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TC Electronic BG250-210
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Test du TC Electronic BG250-210

Combo Basse de la marque TC Electronic appartenant à la série BG250

Prix public : 549 € TTC
test
20 réactions
Prière d’allumer vos portables !

Hier, j’ai téléchargé une application mobile pour faire voler les chats, en version gratuite !

C’est formi­dable les appli­ca­tions, on ne sait plus où donner de la tête telle­ment il y en a pour tout. Et comme je n’avais jamais vu un chat voler, je me suis dit que celui de ma voisine ferait très bien l’af­faire. Tech­nique­ment, je ne sais pas comment cela fonc­tionne, je ne suis qu’un litté­raire. Mais il suffit de prendre en photo l’ani­mal, d’in­diquer la vitesse de croi­sière dési­rée et puis hop, le matou est comme aspiré en l’air. J’ai testé, ça marche bien. Par contre, ils auraient pu dire que la version d’es­sai couvrait seule­ment dix mètres d’au­to­no­mie. Parce que j’ha­bite au huitième étage et à cette hauteur, chat fait tâche ! Alors je me suis dit que l’es­pèce féline avait beau être intré­pide, elle n’était pas encore prête à se voir pous­ser des ailes. Et j’ai fina­le­ment télé­chargé l’ap­pli­ca­tion Tone­Print, pour pouvoir tester le nouveau combo de chez TC Elec­tro­nic. Télé­com­man­der un ampli avec son télé­phone portable est peut-être moins nova­teur que de faire planer les minous, mais il faut dire les choses telles qu’elles sont : que l’on soit contre ou pour, on n’ar­rê­tera pas le progrès…

Chat alors !

Un combo de 250 watts (RMS), monté avec deux HP de dix pouces et twee­ter, un accor­deur et un DSP inté­grés et vendu pour moins de 499 € (tarif à partir du 1er février 2014, au lieu de 549€ TTC), ça doit bien vous titiller un peu. Person­nel­le­ment ce genre de propo­si­tion bien commer­ciale a le don d’ai­gui­ser mes sens et ma curio­sité. Sachant, de surcroit, que nos amis danois sont derrière cette offre et qu’ils ont le chic pour faire bouger les choses sur le marché de l’am­pli pour basse, je vais passer direc­te­ment au test pour ne pas abuser de votre patience. Commençons par les dimen­sions du BG250–210 : un paral­lé­lé­pi­pède de 62 cm de haut pour 45 cm de large et d’une profon­deur de 37 cm. Vingt kilos à la pesée, ce qui ne sera pas rien pour les plus fins d’entre vous, tout en restant très léger pour la puis­sance annon­cée.

Deux beaux dix pouces en façade, surplom­bés d’un twee­ter (dommage qu’il soit piezo et constam­ment actif), un accor­deur inté­gré cali­bré pour les basses en six cordes (il fonc­tionne donc très bien pour les cinq et quatre cordes), une sortie DI, un égali­seur trois bandes (avec boost et cut), un gain d’en­trée, un volume de sortie, une entrée auxi­liaire en mini-jack, une sortie casque au même format, une seule entrée instru­ment, un mute (pour s’ac­cor­der en silence) et enfin, le fameux Tone­Print. Sur le panneau de contrôle, la chose se présente sous forme de deux potards et de deux switchs (pour acti­ver l’ef­fet) : chaque potard contrôle la balance entre le Dry et Wet, affec­tée à l’ef­fet choisi. Qui dit deux potards, implique donc deux effets sélec­tion­nables en façade, ce qui est un vrai plus par rapport au système équi­pant la BH250 (la version tête d’am­pli de la marque).

Malgré cela, je ne pour­rai m’em­pê­cher de poser une ques­tion qui fâche : pourquoi ?

Et comme je suis un peu normand et pas du tout impres­sionné par le type viking, je vais même le faire direc­te­ment dans la langue des fabri­cants (que je maîtrise parfai­te­ment mal).

Hvor­for ?

Moi si je demande, c’est juste qu’un détail me chif­fonne tout parti­cu­liè­re­ment : j’ai beau me creu­ser la tête, que je pensais bien remplie, je ne vois toujours pas pourquoi nos amis ont pensé à nous ajou­ter un Tone­Print de plus (ce qui tech­nique­ment n’a rien d’anec­do­tique, puisque cela double le nombre de contrôles en façade) mais ne nous permettent pas de cumu­ler les deux effets.

TC Electronic BG250-210

N’im­porte quel bassiste (même mal inten­tionné) pose­rait la même ques­tion si on le mettait face à un tel para­doxe. Moi même quand j’ai vu les deux potards, j’ai direc­te­ment télé­chargé un compres­seur et une disto pour mixer les deux à loisir. Pour me rendre compte, par la suite et un peu dépité, que la chose n’était pas possible. Un constat pareil a un peu un goût d’in­achevé, c’est dommage car je sais que bon nombre d’entre vous vont penser comme moi : donnez deux blocs de Lego à un môme et empê­chez-le de les emboî­ter… Je sais, la compa­rai­son est violente, j’au­rais pu parler d’un chien à qui on lance­rait une balle qui ne rebon­dit pas. Mais je rappelle à chacun que les musi­ciens sont avant tout de grands enfants et que la cruauté envers les animaux, c’est mal.

À l’eau !

Main­te­nant que j’ai fini de râler, reve­nons à des choses plus posi­tives. Car malgré ce fâcheux détail, il reste bien des choses à soule­ver sur ce DSP (un acro­nyme pour Digi­tal Sound Proces­sor). Premiè­re­ment, vous avez accès à six types d’ef­fets (octa­ver, chorus, flan­ger, compres­seur, disto et vibrato), télé­char­geables gratui­te­ment sur votre smart­phone préféré qui servira d’in­ter­face : on lance l’ap­pli­ca­tion, on choi­sit son preset, on colle le haut-parleur du portable à un des micros de la basse et on lance le signal (to beam en anglais). En quatre secondes le signal trans­mis à l’am­pli affecte le DSP et vous dispo­sez du préset pour votre office. Dans un test précé­dent, j’avais mis à l’épreuve le Tone­Print du BH250 et avait éprouvé quelques soucis avec mon Sony Erics­son pour comman­der l’ap­pli­ca­tion. Appa­rem­ment, ce problème a été réglé, car j’ai toujours le même mobile et il fonc­tionne très bien sur le combo. Il est toujours regret­table de ne pas pouvoir modi­fier les para­mètres d’usine soi-même, via un logi­ciel ou la même appli­ca­tion. Mais qui sait, si les Danois ne nous réservent pas cette option pour des jours à venir. Il est possible de mettre à jour le firm­ware de l’am­pli en connec­tant un ordi­na­teur au tableau de bord, via un câble USB fourni.

TC Electronic BG250-210

Pour résu­mer, je vois quelques avan­tages à cet ingé­nieux système :

  • Il se passe de câbles supplé­men­taires
  • Tant que TC fera le travail pour alimen­ter les listes de Tone­Print, votre DSP ne vieillira pas
  • Il est facile d’uti­li­sa­tion, toutes les opéra­tions passent par l’ap­pli­ca­tion et ne néces­sitent pas de connexion à un quel­conque réseau

Et je vois aussi une ou deux choses à amélio­rer, bien que je ne sois pas ingé­nieur danois :

  • La possi­bi­lité de mixer les deux Tone­Print (je sais, j’in­siste juste un peu)
  • La possi­bi­lité de faire évoluer soit même les effets, car un seul potard est vrai­ment limité

Et la compa­gnie ne propose pas de logi­ciel permet­tant de le faire.

Pour ce descrip­tif, je fini­rai par souli­gner la qualité de fabri­ca­tion qui peut surprendre si on consi­dère le prix de vente de ce combo. Pour 499 €, il n’y a aucune faute de commise, que ce soit les fini­tions ou la qualité des compo­sants qui s’af­fichent en façade (potards, switch et connexions). J’ap­puie­rai cette mention spéciale, car j’ai constaté ces derniers temps une baisse du niveau géné­ral sur l’am­pli­fi­ca­tion dite « bon marché ».

L’am­pli sifflera trois fois… trop fort

Pour ce test, j’ai utilisé deux basses (JB Stan­dard US, Ibanez ATK 300) et j’ai réalisé des prises mixant la sortie DI et une prise micro (M88). Vous consta­te­rez que le résul­tat présente un souffle quasi constant, sur toutes les prises. La chose est tout à fait volon­taire et natu­relle : je tenais à vous faire profi­ter du ramage de notre ami twee­ter piezo, qui comme vous pouvez l’en­tendre n’est pas avare de son volume ! Concer­nant la diffu­sion d’un ampli, l’em­ploi d’un piezo peut certes se révé­ler perti­nent, mais pouvoir gérer son volume serait un plus. Le souffle constant que ce combo génère ne vous déran­gera certai­ne­ment pas sur scène, mais son emploi en studio et une capture de l’en­ceinte deman­de­ront des talents d’in­gé­nieur que je ne maîtrise pas.

1 Neutre
00:0000:18
  • 1 Neutre 00:18
  • 2 Bosse mediums 00:22
  • 3 Bosse mediums comp 00:15
  • 4 Slap 00:23
  • 5 Slap comp 00:17
  • 6 Media­tor 00:17
  • 7 Disto 00:17
  • 8 Clean Tube Drive 00:20
  • 9 Clean Chorus 00:23
  • 10 Clean Flan­ger 00:24
  • 11 Clean Octa­ver 00:18
  • 12 Clean Vibrato 00:28

J’avais choisi la version 2×10 pouces, pour cet essai, pour deux raisons.

Pour la première, il faut recon­naître que votre servi­teur a des goûts de luxe : quand on me laisse le choix entre trois amplis, comp­tez sur moi pour choi­sir le plus cher (c’est là mon côté prin­cesse).

Deuxiè­me­ment, la signa­ture sonore d’une enceinte montée en dix pouces est parfai­te­ment gravée dans mon esprit, car je joue sur cette confi­gu­ra­tion et connais le grain de la plupart des 210 du marché. Alors je sais que certains d’entre vous ont plus le budget du 15 pouces, ou préfèrent simple­ment les gros boomers. Je sais aussi que sur cette série, ne compor­tant pas de sortie pour enceinte supplé­men­taire, le choix de la bonne confi­gu­ra­tion sera critique.

Sachez que la série BG se propose en 4 modèles : un 15 pouces, un 12 pouces, deux fois 8 pouces ou deux fois 10 pouces. Person­nel­le­ment, je suis un aficio­nado du 10 pouces pour son temps de réponse diffi­cile à égaler, sauf sur quelques produits en 2X12 qui peuvent avoir ma préfé­rence.

TC Electronic BG250-210

Le douze pouces seul n’étant pas une option, pour moi et mes besoins en volume. Ces prises sont réali­sées avec mon inter­face Stein­berg UR22, mixant la sortie DI de l’am­pli et une capture micro (Beyer­dy­na­mic M88). Sur le premier enre­gis­tre­ment, vous pouvez entendre le son de l’am­pli avec tous ses réglages à plat. Le rendu neutre est propre sans être asep­tisé. Comme j’uti­lise encore ma vieille Jazz Bass pour ce test, je pense que vous n’au­rez aucun mal à recon­naître le grain de ses deux micros.

Pour la seconde prise, comme pour la troi­sième j’ai poussé légè­re­ment la bande des graves et celle des médiums, sur la troi­sième j’ai copieu­se­ment télé­chargé un préset de compres­sion sur le premier module Tone­Print. Afin de vous faire appré­cier les quali­tés du compres­seur, j’ai placé deux pêches en milieu de ligne et en fin de ligne : vous remarque­rez, à cette occa­sion, qu’il y a peu de contraste entre les notes jouées norma­le­ment et les plus pêchues. On peut donc consi­dé­rer que ce compres­seur fonc­tionne plutôt bien.

Pour les deux extraits qui suivent : opéra­tion iden­tique, avec cette fois des médiums en retrait et un double pic sur graves et aigus. L’équi­libre du grain (ni trop bas ni trop cris­tal­lin) est assez confor­table pour le slap, j’ap­pré­cie person­nel­le­ment de ne pas avoir un signal trop typé en percus­sion. Notez tout de même que pour obte­nir ce grain, avec pour­tant une Jazz Bass parti­cu­liè­re­ment perti­nente dans ce style, il a fallut pous­ser à fond les deux bandes extrêmes.

TC Electronic BG250-210

J’ai eu plus de mal avec le rendu au plectre, les deux extraits sont réali­sés avec une ATK 300 passive accor­dée en SI-MI-LA-RE. D’or­di­naire, trou­ver un réglage pour ce type de jeu n’est pas du tout un souci. Là j’ai mis un peu de temps et pour être franc je ne suis qu’à moitié convaincu par le résul­tat obtenu : on a beau avoir une jolie teinte des fréquences de médiums, il manque, tout de même, un petit quelque chose. Un je-ne-sais-quoi qui permet­trait un rendu cent pour cent effi­cace. Pour les rockeurs, jouant exclu­si­ve­ment au plectre, je pense que la version équi­pée d’un 15 pouces fera bien mieux l’af­faire. Et avec la compres­sion adéquate, propo­sée en Tone­Print, on peut toujours se débrouiller pour faire le travail. Au sujet de la distor­sion en revanche, je vais être bien moins mitigé : aucune des satu­ra­tions propo­sées ne m’a vrai­ment convaincu.

Sur les dernières prises, vous avez plusieurs Tone­Prints : du chorus, du flan­ger et de l’oc­ta­ver.

Je ne vous fais entendre qu’une version par effet, mais les décli­nai­sons propo­sées gratui­te­ment par TC Elec­tro­nic sont nombreuses. J’ai été vrai­ment séduit par le Tube Drive qui agit comme un Boost sur le gain et gonfle les harmo­niques là où il faut, si seule­ment on pouvait lui asso­cier une petite compres­sion…

La belle affaire que voilà ! 

On pour­rait lire ce test et penser que je n’ai dit que du mal de ce combo. Pour­tant, si je châtie bien le travail de nos amis danois, c’est que j’ap­pré­cie cette marque pour son sens de l’in­no­va­tion et le rapport qualité-prix de ses produits. Et elle impose encore son excel­lence. Le BG250 délivre une puis­sance large­ment suffi­sante pour les petites et moyennes scènes, offre un son de qualité passant sur la plupart des styles et intègre un accor­deur et un DSP constam­ment mis à jour. Pour moins de 500 € (nouveau tarif au 1er février 2014), avec cette qualité de réali­sa­tion et cette confi­gu­ra­tion d’en­ceinte, la concur­rence va encore devoir se méfier de la marque qui monte. Essayez ça pour moi et en atten­dant vos retours, je vais trou­ver un nouveau chat, un peu moins plat, pour ma voisine !

Points forts
  • Petit gabarit, grosse puissance
  • Composants et finition irréprochables
  • Bonne compression et Boost
Points faibles
  • Tweeter piezo omniprésent
  • Une seule bande médium
  • TonePrints non cumulables

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