Music Man StingRay 4
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Music Man StingRay 4
teuzibon 08/08/2017

Music Man StingRay 4 : l'avis de teuzibon

« Funk Machine »
5

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Rapport qualité/prix : Excellent Cible : Tout public
Ma Stingray date de 1993. Elle est "transluscent blue", un fin vernis bleu transparent, au travers duquel on voit les veines du bois du corps. Pickguard blanc et micro noir.

Le corps est en frêne. Magnifique manche vissé en érable birdseye verni satiné, touche palissandre, 20 frettes. Le truss rod est réglable par un cabestan situé au pied du manche, accessible sans démontage: Léo Fender avait tiré les leçons de ses précédentes créations. Chevalet massif avec étouffoirs. La lutherie est de très grande qualité.

L'électronique est active: Préampli alimenté par une pile 9V, micro double bobinages, volume, boost de graves, boost d'aigus. Le niveau de sortie est sans surprise très élevé, certains amplis ont du mal à y faire face. L'accès à la pile demande de sortir le cruciforme, ce qui ne pose pas problème, car elle peut durer plus d'un an, même en jouant beaucoup. Elle est mise sous tension lorsqu'on branche le jack, il faut donc penser à le retirer systématiquement.

L'ergonomie générale est excellente: le corps de la Stingray est plus petit que celui d'une précision, son manche est aussi plus fin et plus étroit, très "facile" à jouer. La basse est légère et parfaitement équilibrée. On peut poser le pouce sur le micro pour le jeu aux doigts et aucun cache ne gêne le jeu au médiator ou en slap: on se sent très vite chez soi. L'action peut être réglée basse, et l'intonation ajustée parfaitement.

J'ai possédé un des premiers modèles de Stingray (une 1980), à touche érable. La lutherie générale et le boost des aigus favorisent déjà fortement la brillance, si on y ajoute une touche érable vernie, le son est trop claquant à mon goût. C'est pourquoi j'ai finalement opté pour une touche palissandre, qui amène un peu de rondeur, sans trop charger la mule en médiums. Le timbre n'est pas modifié fondamentalement, ça sonne toujours Stingray, mais un peu moins agressif et correspond mieux à ce que je cherche.

Une Stingray, c'est un grain très particulier, reconnaissable immédiatement. C'est d'abord une "funk machine": Cf Bernard Edwards avec Chic, Louis Johnson et le Brothers Johnson ou encore Flea et Red Hot. C'est aussi un outil pour le rock ou la pop, comme Tony Levin le prouve sur les premiers albums de Peter Gabriel. Cependant, elle n'est pas un modèle de polyvalence: en gros, elle n'a qu'un son, qu'on pourra modifier en boostant graves et / ou aigus, ou pas. Mais le timbre de base sera toujours présent. Personnellement, je ne suis pas un adepte du tout à fond, particulièrement avec les aigus, qui peuvent devenir agressifs.

La Stingray est bien mise en valeur par mon Bassman Silverface 100, mais elle s'accommode aussi d'amplis plus modernes. Sur un Eden Traveler 300, par exemple, c'est aussi très bien. Il faut juste que l'ampli ait les reins assez solides pour encaisser le punch de madame.

La Stingray marque une étape importante de l'histoire de la basse électrique. Lorsqu'elle est apparue, elle a été perçue comme une révolution: c'était la première basse active de grande série. Aujourd'hui, c'est un classique. J'aime son grain inimitable, sa facilité, sa lutherie parfaite, et son esprit "Precision sous stéroïdes". De plus, son tarif en occasion est très raisonnable eu égard à ses qualités. Merci Léo !




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