Mano solo " c'est pas du vol, c'est tout bonnement de la destruction sociale "
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Anonyme

>Date: Fri, 11 Mar 2005 12:54:55 -0000
>
>Avalanche de réponses à mon dernier mailing.
>"Mano, y'a dix ans tu nous disais de voler ton disque aujourd'hui tu râles
>qu'on telecharge. "
>Bin ouais, allez le voler! Vous voulez jouer les Robins des Bois. Allez le
>voler mon disque!... Mais dans un magasin. Là où le coût du vol est déjà
>pris en compte dans le prix affiché, volez-le chez celui qui gonfle la
>facture à son profit: le magasin.
>Je vous rappelle qu'une maison de disque vend son album moins de 10 euros.
>Ce que vous payez en plus sont les marges des distributeurs et diffuseurs
>et les taxes de l'état. Sur ces dix euros la maison de disque en reverse 8%
>(le minimum syndical de départ pour un jeune artiste, apres renégociation
>ça peut grimper) avec le reste la boite paye ses frais d'enregistrement, de
>repettes, son personnel, et paye la promo du disque (affiches, encarts
>presse, spots pub radios-télé, etc...), et doit aussi capitaliser pour
>pouvoir faire naître le Mano Solo de demain. Car évidement si Warner a pu
>produire mon disque c'est que d'autres en ont vendus avant moi. Quand vous
>volez un disque à la Fnac ou chez Carrefour vous spoliez uniquement leur
>benef à eux. Quand vous telechargez, c'est toute la chaîne de production
>qui va de l'artiste au revendeur que vous ruinez. Bizarrement quand
>Moulinex licencie vous hurlez tous a l'injustice sociale, mais des que le
>telechargeur le peut, il licencie a tour de bras. L'année dernière 30% du
>personnel de Warner s'est retrouvé à la rue. Alors quand les telechargeurs
>nous bidonnent de leurs théories gauchistes, je rigole doucement.
>Vous voulez voler? Volez vraiment, ce que vous faites avec votre ordi,
>c'est pas du vol, c'est tout bonnement de la destruction sociale. Du haut
>de votre souris vous êtes devenus les pires des patrons pourris. Les
>excuses récurrentes des pro-telech sur l'attitude des maisons de disques
>depuis vingt ans, comme le fait que le prix du disque soit resté le même en
>passant du vinyle au CD alors que le coût de fabrication se divisait par
>dix, sont légitimes, mais ces décisions ont-elles étés prises par les
>artistes? Ont-elles étés prises par le personnel? Evidement non. Ces
>décisions se prennent à haut niveau, chez les PDG et les actionnaires. Pour
>eux la donne est simple, vous telechargez, ils licencient. Ils font
>toujours le même profit mais le personnel et des dizaines d'artistes
>restent sur le carreau. Alors le petit amalgame facile qui arrange le
>telechargeur il coûte cher à bien des gens, pas plus riches que lui.
>Le telechargeur a aussi plein de gentils discours comme quoi les artistes
>devraient vivre de la scène. Comme par hasard, moi avant qu'une boite me
>sorte un disque, j'ai du faire au moins 3OO concerts sans toucher une tune.
>Comme par hasard la salle était toujours vide aux trois quart, bin ouais
>j'avais aucune promo... Demandez a un type dont le disque dur est rempli de
>mp3 quel est le dernier artiste inconnu qu'il a été découvrir dans une
>petite salle et vous rigolerez bien. Si on écoute le discours du
>telechargeur, il croit en la scène, en réalité il ne paye que pour voir des
>trucs ultra-connus. Si t'as pas un disque personne vient te voir, en tout
>cas certainement pas assez pour gagner ta vie et encore moins capitaliser
>pour te payer un enregistrement correct. Moi là, c'est certainement pas
>avec les maigres benefs des concerts que je vais pouvoir produire mon
>prochain album. En plus je vous parle même pas de tous ces gens pour qui le
>prix des places est trop cher, alors que si on compare avec un tarif
>horaire du monde du travail c'est dérisoire. Une femme de ménage touche 16
>euros de l'heure. Mon concert dure deux heures et il est rare que son prix
>atteigne 32 euros. Je vous demande donc moins qu'une femme de ménage tout
>en vous apportant mon talent, ma présence, des années de travail et les 25
>personnes que je salarie. De plus un artiste obligé de tourner en
>permanence pour gagner sa croûte, faudra m'expliquer quand est-il censé
>trouver le temps de créer quoi que ce soit de nouveau? Dans le bus?
>Alors qui demain remplacera les maisons de disques pour produire? Personne.
>Une boite de disque c'est pour UN artiste rentable, dix artistes qui ne
>rencontrent pas leur public mais qui coûtent autant. Le prix du disque
>c'est aussi et SURTOUT le prix de la diversité. Le net c'est l'anonymat
>pour tous. La preuve en est de ces milliers de gens qui croient que je suis
>l'auteur de la chanson "J'veux du soleil" du groupe Au Ptit Bonheur, tout
>ça parce que vous la trouvez sur tous les P-2-P signée Mano Solo par un
>étourdi...
>Sur un P-2-P on ne trouve que ce que l'on cherche, comment demain allez
>vous savoir quoi chercher?
>
>Alors j'en peux plus de tous ces courriers de gens qui réfléchissent à
>l'envers pour nous les artistes, juste pour leur petit confort. Vous payez
>vos clopes rubis sur l'ongle, un disque c'est deux ans de boulot, ça coûte
>le prix de 4 paquets de clopes et vous mesquinez comme des malades. Tout ça
>parce que vous avez un outil de facilité dans les mains.
>
>Beaucoup de gens s'étonnent de l' agressivité de mes mailings. Je suis bien
>obligé de faire des generalités, alors ca ne sert à rien de m'ecrire que
>vous n'êtes en rien ce que je dénonce.
swoonboy

Citation : 2. on se plain du manque a gagner a cause du p2p, et on se felicite des ventes de dvd qui sont hallucinante. et pourtant y'en a des films qui tournent la dessus.
je dis ca parce que la "chute" du cd a commencé avec l'avenement du DVD!
quand la K7 est arrivée on as entendu les meme discours, moin repandu il est vrai, l'information s'est enormement developpée depuis surtout depuis internet
quand la K7 video, ainsi que la télé est arrivée on a sonné le glas du cinema, avec des discours similaires.
bisnort

Citation : Decembre 2004 le label "machin" est en pleine restructuration car l'année a été difficile tant financièrement que humainement.
Nous avons du faire des choix dans nos productions et dans notre manière de travailler afin de ne pas disparaître, comme d'autre structures au cours de cette année.
Pourquoi en sommes nous arrivés là? des erreurs? un marché morrose? le piratage? si je tiens à vous parler de cette situation c'est pour vous expliquer brièvement comment fonctionne le marché du disque actuel afin de comprendre certains rouages.
L'activité principale du label "machin" est de produire des artistes. La question qui se pose dorénavant est de savoir si cela est encore possible. Le travail de producteur, à notre niveau, est un véritable sacerdoce et il devient de plus en plus difficile de prendre des risques. Car produire est un véritable investissement financier pesant lourdement sur la trésorerie d'un label, avec le risque de voir ce dernier disparaître s'il y a un échec en terme de vente.
A quoi correspond cet investissement? les postes clefs sont le salariat des artistes et des ingés son, les frais de location de studio, les frais de mastering, les frais de fabrication, les frais de promo et bien d'autres encore.
quand l'addition est faite, c'est plusieurs milliers d'€uros qui sont investits. Pendant les premières années du label, les productions du label "machin" ayant eu du succès permettaient de financer d'autres productions et de se lancer vers d'autres horizons. Le but étant d'obtenir un équilibre d'ensemble. D'où un catalogue riche et divers issu d'une volonté farouche de produire dans les meilleures conditions possibles..... ce n'est plus possible aujourd'hui, nous sommes obligés de faire du cas par cas et de voir si telle production est possible, réaliste ou non. Nous avons produits plusieurs artistes sans aucun retour sur investissement en terme de vente.
Désolé d'employer de tels termes qui peuvent heurter la sensibiliter de certain lecteurs mais autant appeler les choses par leurs noms, sans ambages.
L'artistique prime, aucun disque ne nous a déçu, chaque artiste ayant la totale liberté de création.
Nous ne sommes pas là pour influencer sur les titres à enregistrer. C'est une histoire de confiance. D'autant que ces productions ont été bien accueillies par la presse et assimilés. C'est déjà un premier succès. Mais pour le reste c'est une autre histoire.
Produire c'est donc prendre un risque mais ce risque est accentué par certain mécanismes
Nous ne sommes pas victimes du P2P (échange de fichiers sur internet, piratage??? ) comme aiment à se plaindre les majors du disque qui ont enfin trouvé un bouc-émissaire pour justifier leur manque de clairvoyance sur un marché en pleine mutation.
Bien au contraire, nous subissons au quotidien la politique de grande distribution gérée par ces majors et les grandes enseignes nationales. Le marché du disque se rétrécit, les labels indépendants ont de plus en plus de mal à distribuer de nouveaux artistes.
Pourquoi un grand magasin vendrait un disque d'un inconnu (potentiel de vente minime) alors qu'à la place il pourrait vendre un produit vu à la télé, et donc porteur avec de grosses marges. C'est la politique des centimètres carrés, un disque qui ne se vend pas est un disque de trop, autant en mettre un autre à la place, au détriment de l'indépendant.
En conclusion comment peut on developper un artiste s'il n'est pas distribué?
C'est ce qui arrive....
Si pendant des années un artiste peut se permettre de vivre au jour le jour, vient le moment où ça casse. Il faut bien vendre des disques pour que l'artiste puisse vivre de son métier, ainsi que son label. On parle de professionnalisation. Mais un disque coûte cher à l'achat, ce n'est pas à la portée de tout le monde d'en acheter plusieurs par mois.
Aujourd'hui on peut télécharger du son et s'éclater en gravant ses propres compils.
Que deviendras l'artiste? retour à l'usine !
et pourquoi ces disques sont-ils si chers?
Prenons le cas de notre label "machin" : nous chargeons notre distributeur de vendre en exclusivité (avec contrat à la clef, à lire dans les moindre détails sinon prévoir vaseline) nos disques aux grandes enseignes au prix de 10€ (prix de gros hors taxes). Vous retrouvez ensuite le cd en rayon à 16€ (incluant les 19,6% de tva).
Cela reste élevé (bien que nous ne soyons pas trop cher).
Pourquoi ne vend-t-on pas nos disques moins chers?
Simplement parceque le distributeur prend 40% (=4€) de commission sur le prix de vente.
il nous reste 6€, auquel il faut enlever quelques frais directs comme la fabrication (1€ pour un digipak), les royalties destinés aux artistes (1€ ou 10%du Prix Global Hors Taxe), et les droits prélevés par la SRDM et reversé aux artistes, moins les frais de fonctionnement évidemment).
en résumé il reste au label 3€ sur un disque acheté 16€ à la FNAC, avec lesquels nous devons payer les frais de production de l'album (salariat, loc des studios, frais de déplacement, hébergement....) et les frais de promotion (affiches, encarts, pub, flyers....)
Ainsi il faut arriver à vendre 10 000 disques pour une production coutant 30 000 €, coût moyen pour un disque chez notre label "machin".
Seuls 2 artistes ont franchi les 5 000 ventes, d'où des pertes sèches conséquentes pour le label.
Nous aurions pu travailler autrement et surtout pour un moindre coût mais telles n'étaient pas les velléités du label. Bien au contraire il est important que les artistes et les techniciens les accompagnant puissent vivre de leur métier (et donc de leur passion) en accédant au statut de l'intermittence.
Chose faite, à nous de pérenniser le label pour continuer notre action.
Bon vu déjà la longueur je passe les idées du label pour réduire les coûts bien que cela soit interressant.
Si ça vous dit je vous balancerai ça plus tard.
Enfin voilà, pas évident d'avoir des disques moins chers........
gamin92

Bon et puis j'aurais pleins de trucs à dire mais jferais ça demain, trop la flemme
Waldorf Blofeld
Numark TTX w/ Vestax PMC-05 ProII
Home made PC w/ Sonar 8.5, Reason 4, VST's
Vinyls...
Anonyme

Citation : Je le dirait jamais assez le decalage cd dvd est halucinant quelque part
ah c'est clair! j'ai eu un énorme dvd/compil ninja tune à 13€. Au même moment, 3 rayons plus loin, tous les cds du label étaient à 20€
à part ça ils se foutent pas du tout de notre gueule
BertiB

tout dans leur poche en marge supplémentaire.... c'est beau le sens artistique
2/ J'avais plus de K7 copiées que de CD gravés... c'est pas parceq ue c'est numérique que c'est plus répendu
3/ Pour les DVD les prix ont été cassés pour favoriser l'accés à ce nouveau média tres rapidement (pousser à la consommation quoi...) pour le CD le marché est saturé
4/ Plus les majors font les malheureuses et moins les gens ont de scrupule à les... rouler car elle ne sont plus crédibles depuis que Plastic Bertrand a été disque d'or
5/ Les lecteur MP3 et graveur de CD sont des marchés légaux mais le consommateur est un hors la loi... schisophrénie (oula ca s'ecrit comment ca)
6/ la copie privée est autorisée et je vais pas me priver
7/ Les protections sur les CD vont encore plus tuer le marcher car les gens les rejettent
8/
voila ma liste des courses de ce matin
bisnort

Citation : Le plus gros truc, qui decribilise tout : le Digipack coute 1 euros
Ouais effectivement, ils ont dû oublier des zéros pour 10 000 albums.
Au fait gamin92, tu as trouvé le plus gros truc qui crédibilise tout?
metalmessiah

Citation : L'artistique prime, aucun disque ne nous a déçu, chaque artiste ayant la totale liberté de création.
Nous ne sommes pas là pour influencer sur les titres à enregistrer
MENSONGES !!!!!
Combien d'interviews j'ai pu lire où les artistes disaient:
"oui mais le label veut..."
"Le label nous a forcé à ...."
" il faut d'abord le soumettre aux gens du label..."
"ils nous ont donné leur accord....."
Alors faut arrêter de nous prendre pour des cons, merci.
willbe

Le monsieur parle de son label, pas de la généralité de fonctionnement de tous les labels.
Ce genre de thread est voué à partir consciencieusement en vrille grâce à des gens comme toi qui voient rouge en un quart de secondes sans réfléchir plus loin.
Thom Mist

Hier je suis allé à la fnac pour trouver un cd ("O" de Damien Rice, c'est assez connu quand même, bien qu'indé), et bien pas moyen de trouver la moindre trace du bonhomme. Pareil pour les premiers cd d'Hawksley Workman, certains Bowie (par contre, bonjour pour Let's Dance)...j'ai un disquaire du même style près de chez moi, qui ne connait que 2 albums de Bob Dylan, et que Born in The USA et The River de Springsteen.
Si les distributeurs ne distribuent plus, alors voilà où on va.
honorbrachios

Bientot tu achétera ton téléchargement, ta pochette et ton livret directement sur le site !!!
Ca peut être interressant !!!!

gamin92

Waldorf Blofeld
Numark TTX w/ Vestax PMC-05 ProII
Home made PC w/ Sonar 8.5, Reason 4, VST's
Vinyls...
honorbrachios

tu pourra toujours les donné à un musé !!
bisnort

Citation : Donc ce que dit ce petit label indé, c'est que le peer to peer n'est pas responsable de leurs problèmes. Leurs problèmes viennent du fait que les distributeurs ne font pas leur boulot de distribuer une offre vaste et variée de musiques.
Ouais c'est exactement ça
Ca m'avait surpris au début, mais en y réfléchissant.......
Mais bon, si leur prod n'est pas assez distribuée, ils payeront aussi ce manque de distri par du téléchargement en masse de leur artistes.
Donc, je ne vois pas trés bien comment il peuvent s'en sortir, si ce n'est en multipliant par 10 000 la communication ......
Anonyme

J'aime bien attaquer les majors, histoire de faire un peu de provoc' , mais les arguments des artistes sont pour la plupart assez recevables...
Par contre, j'ai un doute ....
Question:
Combien y avait il d'artistes qui vivaient de leur art en 1950 ? et dix ans plus tard ? et encore dix ans après? et en 1980 ? 1990 ? et aujourd'hui ?
J'ai pas l'impression qu'il y en ai moins qu'avant...( c'est qu' une impression...faudrait avoir des chiffres...).
Me fais-je bien comprendre?
Je me demande en fait s'il y a réellement un probleme....!
Je sais... ça fait une question de plus, mais n'est -ce-pas en essayant de comprendre qu'on sefait une opinion ?
hadoq

le vrai problème comme dit dans le message original c'est les artistes inconnus, ils n'ont AUCUNE chance ni d'être signés, ni, par extension de remplir assez les salles pour en vivre.
la seule chose que je puisse faire à mon niveau c'est de viser une musique assez classe pour que ça ne fasse aucun doute (comme par exemple Roy Hargrove et son RH factor) et que ça mette tout le monde d'accord. mais j'en suis encore très loin.
Thom Mist

Citation : mais les arguments des artistes sont pour la plupart assez recevables...
Cela dit, il y a aussi beaucoup d'artistes qui ne sont pas opposés au téléchargement, et surtout des artistes au talent et aux capacités commerciales moins douteuses que celles de Mano Solo - mais bon je sais, le talent est très subjectif comme notion.
Je me demande quand même pas si par excés d'ego le bonhomme refuse de reconnaitre que si il vend moins, c'est peut être pas uniquement à cause du téléchargement...enfin se remettre en cause quoi !
Dj Stiff

Citation : Dj Stiff,
Pourquoi tu t'encombre de chose que tu n' aime pas ?
Pourquoi télécharger des titres que tu n'écouteras pas ?
Le discours de mano Solo te correspond tout à fait t' es un gros bouffon qui consomme sans réfléchir
Passe ton chemin et met toi à la poterie
Et toi mon ami , tu prends pour argent comptant tout ce que tu lis sur les forums ?!?
J'espère que tu regarde pas les infos de Tf1
honorbrachios

Un nom !
Un nom ! Un nom ! Un nom !
Un nom !
Un nom !
Un nom !
Un nom !
Un nom !
Un nom !
Un nom !
Un nom ! Un nom ! Un nom ! Un nom ! Un nom ! Un nom ! Un nom ! Un nom !
chalupit

Citation : Passe ton chemin et met toi à la poterie
Rôôôôh hé, c'est très bien la poterie hein !!!
Hors sujet : Comme le disait si bien El Zorro : "je suis là pour défendre les pauvres et la poterie"
Anonyme

mais voici ce que j'avais mis dans un autre thread, il y a peu :
La SPEDIDAM envoie un mailing postal auprès des artistes pour rendre le Peer to Peer légal... à sa façon !
et demande de signer ce texte :
"Je m'oppose à l'attitude répressive de l'industrie phonographique à l'encontre des consommateurs pour tenter d'entraver les échanges de musique entre particuliers par la technique du peer-to-peer.
Je soutiens l'instauration d'une rémunération perçue auprès des fournisseurs d'accès, de 10 euros, au bénéfice des artistes-interprêtes, en contrepartie de laquelle les échanges pourront être librement réalisés.
Je demande qu'une rémunération soit garantie au bénéfice des artistes-interprêtes pour tous les modes d'exploitation de la musique."
Voici ma réponse, que je leur ai envoyée :
Madame, Monsieur,
Voici pourquoi je ne signerai pas votre pétition pour une utilisation légale du Peer-to-Peer.
En ces périodes où l’ensemble de l’industrie phonographique devient regroupé dans les mains de 3 Majors,
En ces temps où la communication médiatique et l’ensemble de la promotion, radiodiffusée ou par voie de presse ou télévision, devient économiquement soumise aux grands groupes industriels propriétaires de ces majors,
il devient impossible pour les créateurs ou les producteurs indépendants où spécialisés d’avoir une seule chance crédible d’ accès à une promotion efficace.
Nous vivons une période où, alors que n’importe qui peut produire un CD correct dans un Home-Studio, le goulet d’étranglement n’est plus l’accès à la production proprement dite (studio, pressage, etc...) comme en 1970, mais l’accès aux médias.
En clair, signer maintenant un contrat avec une major n’est plus pour l’essentiel signer une contrat avec un producteur mais avec un promoteur.
Or, il apparait maintenant qu’internet devient un moyen de communication alternatif, rebelle et peu formatable qui permet gratuitement d’échanger et faire découvrir quantité de créations musicales dont l’internaute n’avait parfois même pas idée de l’existence.
Ceci se fait, bien sur, au prix d’une perte financière virtuelle pour les auteurs, compositeurs, interprètes et producteurs, puisque la copie par P2P est répandue.
Il me semble néanmoins que ce “prix à payer” pour que des indépendants ou des artistes “différents” aient accès à cette forme grandissante de promotion reste modeste au vu des retombées “publicitaires”.
Manque à gagner bien moindre que le prix réellement perdu à acheter de l’espace de diffusion dans des radios, dont la play-list est de toute façon décidée par les majors.
Pourtant vous proposez une taxe sur les abonnements internet, forfaitaire et chère, selon le même principe que la SPRE et autres taxes sur les supports vierges.
Ce système ne m’a jamais semblé défendre les producteurs indépendants, les autoproduits et les artistes en dévelloppement, ni les musiciens de “niches” (musique instrumentales ou traditionnelles, musiques alternatives, musiques ethniques, de relaxation ou documentaires, musiques diverses de pays émergents, etc...).
Au contraire, par le biais d’une répartition (inégale) destinée aux syndicats officiels de producteurs, ces rémunérations n’ont fait que rétribuer au prorata de leurs ventes les industries propriétaires des plus gros vendeurs.
Exit les petits, pour qui 30 % de contrefaçons “officialisées” taperaient plus dans le budget “alimentation” que dans le budget “Ferrari” !...
Exit les autoproduits, les associatifs, les alternatifs et les indépendants...
Alors comment allez vous faire ?
Etes-vous bien sur que la répartition des téléchargements sauvages soit bien la même que celle des ventes de disques ?
Rien n’est moins sur, car on télécharge beaucoup plus facilement des inconnus, pour voir et se faire une idée... gratuitement, qu’on n’achète de CD par simple curiosité.
Et enfin, où se trouve la notion de justice et de respect dans cette proposition ?
Car, soyons clairs, vous entendez implicitement que tout propriétaire d’un ordinateur connecté au web est un voleur.
Et que pour lutter contre ce “vol”, tout le monde doit être puni...
Pourtant, j’ai trois ordinateurs connectés et je ne télécharge jamais.
Je n’ai pas ce réflexe, ni cette envie, ni cette culture... comme la majorité des plus de 30 ans (et la quasi totalité des plus de 5O !... qui font le succès d’artistes de catalogues et de carrières...).
Alors, votre idée, qui parait généreuse dans ses principes, n’est elle pas une combine “franco-française” (à l’heure où le web est mondial, comme le P2P, et pas comme les législations nationales...) pour favoriser à nouveau des artistes gros vendeurs et de grosses industries au détriment des petits (qui parfois rêvent d’êtrent assez connus pour être “PéTouPéisés”) ?
Et, accessoirement rendre la Spedidam incontournable ?!...
Car, après tout, qu’est-ce que le P2P ?...
A part une radio dont on peut interagir sur la play-list ? (et avec une qualité sonore moindre que celle de Fip).
D'autant que l'échange P2P étant gratuit, il n'est pas par définition un "mode d'exploitation de la musique".
Je crois que ce combat est hypocrite et d’arrière garde.
Il y a réellement une évolution du marché de la musique qui va dans le bon sens (car si en 2004 chaque Français a achèté 2,5 CD selon les statistiques, ce n’est pas pire qu’à l’époque du vynil).
Car parallèlement à ça, le budget annuel des Français pour aller voir des concerts a augmenté de 71 % l’année dernière !!!
Si ça n’est pas la preuve que le marché de la musique va bien (et dans le bon sens), faut qu’on m’explique...
Car quoi, mieux que le live, peut être une chance pour les artistes, que votre mission est de défendre (et leur prod qui vendent en fin de show) ?
Serait-ce du à l’effet positif promotionnel magique du P2 ?
Alleluiah !!!...
Quant à la vente de CD elle sera sauvée par la prise de conscience que dans notre société “multimédia”, un artiste n’est plus un simple fabriquant de sons, mais un être “artistique” à part entière générateur d’empathie et d’affectif.
A ce titre, la qualité de l’objet CD est porteuse aussi “d’artistique, d’affectif et de valeur ajoutée”.
On n’offre pas un CD gravé ou téléchargé à un ami qui nous invite à diner.
Ca n’a pas de valeur.
Mais on peut offrir un bel objet, un beau livret, un beau support de musique.
En conclusion, je crois que l’avenir économique de la musique passe par le live,le multi-art et la valeur du support (un livre en relief est plus difficilement copiable qu’un fichier)...
pas par le juridique (qu’il vienne des représentants de producteurs ou des représentants des artistes en place), le policier et les punitions collectives.
On ne peut pas lutter contre l’évolution...
Désolé, je ne signe pas votre pétition.
P.S : Je mets également ce courrier sur un site où je suis connu sous un pseudo.
Vous comprendrez que je veuille rester anonyme.
"Le druide".
Thom Mist

Anonyme

willbe

fxdfxd

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