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Roland JX-08
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Test Roland JX-08

Double Détente
8/10
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Le JX-08 est le premier module de la série Boutique équipé du moteur ABM, faisant suite au JU-06A doté du moteur ACB. Avec une polyphonie accrue et une bitimbralité, cette modélisation de JX-8P a-t-elle conservé la qualité de modélisation de la précédente série ?

On pensait la série Boutique en confi­ne­ment depuis le JU-06A, mais Roland a présenté simul­ta­né­ment deux nouveaux modules fin 2021, le JD-08 et le JX-08, modé­li­sant deux célèbres synthés d’hier et d’avant-hier de la marque, respec­ti­ve­ment le JD-800 et le JX-8P. Retour au 21e siècle. À la grande diffé­rence des premiers modules Boutique qui utili­saient une modé­li­sa­tion précise des compo­sants au détri­ment de la poly­pho­nie (l’ACB), ces nouveaux synthés incor­porent le moteur ABM, déve­loppé pour la plate­forme Zen-Core équi­pant les nouveaux synthés et works­ta­tions de la marque. Résul­tat, une poly­pho­nie sérieu­se­ment accrue et une puis­sance réaf­fec­tée à d’autres fonc­tions. Ques­tion corol­laire immé­diate, la préci­sion de la modé­li­sa­tion a-t-elle suivi ? Dans ce test, nous allons répondre à cette ques­tion pour le JX-08, modé­li­sa­tion du JX-8P sorti en 1985. Nous avons testé le synthé en V1.02.

 

Commandes bien pensées

Le JX-08 reprend la concep­tion commune aux diffé­rents modèles de la série Boutique. C’est un module ultra compact (300 × 128 × 47 mm pour 900 g), pouvant être monté dans une station d’ac­cueil clavier ou boîtier (voir enca­dré). En dépit de sa petite taille, il n’a rien d’un gadget : la façade et l’ar­rière sont consti­tués d’une même tôle pliée bien solide ; seuls le dessous et les côtés sont en plas­tique. Les commandes sont de bonne facture et agréables à manier, que ce soit les 28 pous­soirs (dont 5 rétroé­clai­rés), les 11 inter­rup­teurs (à 2–3–4 posi­tions), les 17 curseurs linéaires (20 mm) ou les 10 rota­tifs parfai­te­ment ancrés (9 poten­tio­mètres et un enco­deur-pous­soir pour la navi­ga­tion). Les commandes occupent tout l’es­pace dispo­nible, exit les rubans verti­caux, tant mieux. Leur taille et leur dispo­si­tion consti­tuent pour nous le meilleur compro­mis de toute la série Boutique, entre le JP-08 très surchargé et le JU-06A assez dépouillé.
DSC00248.JPGLe JX-08 reprend la charte graphique et quasi­ment les mêmes commandes que le PG-800, program­meur qui pouvait être posé sur le JX-8P pour satis­faire les accros au tour­nage de curseur. La dispo­si­tion diffère toute­fois, compte tenu du format. On trouve, sur la rangée supé­rieure, les modules de synthèse bien alignés : LFO, 2 DCO, mixeur, VCF, VCA, 2 enve­loppes (parta­geant leurs commandes, faute de place) et les effets. Par rapport au PG-800, certains curseurs ont été trans­for­més en poten­tio­mètres rota­tifs, faute de hauteur, c’est moins confor­table, mais pas du tout rédhi­bi­toire. La rangée infé­rieure est compo­sée de pous­soirs permet­tant de gérer séquences, programmes, bitim­bra­lité (choix de la partie A ou B, modes Dual ou Split), para­mètres programme addi­tion­nels et fonc­tions système. Quand on appuie sur la touche NOTE, la rangée infé­rieure fait office de clavier d’une octave, de trans­po­si­tion directe (-3 à +3 octaves) et de sélec­teur du mode de voix. L’af­fi­cheur numé­rique, désor­mais doté de 4 diodes 7 segments avec point, permet de visua­li­ser le numéro de banque/programme, le tempo, ainsi que les réglages des parties sonores A/B, du séquen­ceur, de l’ar­pé­gia­teur, des effets et des fonc­tions système.

Prise en main instan­ta­née

DSC00252.JPGComme son ancêtre équipé du PG-800, la prise en main du JX-08 est immé­diate, car la très grande majo­rité des para­mètres est direc­te­ment acces­sible en façade. Elle est faci­li­tée par la dispo­si­tion des commandes et leur taille raison­nable, pas trop minia­tu­ri­sée. On dispose toute­fois de para­mètres addi­tion­nels acces­sibles par de rares combi­nai­sons de touches (mode manuel, modes de voix, par exemple), le reste se faisant via la touche MENU. L’er­go­no­mie est bien pensée, puisque l’en­co­deur-pous­soir fait défi­ler les pages et les 16 boutons de pas permettent de sélec­tion­ner d’éven­tuels sous-menus (une seconde pres­sion permet de sélec­tion­ner le para­mètre à éditer). L’écran affiche une abré­via­tion appro­chée du para­mètre en cours, une nouvelle pres­sion sur l’en­co­deur-pous­soir le sélec­tionne et le même enco­deur-pous­soir permet de le régler, l’écran affi­chant la valeur. Pour modi­fier certains modules (arpé­gia­teur, séquen­ceur, effets), il suffit de main­te­nir leur bouton respec­tif quelques secondes pour passer en menu d’édi­tion, facile. Pour program­mer, on peut repar­tir d’un son en mémoire, l’ini­tia­li­ser, passer en mode manuel ou lancer une rando­mi­sa­tion. En fait, il manque juste une fonc­tion de compa­rai­son.
À part l’en­trée horloge (permet­tant aussi de faire avan­cer les pas du séquen­ceur) placée en façade, la connec­tique est située à l’ar­rière : inter­rup­teur secteur, port USB C (alimen­ta­tion, Midi et audio, néces­si­tant l’ins­tal­la­tion d’un driver), mini-poten­tio­mètre de volume, sortie casque, sortie ligne, entrée ligne (routée direc­te­ment vers les sorties analo­giques/USB, pour casca­der plusieurs modules) et entrée/sortie Midi au format DIN. Toute la connec­tique audio est au format mini-jack stéréo. En dessous du module, on trouve un petit HP de contrôle (on ne lui en deman­dera pas trop) et une trappe pour insé­rer 4 piles AA-LR6 (four­nies, à défaut d’un cordon USB C et d’une alimen­ta­tion secteur de 500mA mini­mum qu’il faudra acqué­rir). Elles offrent 6 heures d’au­to­no­mie, d’après les spéci­fi­ca­tions du construc­teur.

Au-delà du clas­sique

DSC00253.JPGParmi les programmes four­nis, on trouve 32 des 64 Presets origi­nels du JX-8P et plus d’une centaine de sons supplé­men­taires, préchar­gés dans une mémoire de 256 programmes. Le niveau de sortie est élevé et il n’y a aucun bruit de fond (sauf si on veut en mettre avec le chorus). Au-delà des clas­siques strings géné­reux, nappes planantes et poly­synths typés 80’s, on appré­cie immé­dia­te­ment l’ex­pres­si­vité des sono­ri­tés, puisque le JX-8P a été l’un des premiers synthés analo­giques répon­dant à la vélo­cité et à la pres­sion. Cela ouvre la porte à une pano­plie sonore plus vaste et plus vivante que sur les synthés statiques de la marque : pianos élec­triques dyna­miques, basses filtrées pétillantes, cuivres éner­giques, leads vivants ; sans oublier les percus­sions métal­liques et autres sons de cloches utili­sant la Cross Mod des oscil­la­teurs, les percus­sions analo­giques dyna­miques ou encore quelques effets spéciaux sympa­thiques. On pourra aussi tirer parti de la bitim­bra­lité, soit pour se fabriquer des Splits ou des empi­lages doubles.
Lorsqu’on utilise la Cross Mod et la Synchro des DCO, on note de l’alia­sing dans les aigus, sans aucun doute une limite du moteur ABM par rapport à ce qu’au­rait pu faire un moteur ACB. Ceci mis à part, aucun doute, les sono­ri­tés sont dans la pure lignée des JX-8P/JX-10. Le moteur ABM s’en sort globa­le­ment très bien et la poly­pho­nie géné­reuse fait vite oublier les 4 voix du moteur ACB, dont l’ex­trême préci­sion de modé­li­sa­tion ne fait pas défaut ici, hormis quand les DCO s’in­ter­mo­dulent dans les aigus. Ceci est sans doute dû au fait que le JX-8P est à l’ori­gine un synthé très inté­gré et très maitrisé, avec des DCO très droits, des filtres ultra linéaires et des modu­la­tions numé­riques. Du coup, il est moins compliqué à modé­li­ser que des synthés comme le JP-8 ou le Juno-60, plus carac­té­riels. Dans la palette sonore, on trouve aussi des couleurs diffé­rentes des clas­siques de chez Roland. Cela provient sans doute des trois modèles de filtres passe-bas, acces­sibles par le menu. Pour s’éloi­gner davan­tage, on pourra aussi solli­ci­ter les effets inté­grés qui, nous le verrons plus tard, vont bien plus loin que les deux posi­tions de chorus origi­nelles.

JX-08_1audio 01 Dave Split
00:0000:59
  • JX-08_1audio 01 Dave Split00:59
  • JX-08_1audio 02 Dave Stabs00:19
  • JX-08_1audio 03 Dave Souve­nir00:45
  • JX-08_1audio 04 Dave Next Door00:56
  • JX-08_1audio 05 Dave Fifth00:41
  • JX-08_1audio 06 Back To The Smith00:20
  • JX-08_1audio 07 JM Smith00:53
  • JX-08_1audio 08 Tequila Smith00:48
  • JX-08_1audio 09 Art Of Smith01:00
  • JX-08_1audio 10 Dave Sequence01:27

 

Plutôt 10 que 8P

DSC00254.JPGContrai­re­ment à ce que son nom indique, le JX-08 modé­lise davan­tage le moteur sonore du JX-10, grand frère du JX-8P (une sorte de double JX-8P à 76 touches). En effet, la machine est capable de jouer deux programmes simul­ta­nés (deux « parties »), en sépa­ra­tion (Split) ou en empi­lage (Dual). Pour chaque partie, on peut régler le volume et le pano­ra­mique. Ces réglages sont mémo­ri­sés dans le mode Séquen­ceur, qui du coup fait office de mode Perfor­mance à deux programmes. Il y a 128 mémoires de Séquences (et du coup 128 Perfor­mances) et 256 programmes simples. Le manuel en ligne ne mentionne pas cette subti­lité bien parti­cu­lière, Roland ferait bien de le revoir et au passage de le four­nir en PDF (un manuel offi­cieux au format PDF a été fait par un parti­cu­lier proprié­taire de JX-08, merci à lui, mais fran­che­ment, là, Roland…).
Au plan global, on peut régler l’ac­cor­dage, le volume de l’en­trée audio, la trans­po­si­tion, la vélo­cité (fixe ou réelle, avec trois courbes de réponse) et le point de Split. On trouve aussi quelques réglages Midi : canal global, canal de la partie A, canal de la partie B, synchro, routage DIN/USB, passage de la prise Out en soft Thru. Plutôt bien loti, fina­le­ment, ce JX-08, pour un tout petit module à tarif abor­dable.

Cœur du réac­teur

DSC00251.JPGDescen­dons main­te­nant au cœur du réac­teur. Comme déjà évoqué, il s’agit d’un nouveau modèle ABM, déve­loppé pour la plate­forme Zen-Core et intro­duit sur les Jupi­ter-X/Xm. Le JX-8P était un synthé analo­gique poly­pho­nique 6 voix commer­cia­lisé entre 1985 et 1989, basé sur des DCO et des circuits inté­grés maison IR-3R05 pour les VCF-VCA. Son archi­tec­ture est un mélange de JX-3P et de JP-8, auquel on aurait ajouté des possi­bi­li­tés de modu­la­tion par le clavier dyna­mique. Le JX-08 pousse la poly­pho­nie à 20 voix et la multi­tim­bra­lité à 2 parties. Chaque voix comporte deux DCO modé­li­sés (accord sur 16–8–4–2 pieds, –12/+12 demi-tons et désac­cor­dage fin du DCO2), capables de produire les ondes dent de scie, impul­sion, carré et bruit. L’im­pul­sion est fixe, c’est l’une des grosses limites des JX de l’époque. Dommage que Roland n’en ait pas profité pour gref­fer la PWM du JU-06A. Les DCO peuvent s’in­ter­mo­du­ler, sous forme de Cross Modu­la­tion ou de synchro­ni­sa­tion, mais pas les deux en même temps (chose possible sur le JX-8P). La fréquence de chaque oscil­la­teur peut être modu­lée indé­pen­dam­ment par le LFO ou l’une des deux enve­loppes (pola­rité globale à choi­sir pour les 2 DCO), avec vélo­cité sur l’ac­tion de l’en­ve­loppe. Les deux oscil­la­teurs convergent ensuite vers un mixeur, dans lequel le volume du DCO2 peut être modulé par l’une des deux enve­loppes et la vélo­cité (modu­la­tion unique­ment posi­tive, contrai­re­ment au JX-8P).
La résul­tante entre alors dans un filtre passe-haut statique à quatre posi­tions (qui est en réalité placé après la somma­tion des voix), suivi d’un filtre passe-bas réson­nant 4 pôles. Là où le moteur va plus loin que le JX-8P, c’est qu’il propose trois modèles le filtre. Roland ne donne aucune autre préci­sion, nous pensons qu’il s’agit des modèles Roland, Sequen­tial et Moog que l’on trouve déjà sur le moteur JX-8P des Jupi­ter-X/Xm. Le filtre passe-bas « modèle Roland » simule bien l’an­cêtre, qui possède un peu moins de carac­tère que ses prédé­ces­seurs poly­pho­niques de fin 70’s / début 80’s. La réponse du curseur de fréquence de coupure est parfai­te­ment lisse, sans esca­lier. Cette dernière peut être modu­lée par le LFO, le suivi de clavier et l’une des deux enve­loppes, au choix (modu­la­tion bipo­laire avec modu­la­tion par la vélo­cité). La réso­nance pousse le filtre en légère auto-oscil­la­tion, comme sur le JX-8P. Le JX-08 renferme toute­fois un précieux mode qui permet d’étendre la plage de certains réglages au-delà du modèle pur et dur ; lorsqu’on l’ac­tive, l’auto-oscil­la­tion du filtre est beau­coup plus pronon­cée, bien vu Roland ! Le signal pour­suit sa course dans l’am­pli final, dont on peut régler le niveau (de clair à saturé) et son contour (via l’en­ve­loppe 2, elle-même modu­lable par la vélo­cité) ou sous forme de porte.

Modu­la­tions basiques

DSC00258.JPGL’unique LFO (par partie) est assez basique, avec réglages de vitesse (avec possi­bi­lité de monter dans l’au­dio si on active le mode étendu, top !), délai et forme d’onde (sinus, carré, aléa­toire). Le cycle est toujours libre. Les deux enve­loppes sont de type ADSR avec suivi de clavier réglable sur les temps, fonc­tion rare et très bien­ve­nue. Comme déjà évoqué, elles partagent les mêmes commandes, ce qui est moins pratique que des enve­loppes à commandes sépa­rées. On peut en revanche les éditer simul­ta­né­ment. Elles cliquent bien dans les réglages faibles des segments de temps, mais s’ar­ron­dissent ensuite un peu molle­ment comme les enve­loppes un peu fainéantes du JX-8P. Cela aurait été bien que Roland intègre diffé­rentes courbes de réponse. Leur action est pilo­table par la vélo­cité, suivant la desti­na­tion. Les voix peuvent être jouées en modes poly, mono, unis­son et unis­son mono (hélas sans réglage de désac­cor­dage, mais le réglage imposé est très bien). Il existe égale­ment un porta­mento débrayable, dont on peut régler la vitesse (depuis le panneau) et la courbe (via le menu). Voilà, c’est à peu près tout pour les modu­la­tions, on reste sur un synthé très basique, la contre­par­tie étant une assi­mi­la­tion immé­diate.
Enfin, c’est par le menu que l’on accède à certains para­mètres inac­ces­sibles en façade : modèle de filtre passe-bas (nous en avons parlé), vieillis­se­ment des compo­sants (comme un synthé vintage), exten­sion de la plage de réglage de certains para­mètres au-delà de celle du JX-8P (vitesse du LFO, coupure du filtre, réso­nance, enve­loppe de filtre), réglage de vélo­cité affec­tant les diffé­rentes enve­loppes (pitch, filtre, volume, mixeur DCO2), quan­tité de pitch­bend, profon­deur du LFO, courbe de porta­mento et action de la pres­sion sur trois desti­na­tions (LFO, filtre, brillance). Leur édition via le menu n’est pas trop pénible. Ces para­mètres sont sauve­gar­dés avec les programmes (bien qu’ils figurent dans le menu PART).

Effets dopés

DSC00255.JPGLe JX-8P était doté d’un chorus stéréo à deux posi­tions de modu­la­tion. Sur le JX-08, la simu­la­tion numé­rique va beau­coup plus loin. On trouve désor­mais un multief­fets offrant 3 familles de chorus (les modes des Juno-106/JX-8P, la pédale CE-1 Boss et 7 combi­nai­sons de boutons du SDD-320), 4 types de délai (synchro, stéréo, ping­pong, modu­la­tion inversé), un Over­drive, un Fuzz, un « épais­sis­seur », un Bit Crusher, un compres­seur lo-fi, 2 Phasers, un filtre multi­mode et 2 Pitch Shif­ters. Les para­mètres éditables sont nombreux (4 à 15) et varient suivant le type d’ef­fet : citons le niveau de bruit du chorus, la synchro des délais, diffé­rentes égali­sa­tions dans les délais, l’ajout d’har­mo­niques paires/impaires dans « l’épais­sis­seur », la quan­tité de dégra­da­tion de signal dans les effets lo-fi, le nombre d’étages dans le phaser, les types & pentes du filtre… Ce multief­fets est loin d’être un gadget, la quan­tité de réglages et la qualité sonore sont au rendez-vous, un avan­tage du combo Zen-Core / ABM sur l’ABM, qui réaf­fecte du temps de calcul au-delà de la synthèse pure.
Mais ce n’est pas tout, puisqu’à ce multief­fets s’ajoute une réverbe stéréo placée juste derrière. Elle offre 5 algo­rithmes : 2 pièces, 2 halls et une plaque. On peut régler la quan­tité, le temps prédé­lai, le temps de réverbe et le niveau de sortie. On ne peut donc pas modi­fier la tona­lité du signal mouillé, tant pis. La qualité est très bonne, surtout pour un module de ce prix, ce n’est là encore pas un gadget. Tout cela est sauve­gardé avec les programmes, ce qui faci­lite l’in­té­gra­tion des effets aux sons et permet au JX-08 de s’échap­per un peu de la couleur sonore forma­tée du JX-8P. Dernier point impor­tant, lorsqu’on utilise deux parties en même temps (Split/Dual), on a deux multief­fets indé­pen­dants, c’est beau ! La réverbe, par contre, est globale, et peut être acti­vée sur les parties de son choix.

Arpèges et séquences

DSC00249.JPGLe JX-08 est doté d’un arpé­gia­teur, enfin plutôt deux, car chaque partie possède ses propres réglages. Toute­fois, dans la version actuelle de l’OS (1.02), son compor­te­ment en mode Split est étrange, car il scanne toutes les notes jouées de part et d’autre du point de split et crée un arpège qui alterne les deux motifs, plutôt que les jouer en paral­lèle, chacun dans leur zone. En fait, l’ar­pé­gia­teur scanne les notes reçues sur le canal Midi global plutôt que sur les canaux sépa­rés des parties. À revoir, donc… Les diffé­rents motifs propo­sés sont clas­siques : haut, bas, alterné, aléa­toire, comme joué. On peut régler la divi­sion tempo­relle (1/4, 1/8, 1/8T, 1/16, 1/16T, 1/32), ajou­ter du Shuffle (avance/retard), arpé­ger sur –3 à +3 octaves, déca­ler les arpèges de –36 à +36 demi-tons, chan­ger la durée des notes, conser­ver/fixer la vélo­cité jouée et main­te­nir le motif après relâ­che­ment. Les notes arpé­gées sont trans­mises en Midi, tant mieux !
On passe au séquen­ceur : 64 pas, bitim­bral, poly­pho­nique 8 voix par partie, du lourd ! Une séquence mémo­rise, en plus des deux motifs de partie, les deux numé­ros de programme, les réglages des deux parties (volume, pano­ra­mique) et leur arran­ge­ment (Whole, Split ou Dual). On trouve 128 mémoires, qui consti­tuent égale­ment le mode Perfor­mance. Parmi ces mémoires, 16 sont préchar­gées. Les motifs des parties A et B peuvent être lus en même temps et mutés à la volée. Il y a diffé­rents sens de lecture : avant, arrière, pendu­laire, inver­sion alter­née des pas pairs/impairs, aléa­toire et « en avant tant que le clavier est joué ». On trouve aussi une fonc­tion Shuffle (avance/retard).
L’en­re­gis­tre­ment se fait en mode grille (notes et liai­sons direc­te­ment entrées avec les 16 boutons de pas suivant la divi­sion tempo­relle choi­sie), en mode Step incré­men­tal (avec les 13 boutons de pas formant un clavier ou un clavier externe) ou en mode temps réel (idem). Dans ce dernier, on peut entrer les mouve­ments de commandes à la volée. Il n’est pas possible de les éditer ulté­rieu­re­ment, il faut les suppri­mer et recom­men­cer en cas d’er­reur. On peut ulté­rieu­re­ment entrer la durée et la vélo­cité de chaque pas en mode grille. Tout comme les notes, les CC des mouve­ments enre­gis­trés peuvent être trans­mis en Midi, bien vu ! Pour les moins inspi­rés, un géné­ra­teur aléa­toire de motifs est inclus. Roland n’a pas oublié les fonc­tions dupli­ca­tion, copier/coller, effa­ce­ment (notes, CC, tout) et annu­la­tion, sympa…

Midi et audio

DSC00259.JPGLe JX-08 émet et reçoit une cinquan­taine de CC Midi via les prises DIN/USB, corres­pon­dant à tous les para­mètres de synthèse et d’ef­fets, ainsi que certains contrô­leurs physiques en récep­tion. Cela permet de créer des auto­ma­tions sépa­rées sur chaque partie à partir d’une STAN (ou éven­tuel­le­ment de créer un éditeur, mais c’est quasi inutile, vu que la majo­rité des para­mètres sont direc­te­ment acces­sibles). La prise USB permet aussi d’ef­fec­tuer des Backup/Restore de la mémoire, non pas sous forme de Sysex, mais dans un mode spécial, pas du tout pratique pour gérer ses programmes. Égale­ment avec la prise USB, le JX-08 se mute en inter­face audio stéréo. Les sons du module sont envoyés direc­te­ment en numé­rique à une STAN. Les sons pris à l’en­trée audio sont numé­ri­sés et égale­ment envoyés à la STAN. Réci­proque­ment, les sons sortant de la STAN sont conver­tis en analo­gique et envoyé à la sortie audio du module. Ceci néces­site au préa­lable d’ins­tal­ler le driver PC/Mac fourni par Roland.

Conclu­sion

DSC00260.JPGAprès les modules ACB à la modé­li­sa­tion ultra précise au détri­ment de la poly­pho­nie, Roland présente un module à tech­no­lo­gie ABM, permet­tant une poly­pho­nie éten­due à 20 voix et une bitim­bra­lité. Du coup, il s’ap­pa­rente davan­tage à une modé­li­sa­tion de JX-10 que de JX-8P. Mais la réaf­fec­ta­tion de puis­sance ne se limite pas là : section effets boos­tée, arpé­gia­teur musclé et excellent séquen­ceur à pas poly­pho­nique, bitim­bral et capable d’en­re­gis­trer les mouve­ments. Bref, sur le plan quan­ti­ta­tif, on y gagne énor­mé­ment. Sur le plan quali­ta­tif, on pour­rait se deman­der si la préci­sion n’a pas été sacri­fiée. À part en inter­mo­du­la­tion des DCO dans les aigus où l’alia­sing s’in­vite, la qualité est très bonne, sans doute parce que la machine d’ori­gine n’est pas d’une énorme complexité à modé­li­ser : très stable, inté­grée, précise, à modu­la­tions numé­riques.
Roland a même inté­gré des modèles de filtres addi­tion­nels (Moog, Sequen­tial) que l’on retrouve sur les synthés de la plate­forme Zen-Core, permet­tant au JX-08 de sortir de la person­na­lité sonore pas spécia­le­ment origi­nale du JX-8P. Il en est de même pour certains réglages qui peuvent aller plus loin que sur le JX-8P, éten­dant la palette sonore. Autant en 1985, le JX-8P sortait du lot avec son clavier dyna­mique appor­tant une expres­si­vité accrue et une certaine fraî­cheur à l’ana­lo­gique, autant aujour­d’hui tout cela est bana­lisé par de nombreuses offres VA alter­na­tives. On pourra, pour termi­ner, repro­cher au JX-08 la connec­tique mini-jack, le manuel en ligne abscons, l’ar­chi­vage des mémoires sans Sysex et l’ali­men­ta­tion secteur non four­nie. Au final, le JX-08 est une bonne surprise qui, sans révo­lu­tion­ner le genre, met à portée du plus grand nombre un synthé facile à domp­ter, expres­sif et compact.

  • Roland JX-08 : DSC00248.JPG
  • Roland JX-08 : DSC00249.JPG
  • Roland JX-08 : DSC00250.JPG
  • Roland JX-08 : DSC00251.JPG
  • Roland JX-08 : DSC00252.JPG
  • Roland JX-08 : DSC00253.JPG
  • Roland JX-08 : DSC00254.JPG
  • Roland JX-08 : DSC00255.JPG
  • Roland JX-08 : DSC00256.JPG
  • Roland JX-08 : DSC00257.JPG
  • Roland JX-08 : DSC00258.JPG
  • Roland JX-08 : DSC00259.JPG
  • Roland JX-08 : DSC00260.JPG

 

8/10
Points forts
  • Modalisation réussie des JX-8P/JX-10
  • Polyphonie accrue de 20 voix
  • Bitimbralité avec modes Split/Dual
  • Trois modèles de filtre passe-bas
  • Réponse très fluide des paramètres continus
  • Possibilité d’étendre certaines plages de réglages
  • Multieffets et réverbe de qualité
  • Arpégiateur intégré
  • Séquenceur bitimbral polyphonique à mouvements
  • Mémoire confortable
  • Autonomie et compacité
  • Qualité de construction très correcte
  • Prise en main immédiate
  • USB Midi et audio
Points faibles
  • Aliasing dans les intermodulations des DCO
  • Pas de PWM dans les DCO
  • Pas de dump des programmes par Sysex
  • Manuel de référence uniquement en ligne
  • Connectique audio en mini-jack
  • Un seul petit HP vite saturé
  • Alimentation secteur non fournie
Auteur de l'article synthwalker Passionné de synthés, concepteur produits et rédacteur presse

J'aime tous les synthés, avec une prédilection pour les polyphoniques vintage à mémoires, que j'empile avec délectation depuis quelques dizaines d'années. Vieux gourou chauve mais pas barbu, j'écris depuis un quart de siècle des articles techniques sur les synthés et j'ai contribué au développement de certains d'entre eux. Plusieurs centaines ont été publiés, dont une grande partie sur Audiofanzine. J'ai aussi contribué aux magazines PlayRecord, Musiciens, Recording Musicien, Musicsound et KR.


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Auteur de l'article synthwalker Passionné de synthés, concepteur produits et rédacteur presse

J'aime tous les synthés, avec une prédilection pour les polyphoniques vintage à mémoires, que j'empile avec délectation depuis quelques dizaines d'années. Vieux gourou chauve mais pas barbu, j'écris depuis un quart de siècle des articles techniques sur les synthés et j'ai contribué au développement de certains d'entre eux. Plusieurs centaines ont été publiés, dont une grande partie sur Audiofanzine. J'ai aussi contribué aux magazines PlayRecord, Musiciens, Recording Musicien, Musicsound et KR.

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