henrig 07/10/2020

SOMA laboratory LYRA-8 : l'avis de henrig

« L’aventure sonore »
5

  • J'aime
  • Tweet
  • Partager
  • Mail
Rapport qualité/prix : Correct Cible : Tout public
J’utilise cet instrument principalement chez moi pour improviser et trouver des idées de nouveaux morceaux ou créer des ambiances que je recycle ensuite. Je ne l’ai pas encore utilisé en public mais une ou deux fois en répétition dans le cadre d’un projet basé sur l’improvisation libre.
J’ai eu l’occasion de brièvement le voir et l'essayer chez un spécialiste des synthétiseurs analogiques qui m’avait remis en état mon vieux MS 20, et je l’avais trouvé réellement original.
J’avais aussi été séduit par plusieurs vidéos YouTube. Lorsque j’ai vu passer une annonce pour un prix assez bas je n’ai pas hésité longtemps.

Il s’agit vraiment d’un instrument de musique à part et qui m’a permis de trouver du plaisir à en jouer dès l’allumage!
Évidemment il faut être prêt à ne pas pouvoir faire deux fois la même chose étant donné d’une part qu’il est quasiment impossible de trouver deux fois les mêmes réglages et que d’autre part on peut pas s’empêcher de s’aventurer dans des directions que l’on avait pas du tout prévues. Mais c’est justement cela qui fait l’intérêt et le charme de cet instrument: il sert à se laisser emporter et stimule la créativité.
Il s’adresse donc principalement aux musiciens improvisateurs ou alors il permet de créer des drones relativement imprévisibles servant de support à des morceaux plus structurés, mais cela serait dommage de le réduire à cette utilisation.

La construction est très solide et la finition impeccable. Pas de problème d’ergonomie, c’est un instrument analogique un bouton = une fonction.

Sa sonorité a un côté assez organique ou sauvage,on est loin de la synthèse digitale ou même analogique « propre ». Le son peut réellement devenir complètement sauvage et distordu mais également planant et invitant à la méditation. Je m’en sers d’ailleurs parfois non pas pour réellement créer de la musique mais plutôt pour me balader dans des paysages sonores inattendus.

Plus prosaïquement il est constitué de huit oscillateurs analogiques à plage de fréquences très étendue, depuis des infrasons jusqu’à la limite de l’audible. La forme d’onde est modifiable par groupes de deux et passe du sinusoïdale à un genre d’onde carrée. Chaque oscillateur a son VCA qui est déclenché par des contacts sur lesquels on pose simplement son doigt. Il existe simplement deux types d’enveloppe une relativement courte et une assez longue. Étant donné que l’attaque n’est pas immédiate on module le volume du son d’un oscillateur en laissant son doigt posé plus ou moins longtemps. On règle la hauteur du son de chaque oscillateur par un potentiomètre dédié, il faut donc travailler à l’oreille; en effet la plage de réglage étant de plusieurs octaves on ne peut pas se baser sur des repères visuels. Je démarre souvent un morceau en accordant d’abord les oscillateurs sur la gamme du moment et ensuite, au cours du jeu, je change l'accordage à l’oreille.

Mais ce qui fait la spécificité de l’instrument c’est le fait que tous les oscillateurs peuvent s’inter-moduler plus ou moins violemment et de manière parfois totalement imprévisible. De plus le son passe ensuite dans un delay plutôt low-fi ainsi qu’une distorsion analogique qui permettent de modifier considérablement le résultat. Il y a également deux LFO qui peuvent s’inter-moduler et agir sur le delay et sur la modulation des oscillateurs.

On peut relier l’appareil au monde extérieur via une entrée de contrôle de la fréquence (CV) mais qui est loin d’être linéaire, les résultats sont donc encore une fois assez imprévisibles! Pas question donc de contrôler la fréquence à partir d’un séquenceur externe de manière classique. On peut également rentrer un signal audio dans le processeur d’effet analogique. La sortie est mono et on peut évidemment traiter ensuite le signal mais je me contente en général d’une reverbe vu la richesse du son qui sort de la machine.

En résumé il s’agit vraiment d’un instrument de musique, qu’il faut apprendre à maîtriser mais qui permet néanmoins de déjà voyager à la première utilisation. Surprenante découverte!