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Test de l’Iridium Desktop MK2 de Waldorf - Densité de synthèse extrême

Rédigé par un humain
9/10

La série Iridium se refait une jeunesse avec un nouveau module encore plus puissant, intégrant plus de mémoire flash, un moteur de synthèse inédit et une multitimbralité à quatre couches. Voyons ce que ce Desktop MK2 a dans les tripes…

Test de l’Iridium Desktop MK2 de Waldorf : Densité de synthèse extrême

La série Iridium est née en 2020 sur les bases du Quan­tum, le vais­seau amiral de la gamme. Repre­nant la plupart de ses capa­ci­tés, hormis les filtres analo­giques, il s’agit de synthés numé­riques avan­cés (aux formats clavier, module et module compact) propo­sant diffé­rentes formes de synthèse combi­nables au sein de trois oscil­la­teurs, trai­tés ensuite par diffé­rents filtres multi­modes extrê­me­ment souples, modu­lés en temps réel via de très nombreux modules et rehaus­sés par une section effets bien dimen­sion­née. Après le Quan­tum, c’est main­te­nant au tour de la série Iridium de passer en MK2. Au programme, une carte CPU boos­tée, appor­tant 6 Go de mémoire flash pour les samples ainsi qu’une puis­sance de calcul supé­rieure, permet­tant de géné­rer un nouveau moteur de synthèse, d’aug­men­ter la multi­tim­bra­lité à quatre canaux et d’in­té­grer de nouvelles fonc­tions ici et là. Décou­vrons tout cela en détail sur un Iridium Desk­top MK2 genti­ment prêté par le construc­teur d’outre-Rhin (version 4.0.6 du micro­lo­gi­ciel)…

Construc­tion et ergo­no­mie de l’Iri­dium Desk­top MK2

Iridium Dekstop MK2 2tof 04 GaucheL’Iri­dium MK2 est tout aussi bien construit que son prédé­ces­seur : coque métal­lique gris moyen, écran tactile couleur réac­tif, poten­tio­mètres à capu­chon alu et axe métal­lique soli­de­ment ancrés, enco­deurs pous­soirs à détente précis, connec­tique vissée. Le module est de taille confor­table, avec 44 × 31 × 9 cm pour 4,8 kg. La partie infé­rieure reçoit les commandes directes pour les prin­ci­paux para­mètres : oscil­la­teurs, mixeur, filtres, proces­seur numé­rique, enve­loppes, LFO. Compte tenu de la pléthore de para­mètres dispo­nibles, il faut souvent passer par le menu pour éditer. Cela se passe en partie supé­rieure avec l’écran tactile, les huit touches de sélec­tion de modules et les six enco­deurs contex­tuels. Les graphismes sont aussi jolis que précis, parfaits pour suivre tout ce qui se passe. L’er­go­no­mie est très soignée : affi­chage des valeurs stockées/éditées, diffé­rents niveaux de réso­lu­tion, assi­gna­tion de CC Midi par appren­tis­sa­ge… il manque toute­fois une touche Compare pour gagner du temps. À droite de l’écran, une section permet de sélec­tion­ner le mode de jeu, char­ger/sauve­gar­der un programme/une couche ou lancer un arpège/une séquence. Enfin, sur la droite, le pavé de 16 pads multi­co­lores permet de jouer des notes / accords / arpèges / séquences. Ce sont de simples inter­rup­teurs, pas terrible dans cette gamme de prix.
Iridium Dekstop MK2 2tof 42 BackLa connec­tique est vissée ou sertie au panneau arrière : borne DIN pour alimen­ta­tion externe (à bloc central), sortie casque (jack 6,35) avec mini-poten­tio­mètre de volume, sorties audio stéréo (jacks 6,35 TS), entrées audio stéréo (jacks 6,35 TS, pour échan­tillon­ner un signal ou le trai­ter via le moteur granu­laire, les filtres ou les effets), 8 prises mini-jack (4 entrées CV, 1 entrée Gate, 1 entrée « start » pour l’ar­pé­gia­teur ou le séquen­ceur, 1 entrée + 1 sortie horloge), trio Midi DIN, prise USB B vers ordi­na­teur (Midi 2.0 / MPE, CC, NRPN et Sysex), prise USB A vers un contrô­leur ou unité de sauve­garde et port micro-SD (pour gérer les programmes, échan­tillons, oscil­la­teurs, tables d’ondes, tables Midi, système). On regrette vrai­ment qu’il n’y ait qu’une paire de sorties stéréo compte tenu de la multi­tim­bra­lité et que l’au­dio via USB n’ait pas été mis au menu…

Une banque sonore très confor­table et de haute qualité, avec plus de 2 000 programmes préchar­gés

Iridium Dekstop MK2 2tof 36 AudioAprès 20 secondes d’ini­tia­li­sa­tion, l’Iri­dium MK2 nous donne accès à plusieurs milliers de programmes, dont envi­ron 2.000 déjà préchar­gés. Ils ont été déve­lop­pés par des poin­tures du sound design (parmi lesquels Kurt Ader, Richard Devine, Joerg Huett­ner, Matt John­son, Howard Scarr… sans oublier notre ami CO5MA). On peut sélec­tion­ner les sons par numéro, banque, auteur, type et quatre attri­buts au choix, mémo­ri­sables au moment de la sauve­garde des programmes. Pour une effi­ca­cité immé­diate, on peut orga­ni­ser ses programmes préfé­rés en favo­ris (12 onglets de 20 sons). Une fonc­tion permet d’ini­tia­li­ser un programme complet ou l’une de ses quatre couches sonores. Les poten­tio­mètres peuvent répondre dans les modes saut, seuil ou rela­tif. On appré­cie leur préci­sion et les trois niveaux de réso­lu­tion propo­sés pour chaque para­mètre continu. Les commandes en façade trans­mettent des CC Midi et sont faci­le­ment assi­gnables à une source de modu­la­tion, nous y revien­drons. Cela marche aussi dans les menus : le main­tien du para­mètre voulu ouvre une boite de dialogue pour son assi­gna­tion.
Iridium Dekstop MK2 2tof 12 Pads La qualité sonore de l’Iri­dium MK2 est excel­lente : niveaux de sortie élevés sans bruit de fond, large bande passante, belle ampleur stéréo. Les sons sont cris­tal­lins, cise­lés, précis. Nous avons appré­cié les textures évolu­tives façon PPG, les ensembles de chœurs atmo­sphé­riques, les ambiances bien planantes, les diffé­rentes percus­sions modé­li­sées, les tubes souf­flés éthé­rés et les effets spéciaux en tout genre. Nous verrons bien­tôt qu’un nouveau moteur, baptisé « Seeds », a fait son appa­ri­tion. Il ajoute des sons très évolu­tifs de type tables d’ondes, mais avec à chaque étape une forme de synthèse poten­tiel­le­ment diffé­rente, ce qui permet d’en­chai­ner des couleurs sonores diffé­rentes lorsque la table se déroule, ce qui vient enri­chir la palette du synthé (les cinq premiers extraits sonores utilisent ce moteur). Il est typique­ment doué pour la musique Ambient et l’illus­tra­tion sonore. On en sort aussi quelques sons poly­pho­niques type VA, mais l’Iri­dium n’a pas l’épais­seur ni les fluc­tua­tions natu­relles des synthés analo­giques poly­pho­niques, ni le punch d’un mono. Par contre, il se mélange très bien avec des sons denses, leur appor­tant du tran­chant ou des fluc­tua­tions subtiles.

Iridium Deks­top MK2_1audio 01 Arped Seeds
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  • Iridium Deks­top MK2_1audio 01 Arped Seeds01:06
  • Iridium Deks­top MK2_1audio 02 Evol Seeds00:44
  • Iridium Deks­top MK2_1audio 03 Particle Seeds01:16
  • Iridium Deks­top MK2_1audio 04 Stacked Seeds00:41
  • Iridium Deks­top MK2_1audio 05 Rezbell Seeds00:47
  • Iridium Deks­top MK2_1audio 06 Running Man00:32
  • Iridium Deks­top MK2_1audio 07 Poly­moog Mod00:48
  • Iridium Deks­top MK2_1audio 08 Poly Arp00:57
  • Iridium Deks­top MK2_1audio 09 Laye­red Seq00:55
  • Iridium Deks­top MK2_1audio 10 Multi Arp01:26

 

Des programmes à quatre couches sonores arran­gées en diffé­rents modes

Iridium Dekstop MK2 2tof 14 RoutingL’Iri­dium MK2 est un synthé numé­rique poly­pho­nique 16 voix et multi­tim­bral 4 canaux (soit deux de plus que la première série Iridium). Chaque programme comprend en perma­nence quatre couches sonores, que l’on peut jouer indi­vi­duel­le­ment, sur diffé­rentes tessi­tures (split avec possi­bi­li­tés de recou­vre­ment, canaux Midi sépa­rés mais hélas globaux), empi­lées sur tout le clavier ou en rota­tion (cyclique ou aléa­toire). Ces derniers modes proviennent du Protein. Pour chaque couche, on peut régler le volume, le pano­ra­mique, la vélo­cité sur le volume, le gain de l’en­trée audio, le routage de l’en­trée audio (vers la sortie, les filtres ou les effets de la couche) et le mode unis­son (nombre de voix, désac­cor­dage, largeur stéréo, délai). On ne peut éditer qu’une couche à la fois, les touches logi­cielles de sélec­tion 1–2–3–4 étant exclu­sives. En mode Split, on peut défi­nir la réserve de voix par couche. En mode empi­lage, la poly­pho­nie est divi­sée suivant le nombre de couches acti­vées, logique. Une nouvelle page Muta­tor rend aléa­toires certains para­mètres de synthèse et d’ef­fets, bien au-delà du simple pitch, de manière globale ou indi­vi­duelle, avec un rendu ajus­table par les enco­deurs.
Iridium Dekstop MK2 2tof 35 MutPour chaque voix, on a trois oscil­la­teurs, deux filtres en paral­lèle, un proces­seur de signal et un ampli. S’y ajoutent un géné­ra­teur de modu­la­tions complexes, six enve­loppes, six LFO et une matrice de modu­la­tion. Chaque oscil­la­teur offre le choix entre six moteurs de synthèse : tables d’ondes, formes d’ondes, parti­cules, réso­na­teur, noyau et graines. En façade, on peut régler les para­mètres clés du moteur sélec­tionné (voir ci-après) et la hauteur de l’os­cil­la­teur (octave/demi-ton, centième). Il faut en revanche passer par le menu pour régler le suivi de clavier sur la hauteur (bipo­laire), le volume (préci­sion normale, fine ou super­fine), le pano­ra­mique (idem), la desti­na­tion de l’os­cil­la­teur (filtre double, proces­seur de signal, ampli, avec balance entre filtres par paliers de 5%), le volume des modu­la­tions en anneau (1×2 et 2×3), la quan­tité de pitch­bend et la varia­tion de hauteur (simu­la­tion des fluc­tua­tions des oscil­la­teurs analo­giques). Les autres para­mètres dépendent du moteur de synthèse. Au plan global, on peut choi­sir un tempé­ra­ment parmi une longue liste de Presets ou program­mer jusqu’à huit tempé­ra­ments utili­sa­teurs, sympa pour les adeptes des gammes micro­to­nales.

Premier moteur : les tables d’ondes

Iridium Dekstop MK2 2tof 16 WTLe premier type d’os­cil­la­teur est la table d’ondes, spécia­lité Waldorf depuis l’ori­gine, repre­nant le flam­beau PPG. Cette forme de synthèse consiste à lire des formes d’ondes courtes enchaî­nées, avec tran­si­tion plus ou moins douce, en modu­lant la posi­tion de lecture par diffé­rentes sources pour créer des évolu­tions spec­trales riches. On peut ainsi jouer des accords parfai­te­ment synchro­ni­sés ou des notes complè­te­ment décor­ré­lées, suivant les sources de modu­la­tion choi­sies. Les commandes directes permettent de régler la trans­po­si­tion du spectre sonore, le niveau de bruit, le point de lecture initial dans la table, la satu­ra­tion et la modu­la­tion cyclique de lecture. C’est d’ailleurs surpre­nant qu’on ne puisse pas chan­ger de table d’ondes direc­te­ment en façade, Waldorf n’a pas trouvé prio­ri­taire de faire évoluer son MK2 avec les doubles enco­deurs concen­triques du M.


Iridium Dekstop MK2 2tof 17 WTC’est donc via le menu qu’on choi­sit la table d’ondes, parmi les 84 tables préchar­gées (de 14 à 380 ondes) et toutes celles qu’on ne manquera pas de fabriquer soi-même. Ensuite, on règle la posi­tion initiale de lecture dans la table, la phase initiale, le contenu spec­tral (trans­po­si­tion du contenu harmo­nique), la brillance, le suivi de clavier assi­gné au contenu spec­tral, le mode de dépla­ce­ment cyclique dans la table (cycle par voix, cycle global, synchro au tempo, coup unique, ping­pong par voix, ping­pong global), la qualité (propre, dure ou sale, pour simu­ler l’alia­sing des synthés vintage PPG et Waldorf), le type d’in­ter­po­la­tion entre les ondes (avec ou sans fondu), le lissage de balayage (lisse ou granu­leux), la satu­ra­tion (drive, gain) et la vitesse de dépla­ce­ment cyclique en lecture de la table (posi­tive ou néga­tive). L’écran repré­sente en 3D le spectre de la table d’onde, dans lequel on peut se bala­der en chan­geant la posi­tion initiale, magni­fique ! Le synthé offre aussi une boite à outils pour créer puis expor­ter des tables d’ondes. Par exemple, resyn­thé­ti­ser une phrase tapée au clavier, analy­ser un fichier audio importé ou encore créer une table de 8 ondes courtes à partir d’un fichier WAV/AIFF, avec un maxi­mum de 1024 samples (recal­culé au besoin), ou enfin conver­tir un fichier WAV/AIFF en table d’ondes à période constante (entre 64 et 4096 samples). Les tables peuvent être impor­tées/expor­tées via le lecteur micro-SD. Bravo pour cet éditeur inté­gré !

Deuxième moteur : les formes d’ondes (modé­li­sa­tion analo­gique)

Iridium Dekstop MK2 2tof 18 WFCe deuxième type d’os­cil­la­teur est capable d’em­pi­ler jusqu’à huit formes d’ondes sans perte de poly­pho­nie. En façade, on défi­nit le nombre d’ondes empi­lées (les valeurs déci­males repré­sentent des volumes inter­mé­diaires), leur désac­cor­dage, la forme d’onde de base (dent de scie, sinus, triangle, impul­sion variable, bruit rose ou bruit blanc), le contenu harmo­nique et la quan­tité de synchro avec un oscil­la­teur maître virtuel (ce qui évite de consom­mer un autre géné­ra­teur sonore). Le contenu harmo­nique varie suivant la forme d’onde : avec la dent de scie, on passe progres­si­ve­ment d’une double à une simple dent de scie, puis à une onde carrée ; avec le sinus, on passe d’une rampe en pente douce à un sinus, puis à une dent de scie adou­cie ; avec le triangle, on passe d’une rampe à un triangle, puis à une dent de scie ; avec l’im­pul­sion, on règle la largeur d’im­pul­sion de quasi zéro à quasi 100% ; enfin, avec les deux bruits, on passe d’un bruit filtré à un bruit non filtré, puis à un bruit à hauteur variable.
Iridium Dekstop MK2 2tof 19 WFToujours très soigné, l’édi­teur central affiche l’onde résul­tante en temps réel au fur et à mesure qu’on la façonne, c’est très péda­go­gique. Via le menu, on accède à des para­mètres supplé­men­taires : largeur stéréo des ondes empi­lées, désac­cor­dage par demi-ton et par paire d’ondes (1–5, 2–6, 3–7, 4–8) et phase de l’os­cil­la­teur (oscil­la­tion libre ou début de phase forcé à chaque déclen­che­ment de note). On peut aussi char­ger, nommer et sauve­gar­der des ondes Presets, comme avec les tables d’ondes. Voici un moteur très élaboré, qui, encore une fois, ne se contente pas d’imi­ter l’exis­tant.

Troi­sième moteur : les parti­cules fines (synthèse granu­laire)

Iridium Dekstop MK2 2tof 20 PartLe troi­sième type d’os­cil­la­teur consiste à mani­pu­ler les échan­tillons, multié­chan­tillons ou flux audio. Il peut fonc­tion­ner en lecture de samples clas­sique, resyn­thèse granu­laire ou synthèse granu­laire live (trai­te­ment direct d’un signal externe). Les échan­tillons proviennent de la mémoire interne, de la carte micro-SD, de captures faites à partir de la machine ou de l’en­trée audio. On peut éditer les échan­tillons comme en mode Global (voir enca­dré). On peut aussi les assem­bler en multi­samples, pour les lire simple­ment ou les resyn­thé­ti­ser via le mode granu­laire. Au menu : choix de l’échan­tillon, hauteur, tessi­ture, fenêtre de vélo­cité. Si on donne à plusieurs échan­tillons la même tessi­ture et la même vélo­cité, on peut alors les alter­ner suivant diffé­rentes règles : ordre crois­sant, ordre décrois­sant, ping­pong, aléa­toi­re… la concur­rence ferait bien de s’en inspi­rer !


Iridium Dekstop MK2 2tof 21 PartEn mode granu­laire, les samples, multi­samples ou flux audio sont décou­pés en flux de grains. À partir de la façade, on peut éditer le nombre de flux de grains (1 à 8), le désac­cor­dage des flux, le point de départ de lecture de l’échan­tillon, la longueur des grains (jusqu’à 250 ms) et la vitesse d’os­cil­la­tion de lecture (en avant ou en arrière). Via le menu, en mode granu­laire, on accède à d’autres para­mètres : point de départ aléa­toire, Gate (densité des grains), agita­tion (action aléa­toire sur la longueur et la densité des grains), mode de lecture (continu, coup unique, ping­pong, global – tout cela modi­fiable en temps réel sans avoir à redé­clen­cher le son), attaque d’en­ve­loppe, déclin d’en­ve­loppe et largeur stéréo. On peut aussi jouer sur la hauteur des grains : disper­sion par rapport à la hauteur centrale, mode de disper­sion (diffé­rentes règles, dont certaines aléa­toires ou fixées par demi-ton…). Là encore, on peut char­ger/sauve­gar­der des Presets. L’af­fi­cheur est une nouvelle fois très didac­tique pour comprendre ce que l’on fait et comment cela agit sur les échan­tillons. Un moteur de synthèse réussi et peu banal.

Quatrième moteur : le réso­na­teur (modé­li­sa­tion physique)

Iridium Dekstop MK2 2tof 22 ResQuatrième type d’os­cil­la­teur, le réso­na­teur asso­cie une exci­ta­tion (bruit court, échan­tillon ou multi­sample) et un corps de réso­nance (banque de filtres passe-bande). En façade, on peut direc­te­ment régler le nombre de répé­ti­tions de l’ex­ci­ta­tion, l’es­pa­ce­ment des partiels, la tona­lité (filtrage ou accen­tua­tion des partiels), la nature de l’ex­ci­ta­tion (d’une impul­sion pour simu­ler une frappe, à un bruit court pour simu­ler un souffle) et la réso­nance des partiels (durée). L’écran affiche le spectre obtenu en temps réel sous forme de série harmo­nique. Via le menu, on peut régler la quan­tité de partiels accen­tués (passage d’un son boisé à un son métal­lique), la brillance (rapport entre les harmo­niques basses et hautes), l’en­ve­loppe d’ex­ci­ta­tion (AD), l’ac­cé­lé­ra­tion des répé­ti­tions (par exemple pour simu­ler une bille rebon­dis­sante qui finit par s’im­mo­bi­li­ser), la balance de filtrage des partiels, le filtrage des hautes fréquences (entre l’ex­ci­ta­tion et la banque de filtres), la largeur stéréo et le renfort de la fonda­men­tale. Comme toujours, il existe une banque de Presets char­geables et éditables pour créer ses propres réso­na­teurs.
Iridium Dekstop MK2 2tof 23 ResAu sein de l’os­cil­la­teur de type réso­na­teur, comme dans le moteur à parti­cules, on peut éditer des échan­tillons et les assem­bler en multi­samples, pour les utili­ser ensuite comme signal d’ex­ci­ta­tion. La seule diffé­rence ici est qu’il n’y a qu’un mode d’al­ter­nance pour les samples ayant la même tessi­ture et la même fenêtre de vélo­cité. Les sons obte­nus avec ce type d’os­cil­la­teur varient entre les percus­sions bois, les percus­sions métal­liques, les tubes souf­flés, les bruits de ruis­sel­le­ment… Un oscil­la­teur qui ne demande qu’à être exploré, permet­tant des sons inha­bi­tuels, tantôt orga­niques, tantôt acous­tiques.

Cinquième moteur : les noyaux (synthèse à algo­rithmes)

Iridium Dekstop MK2 2tof 24 KerOn conti­nue avec le cinquième type d’os­cil­la­teur, basé sur une orga­ni­sa­tion de noyaux sonores. On dispose de six noyaux (mini-oscil­la­teurs ou opéra­teurs) combi­nables et inter­mo­du­lables dans l’au­dio. Il y a deux niveaux d’édi­tion : Template, pour aller vite en utili­sant les cinq poten­tio­mètres en façade dans la section oscil­la­teur, qui, du coup, deviennent contex­tuels en fonc­tion du gaba­rit choisi. L’écran affiche une page avec les para­mètres assi­gnés, que l’on peut alors modi­fier, pour sauve­gar­der nos propres gaba­rits. On peut donc utili­ser ce mode en restant en surface sans trop se perdre.
Iridium Dekstop MK2 2tof 25 KerLe second niveau d’édi­tion, fort juste­ment appelé « Edit », permet quant à lui d’en­trer dans l’in­fi­ni­ment petit. On peut arran­ger les 6 noyaux en algo­rithmes (façon DX7), avec trois sources de modu­la­tion par noyau (un noyau peut être modulé par un à trois autres noyaux dans l’au­dio). Il y a plusieurs types de modu­la­tion : phase (DX7), FM linéaire, Ring Mod, AM et point de lecture de table d’ondes. En modu­la­tion de phase et d’am­pli­tude, on peut défi­nir un niveau de feed­back pour chaque noyau. L’écran affiche l’al­go­rithme formé en direct, avec tous les routages et modu­la­tions créés. On peut aussi assi­gner les cinq poten­tio­mètres en façade à six para­mètres simul­ta­nés par poten­tio­mètre (macro façon matrice de modu­la­tion avec, par cordon, choix du para­mètre et quan­tité de modu­la­tion bipo­laire). L’édi­tion au niveau du noyau se fait par onglets doubles, ce qui permet de passer faci­le­ment d’un noyau à l’autre dans une page de para­mètres donnée (forme d’onde, modu­la­tions, enve­loppe et niveau). Dans la page de forme d’onde, on choi­sit le type d’onde : sinus, rampe, dent de scie, carré, bruit blanc, bruit rose, réso­na­teur, table d’ondes interne. On peut défi­nir le point de lecture initial d’une table d’ondes, sa phase, son niveau (volume et/ou modu­la­tion suivant que le noyau est une source et/ou une modu­la­tion) et son type de hauteur (ratio constant, permet­tant d’ob­te­nir des harmo­niques ou des partiels, fréquence fixe). Dans la page de modu­la­tion, on défi­nit les routages des trois noyaux sources de modu­la­tion pour le noyau en cours. Dans la page d’en­ve­loppe, on règle l’en­ve­loppe de niveau (volume et/ou modu­la­tion) du noyau, de type AD1D2 avec suivi de clavier. Enfin, dans la page de niveau, on contrôle le niveau, la réponse en vélo­cité, le suivi de clavier et le pano­ra­mique. Un moteur de synthèse à part entière, là encore, qui permet aussi d’im­por­ter des banques de 32 programmes de DX7 via Sysex. Elle n’est pas belle, la vie ?

Sixième moteur : les graines (tables multi-synthèse)

Iridium Dekstop MK2 2tof 26 SeedsEnfin, l’Iri­dium MK2 apporte un sixième type d’os­cil­la­teur inédit, baptisé « Seeds » (« graines »), que n’ont (et n’au­ront appa­rem­ment) pas les précé­dentes séries Iridium et Quan­tum, pour des raisons de puis­sance de calcul. La struc­ture sonore repose sur les tables d’ondes, qui peuvent conte­nir jusqu’à 12 étapes (des « vecteurs »). La diffé­rence avec l’os­cil­la­teur à tables d’ondes clas­sique, c’est qu’ici, plutôt qu’en­chaî­ner des ondes statiques, on utilise des « graines », oscil­la­teurs variables produits à partir diffé­rents types de synthèse : synthèse addi­tive à quatre partiels, tables d’ondes, FM avec feed­back, modu­la­tion en anneau et géné­ra­teur de bruit complexe (vent, pluie, inter­fé­rences, craque­ments…). Chaque graine peut empi­ler jusque 4 oscil­la­teurs virtuels (du même type de synthèse), donnant un effet simi­laire à un chorus (désac­cor­dage + disper­sion stéréo). Une enve­loppe dédiée (libre) permet de modu­ler direc­te­ment l’évo­lu­tion de la graine. Le balayage de la table de vecteurs (on pour­rait aussi dire de la table de graines) se fait de manière clas­sique, à partir d’un point de départ program­mable.
Iridium Dekstop MK2 2tof 27 SeedsTout ceci est éditable en cascade, à commen­cer par des para­mètres globaux autour d’une page graphique 3D multi­co­lore encore plus belle que celle de l’os­cil­la­teur à tables d’ondes (on voit les formes d’onde se modi­fier en 3D quand on ajoute des vecteurs, qu’on modi­fie le type de graine ou qu’on ajoute des oscil­la­teurs virtuels). Les autres pages permettent d’édi­ter les 1 à 12 vecteurs sous forme de liste dérou­lante, avec sélec­tion du type de synthèse, volume, trans­po­si­tion et para­mètres suivant le type de synthèse. Tous les réglages sont large­ment modu­lables via la matrice. Pour ceux qui prennent peur, les concep­teurs ont prévu des présé­lec­tions avec des réglages utiles et un géné­ra­teur aléa­toire (« Lucky ») pouvant agir suivant cinq moda­li­tés de calcul plus ou moins barrées. Les plus coura­geux pour­ront quant à eux savou­rer le fait que tout soit program­mable de A à Z. Nous appré­cions à sa juste valeur le fait que les déve­lop­peurs se soient creusé la tête pour enri­chir un synthé déjà très complet sur le plan des moteurs d’os­cil­la­teur.

Deux filtres multi­modes réso­nants numé­riques combi­nés en paral­lèle

Iridium Dekstop MK2 2tof 28 SVFLa section filtres de l’Iri­dium MK2 est simi­laire à la première série, à savoir deux filtres numé­riques multi­modes réso­nants stéréo en paral­lèle. Leurs fréquences de coupure et réso­nances respec­tives peuvent être liées ou indé­pen­dantes, suivant leur arran­ge­ment : Single (premier filtre seul activé), Boost (second filtre non réso­nant, fréquence infé­rieure liée à celle du premier), Twin Peaks (distance constante entre les fréquences de coupure et les réso­nances des deux filtres), Esca­ping (sépa­ra­tion des fréquences augmen­tant avec la fréquence du premier filtre), Oppo­si­tion (fréquence du second filtre évoluant en oppo­si­tion à celle du premier), Endless (Twin Peaks puis Oppo­si­tion quand la fréquence du second fixe arrive au maxi­mum), Inde­pendent (réglages sépa­rés des deux fréquences et des deux réso­nances), Linked (comme précé­dem­ment, sauf que la première fréquence contrôle la deuxième). Chaque filtre offre six modèles décli­nés en diffé­rents modes : variables d’état (LP/BP/HP x 2/4 pôles x 3 niveaux d’en­trée clas­sique/saturé/sale = 18 modes), pente variable suivant la réso­nance (LP/HP x 2/4 pôles x 3 niveaux = 12 modes), Largo (18 modes), Nave (18 modes), PPG Wave 3.V (LP x 2/4 pôles x 3 niveaux = 6 modes) et Quan­tum (six modes).
Iridium Dekstop MK2 2tof 29 SVFLes filtres, quel que soit le type, peuvent entrer en auto-oscil­la­tion. Tous les réglages conti­nus proposent, ici encore, trois modes de réso­lu­tion : normal, fin et super­fin. En façade, on peut direc­te­ment régler la fréquence de coupure, la réso­nance et le type pour chaque filtre, ainsi que leur lien. Il n’y a aucun effet de pas sur les fréquences de coupure, la réso­lu­tion est de l’ordre du millième. Via le menu, on peut régler l’ac­tion du suivi de clavier / de l’en­ve­loppe / de la vélo­cité sur la fréquence, ainsi que le volume et le pano­ra­mique de chaque filtre. L’écran affiche les courbes de réponse des filtres en temps réel de manière très fluide, que l’on peut éditer par tirer-dépla­cer ; il permet égale­ment de visua­li­ser le routage des diffé­rents compo­sants sonores, oscil­la­teurs, filtres, proces­seur de signal, ampli, effets… très didac­tique !

Un proces­seur de signal combi­nable avec les deux filtres numé­riques

Iridium Dekstop MK2 2tof 06 GaucheLa section de trai­te­ment audio ne s’ar­rête pas là, puisqu’elle intègre égale­ment un proces­seur de signal. Il peut être placé avant, après ou en paral­lèle des deux filtres. Très poly­va­lent, il est capable de produire diffé­rents Drive, Bit Crusher et filtres numé­riques élabo­rés. En façade, on peut régler le type d’ef­fet et deux para­mètres liés au mode choisi, le reste se fait par le menu. Pour les modèles de Drive, on peut choi­sir diffé­rents modèles de circuits : tran­sis­tor, lampe, micro élec­tro­sta­tique, diode, Crunch (un Wave­sha­per à base de FM) et Cuff (distor­sion type pédale Big Muff, pense-t-on). On trouve aussi un algo­rithme de gain avec phase inver­sable. Viennent ensuite deux filtres en peigne (posi­tif et néga­tif), dont on peut régler la fréquence et la réinjec­tion. Pour le Bit Crusher, on peut modi­fier la réso­lu­tion et la fréquence d’échan­tillon­nage en temps réel.
Iridium Dekstop MK2 2tof 11 FEnvLFOPour les algo­rithmes de filtres, on accède à diffé­rents modèles issus des synthés de la marque. D’abord, les Nave et Largo en modes passe-bas, passe-bande, passe-haut et réjec­tion 2 ou 4 pôles. Ensuite, le PPG Wave 3.V en modes passe-bas 2 et 4 pôles. Enfin, on trouve 3 types de filtres à formants stéréo, permet­tant de simu­ler diffé­rentes voyelles avec possi­bi­lité de déca­lage des formants entre les canaux audio gauche et droit. Quel que soit le mode de filtre, on peut régler la fréquence de coupure et la réso­nance en façade ; par le menu, on accède à des para­mètres supplé­men­taires, comme le routage des oscil­la­teurs et des diffé­rents filtres. La qualité de ce proces­seur ce signal est variée et colo­rée, il repré­sente un excellent complé­ment aux deux filtres numé­riques.

Modu­la­tion, partie 01 : LFO, enve­loppes et para­mètre Flavour

Iridium Dekstop MK2 2tof 33 LFOWaldorf s’est fait une spécia­lité des matrices de modu­la­tion, depuis le tout premier Micro­wave de 1989. L’Iri­dium MK2 pour­suit cette voix de l’ex­cel­lence. Le Glide dispose d’un mode de déclen­che­ment (perma­nent ou entre notes liées) et d’un réglage de temps, modu­lable via la matrice de modu­la­tion, ce qui permet de géné­rer des effets complexes de porta­mento. On trouve ensuite six LFO iden­tiques, qui se partagent deux pauvres commandes en façade : fréquence (de quatre minutes à 100 Hz) et quan­tité. Les très nombreux réglages addi­tion­nels se font via le menu : forme d’onde (sinus, carré, triangle, dent de scie, rampe, S&H), synchro­ni­sa­tion à l’hor­loge, défor­ma­tion d’onde en continu (compres­sion pour le sinus, morphing sur le triangle, largeur d’im­pul­sion pour le carré, replie­ment pour les ondes dent de scie, défor­ma­tion des bords pour le S&H), fondu d’en­trée, fondu de sortie, synchro­ni­sa­tion entre les voix, lissage d’onde, phase, délai, pola­rité (simple ou double) et cibles directes.
Iridium Dekstop MK2 2tof 31 EnvViennent ensuite six enve­loppes, qui se partagent par paire les réglages ADSR en façade, ainsi que la réponse en vélo­cité et la quan­tité de modu­la­tion (parta­gées par les six enve­loppes, sauf celle d’am­pli pour la quan­tité). Les trois premières sont préas­si­gnées aux 2 filtres et à l’am­pli, mais elles peuvent être rerou­tées via la matrice. Le menu permet d’édi­ter tous les para­mètres sous forme de 6 onglets (comme pour les LFO) : segments DADSR, varia­tion de phase des segments AD (pour simu­ler un synthé analo­gique vintage), formes des courbes ADR, bouclage (AD ou ADSR), redé­clen­che­ment (simple, multiple) et cibles directes. Là encore, l’écran affiche la courbe d’en­ve­loppe en temps réel, on peut tirer dessus et on voit chaque voix la parcou­rir, ludique et péda­go­gique ! Les temps varient de 0 à 60 secondes, très confor­table.
L’Iri­dium MK2 intègre le para­mètre Flavour, qui a fait son appa­ri­tion sur le Protein. Il s’agit d’un module complet géné­rant des micro-varia­tions calcu­lées (ou pseudo-aléa­toires) entre les modules, chacun ayant ses propres réglages d’in­ten­sité d’ac­tion : 3 oscil­la­teurs, 2 filtres, enve­loppes, pitch, volume et pano­ra­mique. Un poten­tio­mètre en façade permet de doser l’ef­fet global. Cela anime le son de manière inté­res­sante, créant des dispa­ri­tés subtiles entre les voix.

Modu­la­tion, Partie 02 : Komplex Modu­la­tor et Note Locks

Iridium Dekstop MK2 2tof 30 DDFOn pour­suit le voyage au pays merveilleux des modu­la­tions avec le modu­la­teur complexe (« Komplex Modu­la­tor » dans la langue de Goethe), un super LFO à deux formes d’ondes simul­ta­nées, idéal pour les pads et les drones. On peut régler la fréquence, le mélange des deux ondes, leurs modu­la­tions et l’en­tro­pie (modu­la­tion aléa­toire à chaque cycle) ; l’écran affiche la courbe de modu­la­tion obte­nue. On peut ensuite l’édi­ter sur 32 pas : niveau et courbe de liai­son au pas suivant (linéaire, saut discret, cosi­nus, dent de scie). De nombreux réglages supplé­men­taires sont dispo­nibles, iden­tiques aux LFO.
Iridium Dekstop MK2 2tof 45 PadsL’Iri­dium MK2 intro­duit un nouveau module, « Note Locks », né d’une colla­bo­ra­tion avec Aphex Twin. Il permet d’as­si­gner 16 varia­tions de para­mètres à chacune des 128 notes du clavier. Cela concerne quasi­ment tous les para­mètres de synthèse et d’ef­fets, y compris le type de moteur de synthèse. D’un point de vue ergo­no­mique, c’est très simple : dans l’édi­teur, on active l’en­re­gis­tre­ment, on joue une note, on modi­fie jusqu’à 16 para­mètres, on arrête l’en­re­gis­tre­ment, puis on passe à la note suivante. Les fonc­tions copier/coller/effa­cer sont présentes pour simpli­fier la tâche. Très origi­nal ! D’après nos infos, il semble peu probable que les anciennes séries Iridium / Quan­tum soient pour­vues de cette fonc­tion, compte tenu de la puis­sance de calcul néces­saire.

Une matrice de modu­la­tion surpuis­sante qui peut quasi­ment tout pilo­ter

Iridium Dekstop MK2 2tof 39 MatrixEnfin, on trouve une matrice de modu­la­tion à 40 cordons, pour relier 56 sources à 207 desti­na­tions, si on a bien tout compté. Pour chaque cordon, on choi­sit la source, la desti­na­tion, la quan­tité de modu­la­tion (bipo­laire), le contrô­leur de modu­la­tion et la quan­tité d’ac­tion dudit contrô­leur. Les commandes en façade permettent d’as­si­gner faci­le­ment une desti­na­tion à une source qui y est repré­sen­tée (enve­loppe, LFO). La plupart du temps toute­fois, il faut passer par le menu pour atteindre l’en­semble des para­mètres dispo­nibles. Cela se fait faci­le­ment et rapi­de­ment : la page de la matrice affiche la liste dérou­lante des cordons et les quan­ti­tés de modu­la­tion sous forme de barres hori­zon­tales rouges ou vertes selon le signe ; on choi­sit le cordon à éditer via un enco­deur et on accède à tous les para­mètres grâce aux autres enco­deurs contex­tuels. On peut muter ou suppri­mer un cordon à tout instant.
Iridium Dekstop MK2 2tof 41 BackParmi les sources dispo­nibles : les LFO, les enve­loppes, le modu­la­teur complexe, le numéro de voix, un géné­ra­teur aléa­toire, les contrô­leurs physiques externes (dont la pres­sion poly­pho­nique et l’axe Y du MPE), plusieurs CC Midi, un géné­ra­teur aléa­toire, un pad virtuel X/Y sur l’écran, les huit lignes de modu­la­tion du séquen­ceur de para­mètres et les quatre entrées CV. Parmi les desti­na­tions : la hauteur globale ou par oscil­la­teur, le niveau de chaque oscil­la­teur, les para­mètres des oscil­la­teurs (quasi tous), les filtres + le proces­seur de signal (tous les para­mètres, y compris les niveaux et pano­ra­miques), le volume, le pano­ra­mique, les segments de chaque enve­loppe, la vitesse et le gain de chaque LFO, les para­mètres du modu­la­teur complexe, le temps de Glide, certains para­mètres d’ef­fets et certains para­mètres de l’ar­pé­gia­teur et du séquen­ceur. Kolos­sal ! Nous avons appré­cié la possi­bi­lité de modu­ler le numéro de table d’ondes, une fonc­tion peu commune, surtout que le résul­tat est très bien maitrisé, sans effets indé­si­rables.

Des multief­fets modu­lables dispo­nibles pour chaque couche sonore

Iridium Dekstop MK2 2tof 34 FXUn programme compre­nant quatre couches sonores, Waldorf a eu la bonne idée de les doter chacune d’une chaine distincte de cinq multief­fets (pour la plupart stéréo), avec diffé­rents algo­rithmes de routage série/paral­lèle prédé­fi­nis. Il n’y a qu’une seule instance possible par type d’ef­fet dans les cinq blocs de la chaine (on ne peut pas avoir deux chorus pour une couche donnée, par exemple). L’édi­tion se fait unique­ment via le menu, aucune commande directe n’étant réser­vée en façade. La liste des algo­rithmes assi­gnables à chaque bloc est confor­table : trémolo, phaser (diffé­rents types, dont ceux du Nave et du PPG Wave 3.V, de 2 à 16 étages), chorus (deux à huit étages), flan­ger, délai stéréo (avec synchro au tempo), réverbe (diffé­rentes couleurs), EQ para­mé­trique quatre bandes, satu­ra­tion (modé­li­sa­tion de tran­sis­tor, lampe, micro élec­tro­sta­tique, diode, Crunch et Cuff) et compres­seur (très complet, avec tous les para­mètres souhai­tables, sauf une entrée de modu­la­tion laté­rale).


Iridium Dekstop MK2 2tof 10 FEnvLFOOn a le plus souvent dix para­mètres éditables par effet, la plupart étant des desti­na­tions de la matrice de modu­la­tion, bravo ! Nos effets préfé­rés sont le chorus, profond et épais, ainsi que la réverbe, précise et longue. Le phaser est sympa en version PPG, métal­lique en version Nave, tout comme le flan­ger. On appré­cie la modé­li­sa­tion de pédale vintage Big Muff (Ciff), une bonne idée à étendre. L’unique sortie stéréo empêche d’avoir des trai­te­ments sépa­rés par couche sonore ou de récu­pé­rer sépa­ré­ment une couche non trai­tée, dommage. Au plan global, enfin, on trouve un ampli­fi­ca­teur de basses (simple marche/arrêt), utile en fonc­tion des sons. Dommage qu’il soit global.

Un arpé­gia­teur reboosté et un séquen­ceur mono à mouve­ments

Iridium Dekstop MK2 2tof 37 ArpLes quatre couches d’un programme peuvent chacune utili­ser un arpé­gia­teur ou un séquen­ceur à pas (qui s’ex­cluent mutuel­le­ment). Commençons par l’ar­pé­gia­teur. On peut main­te­nir les accords (touche « Chord ») et ajou­ter des notes à l’ac­cord main­tenu (touche « Latch »). Dans ce dernier mode, appuyer sur une note déjà main­te­nue la retire de l’ac­cord. Les para­mètres dispo­nibles sont le tempo, la divi­sion tempo­relle, le swing, le motif ryth­mique (31 types avec diffé­rentes accen­tua­tions), la durée avant redé­clen­che­ment, le temps de Gate de relâ­che­ment, le sens de lecture (haut, bas, haut et bas, haut et bas avec répé­ti­tion, bas et haut, bas et haut avec répé­ti­tion, aléa­toire), l’oc­tave (1 à 4), le tri des notes (comme joué, ordre inversé, crois­sant ou décrois­sant suivant la hauteur de note, crois­sant ou décrois­sant suivant la vélo­cité, accord), le mode de resti­tu­tion de la vélo­cité (toutes le notes jouées, première note jouée, dernière note jouée). La MK2 apporte un mode poly­pho­nique ajou­tant jusqu’à quatre voix, dont on peut défi­nir le compor­te­ment par rapport à l’ar­pège prin­ci­pal suivant plusieurs para­mètres combi­nables : suivi / omis­sion / déca­lage / trans­po­si­tion, certains combi­nables, ce qui enri­chit consi­dé­ra­ble­ment les arpèges produits avec un mini­mum de réglages.


Iridium Dekstop MK2 2tof 38 SeqPour ceux qui préfèrent les motifs program­més aux arpèges joués, l’Iri­dium MK2 offre un séquen­ceur toujours mono à 64 pas. Pour chaque pas, on défi­nit la note, la longueur, la vélo­cité, ainsi que 8 lignes de mouve­ments assi­gnables via la matrice de modu­la­tion. La program­ma­tion peut se faire direc­te­ment à l’écran, en dessi­nant le motif à la main et en l’édi­tant ensuite avec préci­sion. On peut acti­ver un pas, le muter (le rendre inac­tif sans l’ef­fa­cer) ou doubler sa longueur (le pas suivant est sauté, mais reste en mémoire). Par contre, on ne peut pas lier deux pas, créer des effets d’Au­to­bend ou des Ratchets. On peut aussi entrer les notes direc­te­ment avec les 16 pads ou un clavier externe. Là encore, l’Iri­dium MK2 permet de sauve­gar­der et char­ger des Presets de séquences. Le sens de lecture est modi­fiable : avant, arrière, ping­pong, alterné et coup unique. De même, on peut défi­nir à quel endroit la séquence commence quand on appuie sur une nouvelle touche : au début, en cours, à un pas aléa­toire. Les séquences sont direc­te­ment trans­po­sables avec les 16 pads ou un clavier externe. Il est même possible de choi­sir un tempé­ra­ment et une note racine. Les autres para­mètres (tempo, divi­sion tempo­relle, swing…) sont communs à ceux de l’ar­pé­gia­teur. Signa­lons que les notes arpé­gées ou séquen­cées peuvent être trans­mises en Midi/USB, à défi­nir en mode Global.

Notre avis : 9/10

Les séries Quan­tum / Iridium repré­sentent à ce jour la quin­tes­sence du savoir-faire de Waldorf en matière de puis­sance de synthèse et d’er­go­no­mie. Grâce à sa carte CPU plus puis­sante et au talent des déve­lop­peurs de la marque, l’Iri­dium MK2 pousse le bouchon toujours plus loin : une multi­tim­bra­lité à quatre canaux avec diffé­rentes confi­gu­ra­tions de couches, un nouveau moteur de synthèse aussi origi­nal que nébu­leux, une mémoire éten­due pour les samples, des fonc­tion­na­li­tés ajou­tées… c’est un synthé encore plus puis­sant, capable de géné­rer une pano­plie de sono­ri­tés très vaste grâce à ses diffé­rents moteurs de synthèse large­ment combi­nables, pour certains très Iridium Dekstop MK2 2tof 07 Droitesingu­liers. Il excelle dans les textures évolu­tives et pseudo-acous­tiques, avec un carac­tère sonore parti­cu­lier, précis, chirur­gi­cal parfois, mais en même temps large bande et rare­ment banal. La qualité de construc­tion est excel­lente et l’in­ter­face utili­sa­teur ultra soignée. C’est un synthé de recherche pour ceux qui veulent aller très en profon­deur sans craindre de se perdre ou une alter­na­tive sérieuse aux solu­tions logi­cielles les plus élabo­rées. Le format module montre toute­fois ses limites, notam­ment au regard des amélio­ra­tions de la MK2 : unique sortie stéréo alors que le synthé peut produire quatre canaux stéréo, absence d’au­dio via USB alors que le moteur est entiè­re­ment numé­rique, pads réduits à de simples inter­rup­teurs alors que certains concur­rents proposent des pads dyna­miques… Faudra-t-il attendre une MK3 pour trou­ver le module idéal ? En atten­dant, conten­tons-nous de ce qu’on a sous la main, car en matière de puis­sance et de son, ce nouvel Iridium MK2 se place au sommet des modules de synthèse.

Points forts

  • Nombreux territoires sonores couverts
  • Six puissants moteurs de synthèse à bord
  • Multitimbralité à quatre canaux combinables
  • Échantillonnage intégré avec mémoire étendue
  • Trois filtres numériques multimodes stéréo
  • Routages souples pour le signal audio
  • Possibilités de modulations pléthoriques
  • Verrouillage de paramètres note par note
  • Micro-variations pseudo-aléatoires
  • Effets nombreux et modulables pour chaque canal
  • Arpégiateur avec mode polyphonique
  • Très grosse mémoire de programmes
  • Graphismes très soignés
  • Nombre et précision des réglages
  • Transmission des CC Midi
  • Construction très robuste

Points faibles

  • Pads simpliste, sans vélocité ni pression
  • Traitement des samples assez basique
  • Séquenceur mono toujours perfectible
  • Pas de touches Compare / Manual
  • Une seule paire de sorties analogiques
  • Pas d’audio via USB
Pays de fabrication : Allemagne
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    alphatruc

    alphatruc

    1445
    1445 posts au compteur
    AFicionado·a
    Membre depuis 17 ans
    Commentaires sur le test : Test de l’Iridium Desktop MK2 de Waldorf
    oh ! :fleche:
    Et bien les raccourcis AF

    Tamburini & Liberatore

    tontonbrahms

    tontonbrahms

    862
    862 posts au compteur
    Posteur·euse AFfolé·e
    Membre depuis 20 ans
    Les sons sont justes magnifiques :8O:
    Beatless

    Beatless

    14852
    14852 posts au compteur
    Drogué·e à l’AFéine
    Membre depuis 22 ans
    SW, merci pour ce test.

    S'il n'y a pas de solution, c'est qu'il n'y a pas de problème.

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