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Guide d’achat
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Guide d'achat des interfaces audio - Quelle interface audio choisir ?

Rédigé par un humain

Si tous les ordinateurs intègrent aujourd’hui une interface audionumérique qui, bien que rudimentaire, suffit amplement pour un usage bureautique et multimédia, cette dernière montre vite ses limites dès qu’il s’agit de faire de la musique. Vous en viendrez donc très probablement à vouloir vous équiper d’une interface digne de ce nom, d’où ce dossier qui entend vous guider dans votre choix…

Guide d'achat des interfaces audio : Quelle interface audio choisir ?

Interfaces audio : IBM PC XT colorLe saviez-vous ? Les premiers micro-ordi­na­teurs appa­rus à la fin des années 70 étaient muets ou presque, vu qu’ils servaient majo­ri­tai­re­ment à faire de la bureau­tique ou du déve­lop­pe­ment. En guise de son, il fallait alors se conten­ter d’un simple petit bip servant à signa­ler une erreur système. L’ap­pa­ri­tion de micro-ordi­na­teurs à des fins plus récréa­tives va toute­fois faire évoluer tout cela, de sorte que les premiers Commo­dore comme les Amstrad, contem­po­rains des premières consoles Nintendo et Sega, vont tout comme elles inté­grer des petits synthé­ti­seurs capable de produire de la musique sur plusieurs voies. Ce n’est toute­fois qu’avec la géné­ra­tion d’or­di­na­teurs suivante, et notam­ment avec l’Atari ST, que l’in­for­ma­tique musi­cale va faire un bond car il s’agit là du premier ordi­na­teur grand-public à être compa­tible avec la norme MIDI qui vient tout juste de naître. C’est aussi à cette période que se popu­la­rise les premiers supports numé­riques grand-public dédiés au son (le CD) et à la vidéo (le Vidéo disc).

L’es­sor conjoint de ces diffé­rentes tech­no­lo­gies sacre l’avé­ne­ment du « multi­mé­dia », de sorte qu’on commence à vouloir utili­ser les PC pour pour bien d’autres choses que des tableurs et des éditeurs de texte, et notam­ment enre­gis­trer et lire du son, dialo­guer avec des instru­ments élec­tro­niques en MIDI, etc.

soundblasterOr, pour doter l’or­di­na­teur de telles capa­ci­tés, il fallait passer par l’adjonc­tion d’une « carte son » que l’on fichait sur la carte mère (la fameuse Sound Blas­ter de Crea­tive Labs devient alors le stan­dard du domaine au grand dam de la Gravis Ultra­sound, sa concur­rente). Et comme cette carte son n’est ni plus ni moins qu’une inter­face audio, il n’est pas rare que certains utilisent encore ces termes indif­fé­rem­ment, même si la plupart des inter­faces audio ne se présentent plus de nos jours sous la forme de cartes, mais de boitiers externes.

Cette petite page d’his­toire tour­née et ce petit point de voca­bu­laire élucidé, penchons-nous un peu plus en détail sur notre sujet, en répon­dant d’abord à la ques­tion…

À quoi sert une inter­face audio ?

Pour faire simple, disons que c’est l’équi­pe­ment qui, en rela­tion avec le proces­seur, va prendre en charge tout ce qui concerne le son sur votre ordi­na­teur.

C’est grâce à elle que vous allez pouvoir bran­cher des sources externes (micros, instru­ments, platines, etc.) pour les enre­gis­trer en audio­nu­mé­rique, mais c’est grâce à elle aussi que vous pour­rez aussi lire vos enre­gis­tre­ments audio­nu­mé­riques et les écou­ter sur votre casque ou vos enceintes.

Si la carte mère est le tronc de l’or­di­na­teur et le proces­seur son cerveau, disons donc que l’in­ter­face audio s’oc­cupe quant à elle de lui donner une bouche et des oreilles…

À quoi ressemble-t-elle ? Voyons cela en détail…

Qu’est-ce qu’une inter­face audio ?

audientid14De façon plus prag­ma­tique, on désigne par inter­face audio un équi­pe­ment qui concentre des entrées et des sorties audio et intègre des compo­sants capables de conver­tir le signal audio analo­gique en signal audio numé­rique comme l’in­verse.

Plusieurs formats existent, dont voici les prin­ci­paux :

  • Boîtier mini­rack avec contrôles sur le devant et connec­teurs sur le devant et l’ar­rière.
  • Rack 19 pouces 1U ou 2U avec contrôles sur le devant et connec­teurs sur le devant et l’ar­rière.
  • Boîtier « Table­top » avec les contrôles sur le dessus et les connec­teurs à l’avant et l’ar­rière.
  • Carte à enfi­cher direc­te­ment sur la carte mère de l’or­di­na­teur, parfois accom­pa­gnée d’un rack de connexions exter­ne… On parle alors d’in­ter­face audio interne par oppo­si­tion aux inter­faces externes qui se connectent en USB pour la plupart.

Mais notez qu’on trouve encore des inter­faces audio inté­grées dans quan­tité d’équi­pe­ments tels les tables de mixage numé­riques, les enre­gis­treurs de poche, les micros USB tandis qu’il existe même des cartes son minia­tures tenant dans la paume d’une main… Si nous revien­drons en temps utile sur ces histoires de formats, on mention­nera pour l’heure les prin­ci­paux consti­tuants d’une inter­face audio.

On va de fait y trou­ver :

  • Des entrées audio, soit un ensemble de connexions pour bran­cher les équi­pe­ments musi­caux et audio dont vous souhai­tez enre­gis­trer le son : micros, instru­ments de musique élec­tro­niques (synthés, boite à rythmes, etc.) ou élec­troa­cous­tiques (guitares, basses, etc.)
  • Des sorties audio, soit un ensemble de connexions pour bran­cher notam­ment vos équi­pe­ments d’écoute (enceintes, casques)
  • Des connec­teurs infor­ma­tiques ou élec­triques desti­nés à alimen­ter l’in­ter­face en élec­tri­cité comme à assu­rer sa commu­ni­ca­tion avec l’or­di­na­teur
  • Des conver­tis­seurs, soit un ensemble de compo­sants à même de conver­tir le signal analo­gique produit par des sources élec­troa­cous­tiques (le son de micros, des instru­ments de musique, etc.) en signal numé­rique compré­hen­sible par l’or­di­na­teur, comme l’in­verse. C’est en effet l’in­ter­face qui se charge de conver­tir le signal numé­rique en prove­nance de l’or­di­na­teur en signal analo­gique suscep­tible de mouvoir les membranes de vos enceintes ou de votre casque.

Et éven­tuel­le­ment :

  • Une entrée et une sortie MIDI, soit des connec­teurs desti­nés à dialo­guer avec des instru­ments élec­tro­niques compa­tibles en utili­sant le proto­cole MIDI.
  • Un ou plusieurs DSP (proces­seur spécia­lisé dans le trai­te­ment du signal) pour assis­ter le proces­seur central de l’or­di­na­teur sur les trai­te­ments audio.

Si bien d’autres fonc­tion­na­li­tés et équi­pe­ments peuvent encore être inté­grés à l’in­ter­face, nous y revien­drons plus tard pour nous concen­trer pour l’heure sur un autre aspect impor­tant qui distingue l’in­ter­face audio dédiée de la carte son inté­grée de base à l’or­di­na­teur : ses perfor­mances. En effet, au-delà de ses capa­ci­tés de connexions plus riches, une inter­face audio propose a priori un son de meilleure qualité tout en étant capable de fonc­tion­ner avec une latence bien plus faible.

Enfin, souli­gnons-le : l’in­ter­face audio pour musi­ciens se distingue aussi de l’in­ter­face stan­dard par son pilote logi­ciel (« driver » en anglais) qui propose géné­ra­le­ment plus de para­mètres et de fonc­tion­na­li­tés.

Pour vous aider dans votre choix, ce sont donc chacun de ces éléments que nous allons passer en revue : les entrées, les sorties, les conver­tis­seurs (par le biais desquels nous parle­rons de qualité audio), le pilote (par le biais duquel nous abor­de­rons les problé­ma­tiques de latence) et le format.

Commençons donc par le commen­ce­ment avec les entrées.

Les entrées d’une inter­face audio (Audio IN)

Ces dernières sont pensées pour s’adap­ter à diffé­rents types de signaux, qu’ils soient analo­giques ou numé­riques. Voici ce qu’on peut de fait trou­ver sur une inter­face audio :

  • micinDes entrées analo­giques préam­pli­fiées au format XLR, Jack 6,35 ou combo XLR/Jack pour y bran­cher des micros : la tension de sortie des micros étant très faible, leur usage néces­site en effet un préam­pli­fi­ca­teur pour que le signal soit exploi­table, sachant que ce dernier est le plus souvent assorti d’un petit poten­tio­mètre pour contrô­ler le gain et d’une alimen­ta­tion fantôme à 48V, néces­saire à l’usage des micro­phones à conden­sa­teurs.
  • Des entrées analo­giques de niveau ligne au format minijack, Jack 6,35 ou RCA, pour y connec­ter une grande variété d’équi­pe­ment sortant à ce niveau : instru­ments élec­tro­niques, platines CD/radio, console, boîtes de direct, etc.
  • Des entrées analo­giques de niveau Instru­ment au format Jack 6,35, pour s’adap­ter au signal à haute impé­dance (Hi-Z) qui sort des guitares et des basses élec­triques.
  • Suivant les modèles, des entrées numé­riques au format ADAT; S/PDIF ou AES/EBU sur connec­teur TOSlink pour y connec­ter tous types d’équi­pe­ments numé­riques, sachant que l’in­ter­face n’aura pas alors à numé­ri­ser quoi que ce soit.
  • Suivant les modèles, une entrée MIDI sur connec­teur DIN 5 broches pour y raccor­der tous types d’ins­tru­ments élec­tro­niques compa­tibles MIDI qui servi­ront de contrô­leur pour pilo­ter l’or­di­na­teur : claviers, matrice de pads, surfaces de contrô­les…
  • Suivant les modèles, une entrée Word­clock sur connec­teur BNC pour synchro­ni­ser l’in­ter­face en mode esclave avec un équi­pe­ment externe si besoin.

Voici pour l’es­sen­tiel, sachant que la présence de ces connec­teurs comme leur nombre varient d’une inter­face à l’autre. L’en­trée Word­clock dont nous repar­le­rons plus tard ne se trouve par exemple pas sur les inter­faces audio d’en­trée de gamme, tandis que bien des inter­faces font l’éco­no­mie aujour­d’hui de connec­teurs MIDI, vu qu’un grand nombre d’ins­tru­ments élec­tro­niques récents disposent d’une connec­tique USB. Certains modèles d’in­ter­faces proposent même des prises USB pour faire office de concen­tra­teur (Hub) bien pratique.

Les sorties d’une inter­face audio (Audio OUT)

Ces dernières sont elles aussi pensées pour propo­ser diffé­rents types de signaux, qu’ils soient analo­giques ou numé­riques. Voici ce qu’on peut de fait trou­ver sur une inter­face audio :

  • Des sorties de niveau ligne sur format Jack 6,35, dont une paire ou deux seront dévo­lues à router le signal vers les enceintes (on trou­vera souvent la mention Moni­tor Out les concer­nant)
  • Une ou deux sorties préam­pli­fiées au format Jack 6,35 voire minijack pour alimen­ter un casque, et parfois accom­pa­gnées d’un petit poten­tio­mètre de gain. Cette préam­pli­fi­ca­tion permet notam­ment de correc­te­ment « driver » les modèles de casques à haute impé­dance dont l’usage est plus limité avec l’in­ter­face audio stan­dard.
  • Suivant les modèles, des sorties numé­riques au format ADAT ou S/PDIF sur connec­teur TOSlink pour y connec­ter tous types d’équi­pe­ments numé­riques suscep­tibles de rece­voir ces données (enre­gis­treur Direct­To­Disk, console numé­rique, etc.)
  • Suivant les modèles, une sortie MIDI sur connec­teur DIN 5 broches pour que l’or­di­na­teur soit en mesure de contrô­ler des géné­ra­teurs sonores externes : synthé­ti­seurs, boîte à ryhtmes, samplers… 
  • Suivant les modèles, une sortie Word­clock sur connec­teur BNC pour synchro­ni­ser un équi­pe­ment externe avec l’in­ter­face qui sera alors maîtresse.

Les connec­teurs infor­ma­tiques et élec­triques d’une inter­face audio

Au gré de l’évo­lu­tion de l’in­for­ma­tique, les inter­faces audio ont utilisé nombre de connec­tiques diffé­rentes pour être reliées à l’or­di­na­teur. Si les anté­di­lu­viens Fire­Wire et Thun­der­bolt ont disparu, c’est fina­le­ment l’USB qui s’est imposé, de sorte que les inter­faces audio récentes proposent toutes un connec­teur USB-C, en dehors de quelques modèles spéci­fiques utili­sant du câble réseau RJ45.

L’un des avan­tages de l’USB-C, c’est qu’il permet­tra d’ali­men­ter l’in­ter­face en élec­tri­cité tant que les besoins de cette dernière demeurent raison­nables. Dès lors que l’in­ter­face propose plus de fonc­tion­na­li­tés (et notam­ment de préam­plis), elle néces­si­tera en effet d’être raccor­dée au secteur, la plupart du temps via un bloc d’ali­men­ta­tion externe.

Les conver­tis­seurs d’une inter­face audio

Tous les équi­pe­ments que vous connec­tez sur les entrées ou sorties analo­giques de votre inter­face vont néces­si­ter des conver­sions pour dialo­guer avec l’or­di­na­teur. Les sources analo­giques vont en effet devoir être numé­ri­sées via une conver­sion A/N (Analo­gique \> Numé­rique) tandis que vos équi­pe­ments en sortie auront besoin que le signal numé­rique de l’or­di­na­teur soit converti en signal analo­gique via une conver­sion N/A (Numé­rique \> Analo­gique).

Si le rôle des conver­tis­seurs est primor­dial, vous compren­drez que leur qualité est un point à ne pas négli­ger. Et la première chose à savoir lorsqu’on parle d’un conver­tis­seur, c’est la préci­sion dans laquelle il est en mesure de travailler. En effet, pour numé­ri­ser un signal, le conver­tis­seur va le décou­per en une multi­tude de tranches auxquelles il va faire corres­pondre une valeur de niveau.

echanCe décou­page, c’est ce que l’on appelle l’échan­tillon­nage et il s’ex­prime en kHz. 44,1 kHz est ainsi la fréquence d’échan­tillon­nage stan­dard du format CD, et implique que le conver­tis­seur découpe chaque seconde de signal qui lui est soumis en 44100 tranches.

Le conver­tis­seur va ensuite mesure l’am­pli­tude de chaque tranche et lui affec­ter une valeur de niveau, laquelle peut être défi­nie avec une plus ou moins grande réso­lu­tion. Toujours avec le format CD dont la réso­lu­tion audio est de 16 bits, chaque tranche est ainsi suscep­tible de rece­voir une valeur parmi 65 536…

Sachez-le toute­fois, si la norme du 44,1 kHz / 16 bits demeure un stan­dard bien suffi­sant pour une resti­tu­tion de qualité, les inter­faces audio qui nous inté­ressent travaillent dans des réso­lu­tions bien supé­rieures. Dans notre domaine, c’est le 96 kHz sur 24 bits qui est devenu peu à peu la norme, mais nombre d’in­ter­faces proposent même des défi­ni­tions supé­rieures, allant jusqu’à 192 kHz pour la fréquence d’échan­tillon­nage et 32 bits pour la réso­lu­tion audio.

Soit 192 000 tranches par seconde pouvant chacune rece­voir une des 2 147 483 647 valeurs de niveau !

Qu’est-ce que ça change ? Nous allons voir ça en nous inté­res­sant d’abord à la fréquence d’échan­tillon­nage.

De la rela­tive inuti­lité d’échan­tillon­ner en 96 kHz ou 192 kHz…

Vous l’au­rez compris : plus la fréquence d’échan­tillon­nage augmente, plus on va gagner en préci­sion dans les fréquences les plus hautes du spectre.

Ça, c’est la théo­rie. Sauf que la théo­rie dit aussi qu’un être humain entend au mieux jusqu’à 20 kHz (et encore parle-t-on là de la fréquence audible par un bébé quand un adoles­cent n’en­ten­dra déjà plus à ce seuil). Pourquoi échan­tillon­ner à de tels niveaux du coup ?

Simple­ment parce que, tel que l’a observé le physi­cien Harry Nyquist, un replie­ment des fréquences (alia­sing) appa­rait lorsqu’un conver­tis­seur tente d’échan­tillon­ner des fréquences supé­rieures à la moitié de sa fréquence d’échan­tillon­nage, ce qui produit des arte­facts qui n’exis­taient pas dans le signal d’ori­gine. Pour éviter cela, on va donc échan­tillon­ner à plus du double de la plage fréquen­tielle que l’on souhaite numé­ri­ser en appliquant un filtre anti-replie­ment analo­gique avant la conver­sion. Et c’est pour cela qu’on a fixé la norme du CD à 44,1 kHz, soit plus de deux fois la plage de fréquence audible par un être humain.

Pourquoi conver­tir en 96 voire en 192 kHz, du coup ? Autre­fois, il s’agis­sait de simpli­fier la concep­tion des conver­tis­seurs et du filtre analo­gique anti-replie­ment : à 44,1, la filtre n’a que peu de marge pour préser­ver le spectre audible et doit donc couper bruta­le­ment tandis qu’à 96 et 192 kHz, sa pente peut être beau­coup plus douce et donc plus respec­tueuse du signal…

Tout cela était très perti­nent à l’aube de l’au­dio­nu­mé­rique même si, de nos jours, cela n’a plus grand inté­rêt. Pourquoi ? Parce que même si vous enre­gis­trez en 44,1, un conver­tis­seur moderne va en interne suréchan­tillon­ner le signal (over­sam­pling) pour appliquer un filtrage parfai­te­ment trans­pa­rent. Si les 96 ou 192 kHz peuvent donc avoir un inté­rêt indus­triel pour faire de la mesure, disons qu’en musique, ça n’a pas grand inté­rêt et que si les fabri­cants de cartes son mettent ce détail en avant, c’est essen­tiel­le­ment pour des raisons marke­ting, le consom­ma­teur n’étant pas dur à persua­der que plus les chiffres sont hauts, plus la qualité sera au rendez-vous…

Voyons à présent ce qu’il en est de la possi­bi­lité de conver­tir en 16, 24 ou 32 bits.

Du confort du 24 bits à l’as­tuce du 32…

bitdephtComme nous l’avons dit, la réso­lu­tion du conver­tis­seur va déter­mi­ner le nombre de valeurs possibles qui vont être affec­tées à l’am­pli­tude de chaque tranche du signal. En 16 bits, la plage est de 65 536 valeurs, en 24 bits de 16 777 216 valeurs et en 32 bits de 2 147 483 647…

Qu’est-ce que ça change ? La plage dyna­mique dispo­nible, soit la capa­cité pour le conver­tis­seur à gérer des niveaux plus ou moins élevés. 16 bits offrent ainsi envi­ron 96 dB de dyna­mique tandis qu’on dispose de 144 dB en 24 bits. Pour vous donner un ordre d’idée, sachez qu’une pièce très silen­cieuse se situe autour de 20 dB SPL, une conver­sa­tion autour de 60 dB SPL, un marteau-piqueur avoi­sine 100 dB SPL tandis que le seuil de la douleur est proche de 120 à 130 dB SPL.

En 16 bits, il faut de fait être parti­cu­liè­re­ment atten­tif aux niveaux sonores qui rentrent dans le conver­tis­seur sous peine de le satu­rer, ce qui se traduit par des arte­facts parti­cu­liè­re­ment horribles (Lara Fabian en a d’ailleurs fait les frais dans un retour In Ear, ce qui a grave­ment endom­magé son audi­tion). Alors que le 24 bits est bien plus permis­sif : il présente nette­ment moins de risques d’écrê­tage, et donc un réglage du gain plus simple, ce qui offre davan­tage de liberté pour les inter­prètes ou les instru­ments très dyna­miques (cuivres, batte­rie, percus­sions, brailleurs de tous poils) et donc… un flux de travail plus serein pour tout le monde.

Et en termes de qualité perçue ? Disons-le clai­re­ment, vous peine­rez à distin­guer un enre­gis­tre­ment correc­te­ment réalisé en 24 bits d’un enre­gis­tre­ment correc­te­ment réalisé en 16 bits. L’enjeu, c’est donc juste le confort et la simpli­cité, ce qui n’a rien d’un détail lorsque la tech­nique doit se mettre au service de l’ar­tis­tique…

Quant aux 32 bits récem­ment appa­rus sur certains enre­gis­treurs de terrain et certaines inter­faces, il conforte a priori les mêmes avan­tages même s’il s’agit plus d’une astuce que d’une réelle conver­sion en 32 bits. En effet, un conver­tis­seur 32 bits propo­se­rait en théo­rie une dyna­mique de 192 dB, ce que personne n’est en mesure de fabriquer rien qu’à cause du bruit rési­duel de l’élec­tro­nique.

De fait, un conver­tis­seur « 32 bits » n’échan­tillonne pas réel­le­ment avec 32 bits de préci­sion physique, mais il utilise deux conver­tis­seurs, le premier avec beau­coup de gain, le second avec peu de gain, dont les conver­sions vont être ensuite combi­nées dans un fichier 32 bits. Ce système est très inté­res­sant pour les enre­gis­treurs de terrain où le preneur de son ou le jour­na­liste peuvent en toute confiance enre­gis­trer tout ce qui est suscep­tible de se produire sans s’inquié­ter du niveau. Mais admet­tons qu’en studio où l’on contrôle l’en­vi­ron­ne­ment sonore, il n’ap­porte pas grand-chose de plus que le 24 bits.

Échan­tillon­nage, réso­lu­tion et taille des fichiers

À l’heure d’évoquer les taux d’échan­tillon­nage comme les réso­lu­tions audio, préci­sons que ces derniers affectent gran­de­ment le volume de données enre­gis­tré, ce qui peut se traduire par des coûts et une logis­tique plus fasti­dieuse à l’heure de la sauve­garde de vos données.

Voyez en effet la taille occu­pée par une minute d’au­dio mono au format WAV dans les diffé­rentes fréquences d’échan­tillon­nage et réso­lu­tion dont nous avons parlé :

Fréquence 16 bits 24 bits 32 bits
44,1 kHz 5,05 Mo 7,57 Mo 10,09 Mo
96 kHz 10,99 Mo 16,48 Mo 21,97 Mo
192 kHz 21,97 Mo 32,96 Mo 43,95 Mo

De fait, un fichier d’une minute en 192 kHz / 32 bits est 8,7 fois plus volu­mi­neux qu’un fichier 44,1 kHz / 16 bits, ce qui peut vite avoir son inci­dence si l’on multi­plie cela par le nombre de pistes et de minutes d’un projet. À l’heure où la sobriété est aussi de mise dans nos studios et home studios pour des raisons envi­ron­ne­men­tales autant qu’éco­no­miques, on saisira là une bonne occa­sion de faire des écono­mies de disque dur voire d’es­pace de stockage dans le cloud…

Car vous l’au­rez compris : qu’im­porte que votre inter­face sache travailler en 32 bits à 192 kHz, vous pouvez au quoti­dien vous conten­ter d’un bon vieux 44,1 en 24 bits, sachant que bien d’autres choses importent dans une inter­face audio, à commen­cer par ses perfor­mances.

Qu’est-ce qui fait la qualité sonore d’une inter­face audio ?

Comme nous l’avons vu, la qualité audio d’une inter­face va gran­de­ment dépendre de la qualité de ses conver­tis­seurs, même si sincè­re­ment, ces derniers ne sont plus tant aujour­d’hui un critère de choix.

En effet, si dans les années 2000, on pouvait encore distin­guer à l’oreille une inter­face grand public (type sound­blas­ter) d’une inter­face d’en­trée de gamme et d’une inter­face haut de gamme, ce n’est clai­re­ment plus le cas aujour­d’hui vu que les grands fabri­cants de conver­tis­seurs (ESS, AKM, Cirrus Logic pour n’en citer que trois) qui équipent la plupart des fabri­cants d’in­ter­face audio proposent tous désor­mais des circuits extrê­me­ment perfor­mants… Avec un appa­reil de mesure indus­triel, on peut bien sûr obser­ver des diffé­rences d’un modèle d’in­ter­face à une autre, mais pour ce qui est de les entendre, c’est une autre affaire. Pour tout dire, même les smart­phones disposent d’ailleurs de nos jours de conver­tis­seurs qui auraient fait rêver les ingés son il y a 40 ans de cela.

Si les conver­tis­seurs ne vont pas peser sur le son, du moins de manière audible, c’est plus du côté des préam­pli­fi­ca­teurs micro que vont aujour­d’hui se faire les diffé­rences. C’est en effet sur ce point qu’on observe les plus grandes dispa­ri­tés entre entrée de gamme et haut de gamme, et notam­ment sur le bruit rési­duel des préam­plis comme sur leur réserve de gain. On s’en rend compte dès qu’on doit utili­ser un micro­phone ayant un niveau de sortie parti­cu­liè­re­ment faible, comme le fameux SM7 de Shure. Sur une inter­face d’en­trée de gamme, il faut parfois aller au bout de la plage de gain du préam­pli pour dispo­ser d’un signal exploi­table, ce qui a pour effet de faire remon­ter le bruit rési­duel du préam­pli. En regard de cela, les inter­faces haut de gamme disposent de bien meilleurs préam­plis, avec une réserve de gain plus consé­quente, ce qui se traduit par une bien meilleure qualité audio à l’ar­ri­vée.

Rela­ti­vi­sons toute­fois cet avan­tage qui ne devrait être que de courte durée car le retour en force du SM-7 via le grand usage qu’en font les podcas­ters et autres youtu­beurs a poussé tous les construc­teurs d’in­ter­faces à amélio­rer leurs préam­plis et l’on commence à voir des choses très correctes sur certains modèles d’en­trée de gamme…

Au-delà de cela, signa­lons que la façon dont est construite l’in­ter­face comme la qualité de ses diffé­rents compo­sants joue sur sa qualité audio, mais dans une propor­tion qui nous a obli­gés, il y a déjà des années de cela, à nous équi­per d’un rack de mesure pour pouvoir appré­cier ces diffé­rences qui ne sont pas audibles : il n’y a rien d’évident en effet à entendre un taux de distor­sion harmo­nique de –100 dB (@ 1 kHz), et à l’ap­pré­cier en regard d’un autre taux de –99 dB (@ 1 kHz)…

Bref, vous l’au­rez compris : ce n’est pas tant du strict point de vue de la qualité audio que va se jouer votre choix, mais sur d’autres aspects, à commen­cer par la perfor­mance en termes de latence.

Latence et pilote de l’in­ter­face audio

La latence, c’est le temps qui s’écoule entre une action et le résul­tat de cette action. Imagi­nez que vous enre­gis­trez une voix avec votre inter­face : entre le moment où vous allez chan­ter dans le micro et le moment où votre voix trai­tée par l’or­di­na­teur avec une réverbe va vous reve­nir dans le casque, il va se passer un frag­ment de temps néces­saire aux calculs de la conver­sion AN, de l’ap­pli­ca­tion de l’ef­fet et de la conver­sion NA. Or, ce laps de temps peut être plus ou moins incom­mo­dant lorsqu’on fait de la musique : à quelques centaines de milli­se­condes, il rend tout enre­gis­tre­ment très compliqué. À quelques dizaines, il devient gérable. À moins de 10, il devient négli­geable.

Or, sur ce point précis, tous les fabri­cants ne font pas jeu égal, certains étant clai­re­ment meilleurs que d’autres, parce que leur inter­face est mieux conçue maté­riel­le­ment, mais aussi parce que son pilote logi­ciel est mieux opti­misé.

Appelé Driver par les anglo­phones, le pilote est un petit logi­ciel qui permet d’ac­cé­der à la confi­gu­ra­tion de l’in­ter­face, qu’il s’agisse de régler son buffer pour réduire sa latence (voir cette vidéo sur le sujet) ou encore d’ac­cé­der à ses fonc­tions diverses et variées : niveau des entrées ou sorties, acti­va­tion des alimen­ta­tions fantômes ou encore routing.

Le routing ? C’est la capa­cité de l’in­ter­face à redi­ri­ger certains flux audio vers certains autres par commo­dité. Sur certaines inter­faces, on peut ainsi défi­nir quel canal va être routé dans quelle sortie casque, par exemple. Et sur certaines, on peut même appliquer des effets au niveau de l’in­ter­face, par le biais de DSP dédiés. Le gros avan­tage de cela, c’est que ces effets ne dépendent pas de l’or­di­na­teur et ne produisent donc pas de latence. D’autres inter­faces encore permettent de faire du loop­bacl, c’est à dire de réinjec­ter le signal qui sort de l’in­ter­face en entrée, ce qui s’avère très pratique quand on enre­gistre une émis­sion de type podcast/radio ou que l’on fait un didac­ti­ciel…

rme-audio-totalmix-fx-app-180223Bien évidem­ment, les fonc­tion­na­li­tés offertes par l’in­ter­face et son pilote peuvent avoir leur impor­tance dans votre choix, surtout si vous dési­rez réali­ser des confi­gu­ra­tions d’en­re­gis­tre­ment un brin sophis­tiqué (gérer plusieurs retours casques par exemple, avec des mixages diffé­rents pour chaque). Mais gardez à l’es­prit que plus une inter­face propose de possi­bi­li­tés de ce côté, plus sa confi­gu­ra­tion va être complexe. Si nous allons reve­nir sur ce détail, sachez aussi privi­lé­gier les inter­faces répu­tées pour leur stabi­lité.

Il n’y a rien de plus agaçant en effet que d’être en plein enre­gis­tre­ment et de voir son inter­face plan­ter pour quelque obscur motif. La meilleure inter­face audio de ce point de vue, c’est en effet celle qui saura le mieux se faire oublier…

Et pour ce faire, elle doit être stable et perfor­mante, bien sûr, mais aussi la plus en adéqua­tion possible avec vos besoins, comme la plus ergo­no­mique en regard de tout cela, ce que nous allons à présent évoquer.

Ergo­no­mie et adéqua­tion aux besoins d’une inter­face audio

On le comprend très bien : un menui­sier n’a pas besoin d’une tronçon­neuse pour scier une simple planche, mais d’une scie, sachant que la bonne préhen­sion du manche de cette dernière sera proba­ble­ment aussi impor­tante que l’af­fu­tage de la lame. Compre­nez par là qu’une inter­face audio est un outil, et que le meilleur outil, c’est celui qui est le plus dimen­sionné par rapport à vos besoins (pas la tronçon­neuse donc), comme le plus intui­tif pour vous, celui que vous trou­vez le plus ergo­no­mique (l’im­por­tance du manche).

Concer­nant l’er­go­no­mie, c’est évidem­ment une ques­tion de subjec­ti­vité même si la plupart des inter­faces reprennent les mêmes prin­cipes dans leur usage. Soyez donc atten­tifs aux détails : les connexions se font-elles toutes à l’ar­rière ou non ? Les vu-mètres vous semblent-ils assez lisibles et détaillés, les boutons assez gros et espa­cés pour vos doigts ? L’in­ter­face du driver vous parait-elle intui­tive ? Permet-il de sauve­gar­der et donc rappe­ler des confi­gu­ra­tions ? L’in­ter­face est-elle stable sur votre bureau ou glisse-t-elle ?

Bref, une foule de petites choses peut faire la diffé­rence, tout comme certaines fonc­tion­na­li­tés qui simpli­fient l’usage au quoti­dien : sur la Scar­lett de Focus­rite ou les Connect de Lewitt, on dispose d’un système pour régler le gain auto­ma­tique­ment tandis que le 32 bits de Zoom rend ce détail super­flu, sur l’Au­dient ID comme sur les Connect de Lewitt, on peut assi­gner des contrôles physiques à un para­mètre de son choix, sur l’Au­dio­fuse d’Ar­tu­ria, on dispose d’un Hub USB qui permet de simpli­fier la connexions de contrô­leurs externes, sur les modèles d’iCon­nec­ti­vity, on peut gérer les flux prove­nant d’iPhones ou d’iPads… Bref, le Diable comme le Bon Dieu sont dans ces petits détails, même s’il faut bien se garder de la course au surar­me­ment pour se concen­trer sur vos vrais besoins.

À l’heure du choix, il est très impor­tant en effet que vous ne pensiez pas naïve­ment au « qui peut le plus peut le moins » car si vous n’avez pas l’uti­lité de la plupart des fonc­tion­na­li­tés de votre inter­face, vous ne ferez que vous compliquer la vie au quoti­dien et cela sera préju­di­ciable à votre produc­ti­vité.

Vous êtes DJ ou produc­teur de musique élec­tro­nique instru­men­tale ? Vous n’avez sans doute pas besoin d’une entrée micro. Vous êtes song­wri­ter qui souhai­tez enre­gis­trer votre voix et votre guitare ? Inutile de vous encom­brer d’une inter­face propo­sant 16 entrées et 16 sorties « au cas où » vous en auriez besoin un jour… Dans les faits, non seule­ment vous perdrez de l’ar­gent à inves­tir dans un outil qui ne vous sert pas pour l’es­sen­tiel, et qui sera peut-être dépassé le jour où vous en aurez enfin besoin, mais vous alour­di­rez votre produc­ti­vité au grand dam de votre libido artis­tique, parfois même dans des propen­sions qui vous décou­ra­ge­rons dans votre pratique. Une « grosse » inter­face audio, outre son prix, outre la place qu’elle prend, c’est en effet aussi un driver propo­sant beau­coup trop d’op­tions, de tranches, etc. Simpli­fiez-vous la vie, sachant que si vous deviez un jour évoluer vers des projets plus ambi­tieux, il sera toujours possible d’ache­ter une inter­face plus consé­quente.

Du coup, on en revient à l’étape la plus impor­tante pour faire le bon choix : préci­ser au mieux vos besoins. Et j’in­siste, quitte à être lourd : vos besoins réels, pas vos besoins hypo­thé­tiques.

Comment défi­nir vos besoins pour trou­ver la bonne inter­face audio ?

Comme nous l’avons vu, on désigne souvent l’in­ter­face par son nombre d’en­trées et de sorties audio, sachant que si, comme la plupart des utili­sa­teurs, vos sorties audio ne servi­ront qu’à connec­ter un casque et une paire d’en­ceintes, ce sont vos besoins en entrées qui seront les plus discri­mi­nants.

Les ques­tions à vous poser sont alors simples : en fonc­tion de la musique que vous souhai­tez produire comme du maté­riel dont vous dispo­sez, qu’en­vi­sa­gez-vous de connec­ter à votre inter­face pour réali­ser un enre­gis­tre­ment simul­tané ? Plusieurs claviers, plusieurs guitares, plusieurs micros, rien de tout cela ? Essayez d’es­ti­mer tout cela au mieux, sans prendre de marge de sécu­rité : inutile de vous dire que huit entrées préam­pli­fiées seront mieux si vous êtes seul à faire de la musique et ne dispo­sez que de deux micros en plus de vos instru­ments.

Esti­mez aussi vos besoins du côté du MIDI : sachant que nombre de contrô­leurs disposent de connec­teurs USB de nos jours, avez-vous besoin de connec­ter des instru­ments élec­tro­niques utili­sant cette norme ?

Passons ensuite aux entrées numé­riques : quels sont vos besoins sur ce point ? Dispo­sez-vous d’ins­tru­ments ou d’équi­pe­ment suscep­tibles de rentrer en numé­rique dans votre inter­face ?

En répon­dant à toutes ces ques­tions, vous devriez déjà y voir plus clair, sachant que le contexte d’uti­li­sa­tion peut aussi avoir son impor­tance : comp­tez-vous vous dépla­cer avec votre inter­face ou va-t-elle rester à demeure dans votre home studio ?

En procé­dant de la sorte, vous devriez déjà parve­nir à une short­list, sachant que vous pour­rez ensuite dépar­ta­ger les préten­dantes en fonc­tions de plusieurs critères :

  • L’er­go­no­mie de l’in­ter­face, tant du point de vue maté­riel que logi­ciel, comme nous l’avons précé­dem­ment évoquée et dont vous pouvez juger au travers des tests, photos et vidéos dispo­nibles sur le web, voire en consul­tant le manuel télé­char­geable sur le site de l’édi­teur
  • La compo­si­tion du bundle logi­ciel fourni avec l’in­ter­face et qui peut être inté­res­sant si vous débu­tez et souhai­tez acqué­rir tel ou tel logi­ciel pour vous mettre le pied à l’étrier. 
  • Ce que vous pouvez lire dans les tests, les avis utili­sa­teurs, les forums et les réseaux sociaux sur la fiabi­lité de tel ou tel modèle et le sérieux du support de son construc­teur.
  • La qualité des préam­plis micros, et notam­ment leur réserve de gain, si vous en avez besoin, sachant que 60 dB est un mini­mum pour utili­ser des micros à faible niveau de sortie comme un SM7…

Notez enfin qu’en regard d’un usage parti­cu­lier, vous pouvez être sensible à certaines origi­na­li­tés propo­sées par une inter­face en regard des autres :

  • privi­lé­gier une inter­face inté­grant des DSP comme les Apollo d’Uni­ver­sal Audio ou les inter­faces d’Ante­lope
  • privi­lé­gier une inter­face offrant des capa­ci­tés de ream­ping comme l’AXE I/O d’IK Multi­me­dia
  • privi­lé­gier une inter­face spécia­li­sée dans la gestion d’un hub MIDI complexe comme le propose iCon­nec­ti­vity
  • privi­lé­gier une inter­face équipé de connec­teurs CV/Gate comme la Bitwig Connect 4/12
  • privi­lé­gier une inter­face propo­sant un préam­pli photo comme l’ART USB Phono Plus
  • privi­lé­gier une inter­face ultra­por­table fonc­tion­nant sur piles comme l’IK Multi­me­dia iRig Pro I/O
  • privi­lé­gier l’in­ter­face embarquée dans un contrô­leur, un instru­ment, un enre­gis­treur ou une table numé­rique, comme on en trouve chez Able­ton, Tascam, PreSo­nus/Fender, Zoom, etc.

Bref, la variété ne manque pas pour s’adap­ter à tous les besoins et tous les contextes, sachant que vous êtes vive­ment invité à ne pas céder à la tenta­tion du gadget dont vous n’au­rez pas l’uti­li­té…

Reste à présent à parler d’achat à propre­ment parler, ce qui commence par arrê­ter un budget.

Quel prix mettre dans une inter­face audio ?

Comme dans tous les domaines de l’au­dio, il n’y a pas de miracle et on observe une forme de cohé­rence entre le prix des inter­faces et leurs perfor­mances comme leur fiabi­lité. Le mieux, c’est donc souvent le plus cher, ce qui ne veut pas dire que ce qui est abor­dable est sans valeur, loin de là.

En effet, si le haut de gamme demeure assez stable, c’est surtout l’en­trée de gamme qui a fait de grands progrès au cours des dernières décen­nies, les inter­faces les moins chères étant toujours plus perfor­mantes au niveau des conver­tis­seurs comme des préam­plis, tandis que les construc­teurs jouissent pour la plupart de suffi­sam­ment d’ex­pé­rience pour propo­ser des pilotes fiables.

Ça ne veut pas dire qu’une Scar­lett de Focus­rite riva­lise avec une RME, mais que l’écart entre la petite rouge et la grande bleue s’est consi­dé­ra­ble­ment réduit avec le temps. Qu’en déduire en termes de budget ? Qu’une fois vos besoins défi­nis, vous n’êtes plus obligé de vous saigner pour acqué­rir une inter­face digne de ce nom… 

Et c’est d’au­tant plus impor­tant que si la qualité de votre inter­face ne doit pas être lais­sée au hasard, elle n’a rien d’une prio­rité en regard de la qualité de votre système d’écoute : le trai­te­ment de votre pièce ainsi que la qualité de votre casque et de vos moni­teurs de studio doivent rester vos premières obses­sions car ce ne sont pas vos conver­tis­seurs ou vos préam­plis qui pèse­ront le plus sur la qualité de vos produc­tions. Soyez donc cohé­rent à l’heure d’in­ves­tir et sachez ne pas casser la tire­lire plus que de raison pour cet élément.

Assu­rez-vous ddonc e dispo­ser des entrées et sorties néces­saires à votre usage, de dispo­ser de préam­plis micros de qualité si la prise de son entre dans vos ambi­tions, et faites au mieux pour votre budget, sachant que sur les inter­faces les plus simples en termes de fonc­tion­na­li­tés (une ou deux entrées, deux sorties), on trouve des choses déjà très correctes aux alen­tours de 200 euros, qui se trans­for­me­ront en quelques centaines d’eu­ros au gré des fonc­tion­na­li­tés supplé­men­taires que vous pour­riez dési­rer.

Où ache­ter une inter­face audio ?

Préci­sons d’abord que rien ne s’op­pose à ce que vous ache­tiez votre inter­face d’oc­ca­sion pour peu que vous consul­tiez ce guide qui vous en dira plus sur le sujet.

Quant à l’achat neuf, il se fera indif­fé­rem­ment en ligne ou en maga­sin, sachant que vous ne pour­rez très proba­ble­ment pas essayer le modèle qui vous inté­resse en boutique, ou du moins l’es­sayer sur une durée qui soit probante. L’avis du vendeur peut toute­fois vous éclai­rer dans le sillage de cet article comme de vos lectures sur le sujet…

Quelques sugges­tions d’in­ter­faces audio

Vous l’au­rez compris : entre votre budget et votre besoin, il est bien dur de vous renvoyer avec certi­tude vers tel ou tel modèle.

Souli­gnons juste que du côté du haut de gamme, RME demeure aux côtés de Metric Halo, Lynx, Merging et Prism (signant aussi les inter­faces Neumann) le cham­pion de la longé­vité : compre­nez par là que les perfor­mances comme le suivi des produits sont exem­plaires, de sorte que les inter­faces de ces construc­teurs traversent les décen­nies, ce qui n’est pas banal dans le milieu si bouillon­nant de l’in­for­ma­tique.

On dira aussi le plus grand bien d’Uni­ver­sal Audio, MOTU, Ante­lope et Apogee dont les cata­logues de produits s’étendent aussi au milieu de gamme.

Enfin, en entrée et milieu de gamme, on n’hé­si­tera pas à aller voir du côté de Focus­rite, Audient, Lewitt, Artu­ria, Stein­berg ou SSL…

Conclu­sion

Pour peu que vous ne cédiez pas aux sirènes marke­ting d’une marque mécon­nue, il y a peu de mauvaises surprises à attendre de l’achat d’une inter­face audio, tant que vous prenez bien la peine de vous équi­per de celle qui convient à vos besoins. En regard d’un haut de gamme forcé­ment plus onéreux, l’en­trée de gamme n’a en effet rien d’un bas de gamme et permet sans problème de faire ses premières armes dans la MAO. De quoi se lancer sans crainte !

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