musical ou autre.

Voyez ce que ça donne avec un réglage bien bourrin sur une basse :

- BASSsource00:16
- BASSsaturate(2)00:16
De fait, en combinant ces quatre caractères aux 14 types de compression, on peut bien parler de 56 compresseurs en un ! Bien sûr, on ne saurait parler d’émulation, mais gageons que vous avez tout le nécessaire pour reproduire la personnalité et le comportement de la plupart des compresseurs du marché, vintage ou non…
Fonctions avancées de Pro-C 3 : saturation, lookahead et synchronisation tempo

De la sorte, vous pouvez obtenir le pompage typique de la compression French Touch sans avoir à recourir à l’entrée lattérale du plug-in ou à un modulateur de volume à pattern comme en propose Cableguys avec Volume Shaper ou Kickstart. Voyez ce que ça donne :

- BRASSsource00:10
- BRASSpump00:10

Et l’on pourra encore ajouter à cela un suréchantillonage passant désormais sur 32 niveaux tandis que Pro-C est désormais pleinement compatible avec le Dolby Atmos (gérant donc jusqu’au 9.1.6 avec possibilité de lier les canaux entre eux).
Cette fois, c’est tout ? Hmmmmm….
C comme Chanel Strip ?

Bref, comme vous le voyez, Fabfilter ne s’est pas moqué du monde avec cette mise à jour, au point qu’on voit mal ce que l’on pourrait reprocher à Pro-C 3 en l’état. Fidèle à lui-même, l’éditeur a grandement amélioré son plug-in sans céder aux sirènes de l’émulation stricto-sensu comme à celles de l’intelligence artificielle. Il en résulte un outil incroyablement polyvalent, un « go to » plug-in capable de remplacer nombre de compresseurs logiciels que l’on accumule parce qu’ils sont complémentaires : finis le 1176 et le LA2A sur la voix, le DBX sur la batterie et le SSL sur le bus, on peut tout à fait mettre Pro-C partout, avec le confort de pouvoir passer d’une instance à l’autre via la fameuse vue « Exposé »… Disons juste que dans le sillage de l’auto-seuil, on aurait bien vu un module de suivi de gain plus complet comme on en trouve en entrée du smart:comp 3 de Sonible. Pour le reste, c’est parfait…

