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Plus haut l’analo !
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Award Valeur sûre 2018
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Présentée au NAMM 2018, la série Prologue constitue le nouveau fleuron de la marque en matière de synthés analogiques polyphoniques, avec des fonctionnalités évolutives additionnelles. Nous en avons testé un en avant-première…

Test du Prologue de Korg : Plus haut l’analo !

La synthèse analo­gique ne cesse de se démo­cra­ti­ser. Il faut dire que c’est l’un des rares domaines où le logi­ciel ne peut, tech­nique­ment parlant, pas riva­li­ser. La concur­rence maté­riel/logi­ciel est moindre qu’avec des synthés numé­riques, où cela se passe entre zéros et uns. Pas éton­nant que l’offre de produits neufs soit aujour­d’hui aussi impor­tante et extrême, du micro­mo­dule mono­dique à vingt euros à la station spatiale poly­pho­nique à 20 000 Euros. Le marché est égale­ment varié en matière de construc­teurs : des célèbres marques améri­caines ou japo­naises aux fabri­cants de kits DYI les plus under­ground, sans oublier les euro­péens, avec une offre aussi origi­nale qu’éclec­tique. Bref, il y a de quoi se réjouir quand on est un tant soit peu sensible à tout ce qui se contrôle en tension. Il y a deux an, Korg nous avait surpris avec le Mini­logue, un synthé analo­gique poly­pho­nique très démo­cra­tique ; un an plus tard, c’était au tour de son petit frère, le Mono­logue, de faire son entrée, avec un tarif encore plus serré. Juste avant le NAMM 2018, le construc­teur vient de présen­ter la série Prologue, deux nouveaux synthés poly­pho­niques analo­giques dotés de possi­bi­li­tés d’ex­ten­sions fonc­tion­nelles origi­nales. Il y a un mois, nous avons reçu l’un de deux premiers modèles arri­vés en France, pour prépa­rer ce test exclu­sif… 

Préface

La série Prologue est consti­tuée de deux modèles : 49 touches / 8 voix (Prologue-8, celui testé) et 61 touches / 16 voix (Prologue-16, le grand frère). Le Prologue-16 est donc le troi­sième synthé analo­gique de l’his­toire, après l’Andro­meda et le Prophet Rev2–16, à propo­ser seize voix de poly­pho­nie. Il béné­fice aussi de quelques commandes directes supplé­men­taires, notam­ment pour sélec­tion­ner, mélan­ger et éditer les couches sonores, ce qui le rend plus pratique. 

Korg Prologue-8 : Prologue 2tof 01

Sur le Prologue-8, il faut passer par le menu, moins immé­diat mais pas catas­tro­phique. Autre diffé­rence, seul le Prologue-16 possède un compres­seur/boos­ter de basses analo­gique : bien dommage pour le Prologue-8, cela vient en partie expliquer la diffé­rence de tarif. Toutes les autres carac­té­ris­tiques sont communes aux deux modèles. À commen­cer par l’ex­cel­lente qualité de construc­tion, made in Japan, comme tous les claviers haut de gamme du construc­teur : coque tout en alu, flancs en chêne, poten­tio­mètres hyper-résis­tants, assem­blages milli­mé­trés. Excellent ! Le choix de l’alu ainsi que la posi­tion des molettes et des touches de trans­po­si­tion au-dessus du clavier permettent un poids et une taille raison­nables : 7,5 kg / 71 cm pour le Prologue-8 et 9,1 kg / 87 cm pour le Prologue-16. Idéal pour les musi­ciens itiné­rants ! Côté design, le Prologue est très classe : façade galbée peinte, flancs profi­lés vernis, séri­gra­phie blanche sur fond noir…

Le synthé fait la part belle aux commandes directes, ce qui lui assure une ergo­no­mie exem­plaire : trente poten­tio­mètres (trente-trois pour le Prologue-16), deux enco­deurs cran­tés, seize sélec­teurs à bascule (dix-neuf pour le Prologue-16) et dix-neuf boutons carrés (vingt pour le Prologue-16). Les quelques menus sont acces­sibles avec huit touches (mode Edit), chacune appe­lant diffé­rentes pages de manière cyclique. Ils permettent d’ac­cé­der aux réglages addi­tion­nels du programme (caté­go­rie, nom, combi­nai­son des deux couches sonores, assi­gna­tion de la molette, assi­gna­tion de la pédale conti­nue, réglages du pitch bend, modes/cibles du LFO, réponses en vélo­cité des VCF et VCA, assi­gna­tion de l’ar­pé­gia­teur aux deux couches sonores, modes legato/porta­mento, élar­gis­se­ment stéréo des voix, volume programme, routage des deux couches sonores vers les effets…), aux fonc­tions (initia­li­sa­tion du son, dump programme/total) et aux réglages globaux (accor­dage, trans­po­si­tion, courbe de vélo­cité, mode de réponse des commandes saut/seuil/rela­tif, divi­sion tempo­relle de la synchro en entrée/sortie, pola­rité de synchro en entrée/sortie, canaux/filtres MIDI pour chaque couche sonore, routage MIDI/USB, brillance de l’écran OLED…). Ce dernier permet de visua­li­ser le nom des para­mètres et leur valeur sous tous les angles ; il affiche égale­ment la forme d’onde géné­rée en temps réel (oscil­lo­scope), très didac­tique. Un autre écran de six diodes et sept segments situé sur la gauche affiche le type d’os­cil­la­teur de la section Multi oscil­la­teurs, sur laquelle nous revien­drons en détail.

Korg Prologue-8 : Prologue 2tof 12

La sélec­tion des programmes se fait via la rangée de huit touches et l’en­co­deur, avec sélec­tion par numéro, caté­go­rie, ordre alpha­bé­tique, préfé­rence, fréquence, profil d’en­ve­loppes (origi­nal !), aléa­toire ou enchaî­ne­ment de scènes (Live Mode). Une touche Shift permet d’ap­pe­ler des fonc­tions secon­daires (Auto­tune, raccour­cis clavier, para­mètres de synthèse supplé­men­taires) ; lorsqu’on la main­tient appuyée, un mini-menu affiche la liste des fonc­tions secon­daires, bien vu ! De même, on accède direc­te­ment aux modes de réglage des voix et aux réglages de l’ar­pé­gia­teur (nous en repar­le­rons). Si la fonc­tion Load Panel est bien présente, nous n’avons par contre pas trouvé de fonc­tion Compare.

Le clavier est sensible à la vélo­cité, assi­gnable au VCF et au VCA ; c’est un modèle haut de gamme, fabriqué par Korg, de taille stan­dard, parfai­te­ment équi­li­bré, merci ! Un mot sur la connec­tique : prise casque sur jack de 6,35 mm TRS, sorties audio stéréo sur jacks de 6,35 mm asymé­triques, entrée/sortie synchro sur jacks de 3,5 mm pour l’ar­pé­gia­teur, entrée/sortie MIDI, entrées pour deux pédales sur jacks de 6,35 mm (main­tien et contrô­leur continu), prise USB (MIDI) et borne de trois broches pour cordon secteur (alimen­ta­tion interne auto­ma­tique, bravo !). Nous n’avons pas ouvert la bestiole, la tâche n’étant pas trivia­le… on aurait aimé voir les 11 000 compo­sants élec­tro­niques inté­grés dont fait état une note interne du fabri­cant… 

Le son

Korg Prologue-8 : Prologue 2tof 10

Le Prologue contient 500 programmes réins­crip­tibles dont un peu plus de 200 sont remplis d’usine. On les sélec­tionne par caté­go­rie (voir ci-avant) et via l’en­co­deur (la touche Shift ne permet pas d’ac­cé­lé­rer le mouve­ment, dommage). À la carte, tout ce que l’on peut attendre d’un synthé analo­gique poly­pho­nique : cordes, cuivres, nappes, basses, leads, effets spéciaux, percus­sions… mais le Prologue va bien au-delà. On trouve en effet des sons hybrides, des textures FM, des pseudo-tables d’ondes. Sans dévoi­ler la suite, tout cela est possible grâce aux VCO à ondes variables et à un troi­sième oscil­la­teur numé­rique inédit capable de produire diffé­rents types de synthèse, dont la distor­sion de phase (FM). Du coup, la pano­plie sonore est très large, proche de ce qu’on trouve sur les synthés hybrides, genre Prophet-12, Modal 002 ou Peak. La diffé­rence ici, c’est la préser­va­tion de la chaleur et du gras de la partie pure­ment analo­gique, puisque le Prologue est capable de produire un signal 100% analo­gique si on le souhaite. Le niveau de sortie est assez élevé et on ne remarque aucun bruit de fond.

Les basses peuvent peser lourd (d’au­tant plus en mode sub-oscil­la­teur), les ensembles ont une pointe d’in­sta­bi­lité percep­tible entre chaque voix, tant appré­ciée en synthèse analo­gique. Le filtre a une belle couleur à deux pôles, qui permet des sons brillants et soyeux, dans le bon sens du terme. On lui trouve un côté Oberheim sur certains sons carac­té­ris­tiques (cordes cuivrées). Avec le Drive inté­gré, il est aussi capable de produire des textures plus actuelles. 

Korg Prologue-8 : Prologue 2tof 04

Les enve­loppes sont suffi­sam­ment rapides pour claquer, mais on peut se débar­ras­ser du clic en les ralen­tis­sant pour créer des sons doux. De même, le LFO est capable d’os­cil­ler jusque dans l’au­dio grâce à son mode rapide, ce qui ajoute des harmo­niques supplé­men­taires ; l’autre moyen d’en ajou­ter est d’uti­li­ser les nombreuses inter­mo­du­la­tions des VCO (anneau, synchro, cross…). Qualité héri­tée du Mini­logue, la plupart des commandes conti­nues travaillent sur 1 024 valeurs, ce qui permet une réponse parfai­te­ment lisse. Leur auto­ma­tion est possible via CC MIDI, mais cette fois sur 128 valeurs, forcé­ment moins précis. Certains modes de voix permettent d’épais­sir le son (double­ment poly­pho­nique, empi­lage désac­cordé), au prix d’une poly­pho­nie réduite. On appré­cie égale­ment la possi­bi­lité de répar­tir les voix dans le champ stéréo. Enfin, on salue la possi­bi­lité de mélan­ger deux sons indé­pen­dants dans chaque programme, puis de les empi­ler ou les répar­tir sur le clavier, en split strict ou avec cross­fade. Termi­nons sur le grain, clai­re­ment plus chaud et épais que sur le Mini­logue, bien que la machine soit tout à fait capable de sono­ri­tés agres­sives.

Prologue 1audio 01 Brass1
00:0000:27
  • Prologue 1audio 01 Brass1 00:27
  • Prologue 1audio 02 Pad1 00:39
  • Prologue 1audio 03 Pad2 00:40
  • Prologue 1audio 04 Bass1 00:23
  • Prologue 1audio 05 Lead1 00:22
  • Prologue 1audio 06 Air 00:22
  • Prologue 1audio 07 Flux 00:11
  • Prologue 1audio 08 Brass2 00:17
  • Prologue 1audio 09 Hard­sync 00:33
  • Prologue 1audio 10 Hybrid 00:39
  • Prologue 1audio 11 Brass3 00:23
  • Prologue 1audio 12 Bass2 00:22
  • Prologue 1audio 13 Creep 00:23
  • Prologue 1audio 14 Xfade 00:23
  • Prologue 1audio 15 Stabs 00:30
  • Prologue 1audio 16 Lead2 00:21
  • Prologue 1audio 17 Brass4 00:20
  • Prologue 1audio 18 Pad3 00:34
  • Prologue 1audio 19 Pad4 00:27
  • Prologue 1audio 20 Clav 00:32

La synthèse

À l’al­lu­mage, il faut une ving­taine de secondes pour accor­der le Prologue, bien­ve­nue dans le monde des VCO ! Nous avons vu que la série compre­nait deux modèles, poly­pho­niques de huit ou seize voix. Nous revien­drons plus tard sur leur bitim­bra­lité. Chaque voix est consti­tuée de deux véri­tables VCO, un oscil­la­teur numé­rique multi-synthèse, un mélan­geur, un VCF, un VCA, deux enve­loppes et un LFO. Iden­tiques, les deux VCO sont accor­dables sur quatre octaves, par octave et sur plus ou moins une octave supplé­men­taire, par demi-ton ou fine­ment (avec la touche Shift). Ils disposent chacun de trois ondes (dent de scie, triangle et impul­sion) conti­nuel­le­ment variables grâce au para­mètre Shape. Ils peuvent inter­agir de diffé­rentes manières : synchro ou modu­la­tion en anneau (sélec­teur avec exclu­sion) et cross-modu­la­tion (modu­la­tion de fréquence dosable par un poten­tio­mètre dédié). 

 

Le pitch des deux VCO ou du VCO 2 est modu­lable par une enve­loppe, avec quan­tité bipo­laire. Très origi­nal, le troi­sième oscil­la­teur, cette fois numé­rique, est capable de géné­rer diffé­rentes couleurs de bruits (quatre), de la distor­sion de phase (VPM type Casio CZ avec seize types d’ondes) et des varia­tions d’os­cil­la­teurs à défi­nir par l’uti­li­sa­teur (seize empla­ce­ments, voir enca­dré). Le para­mètre Shape permet de faire varier la couleur des diffé­rents bruits ou la distor­sion de phase (FM) des ondes VPM. Dans ce dernier mode, on dispose d’une enve­loppe AD supplé­men­taire (acces­sible via le menu) assi­gnée à l’onde de modu­la­tion, ce qui permet de faire varier le contenu harmo­nique (tran­si­toires rapides ou évolu­tions lentes). Ce troi­sième oscil­la­teur peut contour­ner le filtre et ainsi conser­ver intact son contenu harmo­nique, en parti­cu­lier les hautes fréquences qu’il est capable de géné­rer pour tran­cher avec les oscil­la­teurs analo­giques, bien vu !

Korg Prologue-8 : Prologue 2tof 06

Les deux VCO (ou le VCO 1 et la modu­la­tion en anneau des deux VCO) et l’OSC 3 sont dosés fine­ment avec leurs poten­tio­mètres respec­tifs avant d’at­ter­rir dans le filtre passe-bas. Il s’agit d’un filtre de deux pôles très colo­rant, avec un beau grain, capable à la fois d’épais­seur et de moder­nité, grâce à l’in­ter­rup­teur Drive à trois posi­tions (0–50–100%). La fréquence de coupure est parfai­te­ment lisse grâce à l’ex­cel­lente réso­lu­tion des poten­tio­mètres (1 024 valeurs, rappe­lons-le). Pous­ser la réso­nance fait entrer le filtre en auto-oscil­la­tion, sans écra­ser le reste des fréquences encore présentes. Il génère alors une pure sinu­soï­dale, que l’on peut utili­ser comme géné­ra­teur sonore supplé­men­taire, pour simu­ler par exemple une percus­sion d’orgue sans sacri­fier d’os­cil­la­teur. Si on pousse la réso­nance à fond, l’onde sinu­soï­dale est conser­vée, sauf si on enclenche le Drive qui l’écrête natu­rel­le­ment. La fréquence de coupure est modu­lable par une enve­loppe ADSR (quan­tité bipo­laire), le suivi de clavier (0–50–100%) et la vélo­cité (0–127). 

Le signal passe enfin dans le VCA stéréo et son enve­loppe ADSR dédiée modu­lable par la vélo­cité (0–127). Le VCA du Mini­logue avait tendance à cliquer un peu trop, ce n’est pas le cas de celui du Prologue (il clique si on veut mais on peut créer des sons doux sans clic avec une attaque plus lente). En sortie, on trouve aussi un inter­rup­teur coupe-bas (HPF statique).

Korg Prologue-8 : Prologue 2tof 08

Côté modu­la­tions, il y a deux enve­loppes et un LFO. L’une est assi­gnée au VCA et l’autre peut modu­ler diffé­rentes desti­na­tions : VCF et VCO (VCO 1+2 ou VCO 2 seul) ; toutes les modu­la­tions sont bipo­laires. La seconde enve­loppe ne peut en revanche pas pilo­ter la fréquence ou l’in­ten­sité du LFO comme c’était le cas sur le Mono­logue. Le LFO offre trois formes d’onde basiques : dent de scie, triangle et carrée (mais où est le S&H ?). Il peut être assi­gné à diffé­rentes desti­na­tions, hélas par exclu­sion : Pitch (VCO 1+2 ou VCO 2), Shape ou VCF. La touche Shift permet d’in­ver­ser le signe de la modu­la­tion. Via le menu, on peut déci­der si le cycle du LFO est libre ou redé­clen­ché à chaque note (indé­pen­dant pour chaque voix ou unique pour toutes les voix). On peut synchro­ni­ser la vitesse du LFO à l’hor­loge, avec diffé­rentes signa­tures (de 4 temps à 1/64 de temps). La fréquence peut atteindre les niveaux audio (mode Fast non synchro­nisé). Les possi­bi­li­tés de modu­la­tion sont toute­fois globa­le­ment loin de ce qu’on trouve sur les synthés analo­giques poly­pho­niques à matrice de chez DSI.

Les voix et les couches

Le Prologue permet d’ar­ran­ger ses voix suivant quatre modes de jeu : poly­pho­nique, mono­dique, unis­son et accord. Un poten­tio­mètre Voice Mode Depth agit suivant le mode choisi : en Poly, il double les voix avec désac­cor­dage progres­sif (moyen­nant une réduc­tion de poly­pho­nie de moitié). En Mono, il ajoute un sub-oscil­la­teur à l’oc­tave infé­rieure, avec réglage de volume. En Unis­son, il règle le désac­cor­dage de toutes les voix empi­lées. Enfin en Chord, il sélec­tionne l’ac­cord parmi quatorze types de plus en plus élabo­rés : quinte, Sus2, mineur, majeur, Sus4, min7, 7, 7Sus4, Maj7, augmenté, dimi­nué, m7b5, mMaj7, Maj7b5.

Korg Prologue-8 : Prologue 2tof 09

Tout cela, c’était pour une couche sonore. La bonne nouvelle, c’est que chaque programme du Prologue en comprend toujours deux, parfai­te­ment iden­tiques, appe­lées Main et Sub. On peut acti­ver celle de son choix ou dispo­ser les deux en split (avec point program­mable), cross­fade (split avec passage progres­sif d’une couche à l’autre) ou layer (super­po­si­tion). Dans les modes Split et Cross­fade, on peut inter­ver­tir les sons gauche/droite ; il n’y a toute­fois pas d’al­lo­ca­tion dyna­mique des voix : c’est donc 4+4 ou 8+8 voix, suivant le modèle de Prologue. 

Le panneau avant permet d’édi­ter l’une des deux couches ou les deux en même temps, bien joué ! On peut aussi régler leur balance avec préci­sion. Le Prologue-16 dispose d’ailleurs de commandes supplé­men­taires en façade pour faire ces réglages (mode de jeu, édition, balance, inver­sion, solo) ; sur le Prologue-8, ces fonc­tions existent unique­ment via le menu. En MIDI, chaque couche sonore peut rece­voir sur son propre canal. 

Les arpèges et les effets

Korg Prologue-16 : prologue 16 VUMETER

Le Prologue intègre un arpé­gia­teur direc­te­ment acces­sible en façade. Il offre une fonc­tion Hold, un tempo ajus­table (avec fonc­tion Tap), une tessi­ture d’une à quatre octaves et six motifs : ordre joué, haut, bas, alterné, aléa­toire, aléa­toire poly­pho­nique. Ce dernier arpège tout en créant des accords aléa­toires produits parmi les notes jouées. On appré­cie ici que l’ar­pé­gia­teur soit séparé du mode de voix, ce qui permet de l’uti­li­ser en conjonc­tion avec les modes Mono, Unis­son et Accords, contrai­re­ment au Mini­logue qui impo­sait un choix par exclu­sion. Il n’y a qu’un seul arpège par programme, assi­gnable à l’une des deux couches sonores ou aux deux en même temps. Les réglages sont mémo­ri­sés dans chaque programme. Premier regret, les notes arpé­gées ne sont pas trans­mises vers l’ex­té­rieur. Second regret, il n’y a pas de séquen­ceur à mouve­ments comme sur les Mini­logue et Mono­logue, domma­ge…

Bien plus puis­sant que ses prédé­ces­seurs analo­giques, le Prologue offre un double effet numé­rique stéréo ; le premier effet est dédié aux sons d’en­semble : huit chorus, trois effets d’en­semble, huit phaser et huit flan­ger. On trouve des modé­li­sa­tions réus­sies de pédales analo­giques vintage (Small Stone, Black, Orange) ; on peut direc­te­ment en ajus­ter la vitesse et la profon­deur depuis la façade. Le second effet est dédié aux délais/réverbes : douze types de délais (mono, stéréo, ping-pong, passe-haut, bande, doublage, avec pour certains la possi­bi­lité de synchro­ni­ser le temps à l’hor­loge globale) et dix types de réverbes (espaces exté­rieurs, pièces, plaque et effets spéciaux). La qualité est très bonne mais les réglages limi­tés au temps et à la profon­deur d’ac­tion. Ces effets numé­riques peuvent être coupés pour préser­ver un signal 100% analo­gique. 

Enfin, le Prologue-16 est équipé d’un compres­seur / boos­ter de basses, avec son petit VU-mètre circu­laire à aiguille bien rétro, un poten­tio­mètre de gain et un inter­rup­teur d’ac­ti­va­tion. Nous n’avons hélas pas pu juger de la qualité de cet ajout, regret­tant qu’il ne soit pas inté­gré au Prologue-8.

Epilogue

Gâtés par la sortie de synthés analo­giques poly­pho­niques de toutes les couleurs sonores et visuelles, nous concluons une nouvelle fois ce test avec la banane. Le Prologue est de facture haut de gamme en conser­vant un tarif non prohi­bi­tif. Sa qualité de construc­tion en tout point exem­plaire, son grain, sa pano­plie sonore éten­due, sa poly­pho­nie (surtout la version de seize voix !), sa bitim­bra­lité, l’ou­ver­ture de sa synthèse, la flui­dité de ses para­mètres conti­nus, sa prise en main immé­diate et sa compa­cité en sont les atouts majeurs. Le construc­teur a égale­ment eu la bonne idée de le doter d’un clavier dyna­mique de qualité et d’une alimen­ta­tion interne univer­selle, ce qui le démarque tota­le­ment de ses prédé­ces­seurs. 

On regrette toute­fois la perte de l’ex­cellent séquen­ceur et de l’en­trée audio, tout comme l’ab­sence de sorties sépa­rées et de certaines fonc­tions d’er­go­no­mie. De même, ce n’est pas le plus souple au rayon modu­la­tions, l’ac­cent étant mis sur la spon­ta­néité. Ce qui en fait un produit idéal pour débu­ter dans l’ana­lo­gique ou se faire un complé­ment sonore facile à appri­voi­ser. Au final, Korg établit avec la série Prologue une nouvelle réfé­rence dans le monde de la synthèse analo­gique. Un Award Valeur Sûre Audio­fan­zine 2018 mérité !

Télé­char­gez les extraits sonores (format FLAC)

  • Korg Prologue-8 : Prologue 2tof 01
  • Korg Prologue-8 : Prologue 2tof 14
  • Korg Prologue-8 : Prologue 2tof 13
  • Korg Prologue-8 : Prologue 2tof 12
  • Korg Prologue-8 : Prologue 2tof 11
  • Korg Prologue-8 : Prologue 2tof 09
  • Korg Prologue-8 : Prologue 2tof 10
  • Korg Prologue-8 : Prologue 2tof 08
  • Korg Prologue-8 : Prologue 2tof 07
  • Korg Prologue-8 : Prologue 2tof 06
  • Korg Prologue-8 : Prologue 2tof 05
  • Korg Prologue-8 : Prologue 2tof 04
  • Korg Prologue-8 : Prologue 2tof 03
  • Korg Prologue-8 : Prologue 2tof 02
  • Korg Prologue-16 : prologue 16 VUMETER

 

9/10
Award Valeur sûre 2018
Points forts
  • Grande variété sonore
  • Polyphonie confortable et bitimbralité
  • VCO et DO à ondes variables modulables
  • Chargement d’oscillateurs utilisateur
  • Interactions des VCO
  • VCF passe-bas 2 pôles colorant
  • Enveloppes et LFO rapides
  • Arpégiateur intégré
  • Effets modélisés intégrés
  • 500 mémoires de programmes
  • Édition très fluide (1 024 valeurs)
  • CC MIDI sur toutes les commandes
  • Construction très soignée
  • Clavier dynamique de qualité
  • Alimentation interne
  • Prise en main immédiate
Points faibles
  • Une seule paire de sorties stéréo
  • Pas d’entrée audio
  • Notes arpégées non transmises à l’extérieur
  • Pas de LFO aléatoire ou S&H
  • Pas de step-séquenceur
  • Routages de modulations limités
  • Pas de fonctions Compare
Auteur de l'article synthwalker Passionné de synthés, concepteur produits et rédacteur presse

J'aime tous les synthés, avec une prédilection pour les polyphoniques vintage à mémoires, que j'empile avec délectation depuis quelques dizaines d'années. Vieux gourou chauve mais pas barbu, j'écris depuis un quart de siècle des articles techniques sur les synthés et j'ai contribué au développement de certains d'entre eux. Plusieurs centaines ont été publiés, dont une grande partie sur Audiofanzine. J'ai aussi contribué aux magazines PlayRecord, Musiciens, Recording Musicien, Musicsound et KR.


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